CANNELLE DE CHINE
Chine et possédant une saveur très sucrée, avec un arôme piquant de Cannelle.
Les sortes de Cannelle de Chine les moins estimées sont appelées, dans le commerce, Casia lignea , Cassia vera et Cassia sauvage. On les distingue par les noms des lieux de provenance.
Parfois de couleur pâle, elles sont plus souvent d’un brun foncé et leur épaisseur peut dépasser 1 demi centimètre. Beaucoup sont très mucilagineuses ; toutes sont plus ou moins odorantes et ont souvent une odeur de Punaise. Les plus épaisses constituent l’écorce que les pharmacologistes français ont appelée Cassia ■ lignea et dont nous parlerons plus loin.
La Cannelle de Chine (fig. 344) diffère peu de la Cannelle de Ceylan, au point de vue de sa constitution anatomique. Le suber et le parenchyme cortical extérieur y sont plus développés ; la zone de cellules scléreuses y est continue, peut-être un peu moins épaisse, et coupée, par places, d’ilots de fibres à parois très épaisses, avec un lumen étroit; les fibres se distinguent des cellules scléreuses, par leur calibre beaucoup plus petit. L’épaisseur plus grande de la zone libérienne permet d’y trouver des rayons médullaires plus développés, en même temps que des cellules à huile plus Inombreuses que dans la Cannelle de Ceylan. Enfin, les grains d’amidon y sont à la fois plus gros et plus abondants. Nous reviendrons, plus loin, sur les caractères spéciaux des fibres et des cellules scléreuses.
La Cannelle de Chine fournit une huile essentielle, paraissant avoir la même composition que l’essence de Cannelle de Ceylan, mais d’odeur moins agréable, d’un poids spécifique de 1,0G6, et très faiblement dextrogyre (0,1, selon Flückiger). Rochleder et Schwartz ont trouvé, dans cette essence, un stéaroptène incolore, inodore et cristallisant en prismes brillants.
La Cannelle de Chine contient aussi du tannin, de l’amidon et une sorte de mucilage soluble dans l’eau froide, dont il est précipité par le tannin et par l’acétate de plomb, mais non par l’alcool.
LAURINEES
Gassia Lignea
Nous avons dit que, en Angleterre, on désigne, sous le nom de Cassia lignea, les écorces inférieures de Cannelle de Chine. 11 existe dans les droguiers et l’on décrit sous ce nom, dans les traités spéciaux, une écorce roulée, épaisse de plus de 1 millimètre, d’un jaune rougeâtre nuancé de brun et à cassure fibreuse.
L’écorce de Cassia lignea offre à peu près la structure de la Cannelle de Ceylan ; elle en diffère surtout par ses cellules scléreuses, plus grosses, non disposées en une couche continue et formant des amas irréguliers.
Cette écorce ne sert guère qu’à la falsification de la poudre de Cannelle de Ceylan. Outre les caractères ci-dessus, elle s’en distingue par une odeur faible et sa saveur nmcilagineuse, peu aromatique. On l’attribue généralement au Cinnamonum Zeylanicum, var. Cassia ; mais il est à supposer qu’elle provient de plusieurs Canneliers de l’Inde, entre autres des C. Tamala , Nees; C. iners, Reinw. ; C. parviflonom et C. oblusi folium, Nees, qui croissent dans le Khasia.
Cannelle de Padang
En 1874, il est arrivé, sous ce nom, dans le commerce français, des écorces aromatiques examinées par P. Cazeneuve et par E. Collin. Ces écorces paraissent devoir être rapportées à une variété de la Cannelle mate ; par leur épaisseur, elles tiennent le milieu entre les Cannelles de Chine et de Ceylan, ont une saveur mucilagineuse, peu aromatique, une odeur faible de Cannelle de Ceylan et se rapprochent de cette dernière, par leur structure anatomique. Il est probable qu’elles proviennent du C. Z eylanicum cultivé dans les Indes ou plutôt de l’un des Cinnamomum de Sumatra (C. Burmannil), Padang étant un port de cette île.
Falsification de la poudre de Cannelle de Ceylan
L’aspect extérieur de l’écorce de Cannelle de Ceylan per-