ECORCE DE DISC I DIE
précipité passe rapidement au brun , tandis que la solution rougit. Selon Vée, si l’on ajoute de la potasse, de la chaux ou du carbonate de soude à une solution d’Esérine, elle prend une teinte rouge, qui augmente rapidement d’intensité, mais qui dure peu et passe au jaune, au vert et au bleu.
Ecorce de Piscidie
L’écorce de Piscidie est fournie par la racine du Piscidia Erythrina , Lamk, (Erythrina Piscipula, L.; Jamaica Dogwood , des Anglais), arbuste des régions chaudes de l’Amérique, surtout commun aux Antilles et dont les feuilles et les racines sont employées, par les indigènes, pour enivrer le Poisson.
L’action exercée sur ces animaux, par cette écorce, porta W. Hamilton à l’essayer comme anesthésique, dans l’odontalgie et aussi comme narcotique. Sims, Ott et de nombreux médecins américains en ont obtenu de bons effets ; plusieurs médecins d’Europe, soit en France, soit à l’étranger, paraissent l’avoir employée avec succès. Elle a fait le sujet de la thèse inaugurable du D''Legoy (1885).
Le I)r Legoy dit que l’écorce de Piscidie du commerce se présente en morceaux longs de 10 à 13 centimètres, larges de 3 à 4 centimètres. Celle que nous avons sous les yeux est longue d’environ 35 centimètres, et large de 3 à 4 centimètres. Elle est normalement garnie d’un suber de couleurs ferrugineuse, qui forme des plaques aplaties ou bombées, mais peu saillantes et qui s’exfolient aisément. Ce suber recouvre un jpêriderme brun noirâtre, coupé de fissures transversales plus ou moins nombreuses et offrant des dépressions longitudinales grossièrement réticulées. Le 'parenchyme cortical est de couleur vert grisâtre, parfois vert bleu ; mais cette teinte parait surtout spéciale au parenchyme libérien et donne à cette couche une coloration d’un vert bleu intense. Ce parenchyme est occupé par de nombreuses fibres disposées en zones concentriques, très minces et qui communiquent au liber une structure feuilletée. La face interne de l’écorce est brun noirâtre ou brun clair et lisse ou exfoliée.
LEGUMINEUSES — PAPILIONaCEES
L'écorce de Piscidie est extrêmement fibreuse, ne peut être brisée transversalement et, en raison de la dureté de ses libres, est difficilement coupée avec un couteau. Elle a une odeur vireuse, désagréable, une saveur âcre et brûlante à l’arrière -gorge.
Edw. Hart en a extrait un alcaloïde (?), qu’il a nommé Piscidine et auquel il attribue la formule G29 Hî4 O8. Ce prétendu alcaloïde se dissout dans les acides sulfurique et chlorhydrique, mais en est précipité par addition d’eau et ne forme pas, avec eux, de combinaisons salines. En outre, sa solution alcoolique est neutre au tournesol et n’est pas précipitée par l’acétate de plomb.
Garette a trouvé, dans l’écorce de Piscidie : une ammoniaque composée , une résine jaune, une substance ièrèbenthineuse, de la fécule , des sels.
Le meilleur mode d’administration de celle écorce paraît être la préparation appelée extrait fluide, employée sous forme de sirop et de potion. L’extrait fluide est obtenu de la manière suivante : Traitez par déplacement 500 grammes de poudre, avec 900 grammes d’alcool à 60° ; distillez le liquide jusqu’à réduction à 300 grammes ; évaporez le résidu à 150 grammes et laissez refroidir; puis ajoutez-y Q. S. de l'alcool distillé, pour obtenir 500 grammes de liqueur.
Legoy a tiré de ses expériences les conclusions suivantes :
1° A dose physiologique , la Piscidie exerce d’abord une action excitatrice sur le bulbe et la moelle, avec exagération de la respiration et des réflexes, puis, elle ralentit la respiration et modère les réflexes, par épuisement nerveux consécutif ; elle agit plus vivement sur les animaux à sang froid que sur les animaux à sang chaud et atlaque surtout le système ganglionnaire du sympathique.
2° A dose toxique , la mort survient par arrêt de la respiration ; cette dose, très faible pour les animaux à sang froid, doit être très élevée chez les animaux à sang chaud. On ne la connaît pas, chez l’homme.
(N. B. — Toutefois, les naturels des Antilles empoisonnent leurs flèches avec la Piscidie et s’en servent pour tuer les Oiseaux.)
3« A dose thérapeutique , la Piscidie n'est ni un hypnotique, ni un anesthésique; c'est un sédatif. Elle est indiquée, dans l’insomnie ayant pour cause la douleur, dans le delirium tremens, l’alcoolisme et certaines formes de manie. On la donnera, avec avantage, contre les douleurs de la dysménorrhée et contre les névralgies. A dose thérapeutique, elle n’a jamais produit d’accident. On l’administre sous forme d'extrait fluide (3 à 6 grammes par jour) ou de teinture alcoolique (40 à 60 gouttes par jour).
EGORGE DE MULUNGA.
Écorco de Mulunga
Les auteurs, qui se sont occupés des propriétés de cette écorce, disent qu’elle est fournie par l’ Erythrina Corallodendron, arbre du Brésil, où il est appelé Mulunga. Selon Dujardin-Beaumetz, le Mulunga serait appelé aussi Bois- Corail. Or, le nom de Bois-Corail est donné, aux Antilles, à deux arbres: Y Adenanthera pavonina, L.,et YErythr. Corallodendron, L. D'autre part, VE. Corallodendron, L. (E. spinosa, Mill.) semble exclusif aux Antilles; en tout cas, il n’a pas été signalé au Brésil. Il y a donc lieudecroire que les auteurs ont confondu YE. Corallodendron , des Antilles, avec le Piscidia Corallodendron, Arrabida, du Brésil, et que ce dernier, seul, fournit l’écorce de Mulunga.
Nous ne pouvons décrire cette écorce, faute d’échantillon authentique.
Les propriétés du Mulunga ont été étudiées par Vulpian, qui en a employé l’extrait, à la dose de 2 grammes, en injection dans la dans la saphène d’un chien. Vulpian a constaté, que son E. Corallodendron exerce une action calmante et détermine une prostration générale, sans détruire la contractibilité musculaire, ni la sensibilité motrice. Le Mulunga agit donc sur le système nerveux central, dont il diminue ou abolit le fonctionnement normal. Cette écorce doit son activité à un alcaloïde, que Bochefontaine a appelé Erythrine A)\\]avdin-Beaumetz fait observer que ce nom a été donné prédédemment au glucoside trouvé, par Heeren, dans le Roccella tinctoria et propose de nommer cet alcaloïde Mulunguinc ou Corallodendrine .
CÆSALPINIÉES
Ecorce de Geoffrée de la Jamaïque.
Cette écorce est fournie par le Gcoffroya inermis, Wright (G.jamaicencis, Murr. ; An dira inermis, Kunth) arbre de la Jamaïque, rapporté par Bâillon au genre Andira. Elle constitue un médicament
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purgatif très énergique. Selon Murray, elle produit des effets violents : déjections fluides, tranchées, nausées, défaillances, etc.
I/Ecorce de la Geoffrée de Surinam (G. refusa, I.amk ; Andira refusa, Kunth ; A. surinamensis, DG ) et celle de Y A. racemosa , Lamk., sont amères, astringentes et réputées narcotico-âcres. On les emploie aussi comme vermifuges, mais leur usage doit être surveillé avec soin.
Semences d’Angelin.
On administre parfois, en Amérique, sous ce nom, les semences de divers Andira : A. anlhelmintliica , Benth. (Lumbricidia anthelmia, Vell.) ; A . vermifuga, Mart. ; A. fraxinifolia, Benth,; A. inermis, H. B. K. (A. racemosa, Lamk.); A. lecjalis (A. stipulacea, Benth.; Lumbricidia legalis, Vell.). Cette dernière plante est YAngelin Coco des Brésiliens. Les semences de l’.-i. antlielminthica (Angelin Amargozo des Brésiliens) sont émétiques et dangereuses, au-dessus de la dose de un gramme. On emploie aussi celles de Y A. stipulacea etdel’A. rosea, Benth.
Araroba ou Poudre de Goa
On emploie dans l’Inde, sous les noms de Poudre de Goa ou de Poudre de Bahia et, en Cochinchine, sous celui de Pobaia, une substance semi-pulvérulente, originaire du Brésil et qu’on appelle souvent aussi Araroba.
Cette poudre est fournie par l’écorce d’un arbre du Brésil, successivement considéré comme un Pterocarpus, un Acacia, un Centrolobium. Holmes la rapporte à un Cæsalpinia indéterminé ou, selon H. Bâillon, à X Andira Araroba, Aguiar. H. Bâillon parait avoir confondu l’Araroba (Poudre de Goa) avec l’écorce d’Arariba, fournie par X Arariba rubra, Martius (Ar. rubescens, Mart.; Pinckneya ru bescens, Ail.), arbre de la tribu des Cinchonées et dont Pison compare l’écorce à celle du Frêne, en ajoutant qu’on l’emploie en teinture : A qua coctus fît ruber et cum illo tingitur. Nous décrirons, plus loin, l’écorce d’Arariba si la place le permet.
L’auteur de l’article Clirysarobine, dans le Dictionnaire de Wurtz, dit que la Poudre de Goa est constituée par la