SALEP
translucides ; leur odeur est faible et leur saveur mucila-
gineuse.
Le Salep est principalement constitué par une sorte de mucilage azoté, dont la proportion , selon Dragendorff, atteint 48 0/0.
Ce mucilage se
ubercules
cliis
mule
dissout
dans l’eau froide, que l’iode colore en bleu ; il forme , avec l’acétate neutre de plomb, un mélange limpide comme la gomme arabique ; l’ammoniaque y produit un abondant précipité.
Le mucilage de Salep, précipité par l’alcool, puis desséché, se colore en violet ou en bleu, quand on l’humecte avec une solution d’iode ou d’iodure de potassium iodé. Il se dissout dans le soluté ammoniacal d’oxyde de cuivre.
Bouilli avec de l’acide azotique, il donne de l’acide oxalique, mais non de l’acide mucique ; il se rapproche donc de la cellulose, plutôt que de la gomme arabique.
Selon Flückiger, au-
Fio. 100. — Tubercules do l’Anacampte pyramidal.
Fia. 181. — Tubercules d’Orchis taché. 1
ORCHIDÉES
quel nous empruntons les renseignements qui précèdent, une section transversale du bulbe frais y montre l’existence de grandes cellules remplies d’un mucilage homogène et distinctes des autres cellules, qui contiennent de l’amidon et des raphides. Gomme la paroi des cellules à mucilage n’offre pas de traces de stratification, on peut en induire que ce mucilage n’est pas dû à une métamorphose de la paroi. Par ses réactions, qui le rapprochent de l’amidon et de la cellulose, ce mucilage semble donc provenir de l’une de ces matières ; mais aucune recherche directe ne parait avoir porté la lumière sur sa nature et sur son origine.
Quant à la substance mucilagineuse totale, que l’eau bouillante enlève aux bulbes secs, elle doit provenir à la fois du mucilage préexistant et de la modification que subissent l’amidon et la paroi des cellules, sous l’influence de la chaleur, à laquelle on soumet les bulbes frais, pour les dessécher.
Le Salep est employé comme analeptique et reconstituant (?), chez les malades atteints de phtisie. Gomme les bulbes secs sont durs et cornés et ne peuvent être soumis au pilon, on les ramollit au préalable, par une immersion dans l’eau froide, quand on veut les pulvériser. Ges bulbes se gonflent alors, reprennent presque leur forme naturelle et se laissent écraser facilement. La poudre de Salep, étant délayée dans de l’eau froide, et soumise ensuite à une ébullition prolongée, forme une gelée, qui, sucrée et aromatisée, constitue un aliment agréable, bien que peu usité aujourd’hui.
La gelée de Salep est rendue plus dense, par addition de magnésie ou de borax. Gettc propriété a été utilisée par Brande, pour l’examen des falsifications de la poudre. Avec : Salep pulvérisé, 0,84 ; magnésie calcinée, 0,12 ; eau, 150, on obtient, par ébullition, une gelée qui acquiert une très grande dureté par le refroidissement. 11 n’en est pas ainsi, selon Baudri mont, quand la poudre de Salep est additionnée de substances étrangères : albumine , gommes arabique et adra~ gante , amidon , ichthyocolle, mucilage de coings, fécules.
Gomme le Salep renferme normalement de l’amidon, l’emploi de l’iode ne donne pas de renseignements utiles. Pour déterminer l’existence de matières amylacées, dans la poudre,
RACINE D’EULOPIIIA
il suffit d’examiner cette poudre au microscope et de se reporter au tableau des diverses fécules (v. Farines).
L’amidon du Salep est constitué par des grains elliptiques subarrondis, ou parfois un peu triangulaires, à hile non apparent et dépourvus de couches concentriques. Les gros grains, dont la grosseur se rapproche assez de ceux du Sagou, sont toujours accompagnés de raphides et d’un grand nombre de très petits grains sphériques.
Racine d’Eulophia
On vend, dans les bazars indiens, sous le nom de Sahb mlsri, une sorte de Salep fort estimé des Hindous, qui l’achètent à des prix extravagants. Ce Salep est fourni par diverses espèces à’Eiilophia, notamment par les E. campestris, Lindl. et E. herbacca , Lindl. L’échantillon de Salib misri, que possède la Faculté de Lyon, est formé de tubercules analogues à ceux du Salep de France, mais plus longs.
Salep Royal. — Dans l’article consacré par Holmes à VE. campestris , dans son catalogue, ce savant mentionne une sorte de Salep, qu’il nomme Royal Salep et Badshah Saleb. Ce prétendu Salep est long de 3 à 4 centimètres et pèse de 15 à 17 grammes. Il est dur, pesant, corné en dehors, plus mou en dedans, subarrondi, mais ridé en long, pointu à un bout, souvent pourvu, à l’autre, d’une cicatrice circulaire, tantôt blanchâtre et opaque, tantôt brunâtre et translucide. Il se gonfle dans l’eau. Coupé en travers, il se montre composé d’une tunique épaisse, circonscrivant une cavité, qui contient un bourgeon foliacé. Ce bulbe a une saveur d’abord mucilagineuse et faiblement sucrée, puis amère et âcre; il ne renferme pas d’amidon. Lindley l’attribue, avec doute, à une Tulipe de l’Afghanistan. On ne le trouve pas dans le commerce français.
Salep d’Australie
On emploie, comme Salep, en Australie, les bulbes d'une Néottiée, le Microtis media.
Ces bulbes, dont la grandeur varie depuis celle d’une petite
ORCHIDEES
vesce jusqu’à celle d’un gros grain de Maïs, sont subsphériques ou ovoïdes, bruns, plus ou moins ridés et marqués, à leur sommet, d’une cicatrice déprimée, arrondie, indice du point d’attache de la tige.
Valériane d’Amérique
Sous le nom d 'American V alerian , on emploie, aux États-Unis, comme un stimulant nerveux, la racine du Cypripedium pubescens, Willd., que l’on appelle vulgairement Mocassin Plant et Ladies ’ Slipper.
Cette racine se compose d’un corps central grisâtre, tortueux, duquel partent de très nombreuses radicelles, grises ou brun rougeâtre, onduleuses, dégageant une odeur désagréable, qui rappelle un peu celle de l’Jpécacuanha en masse, plutôt que celle de la Valériane, Elle est estimée à l’égal de la Valériane. On en extrait un principe, appelé Cypripedin , que l’on obtient en précipitant, avec de l’eau, la teinture concentrée de la racine. La plante fraîche détermine parfois des symptômes d’empoisonnement analogues à ceux que produit le principe irritant du Rlius toxicodendron.
La racine de Cypripedium se trouve quelquefois mêlée avec celle de la Serpentaire de Virginie.
Vanille
La Vanille est un fruit siliquiforme, lisse, plus ou moins ridé longitudinalement, brun foncé, long de 15 à 20 centimètres épais de 6 à 12 millimètres, atténué à ses extrémités. Ce fruit s’ouvre en trois valves (fig. 162) portant chacune un placenta médian ; il renferme un nombre considérable de graines, très petites, globuleuses, lisses, noires, plongées dans un suc épais et brunâtre.
On récolte la Vanille avant sa maturité complète et on la fait sécher d’abord au soleil, puis à l’ombre; on l’enduit ensuite avec une légère couche d’huile.
La production de la Vanille du commerce a été longtemps rapportée au Vanilla aromatica , Swartz ( Epiden drum Vanilla , L.), plante du Brésil, qui, selon Martius,