MIEN
Le Miel du Gcitinais est blanc, moins grenu et moins aromatique que le précédent, auquel on le substitue; il est préférable pour la confection des inclûtes.
Le Miel d' Avignon est visqueux, gluant, très consistant, non granuleux et de couleur blanc-paille.
Le Miel de Normandie est blanc -paille ou rouge, onctueux, consistant, de saveur cireuse.
Le Miel de Champagne est jaune doré, onctueux, consistant et de saveur agréable.
Les Miels de la Touraine et de la Picardie sont assez coulants, spumeux, de saveur cireuse.
Le Miel de Sologne, récolté sur le Sarrasin et la Bruyère, et le Miel des Landes, butiné sur la Bruyère, sont de médiocre qualité
Le Miel de Bretagne est brunâtre, coulant, d’une odeur peu agréable et d’une saveur résineuse. Ces propriétés pa ■ naissent dues au Sarrasin et au Colza, Toutefois, selon G. Pennetier, le Miel d'Argence (Bretagne) est aussi bon que celui de Narbonne.
Le Miel d' Al sace a souvent une saveur résineuse.
Ces divers Miels sont moins estimés que les deux premiers.
On importe en France, depuis quelques années, deux sortes de Miel exotiques.
Le Miel de la Havane, qui est jaune, liquide comme de la mélasse et parait devoir être employé concurremment avec celui de Bretagne.
Le Miel du Chili , qui présente toutes les nuances entre le rougeâtre et le blanc pur.
Enfin, parmi les Miels intéressants, nous citerons le Miel de Géorgie ou Miel de pierre, récolté en Géorgie, dans les fentes des rochers, et qui est sec et brillant comme le sucre candi. Ce Miel, d'abord blanc, jaunit en vieillissant.
L'influence des fleurs, sur la qualité du miel, est inconleslable. Celui que les Abeilles recueillent sur les plantes vénéneuses a des propriétés délétères. Après avoir avalé deux cuillerées à cale d'un miel récolté par une Guêpe (Polistes Lecheguana, A. de St-Hil.) sur le Paullinia australis, Auguste de Saint-Hilaire fut pris d'un délire alarmant, qui dura plusieurs heures, et ne cessa qu’après de nombreux
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vomissements provoqués par un émétique et par une abondante absorption d'eau chaude. Xénophon et Diodore de Sicile racontent que, pendant la retraite des Dix-Mille, les soldats furent plongés dans une ivresse furieuse, pour avoir mangé d'un miel que les savants modernes ont présumé fourni par l'Azaleapontica, L., le Rhododendron pontieum , L., ou le Menispermum Cocculus,h. On attribue aujourd'hui les accidents aux Aconits qui croissent dans ces régions. Aux États-Unis, le miel recueilli sur les Kalmia angusti folia , latifolia, hirsuta , et suri 'Andromeda mariana , procure des vomissements, des convulsions et même la mort. Enfin, Seringa rapporte que deux jeunes vachers suisses ayant mangé du miel récolté par le Bourdon commun, sur VAconitum Napellus,L., et VA. Lycoctonum,L., furent atteints de douleurs dans les extrémités, dans le ventre et dans la poitrine, éprouvèrent de violentes convulsions et tombèrent dans le délire. L’un deux vomit une matière verdâtre, eut une forte diarrhée et fut sauvé; l'autre mournt, en rendant par la bouche une écume sanglante.
Selon Soubeiran, le Miel est un mélange, en proportions variables, de glucose cristallisable, de sucre dextrogyre, intervertible par les acides, de sucre liquide, incristallisable, lévogyre et se détruisant facilement, sous l’influence des alcalis. Il renferme aussi un peu demannite, un ou plusieurs acides végétaux et des principes aromatiques et colorants.
Le Miel de qualité inférieure contient, en outre, de la cire, du couvain, des débris d’.Insectes et des corps étrangers. La présence de ces matières est due à un défaut de soin, dans la fabrication du Miel, et leur détermination est facile. Les Miels de cette sorte ne doivent pas être employés en pharmacie.
Falsifications du Miel. — Le Miel est soumis à de nombreuses falsifications. On y ajoute de l'amidon, diverses farines crues ou torréfiées , du sable , de la craie, du plâtre, des mucilages , de la gélatine, surtout du glucose ou du sirop de dextrine.
Selon Baudrimont, les Miels blancs du Nord et de l’Ouest sont parfumés avec du Romarin, pour leur donner l’odeur du Miel de Narbonne. Si le Miel employé est susceptible de devenir grenu en vieillissant, on ne peut soupçonner cette fraude, que par la constation d’un excès d’arome, ou si le Miel contient des débris de Romarin.
Les matières terreuses, la craie, le sable, le plâtre sont retrouvés dans le dépôt, que laisse le Miel, quand ou le dis-
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sont rlans IV au. Il suffit de traiter ce dépôt par des réactifs appropriés.
Les fécules et les farines sont reconnues : 1° en dissolvant le Miel dans l’eau, qui ne les dissout pas, et traitant le dépôt par l’eau iodée, qui le colore en bleu ; 2° en faisant bouillir le Miel avec de l’eau et soumettant le décocté à l’action de la teinture d’iode, qui le colore aussi en bleu. L’examen mi croscopique du dépôt permet ensuite de déterminer, le plus souvent, la nature de la fécule ou de la farine employées.
La gélatine et les mucilages sont insolubles dans l’alcool à 80°, qui dissout le Miel pur. Le précipité obtenu est divisé en deux parts: la lroest traitée par l’acide azotique, qui transforme les mucilages en acicle Mucique, si le Miel en contenait; la 2e étant chauffée avec de la chaux, il se dégage de l’ammoniaque, si la falsification avait été faite avec de la gélatine.
Le sirop de dexirine diminue la consistance du Miel. Gomme ce sirop renferme toujours une petite quantité de matière amylacée, celle-ci sera déterminée : 1° en traitant une solution de Miel, par l’iodure ioduré de potassium, qui la colorera en violet; 2° en versant, dans cette solution, de l’alcool à 90'\ qui y fera naître un précipité ou du moins la troublera ; 3? en dissolvant le Miel avec de l’alcool à 80°, qui laisse la dextrine indissoute et permet delà doser.
La détermination du glucose semble plus difficile. Toutefois, cette substance contient presque toujours du sulfate de chaux, qui résulte de la saturation, par la chaux, de l’acide sulfurique employé à saccharifier la fécule. Gomme le Miel pur ne renferme pas de chaux, ni de sulfates quelconques, si l’oxalate d’ammoniaque montre la présence de la chaux, dans le Miel examiné, ou si le chlorure de baryum y décèle l’existence d’un sulfate, on peut affirmer la falsification de ce Miel par du glucose. Il est bien entendu que l’on ne se préoccupe ici que d’un Miel complètement soluble ; sinon le sulfate ou la chaux décelés par les réactifs, pourront être attribués à la matière insoluble.
Le glucose offre toujours, d’ailleurs, des traces de dextrine, que l’alcool fort précipite. Donc, alors même qu’un Miel
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supposé falsifié no contient pas d’acide sulfurique, on doit toujours y rechercher la présence de la dextrine.
Enfin, la mélasse y sera décélée par l’incinération. Les cendres provenant de la mélasse contiennent toujours, en effet, des chlorures, que l’on détermine avec l’azotate d’argent, tandis qu’il n’en existe pas dans les cendres du Miel pur.
Le Miel est employé en médecine, comme laxatif, quand on l'administre à haute dose. 11 est émollient ou édulcorant, quand on le donne à faible dose. Il sert de base aux Mellites et aux Oxymellites et forme l'un des ingrédients du Laudanum de Rousseau , ainsi que de beaucoup d’électuaires. En faisant fermenter une dissolution aqueuse de Miel, avec de la levure de bière, on obtient Y Hydromel vineux, boissons ordinaire de certains peuples du Nord.
CIRE
La Cire est une substance amorphe, solide, compacte, sèche, tenace, mais cassante, à cassure nette, grenue, de couleur jaune plus ou moins foncée, de saveur presque nulle, d’odeur aromatique, analogue à celle du Miel. Elle est produite par les Abeilles, et les Mélipones. Ces Insectes s’en servent pour construire les rayons ou gâteaux, dans les alvéoles desquels ils déposent leurs œufs, en même temps que le Miel destiné à la nourriture commune.
La Cire a une densité de 0,962 ; elle est inflammable et brûle, sans laisser de résidu. Elle est malléable à une douce température, fond entre 62° et 63°, s’enflamme et brûle sans laisser de résidu. Elle est insoluble dans l’eau, soluble dans les huiles fixes, l’essence de térébenthine, la benzine, ainsi que dans 20 p. d’alcool et d’éther bouillants.
Traitée par l’alcool bouillant, elle se décompose en trois principes : La Myricine, qui ne se dissout pas ; la Cérine ou Acide C érotique, qui se dissout, mais se précipite par refroidissement ; la Céroléine, qui reste en dissolution.
L’Acide cérotique forme la plus grande partie de la cire ; il fond à 78% lorsqu’il est pur et se présente alors sous forme de grains cristallins, capables de distiller sans altération. Cet acide étant fondu, se prend par le refroidissement en une substance fort cristalline.
CIRE
La Myricine est une substance blanche, insipide, inodore, fusible à 72°. Sous l’influence des alcalis, elle se transforme en acide Palmitique et en Midis sine ou alcool Myricique.
La CÉROLÉiNE, sur la nature de laquelle Gerhardt avait élevé 'des doutes, a été signalée par Levy. Elle est molle, fond à 28°, 5 et se dissout à froid dans l’alcool et dans l’éther.
La Cire, soumise à la distillation, laisse un très faible résidu et il s’en dégage divers produits solides, liquides ou gazeux, parmi lesquels ne se trouvent jamais de l’acroléine, ni de l’acide sébacique.
11 existe, dans le commerce, deux sortes de Cire : la Cire jaune ou Cire normale et la Cire blanche ou Cire décolorée.
Cire jaune. — On obtient la Cire jaune, en faisant fondre, dans de l’eau bouillante, les gâteaux dont on a extrait le miel. La petite quantité de ce dernier, qui était restée dans les alvéoles, se dissout dans l’eau, tandis que la Cire fond et surnage, en même temps que les impuretés plus légères que l’eau : les impuretés plus lourdes que l’eau se précipitent. On laisse refroidir, puis on enlève la Cire. Celle-ci est fondue de nouveau, passée à travers une toile et enfin coulée dans des sébiles de terre ou de bois. Pour l’obtenir suffisamment pure, il convient de la laisser refroidir très Lentement, afin de faciliter le dépôt des matières terreuses ou autres, qu’elle pourrait contenir. Il suffit, après refroidissement, de plonger la sébile dans l’eau bouillante, pour en chauffer les parois, puis de renverser les sébiles et de racler la partie bombée des gâteaux, qui est habituellement de couleur plus foncée.
La Cire ainsi obtenue est la Cire jaune du commerce. Elle se présente, soit en prismes rectangulaires, plus ou moins allongés, soit en pains orbiculaires et aplatis sur leurs deux faces, ou conservant la forme des sébiles semi-sphéri ques, dans lesquelles on l’a coulée.
Cire blinche. — Cette sorte est constituée par delà Cire jaune décolorée.
Pour l’obtenir, on fait fondre la Cire jaune, puis on la verse en couches minces, sur un cylindre de bois à moitié plongé dans l’eau et qui tourne horizontalement sur son axe. La cire se fige alors en des sortes de rubans ou de grains, que l'on
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étale sur des châssis, au-dessus d’un pré, en ayant le soin de l’arroser de temps en temps. Sous l'influence de la lumière, de l’air et do l’humidité, la cire se décolore peu à peu. Lorsque la décoloration a pénétré toute la masse, on la fond et on la coule en petites plaques discoïdes, que l’on vend, dans le commerce, sous le nom de Cire blanche ou de Cire vierge. Elle est alors, habituellement, additionnée d’une petite quantité de suif, pour la rendre moins cassante.
Le procédé de décoloration, que nous venons de décrire, est fort long. Aussi a-t-on essayé de blanchir la cire à l’aide d’agents chimiques. Mais, à quelque lavage que l’on soumette ensuite la matière, elle renferme toujours un peu du principe décolorant, soit libre, soit combiné. Ainsi, l’emploi du chlore ou des hypochlorites produit des composés chlorés, qui fournissent de l’acide chlorhydrique, pendant la combustion des bougies. Rolly a proposé d’agiter la cire avec un peu d’acide sulfurique étendu de 2 p. d’eau et quelques fragments de nitrate de soude. L’acide azotique, qui se dégage du nitrate, suffit à la décoloration ; mais il est évident qu’il reste alors des composés nitreux dans la Cire.
La Cire vierge est blanche, solide, cassante à froid ; elle devient malléable à 30°, se ramollit à 35° et fond à 65° (Château) ou entre 69° et 70°(Le\vy). Elle a une densité de 0,96G. Sa composition est à peu près la même que celle de la Cire jaune dont elle ne parait guère différer que par la destruction ou mieux la modification de la matière colorante.
L'origine de la Cire d’Abeilles est encore un sujet de discussion, au moins en ce qui concerne la totalité de celle qui compose les gâteaux.
Swammerdam, Maraldi et Réaumur pensaient qu’elle résulte de l’élaboration du pollen, dans l’estomac des Abeilles. L. Dufour a adopté cette manière de voir et y a ajouté l'opinion que la matière pulpeuse, rendue par la bouche, est déposée dans les aires civières placées sur les parties latérales de l'abdomen de ces Insectes. Ces aires cirières, au nombre de 9, sont formées par des replis interannulaires, dont les parois sont criblées de petits pertuis. On en trouve deux entre le 1er et le 2e anneau; deux entre le 2'- et le 3e ; deux entre le 3e et le 4e; deux entre le 4e et 5e; une entre le 5e et le 6e.
Hunter admit, au contraire, que la cire esi produite dans les replis interrannulaires. Son opinion fut confirmée par Huber, qui séquestra
CIRE
des Abeilles, les nourrit exclusivement de miel ou de sucre et obtint des gâteaux de cire. Cette expérience fut renouvelée par Dumas et Milne-Edwards et mise à l’abri de toute cause d'erreur. Dumas et Milne-Edwards dosèrent les matières grasses contenues dans les Abeilles d’un essaim séquestré et celles qui existaient dans le miel employé à nourrir l'essaim. A la fin de l'expérience, on dosa les matières grasses que les Abeilles renfermaient et lu cire du gâteau qu’elles avaient construit. Ces divers dosages démontrèrent péremptoirement que les Abeilles avaient réellement fabriqué de la cire.
Il est probable, néanmoins, que les matières grasses du pollen contribuent, pour une large part, à la production de la cire. On ne saurait douter, non plus, que les Abeilles récoltent, sur les végétaux, une partie de la cire qu'elles emploient et qui existe sur les feuilles, sur les fruits ou sur les tiges d'un certain nombre de plantes. Lewy a constaté, en effet, que la cire des Andaquies, fournie parles Mélipones,
est formée de :
Cire de Palmier, fusible à 72° 50
Cire de Canne à sucre, fusible à 82° 45
Matière huileuse 5
Total 100
Au reste, la cire de nos Abeilles ne renferme que des principes analogues ou semblables à ceux qui constituent la cire des végétaux de notre pays. Il est constaté, d’ailleurs, que les proportions relatives de myricine et d'acide cérolique sont très variables. Ainsi, John, Bucliholz et Brandes y ont trouvé 9/10 de cérine ; Boudet et Boissenot n'en ont retiré que 7/10; Brodie a constaté que la cire de Ceylan en est dépourvue, tandis qu'il en a trouvé 22 0/0 dans une cire du Comté de Surrey (Angleterre) ; enfin, une cire examinée par Hess renfermait 0,9 de myricine.
Sortes commerciales. — Il existe nécessairement un grand nombre de sortes commerciales do Cire. On les distingue, en général, selon leur provenance.
Voici les plus importantes, selon G. Pennetier :
Cire de Bretagne : Jaune foncé, avec une odeur rappelant celle du miel récolté sur le Sarrazin. Elle est en pains de 3 à 30 kilogr., tantôt purs, tantôt offrant à leur base une couche d’impuretés. Elle blanchit facilement et est recherchée par les pharmaciens et par les fabricants de bougies.
Cire des Landes : Cette cire paraît aussi estimée que la précédente. Elle est d’un jaune blond, nette, d’odeur agréable ; ses pains sont de grandeur variable.
Cire de Normandie : Elle ressemble assez à celle de Ere-
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tagne, mais blanchit moins aisément. On l’expédie en pains circulaires, de divers poids.
Cire de Bourgogne : Elle est d’un beau jaune et est expédiée en pains variant de 5 à 20, à 50 et même 60 kilogT. ; elle ne blanchit pas et sert pour -les parquets.
Cire du Oâtinais : Ressemble à la Cire de Bretagne, mais blanchit peu ou point et sert au frottage des parquets. La forme et le poids des pains varient .
Cire d'Italie : Blanchit bien et sert principalement à la fabrication des bougies ; elle vient surtout de Venise.
Cire de Russie : Jaune tendre et un peu aromatique; elle est ordinairement . presque pure, mais blanchit mal et sert au frottage. Elle est en pains de 15 à 50 kilogr.
Cire de Hambourg : Jaune vif, ou jaune tendre un peu verdâtre, ou blanc jaunâtre ; odeur aromatique; elle blanchit assez bien. Elle est en pains pesant de 2 â 3 kilogr.
Cire des Etats-Unis .-Jaune foncé, jaune tendre ou verdâtre; odeur aromatique; ordinairement assez sale; elle blanchit médiocrement et donne beaucoup de déchet. Ses pains pèsent de i à 2 kilogr.
Cire des Antilles: Grise, jaune ou brune et moins estimée que la précédente ; la meilleure vient d’Haïti. Elle est en pains ronds et aplatis.
Cire du Sénégal : Brun foncé, parfois presque noire, grasse, d’odeur empyreumatique ; elle blanchit imparfaitement. Elle est en pains rectangulaires ou cylindriques, d’environ 25 kilogr.
Cire du Levant : Cette Cire, surtout celle de Smyrne, blanchit plus vite et est plus transparente que les autres.
Les Cires d'origine américaine, appelées ordinairement Cire des Andaquies , sont fournies par les Mélipones.
La Cire des Andaquies est jaune foncé et ressemble à la Cire d’ Abeilles. Purifiée pap l’eau bouillante, elle a une densité de 0,917 à la température de 0° et fond à -f- 77°.
En dehors de ces sortes de Cires provenant des Hyménoptères Mellifè res, on trouve, dans le commerce, des Cires de diverses origines :
CIRE
1° Ciras d'origine animale : Elles sont fournies par des Insectes de la famille des Coccidès.
2° Cires d’origine végétale : Retirées de la Canne à sucre, de plusieurs Palmiers, des Myrica , etc.
Ces substances seront étudiées dans les articles relatifs aux animaux ou plantes, qui les produisent (v. Produits des Coccidès , Canne à sucre , Cèroxyle , Myrica , Getah- Lahoè, Rhus, Myristica).
3° Cire d’origine minérale : Cette substance, appelée Cèrésine , est retirée de l’ Ozokèrite, ou Cire fossile , découverte en Moldavie, par le docteur Meyer, et retrouvée depuis en Gallicie, en Autriche, en Angleterre et au Texas.
L’Ozokbrite se présente sous forme de masses assez volumineuses, brun noirâtre. Pour en extraire la Cérésine on la chauffe à 250-300° et on en sépare des huiles. Le résidu est traité, à 100° , avec de l’acide sulfurique de Nordhausen : il se produit une matière visqueuse, noirâtre, dont on sépare des huiles surnageantes et que l’on traite par de l’acide sulfurique dilué. Ce dernier étant ensuite neutralisé par un alcali, on chauffe la masse à 180° et on la presse, pour en enlever les matières grasses. Le résidu blanchi est la Cérésine.
La Cérésine est une substance blanche ou jaune, ayant l’odeur et les. caractères de la Cire et qui est propre aux mêmes usages.
Falsifications de la Cire d’Abeilles. — Ces falsifications sont très nombreuses. On ajoute à la cire: de l’eau, des poudres diverses, soit minérales ( kaolin , plâtre , os calcinés, craie , sulfate de baryte, ocre, fleur de soufre, etc.), soit organiques ( fécules , farines , sciure, curcuma), des résines (yalipot, colophane, poix de Bourgogne), des matières grasses {suif, acide stéarique et stéarine ), de la paraffine, de la cérésine, des cires végétales , etc.
La proportion d’eau est déterminée, en chauffant la cire, au bain-marie, jusqu’à ce qu’elle ne perde plus de son poids.
Les substances minérales en sont séparées par la fusion de la Cire dans l’eau ; il suffit de soumettre aux réactifs le précipité obtenu.
La Cire contenant des fleurs de soufre, brûle en déga- Cacvet, Mat. méd. 10
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géant de l’acide sulfureux. On peut aussi la faire bouillir avec de la soude caustique diluée, qui dissout le soufre : la liqueur suffisamment concentrée dégage du sulfure d’hydrogène, quand on y ajoute de l’acide chlorhydrique.
Les fécules et farines donnent à la Cire une coloration grisâtre ou jaune terne et la rendent plus fragile, moins onctueuse, moins tenace. On les reconnaît de plusieurs manières :
1° L’essence de térébenthine dissout la Cire et en sépare les fécules que l’on peut déterminer à l’aide du microscope ;
2° Si l’on fait bouillir la Cire suspecte avec de l’eau, puis qu’on laisse refroidir, la Cire se condense à la surface du liquide et peut être dosée ; d’autre part, le liquide s’est transformé en un empois plus ou moins épais, dans lequel on peut déterminer la fécule, soit à l’aide de la teinture d’iode, qui le bleuit, soit en le chauffant à nouveau avec de l’acide sufurique dilué (environ 2 d’acide, pour 1.000 d’eau), qui saccharifie la matière amylacée ( t permet de la doser.
Le dosage de la substance étrangère est plus aisé, par un traitement avec l’essence de térébenthine, qui enlève la Cire et permet de peser le résidu sec.
La fusion de la Cire dans l’eau y ferait reconnaître le Curcuma , qui teint l’eau en jaune. Quant à la sciure de bois, elle se précipite alors et il est aisé d’en déterminer la nature, par un examen microscopique.
Les résines sont décelées, en traitant, par l'alcool froid, la Cire préalablement divisée : l’alcool ne dissout pas la Cire, tandis qu’il dissout les résines et permet de les doser, soit par différence, soit directement, par évaporation du dissolvant.
La Cire pure llotte dans l’ammoniaque à 22° ; elle gagne le fond, si elle contient des résines.
L'acide stéarique est reconnu par plusieurs moyens :
1° En traitant la Cire par l’alcool bouillant, l’acide stéarique se dissout, puis cristallise par le refroidissement; si l’on plonge un papier de tournesol, dans la liqueur alcoolique, et qu’on le laisse se dessécher à l’air, ce papier rougit ;
2° La Cire très divisée est chauffée avec de l’eau de chaux : si elle est pure, l’eau de chaux reste transparente et bleuit le
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