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AMANDES

celle- ci ne réagit plus sur l’Amygdaline. Si l’on chauffe à 100°, même pendant plusieurs heures, la Synaptase préalablement desséchée, elle conserve ses propriétés.

En vieillissant, les amandes douces deviennent molles, âcres, un peu transparentes; leur cassure est alors jaunâtre. On doit les choisir entières, bien nourries, non piquées, de saveur douce, agréable, cassantes et à cassure blanche, non transparente. Elles forment la base du Lait ou Emulsion d'amandes , du Looch Blanc et du Sirop d'orgeat. On en retire, par expression, une huile douce, connue sous le nom d’ Huiles d amandes .

L’Huile d’amandes, que l’on peut extraire aussi des amandes amères, est fluide, un peu ambrée, à peu près inodore et in sipide, soluble dans l’éther, soluble dans 25 parties d’alcool froid et dans 6 parties d’alcool bouillant. Elle est presque exclusivement formée de glycérine et d’acide oléique. Sa densité est de 0.02. Elle s’épaissit à — 10°, se trouble à — 16° et se prend en une masse butyreuse à — 21°. L’acide azotique et la solution mercurique (Massie) ne la colorent pas. A faible dose, elle agit comme émolliente; elle devient laxative à la dose de 30 à 60 grammes. Cette huile rancit facilement et ne doit pas être conservée au delà de trois mois.

On lui substitue fréquemment Yhuile d abricots, ce qui, d’ailleurs, est une fraude sans dangers. Selon Nicklès, on reconnaît cette falsification, en mélangeant l’huile à essayer avec de la chaux hydratée : l’ h uile d'abricots donne une émul sion, qui prend peu à peu la consistance d’une pommade: avec Yhuile d amandes l’émulsion n’a pas lieu, et de plus, après quelque temps de repos, l’huile se sépare de la chaux hydratée. L'huile d amandes additionnée d'huile d'abricots est colorée en rouge par l’acide azotique et en rose par la solution mercurique : l’intensité de la coloration est en rapport avec la proportion de l’huile d’abricots (Massie).

La falsification avec Yhuile d'œillette est décelée par les caractères suivants : l’huile a une saveur un peu âcre; elle forme chapelet, par agitation; en mêlant 1 partie d’ammoniaque et 9 parties d’huile falsifiée, on obtient une pâté Cauvet, Mat. méd(,t. II. 31

molle, grumeleuse, tandis que l’huile pure fournit une pâte molle, unie, etc.

U huile de faîne sera reconnue à ce que l’acide azotique étendu la colore en rouge orange , tandis que l’huile d’amandes n’est pas colorée, etc.

L’huile d’amandes ne se congelant qu’à — 21°, on pourra la distinguer de Y huile d'olives et de Yhuile d' arachides .

U huile de sésame( 10 gr.), étant traitée par 10 grammes d’un mélange à poids égal d’acide sulfurique et d’acide azotique, il se produit une coloration vert-pré foncé, ce qui n’a pas lieu avec l’huile d’amandes.

Les Amandes amères sont produites par Y Am. communie , var. amara , DG. Elles ne se distinguent guère des amandes douces, que par leur saveur amère et par leur grosseur, en général, moindre. Triturées avec de l’eau, elles forment une émulsion très amère, qui exhale une forte odeur d’acide cyanhydrique. En Angleterre, on les désigne sous les noms d 'Amandes de France , de Sicile et de Barbarie , selon leur provenance. Elles contiennent les mêmes principes que les amandes douces, plus une résine jaune, âcre et une matière cristalline, azotée, YAmygdaline, qui y a été découverte par Robiquet et Boutron-Charlard.

V Amygdaline(Çfü\\'~ AzOu)cristallise en feuillets blancs d’un éclat nacré ; elle est très soluble dans l'eau et dans l’alcool bouillants, peu soluble dans l’alcool froid, insoluble dans l’étlier ; elle a une saveur douce, qui se transforme, dans la bouche, en celle des amandes amères. Les acides étendus la dédoublent en acide Prussique , Essence d' amandes amères ou liydrure de benzoyle et Glucose.

L’Amygdaline se dédouble de la même manière, sous l’influence de l’eau froide et de l’Emulsine : c’est pourquoi l’on obtient de l’acide prussique et de l’hydrure de benzoyle, en délayant dans l’eau les amandes amères pulvérisées :

C20H27 AzO11 + 2 H2 O = G7 H° O -h GAzH +2GcHl206.

Amygdaline. Eau. Ilydrure Acide. Glucose.

de Benzoyle. prussique.

On s’explique ainsi les propriétés toxiques des amandes

amandes

amères, propriétés qui sont dues à l’acide prussique seul et non à l’hydrure de benzoyle (Essence d'amandes amères).

Dans le commerce, l’huile d’amandes est assez générale ment extraite des amandes amères. Il faut, toutefois, éviter alors de mouiller les amandes pulvérisées, sous peine de voir l’huile contenir de l’hydrure de benzoyle et de l’acide prussique.

Bien que les amandes amères fournissent moins d’huile que les amandes douces, on les préfère à celles-ci, parce que les tourteaux, dont on a enlevé l’huile, sont utilisés pour la préparation d’une poudre cosmétique, appelée Pcite d'amandes , et pour l’obtention de l’essence d’amandes amères.

La présence de matières albuminoïdes, dans les tourteaux, en rend la distillation assez difficile, à cause des écumes, qui se produisent en grande quantité. Pettenkofer empêche cette production, en plongeant la poudre d’amandes dans l’eau bouillante, qui coagule les substances albuminoïdes et dissout l’amvgdaline.

Si au liquide ainsi obtenu, l’on ajoute alors une émulsion faite avec une partie d’amandes pour douze parties de poudre de tourteaux et que l’on porte le mélange à une température qui ne dépasse pas 40°, la décomposition se produit et l’essence distille, en même temps que l’acide cyanhydrique formé. Pour débarrasser l’essence de cet acide, on l’agite d’abord avec de la chaux, puis avec du perchlorure de fer et enfin on la redistille sur la chaux. Cette purification entraîne, parait-il, une perte de 10 0/0.

L’Essence d’Amandes amères, pure, est un liquide incolore, fluide, très réfringent, qui brunit et s’épaissit peu à peu à l’air. Elle a une densité de 1,043, bout à 180° et n'a pas d’action marquée sur la lumière polarisée. Elle est soluble dans l’alcool et dans l’éther et dans 30 parties d’eau; l’iode l’attaque à peine et s’y dissout lentement ; l’acide sulfurique lui donne une coloration rouge brun, qui disparaît presque entièrement par addition d’alcool. Le soluté alcoolique de potasse y détermine la formation de cristaux de benzoate de

ROSACEES

potasse. Abandonnée à l’air, elle absorbe de l’oxygène et se transforme en acide benzoïque :

G7HG0+0 = G7Hc02 (ac. benzoïque) .

On falsifie l’essence d’amandes amères soit avec de Y alcool, soit avec de la nitro -benzine (Essence de Mirbane). Ges fraudes sont décelées assez facilement.

Gomme l’essence d’amandes amères a une densité del,043} il est évident que la présence de l'alcool diminuera sa den • sité et que, d’autre part, elle commencera à bouillir à une température inférieure à 180°.

D’un autre côté, Y essence de mirbane est une huile pesante, dont la densite varie de 1,080 à. 1,201. Son addition à l’essence d’amandes amères augmentera donc la densité de celle-ci.

Outre les différences de densité que nous venons de signaler, l’addition de l’alcool ou de l’essence de mirbane à l’essence d’amandes amères est montrée de la manière suivante :

1° Traiter l’essence par deux fois son volume d’acide azotique à 43°; au bout de quelques minutes, si elle contient de l’alcool, il se produit une vive effervescence, avec dégagement de vapeurs nitreuses (Redwood).

2° Mettre, dans un tube à essai, un gramme d’essence et cinq dècigrammes de potasse caustique pure ; agiter.

L 'essence non falsifiée prend une teinte jaunâtre. Si elle contient de la nitro-benzine , la teinte jaune devient jaune rougeâtre et passe au vert en une minute. Le mélange étant additionné d’un peu d’eauj il se sépare en deux couches : une inférieure, jaune; une supérieure* verte , devenant rouge du jour au lendemain (Bourgoin).

Les amandes amères servent à aromatiser les émulsions d’amandes et le sirop d’orgeat ; leur émulsion est le véhicule de la Lotion ou Liqueur de Goioland. On en prépare une Eau distillée ; il faut avoir le soin de passer cette dernière à travers un filtre mouillé, pour en séparer l’huile volatile non dissoute, qui lui donnerait une grande activité.

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