‹ Nouveaux éléments de matière médicale (volume 2)Chapitre 63 sur 214 · C01.T.E DU JAPON · texte numérisé non relu

C01.T.E DU JAPON

La Gélose est, sans doute, la matière que L. Marchand a proposé d’appeler Phycocolle , que les Anglais nomment Jtfpanese Isinglass (Ichtyo colle japonaise) et les Chinois Tjintiow.

Cette substance, surtout employée dans l’industrie, n'avait guère sollicité l’attention du monde savant, lorsque Ch. Ménier (1879) montra qu’elle sert à préparer la Gelée de groseilles artificielle. Ilanburv, qui l'avait décrite, en 1876, sous les noms de Gélose brute et de Japane se Isinglass , en avait signalé deux formes ou sortes:

1° Des baguettes irrégulièrement comprimées, longues de 11 pouces, larges de 1 pouce à 1 pouce t/2, pleines de cavités, très légères (chacune pèse 11 gr., 472), assez flexibles, mais faciles à rompre, inodores et insipides. Dans l'eau froide, elles augmentent beaucoup de volume et se transforment en une barre spongieuse, quadrangulaire, à côtés concaves, large de un pouce et demi. Elles se dissolvent dans l'eau bouillante, qui se prend en gelée par le refroidissement.

2° Des bandes longues et ridées, d’environ f/8 de pouce de diamètre. Mises dans l'eau, ces bandes augmentent rapidement de volume, et se montrent alors irrégulièrement rectangulaires. Celte substance est généralement plus blanche que la précédente, plus facilement soluble, plus propre et plus claire : c'est un article plus soigneusement fabriqué.

Quant à l’origine de la Gélose brute, et à sa préparation, Hanbury déclare qu’il ne les connaît pas. Il pense qu'elle doit provenir du Geli dium corneum et de quelques autres Algues gélatineuses : Laurencia papillosa , Grey. ; Laminaria saccharina, Lamx. ; Porphyra vulgaris, Ag., et d'une espèce de Gracilaria, qui est peut-être le G. crassa, liarv.

Ch. Ménier dit y avoir trouvé des débris de Gelidium corneum , de Gloiopeltis, de Gracilaria , de Ceramium, de Laurencia , etc.

En examinant les deux sortes décrites par Hanbury, L. Marchand y a signalé la présence d’un assez grand nombre d'Algues, dont la détermination, d’ailleurs malaisée, n’a pas toujours être faite d’une manière absolue. Voici les noms qu'il donne : Streblonema ; Scytosiphon lomentarius , J. Ag. ; Sporacanthus cristatus , Iviitz. ; Ceramium ciliatum (?), Ag. ; Centroceras clavulatum, Ag. ; Endocladia vernicata, Ag. ; Gloiopeltis tenax (?),Turn. ; Gelidium polycladum , Kilt z.; Nitophyllum (?); Polysiphonia tapinocarpa , Suring. ; Polysiphonia fragilis , Suring.; Polysiphonia parasitica (?), Grev. ; Melobesia{V) ; Diatomées et surtout 1 ' Arachnodiscus ornatus, Ehr.

L. Marchand n'a dénommé que les plantes suffisamment reconnaissables. 11 dit en avoir rencontré beaucoup d’autres, dans la Colle du Japon ; mais elles étaient trop endommagées, pour être déterminées 11 pense que les deux formes de Colle du Japon sont fabriquées avec les mêmes matières; mais il lui a paru que le Gelidium domine dans la forme en lanières et le Gloiopeltis, dans la forme en baguettes. Il est disposé à admeltre, avec Hanbury et Ch. Ménier. que les Japonais emploient, à la fabrication du Japonese Isinglass, toutesles Algues de leur littoral, susceptibles de se transformer eu Gélose. II croit, enfin, que les Chinois

ALGUES

et les Japonais récoltent celles des Algues de leur littoral ( Gelidium , Gloiopeltis , Endocladia), qui fournissent le plus de mucilage, mais ne s’inquiètent pas si d’autres, moins gélatineuses ou parasiles des premières, ont été récoltées en même temps; d’où la supériorité ou l'infériorité des produits, selon que les Algues récoltées sont plus ou moins pures.

11 existe, dans le musée de la Faculté de Lyon, trois sortes de Japanese Isinglass provenant de la Collection faite à Londres par M. Chantre-

1° La première, qui correspond sans doute à la sorte en baguettes de Hanbury, se présente en prismes carrés, ayant 27 centimètres de long sur environ 3 centimètres de côté. Sous ce volume (243 cent, cubes), ces prismes ne pèsent que7gr,50. Ces prismes ont desarêtes saillantes; leurs bases sont très déprimées; leurs faces planes sontvoussées, ou déprimées et toujours très irrégulièrement bombées, ridées ou crispées. Leur surface est un peu luisante et d’un blanc grisâtre ou jaunâtre par places, surtout dans ses parties plus saillantes; leur cassure est blanche, fibreuse, avec un édat gras et une structure caverneuse, irrégulière. Mise dans la bouche, cette Colle du Japon se ramollit, sans se dissoudre, devient cartilagineuse et laisse un goût fade, très légèrement saumâtre.

L’extrémité de l'un de ces prismes étant mise dons l'eau, on voit, après quelques heures, que la face du fragment correspondant à la base primitive s'est élargie de près d'un centimètre et est devenue presque plane, tandis que la face de section s’est rétrécie, de sorte que le fragment, au lieu de rester prismatique, a pris l'aspect d’une pyramide tronquée. Sa substance, n ormalement rigide et parcheminée, offre une consistance molle, mais cartilagineuse; comprimée, elle s'affaisse extrêmement, pour reprendre ensuite son volume primitif. Elle se montre composée de feuillets plus ou moins soudés.

La Colle du Japon en prismes ne se comporte donc pas comme la gélatine extraite du Carrageen, qui quintuple de volumedans l'eau, comme le montrent les cataplasmes de Lelièvre. Elle se dissout en majeure partie dans l’eau bouillante et laisse un résidu jaunâtre, qui s’attache aux bords du vase. Le liquide se ] rend en gelée, par le refroidissement.

2° La seconde sorte est en paquets prismatiques, longs de 33 centimètres ayant de 7 à 9 centimètres de côté, de couleur générale grisâtre, avec une teinte jaune-brun pâle par places. Ces paquets pèsent 120 grammes et sont serrés à chaque bout, par un tortillon en paille de Riz (?).

Us sont composés de sortes de bandes irrégulièrement plissées et ridées, les unes plates ou mieux déprimées, les autres subtriangulaires. Les premières ont 5 à 6 millimètres de largeur, sur environ 2 millimètres d’épaisseur; les secondes n'ontguèreque3 millimètres de côté. Ces bandes sont transparentes, d’un blanc un peu grisâtre, pourvues d’un éclat gras, très élastiques, mais assez fragiles. Laissées dans l’eau, pendant douze heures, elles se gonflent et se présentent sous deux formes ;

a) — Celles qui étaient aplaties, tantôt sont devenues prismatiques, mais avec prédominance de deux faces opposées^ beaucoup plus larges que les faces latérales, qui sont à peu prés planes, et tantôt les faces

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