‹ Nouveaux éléments de matière médicale (volume 2)Chapitre 194 sur 214 · BAIES DE LAURIER · texte numérisé non relu

BAIES DE LAURIER

en Amérique, on préfère, avec raison, l’écorce au bois. Dans ce dernier pays, la moelle des jeunes branches est usitée, sous forme de boisson adoucissante, contre les catarrhes ou autres affections des membranes muqueuses et aussi en applications locales, dans les ophthalmies. Cette moelle est inodore, insipide et à peine mucilagineuse.

Cannelle Giroflée

Cette écorce vient du Brésil, où elle est fournie par le Dicypellium caryophyllatum , Nees. Elle est en cylindres longs de 80 centimètres, formés d’un grand nombre d’écorces roulées les unes sur les autres, minces, compactes, de couleur brun foncé, dures sous la dent, de saveur chaude et aromatique, d’odeur de girofle très forte.

L’écorce de Cannelle Giroflée n’est plus usitée, du moins en France.

Baies de Laurier

Les Baies de Laurier sont fournies par le Laurier commun ou Laurier d’Apollon ( Ldurus nobilis, L.), arbre de la région méditerranéenne, où il peut atteindre 15 mètres de hauteur.

Ces fruits sont formés d’un péricarpe charnu, mince, enfermant une amande à cotylédons gras et aromatiques; le péricarpe et l'amande renferment une huile grasse et une huile volatile, que l’on en retire par expression à chaud. Le mélange, qui est vert, grenu, aromatique, est appelé Huile de Laurier.

On vend, sous ce même nom, dans le commerce, une pommade obtenue par la décoction des fruits et des feuilles de Laurier, dans de la graisse : c’est la Pommade ou Onguent de Laurier du Codex.

L’Huile de Laurier étant traitée par l’alcool froid, celui-ci en dissout l’essence et la matière verte et laisse une substance grasse (Laurostèarine), qui en forme la majeure partie.

La Laurostèarine pure (C5‘ H50 O8) est une substance blanche, brillante, légère, composée d’aiguilles très petites, souvent groupées en étoiles : c’est un laurate de glycérine.

TIIYMÊLÈES

Les baies de Laurier renferment, en outre, une substance neutre, la Laurine , qui est volatile et cristallise en prismes • une matière grasse fluide, de la résine, etc.

Dans 1’ A.mérique-Nord, on emploie comme aromatique, tonique et stimulante, l’écorce du Laurus Benzoin , L.\ sous les noms de Spicemd, Willd Alspice, Fevencood et Benjamin Bush. Cette écorce n’est pas officinale aux États- Unis. On la donne en décoction ou en infusion, contre la fièvre, la fièvre typhoïde et aussi comme anthelminthique.

thymélées

Écorce de Garou

Le Garou ou Sain-Bois ( Daphné Gnidium , L.), (fig. 351)

est un arbrisseau du Midi de

Fig. 351. Daphné Gnidium.

f , • * ^.1/ JL' l cUUJC.

Cette ecorce est mince et couverte, à l’extérieur, d’un épiderme

la France, dont l’écorce renferme un principe âcre et vésicant, qui la fait employer comme épispastique et dont l’action, à l’intérieur , est extrêmement énergique. Au reste, toutes les plantes de la même famille possèdent un principe analogue, dans leurs feuilles, leur écorce et leurs fruits.

La semence du Garou était jadis usitée, comme purgative, sous les noms de Grana gnidia et de Cocca gnidia , d’où les méridionaux ont fait le nom de Coquenaudier , donné à la plante.

L’Ecorce de Garou est surtout employée en France.

ECORCE DE GAROU

lisse, gris rougeâtre, piqueté de petites taches blanches, tuberculeuses ; l’intérieur est d’un blanc jaunâtre, filandreux et formé de fibres d’une grande ténacité. On la trouve sous deux formes : ou bien pliée longitudinalement en deux et en bottes longues de 20 à 30 centimètres, ou bien repliée plusieurs fois sur elle -même et en paquets longs de 10 centi mètres environ ; l’épiderme est toujours placé en dedans.

La facilité avec laquelle cette écorce se distingue de toutes les autres, par ses seuls caractères extérieurs, nous dispense d’en faire connaître la structure histologique.

L’écorce de Garou employée, soit fraîche, soit après avoir été trempée pendant une heure dans de l’eau, détermine la vésication, quand on l’applique directement sur la peau. A l’intérieur, on l’a préconisée comme diaphorétique et antisyphilitique ; elle est vénéneuse, à haute dose. On en prépare une pommade épispastique fort usitée.

D’après l’analyse de Baër et Gmelin, l’écorce de Garou contient, entre autres substances, une résine très âcre et un principe immédiat (Daphnine), que Vauquelin avait trouvé dans le D. alpina.

La Daphnine (G31 II34 O19 H- 2 H20) cristallise en beaux prismes triangulaires ou en aiguilles enchevêtrées. Elle est peu soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l'eau chaude, très soluble dans l’alcool, insoluble dans l’éther, et possède une saveur amère, puis astringente. Ses dissolutions chaudes sont acides. Chauffée au dessus de 100°, elle se décompose et donne de YOmbellifèrone, qui se sublime. Avec les alcalis, elle prend une couleur jaune d’or, devenant brun rouge à l’air. Le sous-acétate de plomb la précipite en jaune. L’acide acétique la dissout, sans l’altérer. L’acide azotique la dissout à froid et se colore en rouge; à chaud, il se forme de l'acide oxalique. L’acide sulfurique et l’acide chlorhydrique transforment la Daphnine en glucose et en Daphnétine (C,9H14 O9); ce dernier principe cristallise en prismes incolores, que l’acide azotique colore en rouge.

Dublanc a retiré du D. Mezereum une matière cristalline, une résine sans âcreté et une matière résineuse, verte, demi-fluide, très acre, qui est un mélange de

Cauvkt. Mat. méd.

THYMÈLÈES

chlorophylle et du principe actif, Celui-ci est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’éther et les corps gras ; c’est probablement la même substance que l’huile volatile âcre, qui se transforme lentement en résine, trouvée par Vauquelin, dans le Z), alpina, L.

En Allemagne, on se sert exclusivement de l’écorce du D. Mezereum, L. La Pharmacopée anglaise permet de substituer à l’écorce du Mézéréum celle du D. Laureola, L., qui diffère de la première, par l’absence de cicatrices foliaires. Le London College insiste pour que l’on emploie seulement l’écorce de la racine du Mézéréum. Aussi, le catalogue des collections de la Pharmaceutical Society of Great Britain ne contient-il que l’indication de l’écorce de la racine de ces deux plantes. Toutefois, par une anomalie apparente, Holmes donne, comme caractères différentiels, entre les écorces de Lauréole et de Mézéréum, l’absence de cicatrices foliaires, sur l’écorce de la première. Ceci tend à montrer, qu’en Angleterre, on emploie autant l’écorce de la tige que celle de la racine. Au reste, il paraît que la majeure partie de l’écorce employée en Angleterre provient de la tige du Mézéréum importée d’Allemagne.

Hétet, professeur à l’école de médecine navale de Toulon, a proposé de remplacer l’écorce de Garou, par celle d’une plante de la même famille, la Trintanelle malherbe ( Daphné [. Passerina , Trag.] Tarton-raira , L.). La pommade préparée avec cette écorce est, paraît-il, beaucoup plus active que celle obtenue avec le Garou.

Quelques plantes exotiques sont employées aux mêmes usages que le Garou : au Gap, on se sert de feuilles du Gnidia simplex, L. et du Gn. pinifolia, L. ; dans l’Amérique du Nord, on emploie l’écorce du Direct palustris , L., et, dans l’Inde, celle du Daphné cannabina , Lour.

Au voisinage des Thymélées, Endlicher, Lindley et Ad. de Jussieu placentdeux petites familles: Ls Aquilarinées et les Pénéacées, dont le6 espèces, toutes exotiques, fournissent très peu de produits utiles.

Sarcocolle

On employait jadis, sous ce nom, une substance d’une nature mal

Page 1