SEMENCES DE COR.ONILLE SC0RP10IDE
pioides, L. ; Arthrolobium Scorpioides, DC.) croît sur le bord des champs et dans les moissons du midi de la France. On la nomme Amarello, dans le Languedoc et Amarèles, en Provence. La plante entière paraît être purgative. Nous avons dit (t. I, p. 312) que ses semences communiquent à la farine de Blé une amertume désagréable, qui se retrouve dans le pain. Ces semences ont été trouvées, en assez grande quantité, par Schlagdenhauffen et Reeb, dans des résidus d’Orge provenant d'une malterie de Strasbourg. La grande amertume de ces graines a porté Schlagdenhauffen et Reeb à en rechercher la composition et les propriétés.
Les Semences de la Coromlle Scorpioïde sont de couleur rouge brun foncé, longues de 5 à 6 millimètres, épaisses d’environ 1 millimètre, cylindriques ou obscurément pentagonales, arrondies à leurs extrémités et à peu près rectilignes ou légèrement arquées. Elles sont inodores, mais douées d’une saveur très amère et très persistante.
Leur section transversale offre la structure suivante :
1° Une couche simple de cellules en palissade très allongées radialement, à paroi épaisse, translucide et à cavité étroite, linéaire, un peu élargie à ses extrémités. Cette couche est garnie d’une cuticule peu épaisse.
2° Une série simple de cellules de renforcement , rétrécies en leur milieu, beaucoup plus larges à leurs extrémités et laissant entre elles de larges méats. Reeb compare ces cellules à des sabliers.
N. B. — Par la constitution des deux couches précédentes, les graines de la Coronille se rapprochent beaucoup de celles de la Fève des marais (V. t. I, p. 337).
3° Une zonede parenchyme formé de cellules grandes, tangentiellesirrégulières, à paroi mince et constituant la portion interne du testa.
4° Une série simple de cellules quadrilatères-subarrondies, à paroi extérieure épaisse et jaunâtre. Ces cellules sont assez grandes et remplies d’une matière granuleuse, non colorable par l’iode, mais soluble dans la potasse. Elles constituent l’épiderme du tegmen; leur aspect rappelle assez bien celui des cellules de la 3e couche du Blé (V. t. I, p. 319).
5° Une couche parenchymateuse, formée de deux ou trois rangées de cellules irrégulières, à parois minces et contenant de l’amidon. Au-dessous d'elle, se voit une zone composée de cellules étroites, longues, très déprimées tangentiellement.
6° Les cotylédons sontconstituésparunépidermeàcellules cubiques, petites, bombées en dehors et recouvrant des cellules en palissade disposées en une série simple ou double (face interne des cotylédons). Le parenchyme cotylédonaire se compose de cellules polyédriques, assez régulières, remplies d'une matière granuleuse, soluble dans la polasse, mais non colorée par l’iode.
Schlagdenhauffen a trouvé, dans les graines deCoronilla : un principe amer , une huile contenant de la cholestérine, une matière
LEGUMINEUSES - PAPJLIONACEES
phospharee soluble clans l'éther, du tannin, de la coumarine, de la gomme, etc.
Le Principe amer est soluble dans l’eau et dans l’alcool, moins soluble dans l’éther et le chloroforme. Par quelques-unes de ses réactions, il semble appartenir au groupe des glucosides. Mais il n’a pas encore été obtenu dans un état de pureté suffisant, pour que ses caractères et sa composition aient pu être étudiés.
D’après Schlagdenhauffen, le principe amer serait la partie active de la Coronille et produirait des effets toxiques sur la Grenouille, dont elle paralyserait rapidement tous les organes.
Dans sa thèse inaugurale, le docteur Cardot (de Nancy) résume, comme suit, les propriétés de celte semence :
1° La Coronille diminue la contractilité musculaire et finit par détruire l’excitabilité du muscle.
Elle attaque les nerfs moteurs d’abord, puis les nerfs sensitifs.
3o Son action sur les muscles et sur les nerfs ne se manifeste qu'à dose toxique.
4° Elle agit différemment sur le cœur de la Grenouille et sur celui des Mammifères :
Chez la Grenouille, l’action se produit d’abord sur le cœur, ensuite sur les nerfs cardiaques; chez les Mammifères, les centres nerveux sont atteints les premiers; l'action sur le cœur est secondaire.
5° L’action sur les centres nerveux est antérieure à celle qu’on observe sur les nerfs et les muscles.
6n La Coronille n’influence pas la respiration.
Les quelques expériences initiales faites, soit à l’Hôtel-Dieu de Lyon, soitdansle laboratoire de physiologie de la Faculté, tendent à montrer :
lo Que la Coronille est un poison du cœur;
2o Qu’elle possède une action diurétique marquée;
3o Qu’elle a des propriétés drastiques, à dose un peu élevée.
Nous ne pouvons préciser davantage les propriétés de la Coronille; l’étude de ce médicament se fait à l'heure présente et sera l’objet d’un travail spécial.
Pois pouilleux]
On désigne, sous ce nom et sous celui de Pois à gratter, deux plantes dont les gousses sont couvertes de poils irritants :
1° Le Gros Pois pouilleux Ç Mucuna urens, DG. ; Poli chos urens, L. ; Stizolobium urens, Pers.; Zoophthalmum urens, Browne) est une grande plante grimpante, commune aux Antilles et dans les régions chaudes de l’Amérique du Sud. Ses gousses (fig. 518)sont longues de 10 a 15 centimètres,