FEUILLES DE LAURIER-CERISE
Feuilles de Laurier-Cerise
Le Laurier-Cerise (Cerasus Lauro-Cerasus , Loisel. Prunus Lauro-Cerasus , L. ; est un arbrisseau à feuilles persistantes (flg. 552), coriaces, lisses, ovales-oblongues, luisantes en dessus, légèrement denticulées ; fleurs d’un blanc sale, pédicellées, disposées en grappes lâches, axillaires ; calice urcéolé ; drupe ovoïde, succulente, glabre, noirâtre et surmontée parle style persistant.
Les FEUILLES DU Laurier-Cerise fournissent, à la distillation, une huile vénéneuse , contenant de l’acide prussique et analogue à celle des amandes amères.
On prépare, avec ces feuilles récoltées au mois de juin , une Eau distillée, qui, récemment préparée,
constitue un médi- Kio. 552. — Laurier-Cerise.
camment antispasmodique efficace et agréable. On doit l’employer avec prudence. Quand elle est vieille ou lorsqu’elle a été préparée avec des feuilles récoltées au printemps, l’eau de Laurier - Cesire est à peu près inerte.
Broeker ayant distillé un même poids de feuilles cueillies chaque mois, trouva que le produit obtenu en hiver et au
début du printemps est plus faible en acide ; il s’assura que l’eau la plus riclie provenait de feuilles récoltées en juillet et en août. Toutefois, selon Ghristison, les bourgeons et les très jeunes feuilles donnent dix fois autant d’huile essentielle, que les feuilles âgées d’un an.
Les feuilles du Laurier-Cerise servent, dans les ménages, à parfumer le lait et la crème : il convient de n’en mettre qu’une seule par litre de lait.
Beaucoup d’autres plantes donnent de l’acide cyanhydrique lorsqu’elles sont broyées, puis distillées avec de l’eau. On cite entre autres le Manihot utilissima , qui doit à cet acide'son activité ; une Synanthérée, des régions caspienncs, le Chcirdinia xeranthemoides , Desf. ; une Oléacée du Gabon et de Caracas, le Ximenia americana, L.; une Convolvulacée de la Trinité, Y Ipomæa dissecta, Willd. ; un Champignon, Y Agaricus Oreades , Boit.
Les semences et peut-être les feuilles de la plupart des Amygdalées et des Pomaceés en contiennent aussi. Le Kirch doit sa saveur spéciale à l’essence d’amandes amères et à l’acide cyanhydrique qu’il renferme. C’est de ce dernier acide, comme on va le voir, que l’écorce du Cerisier de Virginie tire ses propriétés sédatives.
Cerisier ou Prunier de Virginie
Le Cerisier de Virginie (Prunus serotina , Ehr. ; Pr. virginiana , Mill. ; Cerasus serotina, DC.) est un arbre pouvant atteindre une hauteur de 18 mètres. On le trouve dans tout le Nord de l’Amérique, dans la majeure partie des Etats Unis, au Canada et à Terre-Neuve, d’où il s’étend jusque dans les vallées occidentales des Montagnes Rocheuses. Cet arbre est très voisin de notre Prunus Padus, L., dont les Américains le distinguent toutefois. Son écorce est vantée, aux Etats-Unis, comme un sédatif puissant. On emploie l’écorce de la racine, de la tige et des branches; mais celle de la tige est la plus usitée. Cependant, il semble que l’écorce commerciale provient surtout des branches. A l’état frais, elle est blanche et exhale une forte odeur d’amandes amères. On la récolte principalement en automne.