‹ Nouveaux éléments de matière médicale (volume 2)Chapitre 41 sur 214 · GALLES PLU RI LO CU L AIRES · texte numérisé non relu

GALLES PLU RI LO CU L AIRES

le reste delà feuille s’atrophie. Gomme, d’ordinaire, plusieurs folioles voisines sont attaquées à la fois, on conçoit que, en suite de leur accroissement, les diverses tumeurs chevelues, ainsi produites se juxtaposent et se condensent en une masse en apparence simple, formée de galles très rapprochées, parfois même soudées, mais dont chacune. est biloculaire.

Ces Galles sont à peu près exclusivement cellulaires ; mais les cellules du parenchyme sont assez dures et l’on y trouve do nombreux vaisseaux, surtout des trachées.

2°, 3° Les Galles rondes du Chêne Rouvre ont été décrites.

Quant aux Galles des racines

de Chêne, elles sont, comme les Bédégars formées par une agglomération de Galles simples, à parenchyme prismatique, dur et contenant un nombre considérable de faisceaux vasculaires.

4° Réaumur a décrit, sous le nom de Pomme de Chêne , une Galle du bourgeon terminal des branches du Chêne. C’est une Galle pluriloeulaire et irrégulière, que Guibourt dit n’avoir jamais vue, mais à laquelle il refuse le nom que lui avait donné Réaumur, tandis qu’il applique ce nom à une pro duction spéciale, commune sur le Chêne Tauzin (v. ci-des sus, p. 142).

Lacazcr Luthiers se range à l'avis de Réaumur. Cette prétendue Pomme de Chêne semble n'avoir reçu aucune appli-

Fig. 85 — Galle corniculée, entière (1-2) ; coupée verticalement (3).

cation et nous n’en parlons que pour mémoire.

5° Galle corniculée. — Cette Galle est mise, par Guibourt,

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entre la Galle du Piémont et la Galle en artichaut. Mais Guibourt ne s’était pas préoccupé de la structure relative de ces formations. Par sa constitution, elle est voisine des Bédégars et c’cst pourquoi nous l’en avons rapprochée. Lacaze-Duthiers ne nous a pas semblé l'avoir décrite.

La Galle corniculée (fi g. 85) est généralement comme assise, par le milieu, sur une très jeune branche et sa surface offre plusieurs cornes un peu recourbées à l’extrémité. Elle est jaunâtre, ligneuse, légère, creusée à l’intérieur d’un grand nombre de cellules entourées chacune d’une couche de substance rayonnée et s’ouvrant toutes, à l’extérieur, par un trou particulier, chacune ayant servi de demeure à un Insecte (Guibourt).

Guibourt ne dit pas si cette Galle est usitée dans l’industrie. Il est à croire qu’elle l’est peu ou point, car G. Pennetier ne la mentionne pas.

COQUES

Les Coques, improprement appelées Galles , sont des formations vésiculeuses, à parois minces et à cavité relativement très grande, contenant d’ordinaire, soit de nombreux Pucerons desséchés, soit des débris de ces animaux.

Ces vésicules ont des formes très variables (fig. 86 et v. fig. 87) : rarement subarrondies ou piriformes, elles sont plus souvent irrégulières, simples ou lobées et lisses ou verruqueuses. parfois plus ou moins contournées.

On en trouve des exemples nombreux, sur l’Orme et sur le Peuplier de nos contrées. Elles sont déterminées habituellement, sur la face d'une feuille ou de son pétiole, par la piqûre d’un Puceron (G. Aphis , L.), qui se loge Vio. sc. - Galle de ci.inc. dans la plaie ainsi produite et amène

COQUES

l'hypertrophie des tissus. Il en résulte une cavité cupuliforme, dont les bords s’accroissent peu à peu, se rejoignent au-dessus de l’animal et finissent par l’enfermer dans une vésicule close. Tandis (pie s’effectuait le développement de cette vésicule, le Puceron s’est multiplié parties pontes successives et les individus, qui en sont issus, se sont multipliés à leur tour. La présence, au sein de la vésicule, d’une colonie, dont les membres augmentent presque indéfiniment et se nourrissent, d’ailleurs, des sucs tirés des tissus qui lescmprisonnent, produit l’incessante excitation de ces tissus et il en résulte un développement continu de la coque. Celleci grandit donc, tant que dure la végétation et, surtout, tant que se perpétue la multiplication de scs hôtes. Son accroissement ne s’arrête que lorsque les premiers froids arrêtent la montée des sucs et quand les Pucerons nouvellement produits, devenus sexués, percent les parois de leur prison, pour s’accoupler au dehors.

Un certain nombre de Coques sont employées dans l’industrie, pour le tannin qu’elles renferment. On les distingue, selon leur provenances, en : Galles de Chine , Galles des Pistachiers, Galles de Bokhara, Galles des Myrohalans , Galles des Tamarix , etc.

1° Galles de Gain 3 ( Ou-poey~tse , des Chinois). — Ces Galles, aussi appelées Galles du Japon, sont produites par la piqûre- de l’Aphis chinensis, Bell, sur les feuilles du Rhus semialata, Murr., var. Osbeckii, DC. ( R . jâponica, L. ; R. Bucki-Amela, Rovb.), petit arbre de la Chine, du Japon et du Nord de l’Inde, appartenant à la famille des Térébinthacées. Cette Galle (fig. 87) se présente sous forme de coques tantôt arrondis ou oblongues, tantôt et plus souvent très irrégulières, simples ou lobées, et munies de protubérances de grandeur et d’aspect variables, parfois presque rameuses. Elles sont longues de 3 à G centim., larges de 1 à 3, rétrécies et striées à la base, et couvertes d’un duvet serré, court, velouté, grisâtre, qui manque seulement sur les saillies ou protubérances de la coque. En ces points, celle-ci présente une coloration brun-rougeâtre. Leur cavité contient une matière laineuse, blanche, avec des débris

GALLES

de Pucerons et est limitée par des parois minces, fermes, dures, cassantes, à section semi-translucide, d’aspect résineux.

La Galle de -Chine est un astringent très puissant, employé, par les Chinois, en thérapeutique, aussi bien que dans la teinture. Elle fournit de 65 à 95 0/0 d’un tannin identique à celui de la Galle d’Alep (Stenhouse). On l’exporte surtout de Hankow.

Elle sert, en Allemagne, à la

Fig. 87. — Formes diverses des Galles de Chine.

préparation des acides tannique et gallique.

La Galle de Chine avait été, sur des renseignements insuffisants, attribuée par Decaisne à un arbre de la famille des Iiamamélidées, le Distylium racemosnm , Sieb. et Zucc. Cet arbre fournit, en effet, une Galle, que Siebold et Zucca rini ont figurée et qui a la forme d’une poire.

COQUES

Il ne semble pas que la Galle du Distyllum soit l’objet d’un commerce important. Hanbury rapporte à cette sorte, mais avec doute, des Galles provenant de Shanghaï : ces Galles étaient ovoïdes allongées, dépourvues de cornes, souvent terminées en pointe au sommet et exhalaient une forte odeur de fromage. Elles n’ont pas reparu dans le commerce, ou, du moins, elles sont inconnues en France.

2° Galles des Pistachiers. — Ces productions résultent de la piqûre d’un ou de plusieurs Pucerons et en particulier de YAphis Pistacice, L., sur les feuilles et les jeunes branches du Pistachier commun ( Pistacia vera , Poir.), ainsi que sur celles du Térébinthe (P. Terebinthus , L.) et du Lentisque (P.

Lentiscus, L.), arbustes de la famille des Térébinthacées.

Les Galles des Pistachiers sont de trois sortes :

a) Galles s iliqui formes (hg.

88) : sortes de coques striées longitudinalement, amincies à leurs extrémités, surtout à la supérieure qui est d’ordinaire terminée en pointe ; parfois presque droites, plus souvent recourbées en anse, au voisinage de la base et offrant alors l’aspect d’une corne, d’où le nom de Caroube de Judée qu’on leur a donné (de l’Hébreu kerub , qui signifie corne). Elles ont une couleur rouge, une odeur térébinthacée, une saveur très astringente et possèdent une grande cavité contenant quelques dépouilles de Pucerons. Leur paroi est mince, compacte, translucide et parcourue par quelques fibres ligneuses blanches.

Guibourt en a décrit une sorte particulière, d’ailleurs assez rare, qu’il appelle Galle noire et cornue du Pistachier. Celle-ci est plus courte que la précédente, d’un gris noirâtre et souvent toruleuse dans sa longueur.

p, y) Ces deux sortes sont, les unes globuleuses et assez

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analogues aux fruits du Térébinthe, les autres en bourrelet . Les premières naissent sur les pédoncules ; les secondes sur les feuilles. Les Galles globuleuses sont assez communément désignées sous le nom d e Baisdnges. Ce nom parait dérivé de l’Hindoustan, Bazghanj, duquel découle le mot turc Badzenge , et les mots arabes Egi , Engi, Basengi, par lesquels on désigne, soit les Galles de Bokhara, soit les Galles rondes des Pistachiers de la Syrie.

Les Galles des Pistachiers sont usitées en Orient, comme masticatoires.

3° Galles de Bokhara. — Ges Galles (fig. 89) ne dépassent guère le volume d’une petite cerise ; elles sont rougeâtres ou

fig. so. — Galles de Bokara. par la passe de Bolân. On les

vend, dans les bazars indiens, sous les noms de Bazghanj et de Gule-Pistah ( fleur de Pistachier). Selon Dorvault, elles se trouvent dans le commerce, en Allemagne, sous le nom de Busgunsch .

4° Galles de Myrobalans. — Cette sorte de Galle (fig. 90) se présente sous forme de vésicules simples ou didymes, d’un jaune verdâtre, ovoïdes-irrégulières, aplaties, longues de

brunâtres, creuses, simples ou lobées, et de saveur très as tringente, avec un goût de térébenthine de Cliio. On les importe dans l’Inde, soit par mer, soit par la voie de Peshawar et

Fig. 90. — Galles de Myrobalans.

COQUES

25 à 35 millim., et pourvues de rides longitudinales. Leur paroi interne est brunâtre et tuberculeuse; leur cavité ne renferme jamais d’insectes. Selon Roxburg, ces Galles sont très astringentes et aussi bonnes que la Noix de Galles, pour la teinture en noir.

Les Galles de Myrobalans ont été décrites par Dale et par Geoffroy, sous le nom de Fève du Bengale. On les trouve habituellement mêlées aux Mvrobalans citrins et il

est à supposer qu’elles sont produites par la piqûre d’un Aphis, sur les feuilles du Myrobalanus citrina, Gœrtn. D’après Gonfreville, ces Galles sont, en effet, appelées Kadukaï-poo (fleur de Kadukaï), dans l’Inde, où les Myrobalans citrins sont appelés Kadukaï.

5° Galles des Tamarix. — Ces Galles sont décrites, par Hanbury, à la suite des Galles des Pistachiers. Mais Guibourt»nc les mentionne pas et, comme leur description est incomplète, nous ne savons trop à quel groupe il convient de les rapporter. Voici ce qu’en dit Ilanbury :

Ce sont des excroissances arrondies, noueuses, ayant depuis le volume d’un pois jusqu’à 1 centim. et demi de diamètre. On les trouve, dans l’Inde, sur les branches du Tamarix orientalis, L. On les emploie en place des Noix de Galles. Elles sont mentionnées, comme non officinales, dans la Pharmacopée de l’Inde, de 1867.

Analyse des Galles. — Les différentes productions, que nous venons de passer en revue, sous la rubrique générale de Galles , sont employées, en médecine, comme astringentes et, dans l’industrie, pour le tannage et la teinture. Les plus estimées sont les Galles d’Alep noires, le Gallon de Hongrie, le Gallon du Levant et les Galles de Chine. Elles doivent leurs propriétés à un principe spécial, appelé Tannin ou Acide Gallo-tannique , sur lequel nous reviendrons.

L’analyse des Galles d’Alep a été faite par Guibourt, qui h ur a trouvé la composition suivante :

Acide tannique 65,0

— gallique 2,0

— cllagiqueetlutéogallique. 2,0 Chlorophylle et huile volatile. 0,7 Matière brune 2,5

Gomme 2,5

Amidon 2,9

Ligneux 10,5

Sucre, albumine et sels. . . 1,3

Eau 11,0

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