CHIENDENT
ments de longueur variable, ordinairement repliés plusieurs fois sur eux-mêmes. Ces fragments sont de couleur jaune paille, luisants, grêles, épais de 1 à 2 millimètres; ils sont pourvus de noeuds circulaires espacés de 2 à 4 centimètres, et portent des débris d’écailles membraneuses, incolores, ainsi que des traces de très petites racines. A l’état frais, ce rhizome est à peu près cylindrique; en se desséchant, il se raccornit beaucoup et devient anguleux.
Examiné sur une section transversale, le petit Chiendent se montre composé comme suit :
1° Une couche épidermique, recouverte par une cuticule assez épaisse, et formée de trois assises de cellules étroitement unies, quadrilatères ou subarrondies, munies de parois épaisses, colorées.
2° Une zone parenchymateuse, proportionnellement développée, à cellules irrégulières, minces: les extérieures et les plus intérieures plus petites que celles de la portion moyenne, qui sont relalivement très grandis. Sur le pourtour de ce parenchyme, au voisinage de la couche épidermique, se voient un petit nombre de faisceaux vasculaires très espacés et disposés en cercle. Le parenchyme lui-même contient quelques cellules à raphides.
3° Une Kernscheide ou couche protectrice , à cellules plus petites que celles du parenchyme ambiant et plus grandes que les fibres ligneuses voisines. La paroi de ces cellulles est très mince du côté de l'écorce, très épaisse du côté du bois et va s'amincissant sur les côtés, de dedans en dehors. Ces cellules ont l'aspect d'un U très déprimé et à branches eflilées.
4° Une couche ligneuse, proportionnellement mince, formée de fibres à parois épaisses et au milieu de laquelle se voient des faisceaux fibro-vasculaires disposés en un double cercle, les extérieurs beaucoup plus petits que les intérieurs, qui sont saillants vers la moelle. Ces faisceaux se composent : de vaisseaux à lumen elliptique ou arrondi ; d'un amas de tissu libérien à cellules fines, allongées, avec de très minces parois ; enfin, d'un prosencliyme, dont les éléments, pourvus de parois très épaisses et d’un lumen étroit, sont beaucoup plus petits que les fibres de la portion voisine de la Kernscheide.
5° Une moelle, presque entièrement résorbée et formée de cellules polyédriques, grandes, à paroi très mince.
Le petit Chiendent ne contient pas d’amidon, de résine, ni de pectine; il laisse 4,5 O/Ode cendres. H. Millier y a trouvé 3 0/0 de sucre et 7 à 8 0/0 d’une substance gommeuse, amorphe ( Triticine ).
La Triticine (C12 H22 Ou) est un corps neutre, insoluble
GRAMINEES
dans l’alcool et dans l’éther, très soluble dans l’eau, fusible à 150° ; à 169°, elle se transforme en une masse brune, sucrée, soluble dans l’alcool. Sa solution aqueuse fournit de la lévulose , par ébullition avec un acide ou avec la diastase; mais la levure de bière ne fait pas fermenter la Triticine. Avec l’acide azotique, elle donne de l’acide oxalique.
Le petit Chiendent renferme aussi des malates acides.
Sa décoction est souvent prescrite contre les catarrhes vésicaux.
On peut substituer à ce rhizome ceux de Y Agropyrum acutum , R. et S., de Y A. pungens, R. et S., et de YA.junceum , P. Beauv., que l’on considère souvent comme de simples variétés de VA. repens.
Gros Chiendent ou Chiendent Pied-de-PouIe. — Cette sorte est le rhizome du Cynodon Dactylon , Pers. ( Panicum Dactylon, b. ; Digitaria Dactylon , Scop.;Z). stolonifera , Schrad., Dactylon officinale , Vill,), herbe du sud de l’Europe et du nord de l’Afrique.
Le gros Chiendent est, comme le petit Chiendent, en paquets formés de fragments cylindriques, plus ou moins larges, repliés sur eux-mêmes, noueux, avec un épiderme jaune, dur, vernissé. Les nœuds de ce rhizome, plus rapprochés que ceux du petit Chiendent, portent des débris de feuilles écailleuses, ainsi que d’assez nombreuses radicelles. 11 a une épaisseur de 3 à 4 millimètres. Sa cassure est blanche, farineuse à l’intérieur, avec un vide central, et bordée en dehors par un tissu mince, jaune, résistant.
Examiné sur une section transversale, il se montre composé des éléments ci-après :
1° Une couche épidermique , formée de deux rangs de cellules à parois épaisses, jaunes : les plus extérieures petites, tétragonales, tangentielles, bordées par une cuticule peu développée ; les intérieures plus grandes, subarrondies, ponctuées.
2° Une couche corticale , peu épaisse, à cellules grandes, ponctuées, polyèdriques-arrondies, minces, remplies d'amidon.
3° Une couche ligneuse , constituée par des fibres jaunes, petites, à lumen très fin, avec une paroi très épaisse, canaliculée. Ces fibres sont très serrées les unes contre les autres et disposées sur 8 à 10 rangées. La couche ligneuse renferme un certain nombre de très petits