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RACINES DE SERPENTAIRES

Clematitis, L.; iig. 354). La racine ( souche ) de cette plante est grosse comme une plume d’Oie, brune, très longue, d’odeur forte, de saveur âcre, amère, fort désagréable. Cette Aristoloche est commune en France, surtout dans le Midi.

Aristoloche crénelée ( Aristolochia Pistolochia, L.). — La racine (souche) de cette plante est gris jaunâtre, aromatique, âcre et amère, garnie de radicelles nombreuses, très longues. Cette Aristoloche habite le Midi de la France.

Racines de Serpentaires

Ces racines tirent leur nom de la propriété qu’elles possèdent de combattre le venin des Serpents.

Guibourt en a signalé quatre sortes connnercia • les, qu’il a essayé de rapporter à des plantes déjà décrites. P. Duchartre range les vraies Serpentaires dans sa section Asterolytes, qui comprend l’ylr. Serpentaria , L., et F Ar. reliculata , Nutt.

Voici quelles sont les sortes admises par Guibourt, avec les noms correspondants de la plante ou de ses variétés, d’après P. Duchartre.

A. — Première Serpentaire de Virginie (fig. 355): Ar. Pistolochia, seu Serpentaria virginiana.cauli no dos o,

Pluck.; A?’., Serpentaria , Woodville; Ar. Serpentaria. var. latifolia , Guib. ; Ar. Serpentaria, h., var. a. Duchtre.

I’ ig. 355. — Première Serpentaire de Virginie, d’après Guibourt.

ARISTOLOCHIACÊES

La racine de cette plante est douée de propriétés actives. Elle est formée d’une petite souche garnie de radicules courtes très fines, chevelues, repliées sur elles-mêmes et formant un petit paquet emmêlé ; son odeur est forte, pénétrante, camphrée ; sa saveur amère et aromatique.

Fig. 3~6. — Seconde Serpentaire de Virginie, Fia. 357. — Fausse Serpentaire de Virginie, d’après Giiibonrt. d’après Guibourt.

C’est un stimulant puissant, que l’on emploie, mêlé au quinquina, dans les fièvres adynamiques.

racines de serpentaires

B. — Seconde Serpentaire de Virginie (fig. 356) : Ar. officinalis, Nees d’Esenb. ; Ar. Serpentaria, Bigelow (selon Guibourt) ; Ar. Serpentaria, var. ang usti folia, Guib.; Ar. Serpentaria, L., var fi Barlonii, Duchtre. Elle est formée de radicules « jaunâtres, manifestement plus grosses que dans la première sorte, moins pourvues de chevelu, plus longues, plus droites et formant des faisceaux allongés, plus réguliers » (Guibourt).

G. — Serpentaire de Virginie a feuilles hastées : Ar. polyrrhizos, auricularibus foliis, Pluck. ; Ar. Serpentaria, var. hastata , Guib., Ar. Serpentaria, L., var o hastata , Duchtre. « Radicules assez fortes, droites et perpendiculaires » (Guibourt).

D. — Fausse Serpentaire de Virginie (fig. 357) : Ar. Serpentaria, Jacq. et Nees d’Esenb.; ^lr. Pseudo- Serpentaria, Guib. ; Ar. Serpentaria, h , var. a, Duchtre. « Radicules plus grosses, moins nombreuses et beaucoup moins aromatiques, beaucoup moins camphrées, surtout » (Guibourt).

D’après la description incomplète, que Guibourt donne de la plante, cette racine semble plutôt fournie par VA r. reticulata, Nutt., qui, selon Duchartre, a des propriétés identiques à celles de la Serpentaire de Virginie et sert aux mêmes usages. Selon G. Planchon, ce serait actuellement la sorte la plus commune dans le commerce. Elle est décrite, d’ailleurs, et figurée, par Berg, comme étant la vraie Serpentaire. Nous l’avons rapportée à YAr. Serpentaria. var. a de Duchartre, à cause de la synonymie admise par Guibourt. Nous ferons observer aussi que YAr. Serpentaria. Bigelow, que Guibourt croit être l’ A r. officinalis, Nees, est rapporté, par Duchartre, à YAr. Serpentaria,L., var. a.

Ces diverses espèces paraissent n’étre que des variétés de T A. Serpentaria , L., variétés dues surtout à. la diversité des formes de la feuille. Bentley et Trimen les rapportent toutes à 1V1 . Serpentaria , L , à laquelle ils donnent comme synonymes: Y A. officinalis, Nees; T A. sagittata, Muhl; Y A. hastata , Nutt., et les Endodeca Bartonii et E. Serpentaria, Klotzsch.

ARISTOLOCIIIACEES

La racine de Serpentaire contient environ 0,5 0/0 d’huile essentielle, une proportion à peu près égale de résine, un peu de tannin, que le perchlorure de fer colore en vert, du sucre, de l’amidon, du mucilage et un principe précipitable parle tannin. Ce principe (Aristolochine (?), de Chevallier) est une substance amorphe et amère, encore peu connue.

La racine de Serpentaire est falsifiée avec les souches souterraines de Y As arum cancidense, des A ris t. hast ata et tomentosa, du Spigelia marglandica, du Cypripedium pubescens et du Vincetoxicun officinale. Aucune de ces racines n’a la forme, l’odeur, ni la saveur de la vraie Serpentaire, et la simple comparaison avec cette dernière suffit pour les en distinguer.

La racine de VA. reticulata, Nutt., a été importée en grande quantité, en Europe, sous le nom de Serpentaire du Texas ou Serpentaire de la Rivière rouge. On la récolte dans tout le sud ouest des Montagnes Rocheuses. Elle est plus épaisse et moins aplatie que la Serpentaire vraie ; ses feuilles, quand il en existe sur la souche, sont coriaces, sessiles et fortement réticulées en dessous (Flückiger). Cette sorte est officinale aux Etats-Unis, en même temps que la Serpentaire vraie.

On emploie au Brésil, sous le nom de Mil-Homens, la racine de plusieurs sortes d’ Aristoloches. Celle qui paraît être la plus active est fournie par VAr. cymbifera, Mart. et Zuccar. (ir. grandiflora, Gomez), var. (3 genuina , Duchtre. Cette racine est, dit-on, vénéneuse à l’état frais ; sèche, elle est employée comme antiseptique et contre la morsure des Serpents. Selon Guibourt, elle entre pour une portion assez considérable, dans les Guaco du commerce, ainsi que les Ar. maxima, Duchtre et A r. geminiflora, Kunth.

Beaucoup d'Aristoloches sont réputées très actives. On cite à cet égard, \'Ar. trilobata, L.,des Antilles et de l’Amérique intertropicale, dont les vertus sont dites supérieures à celles de la Serpentaire, et \'Ar. fœtida , Kunth, nommée Yerba del Indio, que l’on emploie en décoction, au Mexique, contre les ulcères, etc.

Les propriétés excitantes de toutes ces plantes paraissent dues à une huile volatile.

POLYüONEES — RACINE DE BISTORTE

POLYGONÉES

Racine de Bistorte

Le Rhizome de Bistorte, improprement appelé Racine , est fournie par le Polygonum Bistorta, L., plante commune dans les pâturages humides des régions tempérées de l’hémisphère Nord.

On le trouve, dans le commerce, en fragments de 3 à 8 centimètres de long, sur 5 à 8 millimètres d’épaisseur, fortement aplatis et repliés sur eux-mêmes en forme d’un S déprimé, et dont les faces fortement ridées en travers, semblent comme vermiculées. Il est brun rougeâtre en dehors, rouge en dedans; sa section transversale offre, parallèlement à la face externe, une zone formée de très petits faisceaux libéro-ligneux, ovoïdes, plus ou moins foncés.

La racine de Bistorte contient beaucoup d’amidon et de tannin. C’est un astringent puissant , malheureusement inusité. On l’a employée en décoction, soit à l'intérieur, contre les hémorrhagies passives, la diarrhée, etc., soit à l’extérieur et en injection, dans les écoulements chroniques du vagin.

Elle entre dans le Diascordium.

Racine de Patience

Cette racine était jadis fournie exclusivement par le Rumex Patientia , L . (Lapathum hortense , Lamk.), plante rarement spontanée en France, mais que l’on y cultive fréquemment. Elle est maintenant produite par le R. obtusifolms, L., qui est très commun en Europe, dans le nord de l’Asie, l’Himalaya, et jusqu’en Amérique.

A l’état frais, cette racine est fusiforme, charnue, brune au dehors, jaunâtre à l’intérieur ; elle a une odeur propre et une saveur austère, accompagnée d’une certaine amertume.

On la trouve, dans le commerce, en morceaux gros comme le doigt, entiers ou fendus et longs de 5 à 6 centimètres, plus souvent en rondelles d’environ 1 à 2 centimètres de hauteur, de couleur gris brun en dehors et marquées de zones

Gauvet, Mat. Méd.

POLYGONEES

concentriques. Sa coupe transversale est jaunâtre en dedans, brune ou gris rougeâtre vers la périphérie et traversée par des stries rayonnées, qui s’étendent de la moelle jusqu’au delà de la ligne cambiale. Celle-ci se montre comme une zone sombre; en dedans d’elle on en voit une ou deux autres, moins apparentes.

La racine de Patience est rarement falsifiée. On lui substitue, sans inconvénients, d’ailleurs, celle des R. crispus,L. , R. nemorosus , Schrad., R. conglomérâtes, Murray, etc. Nous croyons donc inutile d’en exposer la structure histologique. Il suffit de dire que l’écorce contient de la fécule, de l’oxalate de chaux et de la matière colorante ; que les faisceaux libériens sont cunéiformes et que les faisceaux ligneux constituent des amas distincts, disposés en cercles concentriques, d’autant plus gros qu'ils sont plus extérieurs. La moelle occupe au moins la moitié du diamètre de la racine.

La racine de Patience contient de la résine, de la gomme, de l’amidon, du tannin, une petite quantité d’huile essentielle et enfin une matière colorante ( Rumicine ), que l’on croit analogue à Y acide Chrysophanique .

Elle a une saveur âpre et amère. On l’emploie parfois contre les maladies de la p. au.

Rhubarbes

On donne le nom général de RJmbarbe aux racines ou mieux aux souches de plusieurs plantes du genre Rheum, L., les unes indigènes, les autres exotiques.

La plus anciennement connue de ces racines venait des bords du Pont-Euxin : on la désignait sous le nom de Rhaponticum. Plus tard, on en importa, de la Scylhie, une autre sorte, que l’on nomma Rha barbarun.

Rhapontic et Rhubarbes Européennes

Le Rhapontic (Rheum Rhaponticum , L.)croîtà l’état sau vage en Sibérie, depuis le versant de l’Altaï jusqu’à la mer Caspienne ; on le cultive en Europe.

RHUBARBES EUROPEENNES

Sa racine se trouve, dans le commerce européen, sous les noms de Rhubarbe indigène, de Rh. anglaise, de Rh. de France, de Rh. d’Allemagne, de Rh. de Hongrie, etc. Elle est alors mêlée, d’ordinaire, avec les racines des Rheum undulatum , Rh. compactum, Rh. palmaium, Rh. hyhridum. On la substitue à la Rhubarbe de Chine.

Elle se présente en morceaux, tantôt cylindriques, pelés, épais d’environ 3 à 4 centimètres, tantôt plats, mondés au vif et de couleur jaune ocracé ou jaune rougeâtre, à l’extérieur. Sa face externe (lîg. 358) ne présente presque jamais le lin réseau losangique de lignes blanches, que l’on voit toujours sur la Rhubarbe de Chine (v. p. 659, lig. 365). Ces lignes y

Fig. 358.— Fragment de Rha- Fio. 339. — Coupe transversale d'une Rhubarbe pontic vu par sa face externe . indigène.

sont à peu près toujours, soit parallèles et disposées dans le sens longitudinal, soit irrégulières; elles se montrent alors comme des points jaunes, disséminés au hasard sur un fond blanc (Collin). Coupée transversalement (lig. 359), elle olire un aspect rayonné caractéristique, formé de lignes alternativement blanches et rouges, qui se dirigent du centre à la circonférence : les lignes blanches sont plus larges que les lignes rouges. Un peu avant d’atteindre la circonférence, dans les morceaux cylindriques ou tout à fait à la périphérie, dans les morceaux plats, les lignes rayonnantes sont coupées par une zone brune, circulaire dans les premiers, plus ou moins interrompue dans les seconds, mais toujours visible. Si l’on

POLYGONEES

mouille la surface de section, avec une goutte d’eau ou avec la langue, la radiation et la zone brune extérieure (couche cambiale ou génératrice) apparaissent très nettement.

Les lignes blanches sont formées d’un parenchyme lâche, contenant de l’amidon et des cristaux d’oxalate de chaux ; leur centre offre quelques trachées. Les lignes rouges sont constituées par des rangées de cellules arrondies ou ovales, remplies d’une matière de couleur orangée.

D’après O. Berg, les rayons médullaires sont formés d’une rangée, très rarement de deux rangées de cellules quadrilatères, allongées radialement.

Dans les morceaux cylindriques, le centre est généralement déprimé ou comme pulpeux, souvent creux ou, du moins, formé par un tissu lâche, spongieux, rempli de lacunes.

Les morceaux plats sont, comme la Rhubarbe de Chine plate, convexes d’un côté, concaves de l’autre. Mais, dans la Rhubarbe de Chine, le côté plan concave ne présente guère que deux dépressions latérales, entre lesquelles le centre se dessine comme un renflement longitudinal. Dans la Rhubarbe indigène, au contraire, le centre est creusé, concave et ne présente pas les deux dépressions latérales et parallèles de la Rhubarbe de Chine.

La Rhubarbe française et la Rhubarbe de Hongrie sont parfois d’une grande beauté (au point de vue commercial) et elles peuvent être mêlées à la Rhubarbe de Chine, dont il est difficile de les distinguer au premier abord.

Nous avons eu à examiner une Rhubarbe plate, de très bonne apparence, vendue comme Rhubarbe de Chine. Cette sorte était un peu molle, surtout cà la face inférieure, ne croquait pas sous la dent et avait une saveur moins amère, moins aromatique, plus mucilagineuse que celle de la vraie Rhubarbe. Après qu’on l’eut essuyée, pour en séparer la fine poudre dont elle était couverte, sa face convexe n’offrit pas le fin réseau losangique caractéristique, et sa face plane ne montra pas les étoiles que l’on y trouve toujours- sur la vraie Rhubarbe. Enfin, la section transversale était exactement rayonnée.

On ne saurait donc trop recommander, quand on achète

RHUBARBES EUROPEENNES

une Rhubarbe, de l’examiner morceau par morceau, de couper transversalement ceux qui paraissent douteux et d’en comparer l’aspect aux figures ci-jointes.

Hepp nous a rapporté avoir reçu une Rhubarbe de très bel aspect extérieur, peu mondée, anguleuse, molle, presque humide, mais ridée comme l’est une racine succulente, des séchée. Cette Rhubarbe avait une cassure non rayonnée, marbrée, avec prédominance de parties blanches, ne croquait pas sous la dent et avait une saveur faible. Cette drogue, qui ne fut d’ailleurs pas acceptée, venait du Hanovre, d’après les renseignements recueillis dans le commerce.

La Rhubarbe indigène ne croque pas sous la dent et teint la salive en jaune. Elle donne une poudre rougeâtre, qui est hygrométrique et se pelotonne; son odeur est faible, sa saveur amère, mucilagineuse et astringente.

On cultive, dans le comté d’Oxford (Angleterre), les K h . palmatumet Rhaponticum , et l’on en obtient une sorte de Rhubarbe, dite Anglaise, qui se rapproche de la Rhubarbe de Chine par beaucoup de caractères. Cette Rhubarbe est en morceaux irréguliers, cylindriques, coniques ou plan-convexes, recouverts d’une poussière jaune. Si l’on enlève cette poussière, la surface prend une couleur jaune rougeâtre ou rose-oeillet caractéristique (Collin) et présente des lignes parallèles qui, dans les morceaux réguliers, aboutissent à une zone circulaire, indice du point d’attache de l’ochréa.

La section transversale offre une zone médiane rose- œillet mélangé de blanc et entourée, vers la périphérie, d’un cercle blanc coupé par des rayons médullaires jaunes. Ces rayons sont parallèles près de la circonférence et coupés, au voisinage du bord de la racine, par un cercle ondulé, brun noirâtre. En se rapprochant du centre, ils se fondent avec la zone centrale et l’on voit, un peu au-dessous de ce point, un ou plusieurs cercles de petites étoiles jaunâtres, qu’entoure un cercle blanchâtre, à contour bien défini.

Selon Hanbury et Flückiger, les taches étoilées, quand elles existent dans cette sorte, sont isolées et non disposées en une zone régulière.

Cette Rhubarbe est très hygrométrique ; conservée dans

POLYGONÉES

des lieux humides, elle devient rouge orangé foncé. Elle est plus légère que la Rhubarbe de Chine, spongieuse, facilement entamée par l’ongle et se réduit en pâte sous le pilon.

Elle est peu ou pas aromatique; sa saveur est astringente, acide, mucilagineuse et moins amère que celle de la vraie Rhubarbe.

La qualité inférieure de cette racine doit la faire, rejeter, et c’est pourquoi nous avons insisté sur ses caractères, à cause de la ressemblance qu’elle offre avec la Rhubarbe de Chine. La Rhubarbe présentée à Ilepp, et dont nous avons parlé ci-dessus, était sans doute d’origine anglaise.

Les caractères distinctifs, que nous venons d’exposer longuement, ne permettent pas de confondre les vraies et les fausses Rhubarbes. Aussi, la substitution des unes aux autres est-elle de plus en plus rare. Il n’en est plus de même pour la poudre de ces substances, dont la distinction est très difficile. On ne saurait donc trop recommander aux pharmaciens de faire piler la Rhubarbe dans leurs officines.

Rhubarbes asiatiques

Les racines de ce nom ont été longtemps attribuées, mais sans preuves à l’appui, aux espèces suivantes : Rli. palmatum, L.; Rh. cruentum, Pall.; Rh. compactum , L.; Rh. leucorhizum, Pall. ( Rh . nanum , Siev.); Rh. tataricum, L.; Rh. undulatum seu Rhabarbarum , L.; Rb. hybridum, Ait.; Rh. Emodi , Vallich (Rb. australe, Don); Rh. crassinervium, Fischer; Rh. Webbianum, Roy le ; Rh. spiciforme, Royle; Rh. Moorcroftianum , Royle. Quelques-unes de ces espèces croissent en Sibérie ; les autres croissent dans les pays montagneux, qui confinent au plateau central de l’Asie.

Les racines de la plupart de ces plantes ont une structure à peu près analogue à celle du Rhapontic et, sauf les R. palmatum et R. Emodi , aucune ne paraît fournir de la Rhubarbe commerciale.

H. Bâillon rapporte que \eR. palmatum, var. tanguticum , produit une partie de la Rhubarbe de Chine. Selon Murray et Przewalski. cette plante croît dans le pays de Tangut,

RHUBARBES ASIATIQUES

autour du lac Kukunor (province de Ivansu). Son rhizome est plus court et souterrain ou à peine saillant au-dessus du sol. Maximovicz croit que cette variété fournissait la presque totalité de la vraie Rhubarbe, avant que les troubles, qui ont régné en Chine, en eussent empêché ou amoindri la récolte.

Quant au R. Emodi, il fournit, dit-on, une partie de la Rhubarbe qui vient du Thibet, par l’Inde.

Quoi qu’il en soit, on sait aujourd’hui que la Rhubarbe de Chine est surtout produite actuellement par le R. officinale, H. Bn. Cette plante fut découverte, dans le sud-est du Thibet, par les missionnaires français, et Dabry, consul français à Ilankow, en expédia des racines à Soubeiran. Introduite, en 1869, au jardin de la Faculté de médecine de Paris, elle v a fleuri et fructifié. H. Bâillon la décrivit et la dénomma, après s’être assuré que la souche de cette plante offre la même structure que la Rhubarbe officinale. Selon lui, les racines, issues de la partie souterraine de la souche, ont une constitution analogue à celle du Rhapontic.

On distingue, dans le commerce, plusieurs sortes de Rhubarbes, que l’on désigne principalement d’après les lieux d’où on les exporte.

Quelle que soit leur origine, les vraies Rhubarbes se distinguent aux caractères suivants :

Racines compactes, mondées au couteau ou à la râpe et couvertes d’une poudre jaune. Leur cassure est marbrée de rouge, de jaune et de blanc. Elles ont une saveur amère, devenant aromatique, croquent plus ou moins sous la dent, et possèdent une odeur sui generis, forte, aromatique. Leur surface étant frottée, pour en enlever la poudre, se montre couverte d’un fin réseau (fig. 360) à mailles ovales

, , . \ i i .1 , Fio. 3G0. — Fragment

ou rhombiques, dont la couleur blanche se de Rh, .barbe de ci..ne détache nettementsurunfondjauneorangé; vu pi,r sa

celui-ci, examiné à la loupe, se décompose en une masse blanche, garnie d'un grand nombre de raies ou de points rougeâtres. Ce fin réseau se montre sur toute la surface

616 POLYGONÉES

des racines cylindriques; dans les racines plan-convexes, il n occupe cpie la lace convexe. • La face plane présente des marbrures plus ou moins étoilées et irrégulières.

Leur coupe transversale offre des lignes irrégulières,

jaunes, rouges et blanches, parfois disposées en étoiles de forme variable et dont l'aspect général, marbré de jaune, de rouge ou de brun, sur un fond blanc ou blanc jaunâtre, diffère absolument de celui de la Rhubarbe indigène.

Jamais , comme dans cette dernière (fig. 361), on n’y observe

ivj. wi. — vjuujjc in emavcr&aie u uuu * , ' *

Rhubarbe indigène. ces rayons qui se dirigent en ligne

droite du centre à la circonférence.

La Rhubarbe de Chine, mondée incomplètement, présente, sur les bords de sa circonférence, des rayons à peu près droits, dirigés vers l’extérieur; mais le plus faible examen suffit à montrer que ces rayons naissent en majeure partie dans la zone cambiale et résultent d’une multiplication des rayons de la couche ligneuse.

La zone cambiale des vraies Rhubarbes est assez mal définie.

Dans la Rhubarbe de Chine plate, elle correspond à la dépression longitudinale, que nous avons signalée à propos de la Rhubarbe indigène. Elle se montre comme une ligne sinueuse, plus sombre, peu apparente d’ailleurs et formée par une série à peu près continue de petits systèmes radiés.

Dans la Rhubarbe de Moscovie, elle est encore moins indiquée et composée de systèmes radiés, généralement distincts et à courts rayons.

Rhubarbe de Moscovie ou de Russie. — Cette Rhubarbe

paraît due cà diverses espèces, qui croissent dans les steppes de la Tartarie chinoise. Elle venait jadis de la Sibérie, par voie de Moscou. Le gouvernement russe avait alors établi à Iviaehta, petite ville du gouvernement d’Irkoutsk, un entrepôt où les racines, apportées par les marchands Buchares, étaient troquées contre des pelleteries. Des commissaires

RHUBARBES ASIATIQUES

spéciaux les examinaient avec soin, les faisaient monder et rejetaient ou brûlaient les morceaux inférieurs, ainsi que les débris; enfin les racines conservées étaient expédiées à Moscou, où on les examinait de nouveau, avant de les verser dans le commerce.

Depuis quelques années, la Couronne de Russie parait s’être débarrassée de ce soin et la Rhubarbe de Moscovie est devenue très rare.

O. Berg la décrit comme suit : elle se présente en petits morceaux cylindriques ou fusiformes, à arêtes arrondies, offrant une cassure à grains très fins, marbrée à la loupe et dans laquelle prédominent les cellules rouges. Elle s’éloigne essentiellement de l’ancienne Rhubarbe de la Couronne et aussi de celle de Canton. Elle renferme peu d’amidon ; souvent même elle en est dépourvue.

Nous n'avons jamais vu cette sorte de Rhubarbe.

Voici quels sont les caractères de l’ancienne Rhubarbe de Moscovie, d’après un échantillon que nous confia M. Bæer, pharmacien à Strasbourg et d’après les divers spécimens qui existaient, avant 1870, dans le droguier de l’Ecole supé rieure de Pharmacie de la même ville :

La Rhubarbe de Moscovie est en morceaux généralement plan-convexes, de couleur jaune brunâtre extérieure ment (récente, elle est jaune), marqués, sur la face convexe, d’un fin réseau de lignes blanches sur un fond jaune brun, et souvent pourvus d’un trou arrondi, fait à la vrille. La face plane offre parfois, non toujours, une double dépression latérale et présente un nombre plus ou moins considérable de petites étoiles à rayons courts, droits, coupés en quelque sorte, vers leur milieu, par une ligne circulaire ou elliptique, noirâtre ou brun foncé. Les étoiles se montrent donc comme des cercles réguliers ou des ovales, du centre desquels partent des rayons qui en dépassent la circonférence (lig. 3G2).

En examinant une coupe transversale de ces racines (fig.363), on la voit composée de lignes jaunes, sur un fond

Fio. 36i. — Aspect tle l’un des systèmes radiés d’uno Rhubarbe de Mosrovie.

POLYGONEES

JLJoœtv

I'ig. 363. — Coupe transversale d’une Rhubarbe de Moscovie.

blanc, distinctes, parfois anastomosées, longues, sinueuses et dont les intervalles sont souvent occupés par des systèmes radiés. Ces étoiles sont de grandeur variable, de forme circulaire ou plus ou moins allongée ; leurs rayons, jaune clair au voisinage du centre, brunissent en se rapprochant de la circonférence , où ils offrent, en général, une teinte très foncée. Parfois, les radiations brunes partent des lignes jaunes et se dirigent perpendiculairement ou obliquement, par rapport à ces dernières.

Gomme dans le Rhapontic, les lignes jaunes se dirigent du centre à la circonférence. Cette direction est masquée d’ordinaire, par la présence des sytèmes radiés interposés et par la flexuosité des lignes. Elle ne devient manifeste que vers la circonférence, dans les racines ou leurs parties qui n ont pas été mondées trop profondément, encore alors les lignes jaunes sont -elles sinueuses.

On trouve mêlée à la Rhubarbe de Moscovie une sorte de

racine, dite blanche, qui est caractérisée par la prédominance du fond blanc : les lignes jaunes et les étoiles étant relativement peu nombreuses, moins foncées, plus minces. L’échantillon que nous croyons pouvoir rapporter à cette sorte est ovoïde, blanchâtre en dehors et garni, sur toute sa surface do lignes blanches anastomosées, formant un fin réseau à mailles rhomboïdes, étroites, allongées. La coupe transversale (fig. 364), pratiquée à l’une de ses extrémités, montre une

Pio. 364. — Coupc transversale d'une Rhubarbe de Moscovie blanche.

RHUBARBES ASIATIQUES

zone cambiale formée d’étoiles distinctes, mais rapprochées et irrégulières ; cette disposition n’est plus aussi manifeste à l’autre extrémité. Le tissu est moins compacte, que dans la sorte précédente.

« La Rhubarbe ne Moscovie a une odeur très prononcée et une saveur amère astringente. Elle colore fortement la salive en jaune safrané et croque sous la dent » (Guibourt). Sa poudre est d’un jaune orangé. Cette Rhubarbe est moins dense que la Rhubarbe de Chine.

Rhubarbe de Chine. — Cette sorte est à peu près la seule que l’on trouve aujourd’hui dans le commerce. Elle se présente en morceaux cylindriques ou ovoïdes, plus souvent allongés, plan-convexes, marqués d’un fin réseau blanc sur la face convexe, simplement marbrés sur la face plane, qui n’offre pas de petits systèmes radiés, comme la Rhubarbe de Moscovie.

Selon O. Berg, elle est percée de grands trous et saupoudrée de Rhubarbe en poudre; sa cassure (faite à la hache) est à gros grains,

centre à la circonférence, en décrivant des lignes très flexueuses. Ces lignes semblent souvent anastomosées et figurent, à l’endroit de ces prétendues anastomoses, des sortes d’étoiles très irrégulières, dont le côté extérieur est garni d’un plus grand nombre de rayons que le côté intérieur. Cette disposition se montre surtout dans la zone cambiale et résulte, ainsi que nous l’avons dit, de la multiplication des rayons de la couche

Examinée sur une coupe transversale (fi g. 305), elle se montre formée de rayons jaune clair, qui se dirigent du

veinée , marbrée , avec des veines plus larges et un fond blanc plus

apparent.

Fi o. 3(55 — Coupe transversale d’une Rhubarbe de Chine.

POLYGONÈES

ligneuse. Il est facile de s’en assurer au moyen de la loupe. Gomme dans la Rhubarbe de Moscovie, l’intervalle des rayons est parfois occupé par des étoiles; mais celles-ci nous ont paru moins nombreuses, moins distinctes, plus petites et dépourvues du cercle brun ou noirâtre, qui caractérise les premières.

Dans une très belle Rhubarbe de Chine, que nous avons examinée et qui provenait de la pharmacie de l’hôpital civil de Strasbourg, les lignes jaunes étaient parfois un peu orangées, très fines et tellement serrées, que la surface de section, non mouillée et brossée avec soin, offrait une couleur gris jaunâtre. Gette surface, étant à peine mouillée avec la langue, prenait rapidement une teinte rouge orangé, tachée de jaune clair.

« La Rhubarbe de Chine colore la salive en jaune orangé et croque très fort sous la dent. Elle est généralement plus pesante que la Rhubarbe de Moscovie et, pour la couleur, sa poudre tient le milieu entre le fauve et l’orangé » (Guibourt). Cette poudre est plutôt jaune orangé très clair.

Guibourt décrit, sous le nom de Rhubarbe de Perse, une Rhubarbe que Pereira et O. Berg rapportent à la Rhubarbe de Chine et que les Anglais appellent Dutch Trimmed ou Batavian Rhubarb. Cette sorte, aussi nommée Rhubarbe de Turquie et à' Alexandrette, venait autrefois du Thibet, parla Perse et la Syrie; on la tire actuellement de Canton. Klle est en morceaux cylindriques ou plan-convexes, mondés au couteau, plus denses et plus compactes que ceux de la Rhubarbe de Chine, dont elle paraît être une qualité supérieure. On ne la trouve plus dans le commerce français.

Rhubarbe de Bucharie. — « D’après Pereira, cette sorte croit en Bucharie et arrive à Saint-Pétersbourg, par voie de Nichni-Novûgorod et Moscou. Elle est plus légère , plus spongieuse et d'une couleur plus foncée que la Rhubarbe de Moscovie et ne croque pas sous la dent ; elle se présente en morceaux arrondis ou aplatis, mondés au couteau ou au racloir et percés d’un trou petit, très net. » (O. Berg.)

Rhubirbe de l’Inde. — Elle est généralement en morceaux fort détériorés et ne se trouve qu’accidentellement dans le

RHUBARBES ASIATIQUES

oommerce. Cependant, si elle était récoltée et préparée avec soin, elle pourrait constituer une belle sorte commerciale.

Plusieurs Rheum fournissent encore, dans l’Himalaya, des racines improprement appelées Rhubarbes et qui, par leurs qualités, se rapprochent beaucoup du Rhapontic.

! Au point de vue histologique, les Rhubarbes de Chine et do Moscovie présentent les différences suivantes, selon O. Berg ( Anatomischer Atlas, etc., planche XII, tig. E, I) :

1° Rhubarbe de Moscovie. — Rayons médullaires formés, en général, de trois rangées de cellules ovales ou arrondies ; amas d’oxalate de chaux arrondis, ou aplatis et étoilés, composés de cristaux, dont l’extrémité libre se termine en une pointe aiguë ; couche cambiale constituée par trois ou quatre rangées de cellules très étroites et allongées.

2° Rhubarbe de Chine. — Rayons médullaires généralement formés de deux (rarement de trois) rangées de cellules ovales subcylindriques, plus grandes que dans la sorte précédente ; amas d’oxalate de chaux disposés en rosace et composés de cristaux, dont l’extrémité libre se termine par une arête arrondie, offrant une pointe aiguë en son milieu ; couche cambiale constituée par cinq ou six rangées de cellules polyédriques, non allongées.

i Ces distinctions sont évidemment justifiées ; mais elles reposent sur des recherches trop peu nombreuses. On a pu sup poser que les différences signalées par O. Berg sont dues, soit à l’âge des souches, soit au terrain dans lequel elles avaient poussé, soit, enfin, au triage attentif auquel étaient soumises les racines exportées de Kiachta. Aujourd'hui que les voyageurs ont démontré l’existence de deux Rheum cultivés en Chine, il semble probable que les Rhubarbes de Chine et de Moscovie n’ont pas la même origine. La Rhubarbe de Moscovie, que l’on retirait du nord de la Chine, devait être produite par le R. palmatum, var. tancjuticum, tandis que la Rhubarbe de Chine, qui arrive du Thibet,doit être fournie surtout par le R. officinale.

Les troubles si longtemps continués dans le nord de la Chine, d’une part et, d’autre part, la suppression de la factoterie russe de Kiachta, ont amené la disparition de la R hu-

POLYGONÈES

barbe du Kansu, au moins comme sorte spéciale et il est à croire que ce que l’on en récolte encore doit être expédié par les ports de la Chine, où on la mélange, sans doute, avec les racines venant du Thibet.

L’analyse de la Rhubarbe a été faite à plusieurs reprises.

Schrader y a trouvé un principe qu’il nomma A mer de Rhubarbe , principe qui est peut être le même que le Rhabarberstoff de Trommsdorff, la Rhêumine de Hornemann, la Rhabarbérine de Buchner et Brandes, \e jaune de Rhubarbe ou Rhéine et Y Acide Rhabarbique de Brandes.

Schlossberger etDiipping en retirèrent de la Chrysophane et trois résines : Aporétine, Plièorètine , Erythrorétine.

De la Rue et Millier y ont signalé la présence d’un principe voisin de la Chrysophane, principe qu’ils appelèrent Emodine.

Enfin, Ivubly en a retiré de Y acide Rhêo-tannique , de Y acide Rhêumique, de la Phèoréline, de la Chrysophane, une matière pectique et un principe innomé , incolore, neutre, cristallisable, dont la formule serait C10 H12 O4.

Flückiger dit en avoir obtenu des cendres formées de car bonates de chaux et de potasse et dont la quantité peut varier, selon les échantillons, de 12 à 43 0/0.

La Chrysophane (C32 H18 O16,?) se présente sous forme d’une poudre rouge orangé, de saveur amère, soluble dans l’eau et dans l’alcool, insoluble dans l’éther, capable do réduire les sels d’argent et non la liqueur cupropotassique. Les acides la dé- • doublent en sucre et en acide Chrysophanique (G15 H10 O4). L’acide Chrysophanique, que l’on dit exister dans la racine de Rhubarbe, ne semble pas s’y trouver tout formé, car DragendorfF ne l’a obtenu que dans un seul des cinq échantillons qu'il a analysés. Il paraît en être de même, pour la majeure partie des plantes qui en fournissent et en particulier pour la poudre de Goa, où il est produit par l’oxydation de la Chrysarobine.

L’Emodine est un corps cristallisable en aiguilles brillantes, rouge orange, fusibles à 250° et pouvant être sublimées. ' Elle est soluble dans les alcalis, d’où les acides la précipitent, sous forme de flocons jaunes.

RHUBARBES 663

Selon Liebermann, l’Emodine est identique avec Y acide Frangulique retiré du Ramnus Frangula , L. ; cet auteur a regarde comme étant de la trioxymèthyl-anthraquinone :-t lui attribue la formule : G14 H4 (G IP) (O H)3 O2.

L’Acide Rhéo-tannique (G26 H26 O14) est une poudre jauîâtre, soluble dans l’eau et dans l’alcool, insoluble dans l’éther, irécipitée en vert noirâtre par les persels de fer et en gris lassant au bleu, par les protosels de la même base. On va . /oir que ce principe est un glucoside.

L’Acide Rhéumiqub (G20 H16 0°) parait être un produit de 3 lédoublement de l'aeide Rhéo-tannique, bien qu’il existe ont formé dans la racine de Rhubarbe. C’est une poudre 3 arun rougeâtre, peu soluble dans l’eau, que l’on obtient en . âisant bouillir l’acide Rhéo-tannique avec un acide minéral ilué ; la poudre se précipite et il se produit du sucre.

} La Phéorétine (C1G H16 O7) est une substance pulvéru- . ente brune, soluble dans l’alcool et dans l’acide acétique ristallisable, insoluble dans l’eau, dans l’éther et dans le hloroforme.

On ne sait rien sur la nature du principe actif de la Rhuarbe. La Chrysophane passe pour être purgative, mais elle .git moins que la Rhubarbe elle-même. Rossbach dit que, •elon Kubly, le principe purgatif de la Rhubarbe est un eide analogue à l’acide Cathartique, acide qui existe surtout ans le séné, en même temps que l’acide Ghrysophanique. •r, les recherches de Bouchut et Bourgoin montrent que la athartine est un mélange de Chrysophanine, de glucose et ’acide Ghrysophanique. Les acides Cathartique et Chrysohanique sont donc des principes [?] très analogues, sinon lentiques. Mais l’acide Ghrysophanique semble ne pas être urgatif, et son emploi en thérapeutique est borné au traitelent des maladies cutanées de nature psoriasique. Ses effets l’intérieur, même à la dose de 0,5, se réduisent cà colorer sueur, le lait, l’urine, les matières fécales.

Le principe actif de la Rhubarbe n’est donc pas connu.

La Rhubarbe, administrée à faible dose (0,05 à 0,3) est n agent eupeptique, employé dans les états de faiblesse digesve;elle peut être prescrite, lorsque les troubles de la di-

POLYGONEES

gestion s’accompagnent de diarrhée. A dose élevée (1,0 à 3,(. et même 5,0), elle est usitée contre la constipation, dans 1 ! convalescence des maladies aiguës et contre la constipatio ! habituelle.

On doit la prescrire en nature, autant que possible, soit e: i morceaux que le malade mâche, soit en poudre; on peut 1 donner aussi en infusion, jamais en décoction , à caus î de la grande quantité d’amidon, qui se dissout alors et qu donne au décocté un aspect trouble, désagréable à l’œil.

On l’administre aussi sous forme de sirop, de teinture o: s d’ extrait. Le sirop est surtout donné aux enfants, par cuille s rées à café. Sa poudre (15 p.) est souvent mêlée à du car s bonate de magnésie (60 p.) et à de l’oléo-sucre de Fenoui (40 p.).

Falsification de la poudre de Rhubarbe. — Nous avon signalé, plus haut, la difficulté qu'on éprouve à distinguer 1; vraie Rhubarbe de Chine de la fausse Rhubarbe, quand cetb substance a été pulvérisée.

Avant tout, il faut s’assurer des propriétés physiques e organoleptiques de la poudre suspecte. On se rappellera qu la poudre des fausses Rhubarbes est rougeâtre, hygrométrique, se pelotonne rapidement et qu’elle a une saveur moin amère, moins aromatique, plus mucilagineuse. Une poudr hygrométrique, pelotonnée et peu sapide devra donc êtr suspectée. Elle ne pourra être repoussée, néanmoins, si l’oi n'a pas d’autres moyens de déceler la fraude. Malheureusement, les réactions chimiques, si utiles pour d’autres droguessemblent ici peu efficaces. Nous allons, pourtant, faire con naître celles qui paraissent donner les meilleurs résultats.

Selon John Cobb, 8 grammes de teinture de Rhubarbe d< Chine, étant traités par 4 grammes d’acide azotique étendi de son volume d’eau, le mélange s’est troublé après trois oi quatre heures; la teinture de Rhubarbe de l’Inde s’est troublée en un quart d’heure; celle de la Rhubarbe indigène s’es troublée en une demi-heure.

L’acide iodhydrique ioduré donne une teinte verte au dé- cocté de la Rhubarbe de Moscovie ; une teinte brune , ave< celui de la Rhubarbe de Chine ; une teinte rouge foncé , ave<

RHUBARBES

la Rhubarbe anglaise ; une teinte bleue , avec la Rhubarbe française.

Selon Rillot, l’acide azotique colore les Rhubarbes indigènes en jaune et les Rhubarbes exotiques en orange; les huiles essentielles donnent au Rhapontic une teinte variant de l’orange à la couleur de chair, tandis que la Rhubarbe de Chine n’en est à peu près pas affectée : broyée avec de la magnésie et de l’essence d’Anis, la Rhubarbe de Chine n’est pas sensiblement affectée, tandis que le Rhapontic se colore en orange saumoné. Rillot affirme que l’on peut ainsi reconnaître la présence du Rhapontic, dans la poudre de Rhubarbe exotique.

Fio 366. — Poudre de Rhubarbe contenant de la farine, d’après Hassall (220/0.

Hassall y a dit avoir trouvé de la farine de Blé dans la I poudre de Rhubarbe. Cette falsification est facile à déceler à I l’aide du microscope (fig. 366).

Thompson a signalé la présence de la poudre de Curcuma ; ce mélange est aisément reconnu par l’emploi du moyeu I suivant :

ciiénopodèes

On met la poudre suspecte sur du papier buvard et on l’humecte, à plusieurs reprises, avec du chloroforme, qu’on laisse ensuite évaporer. Si la poudre contient du Curcuma, il se produit une tache jaune, qui traitée par une solution acide de borax, prend, après dessiccation, une teinte pourpre. En ajoutant alors un peu d’ammoniaque diluée, la tache offre une coloration bleue passagère.

Nous parlerons plus loin d’une Polygonée exotique, le Coccoloba zovifera, dont l’extrait astringent a été décrit sous le nom de Kino de la Jamaïque .

CHÉNOPODÉES

Vulvaire

La Vulvaire (Chenopodium Vulvaria , L.)est une plante, croissant dans les décombres, et dans les lieux incultes. Elle a une odeur repoussante et a été préconisée comme antispasmodique.

En 1817, Chevallier et Lassaigne avaient annoncé que cette plante contient du sous-carbonate d'ammoniaque tout formé ; Dessaignes, en 1851, pensa que l’odeur de Poisson pourri qu’elle exhale est due à de la Propylamin» , et ses recherches dans ce sens furent confirmées.

Selon Wittstein,la Vulvaire doit son odeur désagréable à une évaporation continuelle de Propylamine ; cette base doit y être contenue à l’état de sel avec excès de base.

La Propylamine, Tritylamine, etc., est un alcaloïde, que l’on peut regarder comme de l’ammoniaque ordinaire combinéeà un équivalent de propylène(Az H3 H- C3 HG = C3 H9Àz), ou comme de l’ammoniaque, dont un éq. d’hydrogène est remplacé par un équivalent du radical de l’alcool propylique (G3 H7) d’où, la formule : C3 H7 '

H 1 Az H '

La Propylamine est un liquide incolore, volatil, d’une odeur forte, comme ammoniacale et qui, diluée dans l’air, rappelle

VULVAIRE

l’odeur de la saumure. Sa réaction est très alcaline ; comme l’ammoniaque, elle répand des vapeurs blanches, à l’aproche d'un tube mouillé avec l’acide chlorhydrique. Ses sels dégagent une odeur particulière de Poisson, quand on les chauffe ou qu’on les traite par de la potasse.

La Propylamine a été extraite d’un grand nombre de substances : le Seigle ergoté et l’ergotine, la saumure de Harengs, les fleurs d’ Aubépine, les fruits du Sorbier des Oiseaux, etc.

Cet alcaloïde agit comme caustique sur les muqueuses. A l’intérieur et à la dose de 1 à 2 cuillerées à café, dans un verre d’eau distillée, il détermine quelques renvois, la diminution du pouls, une légère sensation de froid et la pâleur de la face. On a administré avec succès la Propylamine contre les affections rhumatismales et leurs métastases au péricarde, aux méninges, à la plèvre, etc. Toutefois, la Propylamine pure n’a pu être convenablement isolée et elle n’a été employée qu’en dissolution aqueuse plus ou moins concentrée ; de plus, cette dissolution s’altère graduellement et ses alcaloïdes se transforment peu à peu en ammoniaque. D’autre part, A. Petit a montré que la proportion des alcaloïdes contenus dans les solutions propylamiques varie du simple au décuple et même au delà. On s’explique ainsi les succès de certains expérimentateurs, les mécomptes des autres et l’on conçoit que cette substance pourra être étudiée seulement, quand on en possédera des composés toujours identiques et comparables. La présence de la Propylamine, dans la Vulvaire,

. devrait porter l’attention médicale sur cette plante, que l’on employait autrefois comme antispasmodique, dans l’hystérie, a chorée, etc.

TABLE DES MATIERES

Préface

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