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GALLES VRAIES OU UNILOCULAIRES

Les Galles vraies, appelées aussi Noix de Galles, ont pour caractère commun d’être formées par un tissu épais et résistant, au sein duquel se trouve une cavité simple, occupée par un Insecte appartenant au genre Cynips.

Ce groupe comprend un certain nombre de sortes, dont les plus usitées sont les suivantes :

1° Galles d'Alep. — Cette Galle (rig. 71) est produite parla piqûre du JDiplolepis Gallae tinctoriae , Latr. ( Cynips Gallæ tinclorùe, Oliv.) , sur les jeunes bourgeons du Chêne des teinturiers ( Quercus lusitanica , Webb, var. infectoria ; Q. infectoria, Oliv.). Elle a la grosseur d’une cerise et présente, à sa surface, des aspérités dues à l’ex trémité des écailles du bourgeon modifié.

On la récolte avant la sortie de l'Insecte. Plus tard, elle

Galles

est creusée d’un canal, qui met sa cavité interne en communication avec l’atmosphère et se traduit au dehors, par un trou arrondi : elle est alors plus légère, plus pâle et moins astringente. Cette sorte vient d’Alep, de Smyrne, de Mossoul et de la Perse. On en connaît quatre variétés :

Fig. 7). — Rameau do Quercits infectoria portant deux Galles.

a) Galles noires d'Alep : petites, épineuses, pesantes, d’un gris noirâtre, non piquées”1 et couvertes d’une efflorescence blanchâtre.

R) Galles vertes d'Alep : plus grosses, moins épineuses, moins lourdes et plus souvent piquées que les précédentes. Elles sont d’un vert jaunâtre et couvertes d’une efflorescence blanchâtre.

7) Galles blanches d'Alep : plus grosses et plus légères, que les précédentes, presque toutes piquées, ridées et de couleur blanc verdâtre ou jaune rougeâtre.

o) Galles d'Alep, en sortes : mélange des Galles ci-dessus, avec des cupules de glands, soit entières, soit brisées et des corps étrangers de diverse nature.

2° Galle de Smyrne (fig. 72). — Cette Galle est plus grosse, moins colorée, plus légère et moins estimée que la Galle d’Alep. On la récolte aussi sur le Q, infectoria et on en

GALLES VRAIES

distingue également quatre sortes : noires , vertes , Hanches, en sortes.

3° Petite Galle couronnée d’Alep(fig.

73 ). — Elle est grosso comme un pois, pédiculée et porte, à sa partie supérieure, un nombre variable de tubercules disposés en cercle. Elle arrive mêlée aux Galles d’Alep, dont elle n’est, à vrai dire, qu’une variété et ne se trouve pas dans le commerce, comme sorte distincte.

4° Galle ou Gallon de Hongrie ou du Piémont (fig.74). —

Fia. 72. — Galle do Smyrne.

Fia. 73. — Petite Galle couronnée d’Alep ; l’une de ces Galles est coupée verticalement en son milieu.

Cette variété de Galles est très irrégulière et résulte du développement anormal de la cupule du gland, chez le Chêne-Rouvre (Q.

liobur , L.). On l’attribue à la piqûre du Cynips Quercus Calycis. Elle se produit, soit en dehors, soit en dedans de la cupule.

Fio. 74. — Gallon de Hongrie.

GAUUiS

Dans le premier cas, le gland se développe; il avorte, au contraire, dans le second.

Le Gallon de Hongrie sert au tannage et est plus estimé

que la Galle d’Alep.

5° Galle de Morée. — Cette sorte est brune, ou rougeâtre et bariolée, plus petite, moins régulière et plus creuse que celle d’Alep. Elle est moins estimée que cette dernière et lui est souvent mélangée.

G0 Galle Marmorine. — Cette Galle a un petit volume (10-15 millim. de diamètre); elle est sphérique, un peu allon gée à la base, lisse ou rugueuse et grise, avec des marbrures iaunâtres ou rougeâtres. Sa cas-

Fio.75 — Galle ronde de l’Yeuse.

Fig 70. — Galle ronde du Chêne-Rouvre.

sure est rayonnée, jaune ou rougeâtre, et sa cavité assez grande. Elle vient du Levant.

7° Galle d’Istrie (Autriche). — Cette sorte a de 10 à 12 millimètres de diamètre, présente à peu près la forme des

Galles vraies

Marmonnes et sa couleur est, suivant l’âge, jaune pâle, rouge ou brune. Elle est fortement ridée, mais non épineuse, et sa

cassure est compacte.

8° Galles indigènes. — Ces

Galles, d’ailleurs peu estimées, se développent sur les Chênes de nos contrées. On en connaît plusieurs sortes :

Fi o. 77. — Galle en cerise.

Fig. 78 — Galle en groseille.

а) La Galle ronde de l’Yeuse ou Galle de France (fig. 75), produite par le Chêne-Yeuse (Q. lleæ, L.) : elle est épaisse d’environ 2 centim., verdâtre ou rougeâtre, unie ou légèrement ruqueuse et ridée, avec une cassure brune, spongieuse et rayonnée.

б) Galle ronde du Chêne-Rouvre ou Galle lisse (fig. 76), produite par les jeunes rameaux du Chêne sessile ( Q . se&siliflora , Smith) et du Chêne Tauzin (Q. Pyrenaica , Wild). Elle est lisse, sphérique, rougeâtre et très légère, et contient une ou plusieurs loges renfermant chacune un Insecte.

GALLES

y) Galle ronde d?s feuilles de Chêne, dont on distingue deux variétés établies selon la grosseur : Galle en Cerise {ftp,. 77), Galle en Groseille(ftg. 78). A l’état frais, elle est sphérique, lisse, rouge et succulente ; par la dessiccation, elle se ride beaucoup et devient spongieuse et très légère.

o) La Pomme de Chêne (fig. 79), produite surtout par les Q. Pyrenaica et Q. pedunculala. Cette Galle peut atteindre la grosseur d’une petite pomme. Elle est sphérique ou ovoïde, lisse, avec 5-G aspérités disposées en couronne et une saillie centrale creuse, à bords incurvés.

s) La Galle en artirhaut (fig. 80), assez commune sur le Chêne Rouvre, ressemble à un cône de Houblon. Guibourt l’attribue au développement anormal de l'involucre d’une fleur femelle, avant la fécondation. Lacaze-Duthiers la rapporte à la piqûre d’un bourgeon, dont les écailles et la base, fortement hypertrophiées, se transforment en une sorte d’artichaut.

En écartant les écailles constitutives de cette production (fig. 81), on arrive à un corps central arrondi, haut de \

GALLES VRAIES

à 5 millim., épais de 1 à 2 miilim., terminé en pointe à son sommet. Ce corps, que Guibourt appelle un ovaire, est une

vraie Galle, presque unique-

occupe le milieu de cette masse alimentaire. Lacaze-Duliiers fait observer que, dans un ova're de cette taille, on devrait trouver autre chose que des cellules remplies de fécule. Ces Galles se développent, d’ailleurs, sur les pousses de l’année, dans un bois mis en coupe en hiver, et l’on sait que jamais les pousses du printemps ne portent de fruits en automne.

La plupart des auteurs citent, à la suite des Galles, bien qu’elle n’appartienne pas à cette catégorie, une substance

Fio. 8t. — Section longitudinale d'une Galle en artichaut

GALLES

employée aux mêmes usages, en raison de sa richesse en tannin; cette substance est connue sous les noms de Gallons du Levant , d’ Avèlanède et de Vallonnée.

Le Gallon du Levant (fig.

82) est la cupule du gland du Chêne Vélani (Q. Ægilops, L.), qui croît dans le Levant, l’Italie et le Midi de la France. Dans le commerce , cette cupule se trouve seule ou accompagnée du gland. Elle est épaisse de 2-5 millim., peu lourde, sèche, résistante, d’un gris rougeâtre en dedans et hérissée d'aspérités d’un gris sombre. Le gland, lorsqu’il existe, est parfois plus gros que le pouce, léger, souvent creux et rempli d’une poussière noirâtre, due à la destruction des cotylédons.

Structure des Galles. — La structure des Galles a été étudiée par Lacaze-Duthie'rs, qui les a trouvé composées de sept couches concentriques de tissus différents (fig. 83), savoir : épiderme et couche sous- épidermique, parenchyme (2 couches), vaisseaux, couche protectrice et couche alimentaire.

1° Les cellules de l'épiderme (*) sont aplaties, bombées extérieurement et à parois épaisses.

2° Celles de la couche sous-épidermique (2) sont polyédriques, irrégulières et renferment de la chlorophylle.

Le parenchyme sous-jacent est formé de deux couches :

3° Une externe spongieuse (3), à cellules rameuses, irré g ulières, légèrement ponctuées, laissant entre elles de nombreux méats et paraissant blanches, a cause de l’air interposé.

4° Une interne dure (4 G a), à cellules ponctuées, allongées, régulières, cyliudroïdes, devenant polyédriques vers le centre.

Fio S2. — Galion du Levant

GALLES VRAIES

5° Les vaisseaux constituent une sorte de cône (5), dont le sommet est au hile de la Ctalle et la base autour du noyau central.

Fio. 83. — Structure d,s Noix do Galle, d’après Lacaze-Dutlilers.

0° La Couche protectrice (4 0 b) blanchâtre, formée de cellules très épaisses, très serrées, dont les nombreuses ponctuations correspondent à autant de canalicules creusés dans leurs parois.

7° La couche alimentaire (") occupe le centre, et sa quantité est inversement proportionnelle au développement de la larve. Elle se compose de cellules polyédriques (a) minces, molles, remplies de fécule ; son milieu est occupé par des

Cauvet, Mal. M6d.

GALLES

cellules moins régulières (b), plus tendres, dépourvues de fécule. Lacaze-Duthiers est porté à admettre que le contenu de ces dernières est de nature azotée.

bédégars ou galles pluri loculaires

Nous rassemblons, sous ce titre, des Galles à loges multiples, contenant chacune un Cynips. Leur type est ha Galle chevelue du Rosier des Chiens ( Iiosa canina, L.). A l’exemple de Lacaze-Duthiers, on peut leur rapporter les Galles des

racines du Chêne , et celles qui, décrites sous le nom de Galle ronde du Chêne Rouvre . sont pluriloculaires. Enfin, il convient de joindre à ce groupe la Galle corniculèe , de Guibourt.

1° Bédégar. — Les Bédégars (fig. 84) sont des excroissances de forme irrégu lière, souvent arrondies ou ovoïdes et couvertes de poils ou de squames piliformes, simples ou ramifiées, de couleur verte, rougeâtre ou violacée. Une section transversale quelconque y montre un nombre plus ou moins grand de loges contenant chacune une larve.

Examinée à son début, cette production se présente sous forme d’une double houppe de poils rouges, chaque houppe occupant, sur l’une des faces d’une même feuille, un point exactement opposé à celui qu’occupe sa congénère, sur l’autre lace. Chaque houppe recouvre une petite loge contenant un œuf déposé, dans la parenchyme foliaire, par la femelle du Cynips Ilosæ, Latr. Sous l’incitation de la présence de l’œuf, la partie attaquée se développe beaucoup, tandis que

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