LICHENS PEU USITÉS
poudre, qui est mêlée à la farine des Céréales. Avec ce mélange, on fait un pain appelé, en Scandinavie, Mosi, Mossa, Mus et, en Islande, Grout. L'époque où on le récolte parait avoir une certaine importance. On dit, en effet, que, au printemps, il a des propriétés purgatives : c’est pourquoi Borricli l’a nommé Muscus cathcirticus.
Lichens peu usités
Lichen pulmonaire. Ce Lichen, aussi appelé Pulmonaire de Chêne (Sticta [ Lobaria , D, G.] pulmonaria, Ach.; Lichen pulmonarius, L., fig. 131), est formé par des expansions membraneuses, rugueuses,
I 10. 137. — Liclion pulmi nuire.
roussatres, dont la lac., supérieure est creusée de concavités séj a'ées par des arêtes réticulées, d'un vert fauve ou roussâlre. A ces concavités correspondent, sur la face inférieure, des bosses saillantes, blancheset glabres, entre lesquelles se voient des espaces creux, bruns et velus. La présence des concavités de la face supérieure donne au Lichen pul-* monaire un aspect qui rappelle de loin celui d’un poumon creusé de cavernes; c est ce qui lui a valu son nom et sans doute aussi son emploi contre la phtisie.
Ce Lichen n est plus usité en médecine; on en retire une couleur
LICHENS
carmélite belle et solide. Il est amer, mucilagineux, et contient un acide particulier ( Ac . Sticlinique), analogue au Cétrarin.
Tripe de roche. — Dans les régions arctiques, on emploie dans l'alimentation, sous ce nom, diverses espèces de Lichens, principalement le Gyrophora pustalata, Ach., et le G. Vellea , Holfm.Ces Lichens croissent surles rochers des montagnes subalpines, depuis leDevonshire jusqu’en Ecosse. Le premier est aisément, reconnu à son thallus foliacé, pustuleux, eu forme de coupe et d'apparence farineuse, attaché seulement par un point central. Il fournit aussi une belle couleur brune.
Le Lichen pyxidé ( Lichen pyxidatus, L. ; Seyphophorus , pyxidatus, DC. ; Cenomyce pyxiduta, Ach.) a été proposé comme succédané du Lichen d'Islande. 11 est moins gélatineux, moins amer et plus désagréable. II se compose d'un thalie membraneux, supportant des sortes d'entonnoirs d’un blanc verdâtre, parfois superposés.
Le Lichen des murailles (L. parietinus , L. Parmelia parietina, Ach.) a une saveur amère, mucilagineuse et a été employé comme fébrifuge. Il croît sur les arbres et sur les vieux murs, où il se distingue aisément, par son thallus orbiculaire, lobé, vert, jaune doré ou gris, suivant l'âge. II contient un acide (Ac. Chrysophanique), cristallisable en aiguilles jaunâtres, peu solubles dans l'eau, solubles dans l’alcool et dans l’éther, et dont la solution est colorée en rouge foncé, par les alcalis, ce qui permet d'en reconnaître de très petites quantités.
Le Lichen des murailles est usité dans la teinture en jaune.
Manne céleste. — On observe fréquemment, sur le sol des provinces voisines du Caucase et quelquefois aussi en Algérie (Bugeaud, Yousouf), une grande quantité de petits corps aplatis ou sphériques, mamelonnés, durs, légers, gris terreux, de saveur mucilagineuse, blancs et comme farineux à l’intérieur. Ces corps sont constitués par le Lecanora esculenta, Eversm. ( Licli . esculentus , Pallas) et servent de nourriture aux habitants ; ils couvrent le sol sur une épaisseur variable, qui peut atteindre 5 à 6 pouces. Ils apparaissent, en général, à la suite d’une forte pluie et presque périodiquement. Ils croissent à terre, puis sont emportés par le vent et retombent en pluie (Bugeaud). Leur forme sphérique est accidentelle, quoique à peu près constante, et leur centre présente souvent un fragment de la roche (calcaire ou quart zeuse), sur laquelle ils étaient d’abord attachés (Haidingen). C’est là, sans doute, la Manne tombée du ciel , dont les Hébreux se nourrirent pendant leur exode.
On rapporte aussi la Manne des Hébreux à l’exsudation que la piqûre du Coccus manniparus , Ehr., produit, en juin