COLLE I)U JAPON
latérales se sont réfléchies en une sorte de sinus ou de V, que débordent les côtés des deux autres faces, lesquelles semblent ailées. La matière incluse parait formée par une sorte de parenchyme lacuneux.
b) — Les bandes triangulaires présentent, au contraire, une nervure médiane nettement définie. De celle-ci, partent quatre lames opposées deuxàdeux,quicourentparallèlemenldans toute la longueur du thallus.
Les paquets de ces bandes sont donc constitués par des Algues de deux espèces différentes, au moins. Les bandes se comportent, d’ailleurs, dans l'eau froide, comme les gros prismes carrés, c’est-à-dire, se gonflent modérément, sans se dissoudre : l’action de l’eau se borne à leur restituer leur forme. Bouillies avec de l’eau, elles se dissolvent presque intégralement, et laissent un léger résidu jaunâtre. Le soluté se prend en gelée par refroidissement.
3° La troisième sorte est étiquetée Gélatine du Japon lourde. Elle est constituée par des paquets composés de filaments cylindriques, analogues au vermicelle fin, ayant moins de 1 millimétré de diamètre, semi-translucides etde couleur blanc grisâtre. Ces paquets sont disposés en une espèce d'écheveau, dont le milieu est serré par un certain nombre de tours du même filament. Chaque écheveau pèse environ .25 grammes; il est long de 12 centimètres, large de 3; il a 1 centimètre d'épaisseur; ses extrémités sont arrondies sur tranche, comme si le fil avait été enroulé sur une mince plaque tournant entre deux plans
Les fils qui composent ces écheveaux sont libres, non accolés entre eux, résistants, cartilagineux, mais cassent quand on les ploie brusquement. Ils sont inodores; leur saveur est légèrement salée; ils se ramollissent, mais ne fondent pas dans la bouche; mis dans l'eau froide, ils deviennent hyalins et élastiques, mais se brisent, quand la i traction est un peu forte. Dans l'eau bouillante, ils doublent de volume, isans se dissoudre sensiblement.
Ces fils n’offrent pas d'organisation définie ; examinés sur une sec lion transversale, ils se montrent composés par une substance creusée de cavités et offrant l'aspect d’une matière cérébrale, à circonvolutions très nombreuses. Cette substance absorbe vivement l’encre de fuchsine. Il ne semble pas qu'elle ait été décrite.
A moins qu'on ne l’utilise comme aliment, après l’avoir ramollie par ébullition, on ne voit pas trop à quoi elle pourrait servir dans l'industrie, puisqu'elle ne se dissout pas sensiblement dans l’eau bouillante.
Nous avons dit, au début de cet article, que la Gélose ou Phycocolle de L. Marchand est sans doute la même matière que le Haï-Thao des Chinois et des apprêteurs français. Toutefois, tandis que L. Marchand la montre composée par un assemblage d’Algues, cette substance est, selon Girardin, sans aucune apparence d'organisation et constituée essentiellement par un principe immédiat non azoté, insipide, inodore, ayant beaucoup d’analogie avec la gomme adraganle et la cérasine. Girardin dit qu’on l’extrait d’Algues marines, très abondantes dans les Indes, en Cochinchine et à l’île Maurice, où elle sert àl’apprêtdes soies et des gazes et pour la fabrication de colles.
LICHENS
de vernis, de papiers, etc. La description qu’il donne delà matière, qu'il nomme Ilai-Thao, Ly-Oho ou Gomme marine, est insuffisante, d’ailleurs, et ne permet pas de la reconnaître. Quoi qu'il en soit, voici ce que G. Pennetier nous apprend des propriétés de l'Haï-Thao.
L’Haï-Tiiao est en baguettes grisâtres, translucides, chagrinées, longues de 30 à 35 centimètres. Il est inaltérable à l’air. Si on le met tremper dans l’eau, pendant douze heures, et qu'on le fasse bouillir ensuite, pendant un quart d’heure, il se dissout et la dissolution se prend, par le refroidissement, en une gelée, qui retient cent fois son poids d’eau. La dissolution reste fluide, si on la passe, tandis qu’elle est chaude, et qu’on l’agite jusqu'à ce qu’elle soit froide. Sous cet état, le Thao est utilisé pour l’apprêt des étoffes, surtout des soieries, qui prennent plus de brillant, un toucher plus doux et plus de main , tout en restant souples. L’apprêt est plus moelleux et a plus de corps, si on l’additionne de glycérine; plus onctueux, si on y ajoute du talc. Mêlé à la gomme adragante, il rend les étoffes moins susceptibles de se froisser. Enfin, il est sans action sur le permanganate de potasse , et se combine très bien avec le sulfate de cuivre, ainsi qu’avec les chlorates d’aniline et de potasse.
Ces propriétés donnent au Thao une importance considérable et l’on s’en sert, avec avantage, pour l’impression des étoffes, qui doivent être teintes sur une seule face. Malheureusement, ces qualités paraissent être détournées de leur pratique honnête et c'est sans doute à l’emploi du Thao qu’est due l’existence, dans le commerce, d’étoffes de soie chargées de matières minérales, qui en déterminent l’usure rapide.
Chacun sait combien duraient jadis les robes de soie de nos mères, et combien, au contraire, s’usent rapidement aujourd'hui les robes de nos femmes ou de nos filles. Le chargement de la soie s’effectue, dit-on, sur une grande échelle et nous avons entendu rapporter fréquement que des teinturiers, auxquels on livre un poids déterminé de soie, peuvent en rendre un poids plus considérable, bien qu’ils en puissent garder une certaine quantité devers eux. Si le chargement des étoffes ne les rendait pas moins résistantes, l’emploi du Thao n’aurait que des avantages ; car, cette substance n'étant soluble qu’à une haute température, les apprêls faits avec elle ne se ramollissent pas à l’humidité, et résistent au brouillard, ainsi qu’à la pluie.
Le Thao est utilisé aussi pour la cuisine, pour la confiserie et pour la préparation de la baudruche à battre l'or.
LICHENS Lichen d’Islande
Le Lichen d’Islande ( Cetraria islandica, Achar.,fig.l35) est une plante de l’ordre des Lichens Hyménothalamés. Il