SUCRE DE CANNE
la Louisiane, sous le nom de Sugar Corn; on prétend que son rendement est presque égal à celui de la Canne à sucre. Quant au Sorgho, sa culture n’a pas donné de résultats satisfaisants, à cause de la difficulté d’extraction du sucre, bien que les sommités de cette plante puissent servir à l’alimentation du bétail et ses tiges à la fabrication du papier et de l’alcool.
La Canne à sucre croît spontanément sur les bords de l’Euphrate.
On en cultive plusieurs variétés : 1° la Créole , originaire de l’Inde ; 2° la Canne de Batavia , originaire de Java et qui sert principalement à la fabrication du rhum ; 3° la Canne d'Otahiti, que Bougainville porta à l’ile de France et qui est maintenant la plus répandue.
Le sommet de la plante renferme moins de sucre que le reste de la tige; aussi le coupe-t-on, avant la floraison, pour servir de bouture. Les divers procédés d’extraction du sucre se trouvent décrits longuement dans les traités de chimie ; nous croyons devoir les passer sous silence.
Selon Payen, qui a étudié avec soin la structure de la Canne à sucre, les cellules épidermiques ont des parois très épaisses, canaliculées, et recouvertes par une cuticule protégée elle-même par une sorte de cire nommée Cèrosie. Çette cire se présente, à la surface des tiges, sous forme de baguettes ou de bâtonnets, de longueur inégale, dirigés perpendiculairement à la paroi des cellules, pressés les uns contre les autres et diversement incurvés à leur extrémité libre (fig. 168). Le sucre n’occupe que les cellules de la région médullaire et celle-ci est séparée de la région corticale par une double rangée de faisceaux fibro-vasculaires. Dans l’espace compris entre ces faisceaux et l’axe de la tige se trouvent d’autres faisceaux. d’autant plus pauvres en fibres ligneuses, qu’ils sont plus rapprochés du centre.
Le Sucre (G1* H22 O11) se dissout en toutes proportions
Fia. 103. — Cire en baguettes diversement incurvées au sommet et produites par l’épiderme de la Canne à sucre.
GRAMINÉES
dans l'eau bouillante ; l’eau froide en dissout le double de son poids. Il est soluble dans l’alcool chaud, mais insoluble à froid dans ce liquide. Au feu, il fond, se boursoufle, brunit et se transforme en Caramel ; il brûle gvec une flamme blanche et laisse un charbon volumineux, qui renferme un peu de carbonate et de phosphate de chaux. On le falsifie avec du glucose ; cette fraude est décelée par la potasse, qui, à chaud, brunit le glucose et non le sucre de Canne. Il cristallise en prismes rhomboïdaux, à sommets dièdres.
La Cérosie (C24 II48 O, Avequin) se trouve aussi à la base des feuilles. Elle abonde surtout sur la Canne violette. On peut l’obtenir par le grattage des tiges, ou l’extraire des écumes du vesou non additionné de chaux. En la dissolvant dans l’alcool bouillant et laissant refroidir, on l’obtient en fines lamelles nacrées, très légères, qui ne grais sent pas le papier, fondent à 82° et brûlent avec une belle flamme blanche. Elle est insoluble dans l’eau et dans l’alcool froid, soluble dans l’alcool bouillant, peu soluble dans l’éther, difficilement saponifiable et assez dure, pour pouvoir être pulvérisée dans un mortier.
Produits des Andropogon
Schœnanthe officinal. — On employait autrefois, sous ce nom et sous ceux Fœnum Camelorum , de Juncus odoratus, etc., la touffe des feuilles radicales de Y Andropogon laniger , Desf. {A. Olivieri , Boiss.), plante très commune dans toutes les régions chaudes et sèches du nord de l’Afrique, d’où elle s’étend, à travers l’Arabie, jusqu’au Thibet et dans le nord de l’Inde. Ses feuilles ont une odeur aromatique, analogue à celle du bois de Rhodes.
Le Schananthe était réputé stimulant, vulnéraire, diurétique et emménagogue; il entrait dans la composition de la Thériaque et de Y Electuaire Mithridate.
Racine de Vettiver ou Vétiver. — Cette drogue, que les Malais appellent Vitlie-vayer etles Anglo-Indiens Kus-IYus , est la racine de Y A. muricatus , Retz., grande herbe qui croît abondamment dans les terres humides du sud de l’Inde.
PRODUITS DES ANDROPOGON
Elle se présente en paquets (fig. 169) formés de racines très fibreuses, grêles, dures, ligneuses, de couleur jaune pâle, et dont les radicelles, très nombreuses, sont emmêlées d’une
Fio. 169. — Racine do Vétiver.
façon inextricable. Le Vétiver possède une saveur amère, aromatique et une odeur forte, tenace, rappelant celle delà myrrhe. On l’emploie, en médecine, à divers usages, mais surtout comme stimulant. Il sert principalement à parfumer le linge et les appartements. Dans l’Inde, on en fait des paniers et surtout des stores, qui ont l’avantage d’être odorants, en même temps qu'ils mettent à l’abri de la lumière. On y a trouvé une résine, une matière extractive amère et une huile essentielle employée en parfumerie.
Essences d’Andropogon. — Il existe, dans le commerce, sous le nom général à’ Essences d'Andropogon , des essences retirées des feuilles de divers Andropogons de l’Inde, surtout des A. Schcenanthus, A. citratus, A. Narclus.
i° L’A. Schœnantus , L. (A. pachnodes, Trin.; A. Mar- ^mAHoxb.; A. Calamus aromaticus, Royl.) est une plante du nord et du centre de l’Inde, à feuilles arrondies ou légèrement cordées à la base. Elle fournit, par distillation, une essence appelée en Angleterre : Rosa Otl, OU of Ginger Grass, OU of Géranium , Grass OU of Nimàr or Nemaur. C’est YIdris- Yaghi des Arabes et des Turcs, le Rusa-Ka-tel des Hindous, qui est aussi exporté de Bombay, sous les noms de Rosa, Rosé ou Roshé, Rowsah. Les Européens la désignent fréquemment, sous les noms d 'Essence de Géranium et d 'Essence de Palmarosa.
L’Essence de Palmarosa varie du jaune verdâtre pâle au brun jaunâtre; elle a l’odeur de l’essence du Géranium
GRAMINEES
Radula , Ait., et sert à falsifier l’essence de Roses, dans les pays producteurs de cette dernière huile volatile. Avant d’en opérer le mélange, on agite l’essence de Palmarosa avec de l’eau additionnée de jus de citron, puis on l’expose à l’air et au soleil : elle acquiert ainsi l’odeur pénétrante qui lui est propre et prend une couleur jaune paille. Les différences optiques et chimiques, existant alors entre les deux essences, sont trop faibles, pour qu’on puisse reconnaître l’existence d’une petite quantité d’essence de Géranium, dans l’essence de Roses.
2° L’A . Nardus, L< (A . flexuosus et A. coloratus, Nees; A. Martini , Thwaites (!); A. hoarancusa , Roxb., pars?) est une herbe cultivée à Ceylan et h Singapore, où elle atteint une hauteur de lm,80 et davantage. Bentley et Trimen ( Médicinal plants , t. IV), en ont donné une très belle figure. Elle se distingue des espèces voisines par sa couleur roussâtre, ses feuilles étroites et ses épis courts. On en extrait, par distillation, une essence d’un jaune verdâtre clair, offrant une odeur comparable à celle d’un mélange d’essence de Citron et de Rose. Cette essence est connue, dans le commerce anglais, sous le nom de Citronelle OU. On dit qu’elle est parfois vendue, en France, comme essence de Mélisse officinale.
L’Essence de Citronelle est formée, selon Gladstone, surtout par une huile oxygénée ( Citronellol ), que la distillation fractionnée sépare en deux parties : l’une bouillant entre 190 et 202°, l’autre entre 202 et 205°. Le poids spécifique de la première est de 0,8741 ; celui de la seconde est de 0,8749 à + 20°. Elles ont pour composition : C10H1GO. Whright appelle Citronellol une portion d’essence bouillant à 210°, et dont la composition serait : C10H18O ; une ébullition prolongée lui ferait perdre H2 O (Flückiger).
3° L’A . citratus, DC. ( A . Schœnanthus, Wallich ; Lemon Grass, Sir eh of Java, des Anglais) est une plante à feuilles glauques, connue seulement à l’état de culture et cultivée, comme la précédente, à Ceylan et à Singapore, pour son huile volatile, qui est très estimée.