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ÉPONGES

circule continuellement de l’eau, pendant la vie de l’animal. Ües canaux s’ouvrent au dehors par une infinité de petits orifices, appelés Pores d'ingestion, et aboutissent à un certain nombre de canaux plus grands, qui se terminent extérieurement par des ouvertures beaucoup plus larges, nommées Oscules.

Tant que l’Eponge est vivante, sa surface et la paroi des livers canaux sont recouvertes d’une matière gélatineuse, .garnie de cils vibratiles : les mouvements de ces cils déterminent la marche de l’eau dans les divers canaux, depuis son entrée par les pores d ' i ngestion j usqu’à sa sortie par les i Oscules. Après la mort, cette matière, qui constitue la substance essentielle iment vivante de l’animal, se dissocie rapidement, devient diffluente et s’é- ' coule en majeure partie. La portion do cette matière, qui reste adhérente au squelette fibreux, en est enlevée par des lavages ultérieurs.

Examinées au microscope, les fibres kératoïdes se montrent formées par des cylindres constitués par un tissu élastique, semi transparent, jaune ou brun et dont l’axe est généralement canaliculé. Ces fibres (fig.lll)sont soudées en un réseau à mailles irrégulières et terminées par des extrémités arron dies (Sp. usitatissima ) ou pointues’

(Sp. communis). Elles sont tantôt simples, tantôt et plus souvent hérissées de spiculés, soit étoilés, soit en aiguilles.

Posselt et Crookewit avaient rapproché la matière des fibres de l’Éponge, de la fibroïne de la soie. Mais Staedeler a montré que ces deux substances ne sont pas identiques, l’acide sulfurique donnant de la leucine et de la tyrosine, avec la soie,

Fia. 111. — Tissu et spiculés des Eponges '.

* A. A. Amphidisques , S. S. Spiculés ; F. Fibres.

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tandis que l’Éponge donne alors delà leucine et du gly cocolle, sans traces de tyrosine. D’autre part, selon Schlossberger, l’oxyde de cuivre ammoniacal dissout la soie et non l’Eponge. Traitées par l’acide azotique, les Eponges sont en partie dissoutes et il reste une matière gluante, soluble dans la potasse, ] qu’elle colore en rouge, et dans l’ammoniaque, qui est colorée en jaune. L’acide chlorhydrique bouillant les dissout et se teint en brun. L’eau de baryte bouillante les dissout aussi : } le soluté, traité par l'acide acétique, donne un précipité gé- * latineux, soluble dans un excès d’acide, avec dégagement d’hydrogène sulfuré.

Staedeler a appelé Spongine le principe des libres de i l’Eponge.

Les Eponges donnent environ 3,5 0/0 de cendres. Cellesci contiennent de la silice, du sulfate, du carbonate et du phosphate de chaux, del’iodurede potassium (1,16 à 2,14 0/0 de cendre), du bromure de potassium ou de sodium (0.75), des traces de cuivre, etc.

Les Eponges habitent toujours les mers assez profondes, où elles adhèrent aux rochers. Les plus belles sont détachées ; au couteau, par des plongeurs, à une profondeur de 12 à 20 brasses. Les Eponges communes sont arrachées à l’aide de harpons, dans les eaux basses.

On les récolte dans le golfe Persique, sur les côtes de la Syrie, de l’Archipel grec, de la Barbarie, des Antilles et des îles Bahama.

Les sortes commerciales les plus ordinaires sont les sui i vantes, d’après G. Pennetier :

1° Eponge fine-douce, de Syrie : en forme de coupe à bords amincis ou arrondis, légère, jaune-fauve, poreuse, fine, douce au toucher et comme veloutée: sa lace concave offre un grand nombre de trous (oscules) souvent disposés en séries rayonnantes.

Cette Eponge est la plus recherchée pour la toilette; elle ! acquiert quelquefois un grand volume et vaut alors jusqu’à - 1ÛÜ et 150 fr. la pièce. Les parfumeurs la blanchissent à l’aide du chlore, qui en altère beaucoup la qualité.

2° Eponge fine-douce de l’Archipel: variété de la précé-

EPONGES

dente, plus lourde, plus étroite à la racine, aussi flne, avec des trous plus grands, mais moins nombreux. Elle est traversée de canaux, qui vont d’une extrémité à l’autre ou s'arrêtent au voisinage de la racine et présentent, dans leur parcours, des trous profonds plus ou moins grands.

Cette Éponge sert aussi pour la toilette ; on l’emploie dans les manufactures de porcelaine, dans la lithographie, etc.

3° Éponge fine-douce ou Éponge grecque : jaune-fauve, à tissu serré, dur et rude au toucher; elle a une racine étroite et s’étale en plateau ou en coupe, avec la lace supérieure percée de trous peu profonds et les faces latérales criblées de très petits orifices.

Cette Eponge est rarement employée à la toilette, à cause de sa rudesse. Elle est, bien à tort, usitée dans les hôpitaux militaires, pour les besoins de la chirurgie. On devrait lui préférer une sorte plus brune, mais plus douce, comme l'Eponge de Salonique (v. plus loin).

Les trois sortes ci-dessus sont fournies par le Spongia

usitatisshna.

4° Eponge blonde de Syrie ou Eponge de Venise : arrondie, jaune d’ocre à la racine, blond pâle dans sa masse, légère, très poreuse, à texture grossière; surface offrant de grands orifices arrondis, des saillies criblées de petits trous et de faibles dépressions garnies d’un réseau semé de fibres blondes; orifices bordés de sortes de poils rudes et piquants.

Au voisinage de la racine, les canaux sont obstrués de libres

entrelacées, qui lui donnent plus de résistance. Cette Eponge peut avoir do 30 à 40 centimètres de diamètre.

5° Eponge blonde de l’Archipel, dite aussi Éponge de Venise : variété de la précédente, moins épaisse, plus colorée, pouvant avoir GO centimètres de diamètre ; ordinairement oblongue, aplatie, mais bombée en dessus, traversée par de grands canaux, qui s’arrêtent près de la racine.

Les deux variétés ci-dessus sont recherchées pour les usages domestiques, en raison de leur légèreté, de leur résistance et de leur régularité.

6° Éponge de Salonique : aplatie, épaisse de 2 centimètres. unie, à tissu fin, serré, non élastique, grisâtre et

PRODUITS DES CRUSTACES ET DES SPONGIAIRES

percée de plusieurs petits trous, avec la moitié inférieure formée de libres rouges, entrelacées.

Cette Eponge est ordinairement remplie de sable; elle n’est employée qu’en chirurgie.

7°Eponge de Zerri ou de Gerby : ordinairement arrondie, volumineuse, blonde, avec la racine rougeâtre ; elle est très caverneuse, avec la surface hérissée de pointes fibreuses, et offrant des trous irréguliers, à bords déchiquetés.

La légèreté et le volume de cette Eponge la font rechercher. Elle est récoltée dans le golfe de Gabès, près de l’ile de Zerbi.

8° Eponge de Marseille ou Eponge brune de Barbarie : aplatie, arrondie ou pi riforme, dure, pesante, brun rougeâtre, à trame serrée et à trous déchiquetés sur les bords. Cette Eponge est souvent salie par une matière glaireuse desséchée et d’un noir brillant, constituée par la substance propre de l'animal.

L’Eponge de Marseille est utilisée pour le nettoyage des appartements. Elle est pêchée surtout vers les côtes de la Tunisie, aux environs de Sfax, dans le golfe de Gabès.

9° Eponge de Baiiama : a la forme d’un cône tronqué, à surface côtelée, ayant l’aspect d’un gâteau de Savoie (Guibourt), dont le sommet et les côtes sont perforés de trous espacés, larges de 3-4 millimètres ; les sillons offrent de petits trous réguliers.

Cette Eponge est unie, dure, élastique, résistante et de couleur fauve. Elle gonfle peu dans l’eau et n’est pas d’un bon usage; elle vient de l’archipel des Bahama.

10° Éponge de la Havane ou Eponge commune de Bahama : arrondie ou cylindrique, caverneuse, blonde ou fauve, surmontée de mamelons coniques et ordinairement déchirés en dessus.

Cette dernière sorte est fort abondante dans le commerce ; elle ne doit pas être employée, car elle manque de souplesse et dure peu.

Les Eponges sont d'abord lavées avec soin, pour en enlever les impuretés et la matière animale ; on les bat ensuite légèrement avec un maillet, pour en séparer le sable, les coquilles, etc.; puis on les

EPONGES

traite par de l'eau acidulée, qui dissout les sels calcaires; enfin, on les lave de nouveau. Ainsi obtenues, les Éponges sont employées souvent en chirurgie, soit directement, soit après avoir été préparées à la cire ou à la ficelle.

Pour préparer V Eponge à la cire , on plonge une Eponge dans de la cire jaune fondue, puis on la comprime, jusqu’à refroidissement, entre les plaques d'une presse. On obtient ainsi une sorte de galette mince, que l’on découpe en lanières, et que l'on introduit dans les canaux fistuleux. Sous l'influence de la chaleur, la cire se ramollit et l’Éponge se dilate, mais ne peut absorber les liquides purulents, à cause de la cire dont elle est imbibée.

L 'Éponge à la ficelle est de beaucoup préférable On choisit une Éponge dont on égalise les parties avec soin; on la mouille légèrement et on l’entoure d’une fine cordelette, à tours parallèles et serrés, de manière à la rendre cylindrique. Pour s’en servir, on en sépare la ficelle, et on enlève, avec un scalpel, les rugosités du cylindre. Celte Eponge a l’avantage de se dilater, par absorption des liquides ambiants, et d’agrandir les conduits fistuleux, tout en les nettoyant.

On trouve actuellement, ‘dans le commerce des Éponges préparées à la gomme ou à la gélatine. Ces Eponges se présentent sous forme de fuseaux ou de cylindres un peu coniques; elles sont très lisses et doivent être utiles, pour les cas où elles sont destinées à des trajets fistuleux droits.

On préconisait jadis, sous le nom à'Éporujes calcinées , une poudre obtenue avec des Éponges torréfiées en vases clos, jusqu'à ce qu'elles eussent acquis une coloration brune. Cette poudre était prescrite contre le goitre et la scrofule ; elle entrait dans la composition de la Poudre deSancy. Comme elle doit ses propriétés à l’iode contenu dans l’Eponge, il est important de ne pas pousser la calcination trop loin, sous peine de volatiliser l’iode.

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