ANIMAUX OU SUBSTANCES PROVENANT DU GROUPE DES INVERTÉBRÉS
INSECTES VÈSICANTS
I.cs Insectes vésicants appartiennent tous à l’ordre des Coléoptères. On les rapporte généralement à la section des Hétéromères et à la famille des Trachélides. E. Blanchard les place dans la famille des Cantharidides, qui forme le type de sa tribu des Cantharidiens , à laquelle il donne les caractères suivants :
Antennes filiformes ou un peu renflées à l’extrémité ; tête cordiforme, portée sur une sorte de cou ; mâchoires sans onglet ; tarses antérieurs et intermédiaires de 5 articles, les postérieurs à 4 articles; élytres molles.
E. Blanchard caractérise, comme suit, la famille des Cantharidides :
Crochets des tarses bifides; palpes filiformes.
Il divise cette famille en 4 groupes : Mêloéites, Mylahriles , Cantharidites, Némoynathites.
INSECTES VÊSICANTS
Presque tous les Insectes compris dans cette famille ont
énergiquement sur le tube digestif et sur l’appareil génitourinaire. Si l’on excepte les Némognatliites, qui ne semblent pas avoir été utilisés, du moins en Europe, les trois autres groupes renferment des espèces douées d’une activité considérable et dont nous ferons connaître les caractères.
Antennes un peu grenues, sans rendement sensible vers l’extrémité; mâchoires sans appendices. Genres: Ænas, Latr. ; Cantliaris, Geotîr. ; Lytta , Fabr. ; Zonitis , Fabr. ; Tetraonyx, Latr.; Apalus , Fabr.; Sitar is, Latr. (Blanchard.)
Antennes longues, un peu épaissies vers l’extrémité ; tarses à pénultième article entier.
Le type de ce genre est la Cantharide officinale. Cantharide officinale. — La Cantharide officinale ( Cantliaris
Fia. 57. - Cantharide officinale. (|011t le prothorax est presque
carré ; la tête et le thorax présentent, sur leur milieu, une dépression linéaire profonde; abdomen presque cylindrique, recouvert par des élytres llexibles, finement guillochés et offrant, vers leur bord interne, deux nervures longitudinales assez déliées ; ailes inférieures membraneuses et transparentes; pattes grêles, à
CANTH ARIDITES
C antharis
vesicatoria , Geoffr., Latr.; Meloe
vesicatorius , L.; Lytta vesica- i
toria, Fabr.; fig. 5?) est un Insecte d’un vert métallique un peu bleuâtre, long de 15 à 20 millim., large de 4 à G millim., offrant les caractères suivants : antennes noires, filiformes, à 11 articles; tête cordiforme, un peu inclinée en dessous, plus grosse que le corselet,
GANTH ARIDITES 125
tarses filiformes, terminés par deux crochets recourbés et garnis, en dessous, de poils serrés.
Les mâles sont plus petits que les femelles.
Les Cantharides exhalent une odeur forte, pénétrante, très désagréable et qui se conserve après leur dessication.
Elles habitent surtout les contrées méridionales de l’Europe (Espagne, Italie, Sicile) ; mais elles sont communes également dans l’ Ukraine, d'où on les exporte, par Leipzig. On les trouve principalement sur les Frênes, les Lilas, les Troènes, les Jasmins; toutefois, on les rencontre aussi sur les Rosiers, les Sureaux, les Pommiers, les Saules, lesPcupliers, parfois sur les Chèvrefeuilles, le Chainæcerasus, plus rarement sur le Noyer, la Cynoglosse et même le Blé.
Elles sont récoltées le matin, avant le lever du soleil, tandis qu’elles sont encore engourdies par le froid. Il suffit alors de secouer les arbres qu’elles habitent et au-dessous desquels on a étendu des draps. Les Cantharides ainsi recueillies sont tuées, soit en les plongeant dans de l’eau ou dans du vinaigre bouillant, soit en les exposant à la vapeur de ce dernier. Lutrand a recommandé d’employer du chloroforme.
On les fait sécher à l’étuve.
Les Cantharides perdent beaucoup de leur poids, par dessiccation, et l’on a compté qu’il en faut treize, pour égaler le poids d’un gramme.
Ces animaux sont rapidement attaqués par divers Insectes (Anthrènes, Ptinus, Dermestes), qui en dévorent toutes les parties molles, dans lesquelles se trouve surtout contenu le principe actif. Aussi faut-il les choisir récentes, autant que possible, ou privées de vermoulures, et doit-on les mettre à l’abri des attaques.
On a préconisé le camphre, comme préservatif; mais cette substance ne détruit pas les Anthrènes. Une petite quantité de mercure, placée au fond des vases, qui contiennent les Cantharides, constitue un bon préservatif. Le meilleur moyen paraît être de les enfermer chaudes, c’est- à dire, lorsqu’elles sortent de l’étuve, dans des vases chauffés aussi et que l’on houche hermétiquement. La conservation est