INSECTES VÉSICANTS
mieux assurée, si l’on a mis un peu de mercure au fond du vase et si le bouchon a été, soit goudronné, soit enduit de cire, ou de paraffine.
La dessiccation des Cantharides doit être faite à l’aide d’une chaleur peu élevée, car le principe actif de ces animaux est très volatil et peut se dissiper entièrement à l’air, même à la température ordinaire.
Los Cantharides ont été analysées par Robiquet, qui y a trouvé: 1° un principe vêsicant (Cantharidine) ; 2° une huile grasse jaune ; 3° une huile grasse ner Le ; 4° une substance jaune visqueuse ; 5° une substance noire ; 6° de Yosmazome ; 7° des acides torique, acétique , phosphorique ; 8° des phosphates de chaux et de magnésie ; 9° de* la chitine.
Des Cantharides contenant 8, 18 0/0 d’humidité ont fourni à Ivubly 5,79 0/0 de cendres, à base de chaux, de magnésie, de potasse et de soude.
La Cantharidine (G10II12 0-») est une substance très vésicante, très vénéneuse et d’une âcreté excessive: un demimilligramme de Cantharidine, posé sur la langue, y détermine une large phlyctène. Elle se dissout dans l’eau à la faveur de la matière jaune. A l’état pur, elle est incolore et se présente sous forme de prismes obliques, à base rhombe. L’eau froide en dissout 0,15 0/0 de son poids ; l’eau bouillante, 0,297; l’alcool à 85°, 0,8 32; la benzine bouillante, 3,38. L’éther, le chloroforme, les huiles fixes et volatiles la dissolvent. L’acide sulfurique la dissout sans l’altérer : sa dissolution dans cetacide est précipitée par l’eau. Elle est insoluble dans le sulfure de carbone. Elle se ramollit à 210° et fond à 218°, mais se décompose alors et se sublime en partie, sous forme de paillettes brillantes. Sous l'influence des alcalis, elle fixe deux molécules d’eau et se change en un acide bibasique faible {Acide Cantharidique : C10JI1GOc), capable déformer des sels très vésicants. On peut donc la considérer comme l’anhydride d’un acide.
La valeur des Cantharides étant en rapport nécessaire avec la proportion de Cantharidine qu’elles renferment, il convient de doser cette substance. Pour cela, on pulvérise
CANTtf ARIDITES
grossièrement 50 grammes de Cantharides, et on les introduit dans l’appareil digesteur de Payen, avec quantité suffisante de chloroforme; ou bien on les met dans un appareil à déplacement, et on les traite par un liquide approprié (chloroforme, éther acétique, benzine). Comme la Cantharidine est volatile, il semble que l’emploi du digesteur doit donner de moins bons résultats, que l’emploi de l’appareil à déplacement : le chloroforme, en se volatilisant doit, en effet, reporter une partie de la Cantharidine dans la poudre à épuiser. Toutefois, ce moyen doit être préféré, car il nécessite une moindre quantité du dissolvant; il suffit, quand l’opération est terminée, de laver la poudre avec un peu de chloroforme neuf, pour en soustraire toute la Cantharidine qu’elle pourrait garder.
Quel que soit le procédé employé, on distille le liquide qui a servi à la lixiviation. Le résidu extractiforme est ensuite traité par le sulfure de carbone. Celui-ci en sépare les matières grasses que le chloroforme avait enlevées, e.n même temps qu’il dissolvait la Cantharidine, et laisse cette dernière dans un état suffisant de pureté. Si l’on a opéré dans une capsule tarée, on n’a plus alors qu’à peser celle-ci, pour obtenir le poids de la Cantharidine.
Le dosage répété de Cantharides pures a montré que la Canthadirine y est contenue dans la proportion de A à 5 grammes, par kilogramme. Toutes les fois donc que l’essai des Cantharides donnera un poids inférieur à cette quantité, on devra les rejeter.
Comme on opère d’habitude sur 50 grammes de poudre, le poids de la Cantharidine obtenue ne devra pas être inférieur à 0,20.
On a souvent discuté, pour savoir en quelle partie de la Cantharide réside son principe actif. La plupart des auteurs admettent, avec toute apparence de raison, que la Cantharidine occupe surtout les parties molles. Limousin-Lamothe et Dubuc ont affirmé cependant, que les Cantharides vermoulues, c’est-à-dire, privées des parties molles, peuvent produire la vésication. Il est certain que les vermoulures contiennent encore de la Cantharidine, puisque Guibourt,
INSECTES VESICANTS
Virey et Berthoud y en ont trouvé (0,094, pour 125 de vermoulure, selon Berthoud); mais, comme on le voit, la proportion de cette substance y est beaucoup amoindrie, et il ne viendra jamais à l’idée d’un pharmacien consciencieux d’employer de la poudre de vermoulures, pour la préparation de vésicatoires. Les résultats obtenus, s’ils sont exacts, montrent, en effet, que les vermoulures ne contiennent que 0,075 0/0 de Cantliaridine, tandis que les Cantharides de bonne qualité en contiennent de 0,4 à 0,5 0/0, comme nous l’avons dit.
On ne doit donc acheter que des Cantharides en bon état de conservation et dépourvues de poussières ou de débris quelconques.
Falsification des Cantharides. — Le prix relativement élevé des Cantharides a porté naturellement à les falsifier. Comme la majeure partie des Cantharides du commerce arrive aujourd'hui de l’ Ukraine, et passe ainsi près- > que toute entre les mains de nombreux spéculateurs, ceux-ci leur font subir des falsifications diverses.
Ainsi, on augmente leur poids, par une immersion, soit dans l’huile, soit dans l’eau, ou bien on en retire le principe 3 actif, par un traitement avec l’alcool ou avec ' l’essence de •: térébenthine.
La présence de Y Huile est décélée par un rapide lavage ( à l’éther, qui en sépare la matière grasse. Parfois, la proportion d’huile est telle que les Cantharides tachent le papier, avec lequel on les comprime légèrement .
L’existence de l 'Eau est indiquée par la perte de poids ' qu’elles éprouvent, quand on les met à l’étuve.
On reconnaît que les Cantharides ont été traitées par . l 'alcool ou par Y essence de térébenthine , à l’aide de deux moyens: 1° le dosage do la Cantliaridine; 2° le dosage del l’extrait, sachant que 100 grammes de Cantharides fournissent 15 cà 10 grammes d’extrait alcoolique.
L’ Essence de térébenthine sera, reconnue, d’ailleurs, par la matière résineuse que l’on obtient, en lavant les Cantharides avec de l’éther.
La forme et la coloration spéciales aux Cantharides ne i
CANTH ARIDITES
permettent guère de les falsifier, par addition d’autres Coléoptères, du moins tant qu’elles sont entières. Il parait cependant qu’on y a trouvé divers Insectes, dont nous indiquerons les caractères distinctifs :
1° La Chrysomèle fastueuse (Chrysomela fastuosa), qui est d’un vert brillant et beaucoup plus petite que la Cantharide, car elle n’a que lia 13 millim. de longueur et 7 à 9 millim. de largeur.
2° Le Calliclirome musqué (Callichroma moschata , L.),
Fia 5S. — Céloinc dorée.
qui exhale une odeur de rose et est long de 27 millim. 11 a des antennes filiformes, plus longues que le corps, les cuisses postérieures allongées, les jambes très comprimées , le thorax arrondi, d’un diamètre presque égal à celui de l’abdomen, des élytres subconiques, plus larges à la base qu'à l’extrémité libre.
3° La Cétoine dorée ( Cetonia aurata, Fabr.; fig. 58), qui aune forme ovalaire et ramassée, est longue de 11 à 22 millim., large de 10 à 12, avec une t'te très petite, un corselet subarrondi en avant, aussi large que l’abdomen en arrière, et des élytres portant, sur leur bord interne, une nervure saillante. Le dos est d’un vert doré brillant et la face abdominale d’un rouge cuivreux; les pattes sont garnies de poils roux, qui existent aussi sur le ventre.
4° Le Carabe doré (Car abus auratus , L.; fig, 59), qui est oblong, d’un beau vert, avec trois cotes sur les élytres, qui sont soudées ; pas d’ailes ; antennes à 3e article cylindrique ; pattes et antennes roussâtrcs.
Il est difficile de concevoir que les Insectes ci-dessus
Fia. 50. — Carabe dore.
INSECTES VESICANTS
puissent être confondus avec les Cantharides entières. Mais on comprend aussi, que leur poudre puisse être ajoutée à celle des Cantharides. Dans ce cas, cette dernière fournira une quantité de Cantharidine d’autant moindre, qu’elle aura été additionnée d’une proportion plus grande d’insectes non vésicants. Il en sera de même, si la poudre a été préparée en partie avec des Cantharides épuisées.
Pereira a signalé la falsification de la poudre de Cantharides, par addition de poudre d’Euphorhium. Stanislas Martin conseille alors de traiter la poudre suspecte, avec de l’alcool bouillant, et de filtrer la liqueur chaude : la matière résineuse se précipite par refroidissement. Si la solution restante est ensuite évaporée, elle fournira une quantité d’extrait supérieure à celle que donne un poids égal de Cantharides.
Un assez grand nombre d’Insecles du genre Cantliaris ou rapportés à des genres voisins, sont cités par A. Richard, comme possédant des propi’ié'.és vésicantes.
Tels sont les suivants :
Le Cantliaris vzrticalis, lllig. ( C . dubia, Fabr. ; Lytta dubia, Oliv'd: noir, avec la tête fauve, partagée par une ligne longitudinale noire. Il vit sur la Luzerne, dans le Midi de la France, et a été retrouvé en Grèce. Il a la taille d’une Cantharide ordinaire.
Le C. collaris ( Lytta collaris, Fabr.) : longue de 27 millimétrés ; tète, corselet et pattes jaunes ; abdomen et élytres d’un bleu cuivreux ; corselet avec deux taches noires; tête pourvue aussi de 2 taches en dedans des yeux. Elle habite la Grèce.
Le C. erytlirocephala ( Lytta erythrocepliala, Fabr.) : long de 11 à 18 millimètres, noir, sauf à la tête, qui est rougeâtre, avec la base marquée d’une ligne noire; élytres et corselet bordés de jaune sale, avec une bande de même couleur sur leur milieu. Il habite le Midi de la Russie.
Le C. dimidiata, Déj., du Brésil : long de 22 à 25 millimètres ; tète et corselet jaune fauve ; élytres jaune fauve, dans le tiers supérieur, avec une tache noire, vers l’angle supérieur externe ; le reste de l’élytre est noir mat; pattes noires, sauf aux hanches, qui sont fauves ; tète étroite, allongée ; corselet très allongé, aminci en avant.
Le C. fucata, Dej., aussi du Brésil : long de 18 à 28 millimètres, avec le corps entièrement gris foncé, un peu pulvérulent.
Le C. af finis, Dej., encore du Brésil : a la grandeur et la forme du précédent, mais presque noir, avec le corselet et les élytres bordés de gris et offrant une ligne grise en leur milieu.
CANTH ARIDITES
Le C. vittata, Latr., des Etats-Unis, où il vit sur la Pomme de terre : corps bariolé de lignes longitudinales, noires et jaunes> alternatives.
On cite, au Sénégal, des Cantharides de diveises couleurs :
1° Les unes bleuâtres ou violacées: C. amethystina, Dej. ; C.rugi permis, Buquet : C. sulcata, Dej.; C. iantliina , Dej.;
2° Les autres d’un gris plus ou moins terne : C. hirtipes , Dup. ; C. flavicornis, Dej. ; C. vestita , Duf. ; G . Leprieurii, Buq.
3° Une qui ressemble assez à la nôtre et qui est d'un vert doré légèrement bleuâtre : C. Dussaultii, Duf.
Lyt ta , Fa b r .
Ce genre, très voisin des Cantharides vraies, contient un grand nombre d’espèces, toutes exotiques. Voici ses caractères :
Antennes longues, amincies vers l’extrémité ; palpe maxillaire à dernier article plus gros que les autres ; pénultième article des tarses entier.
L’espèce la plus employée est la Cantharide pointillée ( Lytta adspersa, Klïtg.), qui vit à Montevideo, sur le lieta vulgaris, var. Cicla: corps gris cendré, comme pulvérulent, et criblé de points noirs ; antennes noires ; pattes roussâtres. Elle est longue de 13 à 16 millim.
Pour la récolter, on coupe les tiges de Bette, qui en sont couvertes, et l’on secoue ces tiges dans un sac en toile.
La Cantharide pointillée est, dit-on, aussi vésicante que notre Cantharide ; mais elle parait ne pas provoquer d’irritation sur les organes gmiito- urinaires. On emploie également, à Montevideo, le L. vidua , Ivliig., et le L. ( Epi cauta) cavernosa, Reiclie.
Ou cite encore, comme très employé aux États-Unis, le L. atoniaria , Germ. ( L . punclala , Kltig.), que l’on trouve également au Brésil et dans la Guyane et qui vit sur les Pommes de terre.
Les L. Syricica, Fabr. et L. segetum, Fabr.,sont réputés vésicants. Le 1er, aussi appelé Ænas syriacus , Latr., habile la Syrie et le Midi de l'Europe, surtout l’Autriche. Le 2e se trouve en Arabie et dans le Nord de l’Afrique.
Les Ænas, dont le type est YÆ. afer, vivent dans le Midi de l'Europe et la Barbarie.
Les Tetraonyx tigridipennis, D.-j- cl T . quadrilineata, Dej., tous les deux du Brésil, sont vésicants.
132 INSECTES VES1CANTS
Les Zonilis, Apalus, Sitaris et Ncmognathus , paraissant dépourvus de propriétés vésicantes.
M YLABRI TES
Antennes renflées vers l’extrémité ; corps pourvu d’ailes. Genres : Cerocoma , Geoff. ; Mylabris, Fabr. ; Lydus , Latr.
Cerocoma
Antennes de 9 articles, dont le 2° offre, chez les mâles, une grande expansion foliacée. Ce genre ne fournit guère qu’une espèce, dont les propriétés vésicantes soient reconnues : c’est le Cérocome de Schæffer.
Gérocome de Schæffer ( C . Schæffer ii, Fabr. ; fig. 60) : vert doré, pubescent, long de 10-15 millim. ; tête et corselet noirs ; antennes et pattes jaunes ; élytres tiès flexibles, aussi longs que l’abdomen. Cet Insecte se
Fia. 60. — Ccrororae . . . „ 1
de Schaeffer. trouve, aux environs de Paris, sur les Gra-
minées, les Ombellifèreset les Synanthérées.
My labris
Antennes renflées en bouton à l’extrémité, offrant 11 articles, dont les 2, 3, 4 derniers sont quelquefois soudés.
Ce genre contient un grand nombre d’espèces, soit noires, avec des taches jaunes ou rougeâtres, soit jaunes, avec des taches noires. Les Mylabres habitent les régions chaudes et tempérées de l’Ancien Continent ; certains paraissent aussi actifs que les Cantharides. On emploie surtout les espèces suivantes :
Mylabre variable ( Myl. variabilis , Pall., Dej.; fig. 61) : long de 18 à 20 millim. ; tête et thorax noirs et velus ; élytres jaunes, avec 3 bandes transversales noires, inégales : l’une à 3 millim. environ de la base ; la seconde située environ aux 2/5 de la longueur de l’élytre ; la troisième occupant son extrémité. Ce Mylabre
MYI.ABRITES
habite les régions chaudes de l’Europe et remonte, en France, dans la vallée de la Loire. On l’emploie en Italie, en Grèce et en Egypte. Il vit sur les fleurs des Synanthérées.
Mylabre de lx Chicorée (M.C ichoriï, Fabr.,flg. 62-03) : un peu plus grand que le précédent, auquel il ressemble beaucoup. Il en diffère par ses bandes noires [dus étroites, dont l’antérieure est interrompue (lig. 62) ou n’atteint pas le bord interne de l’élytre (lig. 63). Cette espèce est confondue souvent à tort avec le Myl. variable ; elle paraît exclusive à la Chine.
Fia. 62- — Mylabre Je la Chicorée.
Fia. 03.— Mylabre de la Chicorée.
I*i3. 0i. — Mylabre bleuâtre.
Mylabre bleuâtre (fl/, cyanescens , lllig. ; flg. 64): à peu près de la grandeur du Mylabre variable ; tête et corselet noirs et velus; élytres jaune -brunâtres, avec 6 taches noires ponctiformes disposées 2 par 2. Il est commun en Espagne et dans le Midi de la France, surtout à Perpignan.
Farines le dit plus actif que le Mylabre variable.
Mylabre du Sida (fl/. Sidæ, Fabr.) : élytres brun-rougeâtres, avec des bandes. Il est principalement usité en Chine, d’où on l’exporte en d’autres pays.
Le Myl. indica, Fussl., est employé à Pondichéry.
Selon Guérin-Méneville, on pourrait se servir du Mylabre de l’Olivier (fl/. Olex, Chovrol.), qui habite l’Algérie.
D’après A. Richard, le fl/, jmstulata , Billberg, de l’Inde, d le fl/. / leccuosa , Oliv., du Midi de la France, ne sont pas vésicants.
Gauvet, Mat. m6d.
INSECTES VÈSICANTS
Le My labre de Billberg (M. Billbergii , Scliœnh.; Hycleus Billbergii , Latr.), du Midi de l’Europe, et l’Hyclée Argus (. Hycleus Argus, Dup.), du Sénégal, sont doués de propriétés vésicantes.
Le tableau ci-dessous résume les caractères des 4 especes
importantes :
I atteignant le bord interne de l'ely-
jauncd'ocrc; bande an-l Ire
térieurc j interrompue ou n atteignant pas le bord
‘W I brun-rougeâtres; bande antérieure (ntière. .
jaune-brunâtres; bandes remplacées par des points
M. variable ;
M. de la Chicorée; M. du Sida;
M. bleuâtre.
Ly dus, Latr.
Antennes à 11 articles, longues, grossissant un peu reis l’extrémité.
Les Lyclus algiricus, Fabr.,etL. flavipennis,T)cj., originaires d’Europe, sont vésicants.
IVl ÉLO É1TES
Antennes moniliformes ; élytres très réduits ; pas d ailes membraneuses. Ce groupe ne comprend que le genre JSIeloe,
Fab., auquel on rapporte de nombreuses espèces, dont nous citerons quelquesunes.
Méloé Proscarabée
(. M.Proscarabaeus , Leacli, 11g. 65- 66) : noir bleuâtre, long de 3 centim.
environ ; antennes renflées au milieu, plus longues que la dernier article entier,
Fig. 65. — Méloé Proscarabéc.
Fig. 6G — Méloé proscarabée femelle.
tète et le corselet réunis, avec le
ovoïde allongé, pointu 5 elytres legerement rugueux.
Le M. gallica, Dej . , qui est franchement noir, parait n’étre qu’une variété du Proscarabée. Ce dernier est commun en France.
MÈLOÉITES
Méloé varié (M. variegatus, Leach ; fig. 67-08): noir verdâtre bronzé; long d’environ 27 millim.; tête, corselet et élytres ponctués et rugueux ; pattes bronzées et violacées; antennes filiformes, courtes, assez épaissies. On le trouve aux environs de Paris.
Méloé ruqueux ( M.rugosus , Marsh.; fig. 69) : noir mat, avec des élytres' très rugueux ; antennes épaissies au sommet. Il habite le Midi de la France.
Fig G7. — Méloé varié femelle. Fig. G8.— Méloc varié mâle, Fio. G9. — Méloé rugueux*
Méloé de Mai {M. maialis}L. Leach): noir mat, sans reflet métallique; long de 27 à 40 millim.; corselet à peine carré, tête, corselet et élytres à peine rugueux; anneaux de l’abdomen séparés les uns des autres, par une bande transversale rougeâtre. Cette espèce est très commune presque partout, en France, surtout dans le Midi.
A. Richard cite encore le Méloé Tuccia (M. Tuccia, Rossi): noir, long de 27 à 40 millim.; antennes courtes, filiformes; tête, corselet et élytres profondément ponctués ; corselet échancré à son bord inférieur. Le Tuccia est commun en Italie et dans le Midi de la France.
On a recommandé aussi le Méloé, M. autumnalis , Oliv., (fig. 70), qui se trouve aux environs de Paris.
Le tableau suivant résume les caractères distinctifs des 5 espèces ci-dessus décrites :
Fia, 70. — Méloé autumnal femelle.
INSECTES VESTCANTS
1/ entier; ab- j noir verdâtra bronzé. . M. varié.
filiformes, courtes, peut domen.. ( noir mat M. Tuccia
épaissies, à sommet . . ) bilobâ ; abdomen avec des bandes
l rouges m. de mai.
f au milieu ; abdomen noir bleuâtre ou violacé. . . . M. Proscarabee. renflées {
( au sommet ; abdomen noir mat M. rugueux.
Propriétés médicinales des Cantharides. — Les divers Insectes vésicanls que nous venons de passer en revue, doivent évidemment leurs propriétés à la Cantharidine. Mais l'existence de ce principe n’a été constatée que chez quelques-uns. Comme on n’emploie guère (en France du moins) que les Cantharides, nous ne parlerons que des effets de celles-ci.
Les Cantharides sont surtout -usitées à l'extérieur, comme vésicantes, irritantes ou épispasliques, selon la nature de la préparation que l’on emploie.
A l'état frais et écrasées, elles sont essentiellement vésicantes; sèches et réduites en poudre, elles forment la base de l'Emplâtre vésicatoire, de la Teinture de Cantharides et de la Pommade épispastique. Leur poudre, mêlée à celle de l'Euphorbium, constitue le principe actif de l'Onguent vésicatoire des vétérinaires. La Teinture de Cantharides est prescrite, en frictions, comme irritante et entre dans les pommades contre la calvitie.
Les Cantharides ne peuvent, sans danger pour le malade, être prescritesàl'inlérieur. Elles produisent des effets irritants tellement graves et leur administration offre si peu d'avantages, que mieux vaudrait en supprimer absolument l'emploi. On les donne sous forme de poudre (de 0,01 à 0,05 et même 0,15, par jour), ou sous forme de teinture (de 2 à 10 gouttes et même 0,5 et 1,5, par jour). Des doses exagérées sont évidemment très nuisibles, eu raison de l'irritation profonde qu'elles amènent. On n'oubliera pas, en effet, que la Cantharide n'est- point attaquée dans l'économie ; qu'elle en est difficilement évacuée et, par conséquent, s’y accumule ; que l’ingestion de moins de 2 grammes de poudre peut amener la mort et, qu’à dose faible, elle détermine un ténesme vésical très violent. L’administration de doses élevées, continuées jusqu'à la mort, détermine l’émission de globules purulents et muqueux ; puis l’urine devient sanguinolente, renferme beaucoup de phosphates et contient enfin des matières grasses, indice d’une altération des reins. On a prétendu que les Cantharides stimulent et augmentent la puissance virile. Mais, dans un cas d’empoisonnement, Pal lé a observe que l'éreclion provoquée est douloureuse et qu'elle est capable d’empêcher l'acte vénérien, plutôt que de le favoriser.
Nous ne croyons pas devoir parler des phénomènes de l’empoisonnement par les Cantharides. L’irritation qu'elles causent doit induire à ne pas administrer directement des vomitifs, dont l’urgence est d’ailleurs incontestable : mieux vaut s'adresser alors aux injections hypodermiques d’apomorphine. Après le rejet de tout ce qui pouvait exister dans l’estomac, on employera les mucilagineux, pour combattre les effets de
GALLES 137
l’inflammation locale. On doit éviter l'ingestion des corps gras, qui dissoudraient la Cantharidine et en faciliteraient l'absorption.
GALLES
On donne le nom général de Galles à des excroissances de forme variable, qui se développent sur beaucoup de végétaux, sous l’influence de la piqûre d’un Insecte. Elles sont essentiellement caractérisées, d’abord par l’existence, dans leur intérieur, de une ou de plusieurs cavités contenant un ou plusieurs Insectes, ensuite par la proportion relativement considérable de tannin qu’elles renferment. C’est à la présence de ce tannin, qu’elles doivent leur emploi en médecine et surtout dans l’industrie.
Les Galles peuvent être réparties en trois catégories : les Galles vraies, les Bèclègars , les Coques.
Nous allons décrire les principales sortes de ces productions, en les rapportant à leurs catégories. Choisissant ensuite l’une de ces sortes comme type, nous ferons connaître sa structure et sa composition chimique; enfin, comme le tannin est le principe actif des Galles, la fin de cet article sera consacrée à l’étude de cette substance.