PAVOT BLANC
et dans l’alcool, insolubles dans l’éther. Leur dissolution aqueuse est précipitée en violet sombre, par l’acétate de plomb et colsrée en brun noirâtre, par les sels ferriques, ainsi que par les alcalis,
Pavot blanc
Le Pavot blanc (Papaver album , Lobel ; Pap. somniferum, a, L.), est une plante annuelle, à pétales blancs, à capsule indéhiscente, ovoïde (fi g. 384), ou sphérique ou déprimée (fig. 385), et à graines blanchâtres, translucides, réticulées. Les feuilles du Pavot blanc sont narcotiques; elles entrent dans le Baume tranquille.
Les fruits du Pavot blanc, improprement appelés Capsules ou Tètes de Pavot, sont toujours surmontés par un stigmate pelté, en forme de disque radié, à lobes courts et obtus ou un peu aigus. Leur grosseur varie du volume d’un œuf de Poule à celui du poing. Ils sont de couleur gris jau nâtre, souvent piquetés de brun, lisses et résistants à la surface extérieure. Leur face interne est parcourue par de minces fausses cloisons longitudinales, incomplètes, qui ne dépassent guère le quart du diamètre du fruit. Ces cloisons sont formées par des processus placentaires d’un blanc grisâtre, faciles à rompre et couvertes d’un grand nombre de graines réniformes.
Les capsules de Pavot sont usi - F,G- 385 Cap®ule Pavot blan'''
. 1 var. déprimée.
tees journellement, comme sédatives, sous forme de décoction, de sirop ou d’extrait. Celles que l’on trouve dans le commerce sont, en général.
G.vuvet, Mat. méd., t. IL
Fia. 384. — Capsule de Pavot blanc, a, graine ; 6, la même grossie.
PAPA VÉRACÈES
peu actives. Il faudrait les récolter avant leur maturité, alors que, devenues d’un vert jaunâtre, elles ont acquis leur complet développement et que leurs sucs possèdent toute leur énergie. Meurein et Aubergier ont montré qu’elles contiennent alors de la morphine ; Deschamps, d’ A vallon, y a trouvé parfois de la narcotine. Krause, confirmant ces analyses, y a décelé l’existence de la morphine, de la narcotine et de l’acide -méconique. Deschamps, d'Avallon, en a retiré aussi deux corps cristallins : la Papavèrine et la Papavérosine.
La Papavèrine du Pavot blanc n’est pas l’alcaloïde retiré de l’opium par Merck. C’est un principe amer, azoté, à réaction acide (?), mais ne se combinant pas aux bases et que l’iodure de potassium iodé précipite en bleu.
La Papavérosine est un alcaloïde faible, cristallisant en prismes clinorhombiques incolores, solubles dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, la benzine, l’huile d’olives chaude. L’acide sulfurique la colore en violet, passant au rouge jaunâtre foncé, par addition d’acide nitrique. Les solutions do Papavérosine sont précipitées : en blanc . par le chlorure de platine; en jaune, par le chromate de potasse et l’iodure de potassium ioduré, etc.
Les têtes de Pavot ont donc une action variable, selon l’époque où on les récolte. On doit les employer avec prudence, surtout pour les enfants, chez lesquels elles ont provoqué de fréquents empoisonnements.
On prépare, avec les capsules du Pavot blanc, un extrait hydro-alcoolique, qui formait la base du Sirop diacode de l’ancien Codex ; actuellement le sirop diacode se fait avec l’extrait d’opium.
Le Sirop de Pavot blanc est un léger calmant, que l’on administre pur ou incorporé dans des potions.
Bien que doué de propriétés calmantes, l’extrait de Pavots ne renferme souvent pas un atome de morphine.
PaVôt noif
Le Pavot noir ou Pavot pourpre (Papaver nigrums Lob. ; Pap. somniferum , S,' L:) est une variété du Pavot
pavot noir
blanc, caractérisée par ses feuilles plus foncées, ses pétales rouge violacé, avec une tache noirâtre à la base, enfin, par ses fruits arrondis (fig. 386), dont la déhiscence s’effectue par de petites ouvertures dues à rallongement des lames qui unissent les trophospermes aux stigmates. Ces ouvertures sont placées au- dessous du stigmate, dans l’espace intermédiaire aux cloisons. Les graines sont noirâ très et opaques.
Le Pavot noir est cultivé dans le nord de la France, en Belgique et en Allemagne, pour l’extraction de l’huile, que ses semences renferment abon- *'I0> 38G- - Ca‘isu!c de Pavot
1 noir. a, sa graine ; by la
damment. même Rvossic.
Cette huile, connue sous le nom d’HuiLE d’ŒiLLETTE, est inodore, peu sapide, siccative, d’un jaune clair, soluble dans 25 parties d’alcool froid et dans 6 parties d’alcool chaud ; elle est soluble en toutes proportions dans l’éther. Elle a une densité de 0,9249 et se solidifie à — 18°. Les savons et les emplâtres préparés avec l’huile d’œillette sont mous, siccatifs et rancissent facilement à l’air. L’acide sulfurique la colore en jaune terne ; l'acide azotique et la solution mercurique lui donnent une teinte abricot rouge (Massie)..
On la substitue fréquemment à l’huile d’olives.
L’huile d’Œillette est falsifiée avec de l’huile de Sésame et de l’huile de Faine.
L 'huile de Sésame, est décelée : 1° en ajoutant une goutte d’acide sulfurique à 10-15 gouttes d’huile; celle-ci se colore en un rouge d’autant plus vif, qu'elle renferme plus d’huile de Sésame : 2° en mêlant 10 grammes d’huile avec 5 grammes d’acide sulfurique et 5 grammes d’acide azotique, V huile de Sésame est colorée en vert-pré.
h' huile de Faîne est reconnue par l'acide hypoazotique, qui la colore en rose, tandis que l’huile d’œillette jaunit un peu, sous l’action de ce réactif.
PAPAVÈRACÈES
Opium
L’Opium est un suc concret, obtenu par incision des capsules du Pavot somnifère. Son emploi en médecine remonte à une haute antiquité.
Théophraste en parle sous le nom de M-/)xomov, et Dioscoride en mentionne deux sortes : l’une provenant des capsules (o7ioç) , l’autre constituée par l’extrait de la plante entière (avjxwvstov). Enfin, Gelse l’appelle Lacryma Papaveris.
La culture du Pavot somnifère fut longtemps réservée à l’Asie Mineure. Cette plante paraît avoir été importée par les Arabes, d’abord en Perse, puis en Egypte et dans l’Inde. Depuis quelques années, on la cultive également en Chine.
Comme le Pavot peut fournir de l’Opium partout où le climat le permet et où les pluies ne sont pas trop abondantes, on a essayé de le cultiver aussi en diverses parties de l'Eu rope, en Algérie, en Australie et même dans l’Amérique du Nord. Ces divers essais ont montré que les soins apportés cà la culture. du Pavot et à la récolte de l’opium permettent d’obtenir un produit riche en alcaloïdes. Ils n’ont pas été continués, parce que la rémunération ne compensait pas ou compensait à peine la dépense.
Il existe, dans le commerce, plusieurs sortes d’Opium. Ces sortes sont habituellement désignées sous le nom de leur lieu de provenance.
Opium de Smyrne ou de l'Asie Mineure. — Cette sorte est fournie parle Pap. somniferum , var. (5 glabrum , Boiss., plante à pétales pourpres, plus rarement blancs et à graines offrant une couleur variable entre le blanc et le violet.
Le suc est obtenu en pratiquant de légères incisions à la capsule du Pavot, quelques jours après la chute des pétales et lorsque les fruits ont environ 3 centimètres et demi de diamètre. Le latex, qui découle de ces incisions, est récolté le lendemain avec un racloir et mis, soit dans un vase, que 1 opérateur porte à sa ceinture, soit simplement sur une feuille de PaA ot, qu il tient dans sa main gauche. Le suc ainsi ré-
OPIUM
colté est réuni en masses de grosseur variable, qu’on enveloppe avec une feuille de Pavot et qu’on laisse dessécher à l’ombre, pendant quelque temps. Ces pains sont vendus tels quels, aux marchands, qui, tantôt les pilent dans un mortier, pour en faire des pains plus gros, qu’on enveloppe dans des feuilles de Pavot, et tantôt les mettent directement en sacs avec des fruits de Rumex, pour empêcher qu’ils ne s’agglutinent ensemble. De toutes façons, les sacs qui renferment les pains d’Opium sont scellés et expédiés à Smyrne ou en d'autres ports plus septentrionaux. Arrivés à destination, les sacs sont ouverts en présence d’un expert, du vendeur et de l’acheteur; puis, chaque pain est examiné soigneusement. Selon HefFer, les pains sont répartis en trois sortes, à la suite de cet examen : la première qualité, la deuxième qualité ou qualité courante , le chiquinti ou chicantee.
L’Opium de deuxième qualité est évidemment le seul qui vienne dans le commerce européen, bien qu’on y trouve parfois (trop rarement) des pains de qualité supérieure. Quant au Chiquinti, il est de qualité inférieure.
Il existe, en outre, paraît-il, un Opium entièrement falsifié, que l’on met dans une quatrième catégorie.
Ces différences de qualité de l’Opium tiennent, sans doute, aux manipulations frauduleuses qu’on fait subir aux pains, dans les pays d’origine et peut-être aussi au peu de soin que l’on apporte à la dessiccation partielle du suc. Quelques auteurs prétendent que, dans certaines localités, on pile les capsules épuisées et qu’on en évapore le suc, qui est, soit expédié tel quel, soit mélangé à l’Opium. Il se peut que cette dernière pratique soit assez fréquente ; nous avons vu, en effet, des pains d’Opium dans lesquels il était difficile de discerner des larmes nettement définies ; mais, dans la majeure partie des pains que nous avons eu à examiner, presque toujours cette fraude ne semblait pas avoir été commmise. Nous n’oserions l’affirmer, toutefois.
L’Opium de Smyrne est en pains déformés, aplatis, du poids de 200 à 500 grammes, à surface irrégulière, granu leuse, fissurée, couverte de fruits de Rumex et offrant quelques restes de feuilles de Pavots. Ces pains, quand ils
PA PAVERA CÈES
sont récents, sont un peu mous, peuvent être rompus facilement et se montrent alors composés, soit d’une pâte homogène, soit et plus généralement de petites larmes blondes ou fauves, transparentes, agglutinéees. Ils ont une couleur brun clair noircissant à l’air, une odeur forte et vireuse, une saveur âcre et amère.
Cet Opium renferme de 9 à 12 0/0 de Morphine unie à Y acide Mêconique. Etant desséché à l’air, il fournit, selon Guibourt, 5G 0/0 d’extrait aqueux purifié.
Il vient de l’Anatolie.
Opium de Constantinople. — Hanbury décrit, sous le nom général d 'Opium d'Asie Mineure ou d’ Opium de Turquie , les Opiums de Smyrne et de Constantinople des pbarmacologistes français.
L’Opium de Constantinoble vient des districts du nord de l’Asie Mineure, d’où il est expédié par la voie d’Izmid, sur la merde Marmara. Selon Hanbury, l'Opium de cette provenance serait souvent de qualité supérieure. Aussi ne doiton pas être surpris que cette sorte ait fourni à Guibourt de 13 à 15 0/0 de morphine. Mais on le falsifie habituellement, à Constantinople, par addition de produits inférieurs et de substances diverses : sable, gomme adragante , pulpe d'abricots et de figues , raclures de Pavot , etc.
L’Opium de Constantinople est donc, le plus souvent, de qualité inférieure. L’Opium de Smyrne, au contraire, soumis au contrôle d’experts exercés, est d’ordinaire bien meilleur, et sa teneur en morphine, qui peut atteindre jusqu’à 21 0/0, est, en moyenne, de 9 à 12 0/0, comme nous l’avons dit.
L’Opium de Constantinople se présente, dans le commerce, sous forme de pains de deux grandeurs :
1° Les uns/Z/ros pains) sont tantôt carrés, un peu coniques, et pèsent de 250 à 300 grammes, tantôt aplatis, déformés, et pèsent de 150 à 200 grammes. Ils sont tous entourés d’une feuille de Pavot et leur surface ne présente que quelques fruits de Rumex.
Cet Opium est formé de larmes agglutinées, plus foncées que celles de l’Opium de Smyrne pures, ou mélangées de raclures de têtes de Pavot.
OPIUM
2° Les autres sont aplatis, lenticulaires, et pèsent de 80 à 90 grammes’; ils sont recouverts d’une feuille de Pavot, dont la nervure les divise en deux parties égales. Leur odeur est plus faible que celle des précédents.
L’Opium de Constantinople est inférieur en qualité à l’Opium de Smyrne. Il est plus mucilagineux et contient de 5 à 10 0/0 de morphine L
Opium d’Égypte ou Opium Thébaïque. — Cet Opium vient de la Haute-Egypte, où la récolte s’en fait vers le mois de mars. Selon S. Stafford Allen, on pratique à la capsule une double incision transversale circulaire ; le suc épaissi est recueilli le lendemain et mis sur une feuille, que l’on expose ensuite au soleil. Le produit ainsi obtenu parait être surtout consommé dans le pays. Cependant il en a été expédié, en 1872, pour l’Angleterre, 9.630 livres évaluées à environ 125.000 francs,
L'Opium d’Egypte n’est guère consommé en France, où on lui préfère, avec raison, l’Opium de Smyrne.
Cet Opium se présente en pains orbiculaires, aplatis, larges de 6 à 10 centimètres et couverts de débris de feuilles de Pavot. Sa cassure est nette et luisante ou finement poreuse. Il a une couleur hépatique, persistante et une odeur moins vireuse que celles des sortes précédentes. Il sent souvent le moisi. Il se ramollit à l’air, et devient un peu poisseux.
Au reste, la pureté et la consistance de cette sorte sont très variables. Cet Opium contient de 3 à 4 0/0 de morphine, ce qui paraît dû aux mauvais procédés d’exploitation de la plante et cà la préparation vicieuse du suc, au moins autant qu’aux diverses falsifications auxquelles il est soumis.
Opium de Perse. — L’Opium de cette provenance a varié beaucoup de forme et de qualité. La sorte que l’on trouvait jadis, dans les droguiers, se présentait surtout sous forme de bâtons cylindriques ou carrés, gros comme le doigt, longs de
i Dorvault admet que l’Opium de Constantinople renferme de 13 à 14 0/0 de morphine, tandis que, selon le môme auteur, l’Opium de Smyrne n’en contient que 10 à 12 0/0. Il est probable que ces chiffres sont erronés, puisque Dorvault dit un peu plus loin : « Pour nous aussi, en pratique, l’Opium de Smyrne est plus riche que celui de Constantinople. » (L'Of/icine, Te éd., p. 641.)
PAPAVERACEES
10 à 15 centimètres et enveloppés dans du papier. Cet Opium était cassant, hygrométrique, homogène et moins foncé que les sortes ci-dessus décrites; il contenait jusqu’à 8 0/0 de morphine et 4,15 0/0 de narcotine.
Celui que l’on exporte maintenant, sous cette forme, parait être de qualité très inférieure, car Howard n’y a trouve que 0,2 0/0 de morphine, Une sorte molle, noire et extractiformc lui en a fourni davantage : 3 à 8,5 0/0.
L 'Opium de Perse en bâton est presque entièrement soluble dans l’eau et dans l'alcool. On obtient, par ces dissolvants, un extrait, dont la quantité peut atteindre jusqu’à 92 0/0 de la masse employée et qui constitue ainsi un médicament trop faible.
On récolte, en diverses localités de la Perse (Kashan,Kum, Shahabdulazim) un Opium que l’on met en bâtons. Cet Opium est d’un brun brillant; il est mélangé d’amidon, ainsi que de diverses matières et est d’une qualité très inférieure. Ce doit être la sorte qui a été analysée par Howard.
L’Opium de Pei*se était jadis assez rarement importé en Europe. Il y arrive actuellement en grande quantité, les fabricants de morphine ayant intérêt à l’employer, à cause de son prix peu élevé.
Les deux formes sous lesquelles ont l’apporte aujourd’hui sont les suivantes : 1° en cônes courts, arrondis, pesant de 170 à 280 grammes; 2° en masses plates arrondies, pesant de 450 à 480 grammes.
Ces deux sortes sont couvertes de débris de feuillee et de tiges et constituées par une pâte ferme, d’odeur opiacés tranche et de couleur brune un peu brillante. Comme, dans certaines districts, on recueille cet Opium en raclant les incisions avec un couteau imbibé d’huile de lin, on conçoit que, parfois, les masses offrent, dans leur section, une apparence graisseuse et des goulelettes d’huile. La présence d’une huile, dans certains Opiums de la Perse et de l’Inde, a été le prétexte d une falsification que nous aurons à signaler.
L Opium de Perse est aussi importé en Chine, par voie de terre et par voie de mer. Une assez forte quantité arrive également, par la voie de Trébizonde, à Constantinople,
OPIUM
où on le falsifie et où on le manipule, pour imiter l’Opium de Smyrne. Les meilleures qualités contiennent de 8 à 10 et même 13 0/0 de morphine. On l'additionne surtout de sucre. Réveil y a trouvé de 15 à 31 0/0 de glucose.
Opium de l’Inde. — Cet Opium est récolté dans deux régions distinctes : 1° dans les districts de Beliar et de Bénarès; 2° sur les plateaux de Malwa et sur les pentes des monts Vindhya. Gomme le mode de préparation des pains varie, dans ces deux régions, on conçoit qu’il existe deux variétés ou sortes d’Opium de l’Inde.
1° Opium du Bengale {Opium de Bénarès ou de Patna). Cet Opium est obtenu de la manière suivante :
On pratique, sur les capsules des Pavots, à l’aide d’un instrument appelé Nashur, une incision verticale, que l’on répète deux à six fois sur la même capsule, à plusieurs jours de distance. (Le Nashur est formé par trois ou quatre lames bifurquées et reliées ensemble par un fil de coton.) Le lendemain du jour où l'on a fait la scarification, on recueille le suc, avec une cuiller en fer ou avec un grattoir et on le verse dans un pot de terre. Parfois, l’opérateur passe de l'huile de Lin, sur le racloir, pour empêcher l’adhérence du suc, d’où la présence d'un peu d’huile dans cet Opium. D’autres fois, on lave le grattoir dans de l’eau, que l’on ajoute à la récolte.
Le suc ainsi recueilli forme une masse humide, rosée, granuleuse.11 s’en sépare un liquide appelé Passéwà, que l’on met à part. Le résidu cstdesséché à l’aii* libre, mais à l’ombre, jusqu’à ce qu’il ne contienne que 30 0/0 d’eau, ce qui demande au moins trois ou quatre semaines et ce qui explique l’altération du produit, dont la morphine se détruit partiellement. C’est en cet état qu’il est livré aux magasins du gouvernement, où on le mélange intimement et où l’on en fait des pains globuleux. Ces pains sont toujours entourés d’une enveloppe plus ou moins épaisse, formée de pétales de Pavot agglutinés avec un liquide nommé Lêioà. Le Léwà est composé d'un mélange fait avec : i° de l’Opium ; 2° le liquide ci-dessus mentionné sous le nom de Passèicà ; 3° de l’eau de lavage des vases qui contenaient l’Opium. Le Léwà est évaporé jusqu’à ce qu’il ne renferme plus que la moitié de son poids de résidu sec.
46 PAPAVÉRACÈES
Les masses arrondies ainsi obtenus (Cakes) sont roulées clans une poudre formée par des tiges, des feuilles et des capsules de Pavot, poudre appelée Poppytrash (Bagasse de Pavot). On les expose ensuite au soleil, pendant quelques jours ; puis on les dessèche à l’ombre, en les roulant de temps en temps dans du Poppylrasli. On les met ensuite en caisses et on les expédie en Chine.
Cet Opium est mou et de couleur brun foncé.
L’Opium consommé dans l’Inde est concentré au soleil, jusqu’à ce qu’il ne contienne plus que 10 0/0 d’eau; il est divisé ensuite en pains carrés, pesant deux livres, ou mis en minces tablettes carrées. On l’appelle alors Abkâri- Opium.
2° Opium de Malwa. — Cet Opium est exclusivement produit par les fabricants; aussi est-il moins estimé ou du moins de qualité moins uniforme que le précédent, bien qu’il paraisse contenir plus de morphine. Howard en a retiré de 5 à 9 0/0 de morphine, tandis que l’Opium du Bengale n’en contient guère que 2 à 3 0/0, ordinairement. Toutefois, certains Opiums de cette dernière provenance sont plus riches. Ainsi l'Opium du Jardin de Patna, qui est préparé exclusivement pour l’usage médical, fournit de 7,50 à 9,50 0/0 de morphine. Les sortes supérieures, autres que cette dernière, examinées par Flückiger, n’en contiennent guère que de
L’Opium de Malwa est, soit en masses rectangulaires ou en briques non entourées de pétales de Pavot, soit en masses arrondies, couvertes de débris de végétaux. 11 a d’ordinaire une consistance ferme, une couleur sombre et une odeur de fumée. Il parait fournir, concurremment avec l’Opium de Perse, la majeure partie de la morphine du commerce.
L’Opium de l’Inde était jadis principalement exporté en Chine. Cette exportation paraît avoir beaucoup diminué, parce que les Chinois cultivent maintenant le Pavot et consomment l’Opium qu’ils en extraient.
Opium de Chine. — En Chine, la préparation de l’Opium s effectue a peu près de la même façon que dans l’Inde.
Selon ihorel, 1 Opium du sud-ouest est une substance molle, oxtractiforme. Le suc serait obtenu par des scarifica-
OPIUM
tions verticales, avec un couteau à 3 lames. Un rapport chinois dit qu’on le dessèche au soleil, jusqu’à ce qu’il soit assez dur, pour être enveloppé dans une feuille.
Jamieson en a décrit une sorte, qui était enveloppée dans une gaine foliaire de Bambou, et qui était formée par un pain aplati, brun noirâtre, glutineux, sec et cassant au dehors. Cet Opium contenait 18 0/0 d’eau, 5,9 de morphine, 7,5 de narcotine et 7,5 de cendres.
L’Opium de Chine est produit surtout par le Yunnan, les provinces de Szechuen, de Shensi, de Ivweichow, de Shantung; on en récolte même aux environs de Ninguta (Mandchourie).
Assez ordinairement, l’Opium de Chine semble ne contenir que 2 à 3 0/0 de morphine. Le meilleur paraît être celui de Shensi et du Yunnan. Toutefois, celui de Kansu, qui contient 5,1 de morphine, celui de Ivweichow, qui en renferme 6,1 et celui qu’avait analysé Jamieson (environ 7,2 0/0, de la drogue supposée sèche) sont plus riches que les précédents.
Les Chinois transforment l’Opium en un extrait aqueux, qu’ils fument. Ils estiment l’Opium, non d’après sa teneur en morphine, mais d’après son arôme et sa solubilité. Ils mêlent toujours celui qui est récolté en Chine à l’Opium indien, qu’ils trouvent supérieur en arôme et en énergie.
Opium d’Europe. — De l’étude que nous venons de faire, il résulte que les Opiums exotiques, même ceux qui sont réputés les meilleurs, ont une composition et surtout une teneur en morphine essentiellement variables. Cette constitution tient à deux causes : 1° les falsifications nombreuses auxquelles sont soumis les Opiums d'Orient; 2° lemode vicieux employé d’ordinaire à leur préparation. Nous avons dit plus haut que, dans beaucoup de pays, il s’écoule un temps relativement très long, entre le moment de la récolte du suc des Pavots et celui où la concentration du suc est suffisante, pour qu’on puisse le mettre en masses. Il se produit alors, sans contredit, des fermentations qui altèrent les principes de l’Opium et déterminent une destruction au moins partielle de la morphine. Decharmes a vu, en effet, que la proportion de
48 PAPAVÈRACÈES
morphine diminue, quand on fait dessécher le suc très lentement.
Ces considérations ont conduit plusieurs auteurs à conseiller de cultiver le Pavot à opium dans notre pays. Cette culture a donc été tentée presque partout, en Europe et même en Suède. S’il a été démontré qu’elle n’est pas suffisamment rémunératrice, au moins en est-il résulté la conviction que l’Opium fourni par les cultures européennes est beaucoup plus riche en morphine que l’Opium de Smyrne lui-même, du moins tel qu’il est importé dans nos pays. Des expériences très intéressantes ont été faites à ce sujet, par Decharmes (d’Amiens), qui obtint, de ses récoltes, un Opium sec, contenant 160/Ode morphine. Mais c’est à Aubergier (de Clermont- Ferrand) que sont dues les recherches les plus importantes sous ce rapport.
Aubergier a cultivé plusieurs espèces de Pavots, a analysé les Opiums obtenus et est arrivé aux résultats suivants :
Le Pavot blanc à capsule déprimée a fourni un Opium, dont la richesse en morphine varie entre 3,27 et 6,63 ; un Pavot pourpre a produit un Opium, dont la morphine varie de 10,5 à 11,2; un Pavot blanc à graine noire adonné un Opium de première récolte, qui contenait 17,83 de morphine très pure, et un Opium de seconde récolte, qui en renfermait 14,78.
Aubergier pense avoir démontré, — et l’Académie de médecine de Paris a adopté cette opinion, — que le Pavot pourpre fournit un Opium assez régulièrement riche à 10 0.0 de morphine, si l’on recueille cet Opium à la même époque de maturité de la capsule. Il a donc proposé des formules (approuvées par un arrêté ministériel), pour la préparation de
I Opium et de son extrait, au moyen du Pavot pourpre.
Reveilnecroit pas à la constance de composition de l’Opium du Pavot pourpre; car, dit-il, quelle que soit leur origine, les Opiums peuvent renfermer de 8 .à 25 0/0 de morphine.
II pense donc, avec Guibourt, que l’on doit employer, pour les préparations pharmaceutiques, de l’Opium renfermant de 10 à 13 0/0 de morphine.
Gomme le Pavot œillette (Pavot noir) fournit un Opium
OPIUM
pouvant renfermer jusqu’à 26 0/0 de morphine, il pourrait être exploité à la fois, pour son Opium et pour ses graines. Cet Opium servirait exclusivement à l’extraction de la morphine, lenouveau Codex exigeant de l’Opium contenant, à l’état mou, 10 0/0 de morphine et, desséché à l’air, il à 12 0/0.
D’après les observations de Roux, les variétés de Pavot, considérées quant à leur rendcmement en Opium, doivent être classées dans l’ordre suivant : 1° Pavot de l’Inde, connu sous le nom de Cassacassa de la côte de Coromandel ; 2° Pavot œillette ; 3° Pavot œillette à capsules indéhiscentes ; 4n Pavot à pétales rouges; 5° Pavot blanc médicinal, à capsules indéhiscentes; 6° Pavot lilas foncé, avec tache à la base des pétales; 7° Pavot violet (Oberlin).
Falsification de l’Opium. — Les falsifications de l’Opium sont fort nombreuses. On y trouve des pierres, du sable, du plomb, de la terre, de l’huile, des résines, des extraits, delà gomme arabique, etc. Les deux figures ci-jointes (fig. 387- 388), empruntées à Hassall, montrent quelques unes des substances qui existent dans l’Opium falsifié.
Dans la recherche des falsifications, il ne faut pas oublier:
1° que l’Opium ne contient ni amidon , ni tannin , ni gomme arabique ;
2° qu’il cède à l’eau froide environ 55 0/0 de son poids de matières dissoutes ;
3° qu’il laisse seulement 4-8 0/0 de cendres (si on l’a incinéré après dessiccation);
4° que la matière mucilagineuse qu’il renferme est, selon Flückiger, précipitable par l'acétate neutre de plomb, tandis que la gomme arabique ne l’est pas.
L’Opium sera donc impur :
S’il renferme du tannin ou de l’amidon ;
S’il fournit moins de 55 0/0 de matière extractive et plus de 8 0/0 de cendre ;
Si le liquide traité par l’acétate de plomb et filtré donne, par addition d'alcool, un précipité abondant.
Il arrive parfois aussi qu’on soustrait la morphine à l’Opium et qu'on lui rend son aspect primitif, à l'aide de manipulations spéciales.
PAPAVÉRACÈES
Guibourt rapporte en avoir vu, dans lequel on avait ajouté une petite quantité d’huile, qui, bien divisée, donnait à la section toute l’apparence de l’Opium de Smyrne. Une falsification de même ordre a été pratiquée en Angleterre : après avoir extrait la morphine de l’Opium, on en refit des pains,
Fia. 387. - Opium falsifié avec de la farine do Blé (a, (), et des ràpures de capsules do Pavot (b).
qui furent expédiés en Chine ; mais, après essai, les Chinois rejetèrent cet Opium, qui ne leur donnait pas les sensations ordinaires. Ce rejet d un Opium sans morphine, par les fumeurs d Opium, vient de ce que la morphine se volatilise en partie, sous l’influence du feu.
En Asie Mineure, on y introduit parfois beaucoup d’extrait
OPIUM
de Glauciu'm , ou bien de petits raisins finement écrasés et du salep. Ges deux dernières substances se reconnaissent assez bien. Quant à la soustraction de la morphine et à l’addition de divers extraits, le meilleur moyen de reconnaître ces fraudes consiste, en définitive, à doser la morphine.
Fig. 388 — Opium d’Égypte contenant des fibres ligneuses (a, a), do l’amidon (b) et des cellulesde l’albumen /e,?) du Blé; des grains do sable quartzeux (cl), -de la gomme, etc. (200/1).
Nous avons vu, dans le commerce, un Opium provenant de Smyrne et encore enfermé dans les caisses timbrées de la douane. Cet Opium était de consistance molle et d’odeur normale; il était en pains gros comme le poing, irréguliers, couverts de feuilles de Pavot et de fruits de Rumex. Sa cas-
PAPAVÈRACÉES
sure offrait une surface irrégulière, dans laquelle'se voyaient à la fois des larmes et des amas d’une matière extractive brun noirâtre ou blonde, très glutineuse. 11 donna environ 10 0/0 de morphine, à l’analyse directe. Toutefois, traité par l’eau froide, il fournit des liqueurs visqueuses, filtrant avec difficulté, et qui, évaporées, laissèrent un résidu extractif relativement faible en morphine. Il est à croire que cet Opium avait été falsifié avec des matières (peut-être de nature pec tique), dont la présence masquait ou empêchait les réactions de la morphine. Les résidus, traités soigneusement, ne fournirent guère que de la narcotine.
Nous croyons devoir donner les conseils suivants, pour le choix de l’Opium: 1° constater rigoureusement ses propriétés physiques ; 2° en doser l’eau, qui devra osciller entre 12 et 17 0/0; 3° en préparer l’extrait, selon la méthode ordinaire et n’accepter qu’un Opium dont l’extrait se prépare facilement; 4° doser la morphine dans cet extrait, qui devra en contenir de 18 à 20 0/0.
Titrage de l'Opium. — Guibourt a montré que l’Opium s'altère, en vieillissant, et devient moins riche en morphine. On a vu, d’ailleurs, que les divers Opiums de commerce contiennent des proportions de morphine très variables, et que la sorte la plus estimée subit elle-même des falsifications, qui diminuent beaucoup sa richesse en alcaloïdes. D’autre part, le Codex français exige que l'Opium employé aux préparations officinales contienne 10 0/0 de morphine. Il est donc nécessaire de doser ce principe, dans l’Opium. Parmi les procédés recommandés à cet effet, l’un des plus simples et des plus expéditifs est le suivant, qui a été proposé par Guilliermond et modifié par Guibourt.
L'Opium est desséché à 100° et pulvérisé; puis on le met dans un flacon, avec trois à quatre fois son poids d’alcool ; si l’on opère à chaud, on laisse le mélange se refroidir et reposer pendant au moins vingt-quatre heures, dans le flacon. La teinture alcoolique étant bien éclaircie par le repos, on la décante avec une pipette et l’on verse sur le résidu une dose moindre d’alcool; on laisse déposer et on décante; puis, on remet une troisième dose d’alcool; enfin, on exprime le marc
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dans un linge et on lave ce dernier avec une certaine quantité d’alcool.
Les liqueurs alcooliques sont réunies et traitées par un excès d’ammoniaque sensible à l’odorat. Cet excès s’évapore assez rapidement à l’air et laisse précipiter la morphine, qu’il aurait pu dissoudre d’abord. Quand, après quelques jours de repos, la morphine est bien précipitée, on jette le tout sur un filtre et on lave d’abord avec un peu d’alcool à 50°, puis avec de l’alcool à 40°, enfin avec de l’étlier. Gela fait, on détache du filtre les cristaux de morphine et on les pulvérise. Alors on soumet la morphine pulvérisée au traitement par l'éther, qui en sépare la narcotine. Le résidu est lavé avec de l’alcool à 90”, qui dissout la morphine et la débarrasse du méconate de chaux. Si le produit est très peu coloré, il suffit d’évaporer l’alcool et de recueillir la morphine; si le produit est coloré, ce (pii arrive quand on a traité des Opiums vieillis dans les magasins, il faut faire cristalliser la morphine et ne compter que sur celle qui est obtenue dans un état satisfaisant de pureté.
Caractères d’un bon Opium. — Bcrthemota fait connaître les caractères que doit présenter un bon Opium : « Mélangé avec « l’eau froide, l'Opium... doit se diviser complètement; son « principe extractif doit se dissoudre et la partie résinoïde « se séparer. La liqueur... doit s’éclaircir promptement par « le repos, en prenant une couleur brune plus ou moins « foncée, suivant la quantité de matière extractive, que con- « tient l’Opium et en tenant compte, toutefois, de la quantité « d’eau employée. La solution filtrée, acide au papier de tour- « nesol,doit donner : avec les persels de fer, une coloration « rouge vineux... due à du méconate de fer ; avec le chlorure « de calcium, un abondant précipité blanc sale, formé de « méconate et de sulfate de chaux; avec l’ammoniaque ins- « tillée goutte à goutte, un précipité grenu, abondant, formé <c de morphine brute, mêlée de résine, de narcotine et d’une « petite quantité de méconate de chaux. La liqueur qui sur- « nage le précipité dû au chlorure de calcium, étant filtrée « et évaporée, doit se prendre en une masse cristallin 1 grenue « de chlorhydrate de morphine; de plus, la solution aqueuse
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« d’Opium sc mêle à l’alcool, sans produire de dépôt. » ( Dict . des fcilsif. de Chevallier et Baudrimont.)
Composition chimique de l'Opium. — L’Opium renferme un grand nombre de principes :
Morphine (3 à 23 0/0), Narcotine (1 à 10 0/0), Narcéine ( 0,02 à 13 0/0), Codéine (0,25 à 0,85 0/0), Thêbdine ou Paramorphine, Pseudomorphine , Porphyroxine, Papavérine , Mèconine , Cryptopine, Mèconidine , etc.; des acides Mèconique , Thêbolactique (analogue à l’acide lactique), de Veau, des matières extractives et résineuses ; un principe vireux volatil.
On ne connaît pas encore bien la nature des substances extractives de l’Opium. Les plus importantes sont : une matière mucilagineuse , différente de la gomme arabique ; une matière pectique ; de Y albumine. En y ajoutant les débris de capsules de Pavot, que l’on trouve à peu près toujours, dans l’Opium, l’ensemble de ces substances constitue plus de la moitié du poids de la drogue.
Ch. Magnes-Lahens a trouvé 7 à 8 0/0 do- glucose dans tous les Opiums ; il se peut que cette substance y ait été ajoutée frauduleusement, ainsi qu’on le fait en Perse ; mais il ne faut pas oublier que le glucose existe naturellement dans la plupart des sucs végétaux.
L’eau, distillée sur l’Opium, en entraîne le principe vireux; ce principe ne parait lui donner aucune propriété sédative.
Les principaux alcaloïdes de l’Opium offrent les caractères ci-après :
La Morphine (G17 H19 Àz O3 -f H2 O) cristallise en prismes incolores, transparents, ordinairement assez courts et appartenant au système rhombique. Elle est très peu soluble dans l’eau froide, assez soluble dans l’alcool, presque insoluble dans l’éther, soluble dans un excès de potasse, colorée en bleu foncé par les sels ferriques, en rouge orangé par l’acide azotique. Ses sels sont précipités par le tannin et par l’infusion de noix de galle.
On a vu que la proportion relative de morphine varie avec les divers Opiums et que l’on n’en trouve jamais une même quantité dans les Opiums de même provenance.
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La Codéine (G18 H21 Az O8) cristallise en prismes volumineux, parfaitement réguliers. Sous l’influence de la chaleur, elle devient anhydre ; si on la dissout alors dans l’éther anhydre, elle s’y dépose sous forme d’octaèdres à base rectangulaire, avec une troncature très développée parallèlement à la base. Elle est soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et dans l’éther, insoluble dans la potasse cencentrée et soluble dans l’ammoniaque. Elle ne rougit pas au contact de l’acide azotique ; le perchlorure de fer ne la bleuit pas. Dissoute dans un excès d’acide sulfurique et mise à digérer au bain de sable, la solution se fonce de plus en plus et donne, au bout de quelque temps, avec le carbonate de soude, de la Codéine amorphe, qui se précipite. Les sels de Codéine sont presque tous cristallisa blés et très amers ; la potasse et l’infusion de noix de galle les précipitent immédiatement. Sous l’influence de l’ammoniaque, la Codéine se sépare, au bout de quelque temps, sous forme de petits cristaux transparents. Cette base a été trouvée dans les Opiums de Smyrne, de France et de l’Inde, mais toujours en faible proportion : 0,25 à 0,85 0/0.
La Thébaïne ou Paramorpiiine (C19H21Az03) cristallise de ses dissolutions dans l’alcool ou l’éther, sous forme de paillettes carrées, douées d’un éclat argentin. Elle est âcre et styptique plutôt qu’amère, insoluble dans l’eau, très soluble, surtout à chaud, dans l’alcool et dans l’éther, insoluble dans la potasse et l’ammoniaque, soluble dans la potasse faillie. L’acide sulfurique concentré la colore en rouge foncé ; l’acide azotique concentré la dissout, avec coloration jaune et dégagement de vapeurs rutilantes.
Cinq centigrammes de Thébaïne, étant injectés dans la veine jugulaire d’un Chien, ont déterminé des convulsions tétaniques, bientôt suivies de la mort de l’animal.
La Thébaïne a été découverte, dans l'Opium, par Thibouméry, en 1835, et retrouvée ensuite, dans l'Opium français. L’Opium de Turquie en contient 1 0/0, d’après Merck.
La Papavérine (C2i H21 Az O1) cristallise, dans l’alcool, en aiguilles incolores, groupées confusément, peu solubles à froid dans l’alcool et dans l’éther, plus solubles à chaud, insolubles dans l’eau. Elle bleuit à peine la teinture de tourne-
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sol et est colorée en bleu foncé, par l’acide sulfurique concentré.
Get alcaloïde a été retiré de l’opium de Turquie, dans la proportion de 1 0/0.
LaNARCOTiNE (G22 H2:i Az O7) cristallise en prismes droits à base rhombe, ou en aiguilles, aplaties, incolores, transparentes et brillantes groupées en faisceaux. Elle est insoluble dans l’eau froide, peu soluble dans l’alcool et dans l'éther, soluble dans les huiles grasses et volatiles, insoluble dans la potasse et dans l’ammoniaque. Elle ne se colore pas, sous l'influence de l’acide azotique, ni du perchlorure de fer, jaunit dans le chlore gazeux et se transforme en -une matière amorphe.
La Narcotine est une base très faible; ses «els sont 'précipités par les carbonates alcalins , même en / rèsence de l'acide tartrique , ce qui les distingue des sels de morphine. Le sulfocyanure de potassium produit, dans les dissolutions contenant de la Narcotine, un précipité rose foncé, soluble dans un excès de réactif.
La Narcotine existe en proportions très variables et parfois en quantités considérables dans l’Opium. Schindler en a trouvé 1,30 dans un Opium de Smyrne; Reveil en a retiré 9,90 d’un Opium de Perse et Flückiger dit en avoir extrait 10,9, d’un Opium d’Allemagne; enfin, Biltz rapporte en avoir obtenu 33 0/0 d’un Opium provenant de Pavots cultivés à Erfurt : ce fait semble peu croyable.
La Narcéine (G23 II29 Az O9) cristallise en aiguilles soyeuses, allongées. Elle est très peu soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, insoluble dans l’éther, soluble dans la potasse faible et dans l’ammoniaque. L’acide sulfurique concentré la dissout, avec une couleur rouge intense, qui passe au vert si l’on chauffe; l’iode forme avec elle un composé bleu foncé, détruit par l’eau bouillante et par les alcalis. Suivant Pelletier, l’acide chlorhydrique, étendu du tiers de son poids d’eau, la colore en bleu d’azur éclatant : cette coloration paraît ne se produire que sur la narcéine impure.
La proportion de cet alcaloïde, dans l’Opium, est très peu élevée. Elle paraît varier de 0,02 (Smith) à 0,1 (Couerbe)
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et 0,71 (Schindler). Mulder dit en avoir retiré de 6 à 13 0/0 d’un Opium, ce qui ne peut être accepté comme certain.
La Mèconine (G10Hl0 O4) cristallise en prismes hexagonaux, à sommet dièdre. Elle est blanche, inodore, d’ab.ord insipide, puis très âcre, soluble dans l’eau, l’alcool, l'éther, les alcalis fixes. L’acide azotique concentré la dissout et se colore en jaune Quand on la dissout dans l’acide sulfurique étendu de la moitié de son poids d’eau, la liqueur, d’abord incolore, devient, par l’évaporation, d’un vert foncé qui passe au rose, par addition d’alcool et retourne au vert, par évaporation de l’alcool.
L’Acide Méconique(C7 H407-h 3 H2 O) cristallise en paillettes nacrées, douces au toucher, d’une saveur à la fois aigre et astringente, ou en prismes droits rhomboïdaux, aciculaires. Il est peu soluble dans l’eau froide, soluble dans 4 parties d’eau bouillante, soluble dans l’alcool, peu soluble dans Y éther. Les sels de peroxyde de fer lui donnent une couleur rouge de sang, qui résiste à l’action du chlorure d’or : il se distingue ainsi des sulfocyanures alcalins, qui, étant colorés en rouge par les persels de fer, sont décolorés par le chlorure d’or.
La proportion de cet acide, dans l’Opium, varie de 3 0/0 (Wittstein) à 4,33 0/0 (Decharme), ce qui paraît être en rapport avec la quantité nécessaire pour en saturer les bases.
La Pseudomorphine, la Gryptopine et la Rhæadine n’existent dans l’Opium qu’en très faible quantité.
I/Opium est considéré comme le sédatif par excellence du système nerveux. On l’emploie sous toules les formes pharmaceutiques: poudre, extrait , sirop, teinture ; il fait la base des laudanums, des pilules de Cynoylosse , etc. Réduit en bouillie, avec de l’eau, il est employé en applications sur les plaies cancéreuses ou syphilitiques ; on l’unit souvent à la Belladone, dont il modifie l'action. Dans la prescription de l’Opium à l'intérieur, il faut ne pas oublier que son action dépend des principes qu’il renferme et que ces principes peuvent être précipités ou du moins que leurs propriétés peuvent être modifiées par beaucoup de substances.
Les propriétés des alcaloïdes de l’Opium sont un peu différentes, si
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l’on cherche à se rendre compte de leur action physiologique. Claude Bernard a montré, en effet, que les uns sont surtout narcotiques, les autres surtout convulsivants ; tous sont toxiques.
Les alcaloïdes narcotiques sont, en ordre décroissant: la Narcéine, la Morphine, la Codéine ; dans l’ordre de l'action convulsivante, les six principes étudiés se rangent comme suit: Thébaïne, Papavérine, Narcotine, Codéine, Morphine, Narcéine; dans l’ordre toxique, ils se rangent ainsi: Thébaïne, Codéine, Papavérine, Narcéine, Morphine, Narcotine.
La Morphine est le plus important des alcaloïdes de l’opium. Ses effets varient avec les animaux auxquels on l'administre: des Pigeons, des Poules, des Chiens, des Lapins peuvent supporter, sans en être sérieusement incommodés, des doses de Morphine capables de tuer un homme. Son action varie beaucoup aussi avec l’âge et l’on a vu des enfants être intoxiqués par un milligramme de cet alcaloïde. D’autre part, tandis que certaines personnes peuvent être tuées par G centigrammes, d’autres, au contraire, ne l'ont pas été par une dose dix fois plus forte. Au l’este, l’accoutumance exerce une grande influence, sur l’action de la Morphine et l’on cite de nombreux exemples d'individus, qui sont arrivés progressivement à en absorber 1 gramme, après avoir commencé par 1 centigramme.
L'injection hypodermique est le mode d'ingestion qui semble devoir être préféré, quand la Morphine doit agir comme un hypnotique rapide, dans les cas de douleurs aiguës. Cet alcaloïde agit alors au bout de quelques minutes. Son absorption par l'appareil digestif est beaucoup plus lente et ses effets ne se font guère sentir qu’au bout d’un quart d’heure ou même d’une heure : on prétend que la Morphine est alors partiellement rejetée avec les fèces. Quel que soit le mode d’administration adopté, la Morphine se retrouve bientôt dans le sang, dans le foie, e!c. ; elle paraît être éliminée assez rapidement par les reins.
A faible dose (0,01), elle produit d'abord de l’excitation, puis un peu de céphalalgie, de la somnolence, un sommeil profond et un réveil pénible.
A dose plus élevée (0,03), le sommeil est rapide et souvent il survient des nausées ou des vomissements, avec ténesme vésical et éruptions à la peau.
Au-dessus de 0,06, le sommeil est très profond, comateux ; les pupilles se rétrécissent ; la respiration est plus lente, irrégulière ; il en est de même pour les contractions cardiaques, qui deviennent arhytlimiques; les muscles sont relâchés, la respiration s'affaiblit de plus en plus et le malade, de plus en plus cyanosé, meurt dans le collapsus ou au milieu de convulsions.
Si les phénomènes sont moins intenses, le malade tombe dans le sommeil; quand il s'éveille, il éprouve delà céphalalgie, de la fatigue, divers troubles nerveux, etc.
L’usage de la Morphine se substitue de jour en jour à celui de l’Opium : elle a l'avantage de pouvoir être dosée. Comme l’on sait exac-
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tement la proportion de substance narcotique employée, il est possible d’en préciser les effets: il n'en est plus ainsi avec l'opium, dont la richesse en alcaloïdes est très variable, comme nous l'avons dit. La Morphine est habituellement prescrite, sous forme de chlorhydrate, aux doses de 0,005 à 0,03. Il convient de commencer par de faibles doses, si l’on ne connaît pas le degré de sensibilité du malade.
La Narcotine est réputée soporifique, lorsqu’elle est administrée à faible dose, et convulsivante, quand on la donne à dose élevée. Mais l’on n’est pas fixé sur la dose nécessaire pour amener le sommeil: Schroff est arrivé à ce résultat, avec 0,15, tandis que Fronmüller ne l’a atteint qu’avec 1,50; enfin, Rabuteau dit en avoir pris 0,4 sans qu’il se soit rien produit. Nous avons vu que, selon Claude Bernard, la Narcotine occupe le dernier rang, au point devuedela toxicité, parmiles alcaloïdes de l’Opium. Aussi n'est-elle guère employée aujourd’hui, ses propriétés hypnotiques étant contestables.
Les propriétés de la Narcéine ont été étudiées par Debout et Béhier. Cet alcaloïde est plus calmant, plus narcotique que la Codéine; le sommeil qu'il détermine est plus léger que le sommeil procuré par la Morphine: la Narcéine paraît fatiguer moins que la Morphine, puisqu’elle est moins convulsivante.
D’après Rabuteau, ses effets ressemblent à ceux de la Morphine ; mais ils sont moins intenses. Toutefois, Fronmüller dit que, même à la dose d'un gramme, ses effets narcotiques seraient peu marqués.
La Codéine a des propriétés analogues à celles de la Morphine; mais le sommeil qu’elle détermine est peu profond; au bout de quatre heures, selon Schroff, il survient des tremblements intenses et persistants.
La dose hypnotique, pour un adulte, est de 0,01 ; il ne faut pas oublier que les enfants sont très sensibles à l’action de la Codéine.
La Thébaïne est le plus convulsivant de tous les alcaloïdes de l’Opium, au moins quand on étudie son action sur les animaux. Chez ceux-ci, elle provoque des phénomènes spasmodiques presque aussi intenses que ceux que la Strychnine produit, Fronmüller dit qu’elle ne détermine pas de convulsions chez l'homme.
La Laudanosine paraît avoir des propriétés analogues.
La Métamorphine, la Cryptopine, VOpianine, et peut-être aussi, la Papavérine, produisent des effets surtout narcotiques,
La Porphyroxine , Y Ilydrocotharnine et la Laudanine semblent être à la fois hypnotiques et convulsivantes,
On prétend que la ïihxadine est inactive.
AroMORpniNE. — Cet alcaloïde ne préexiste pas dans l'Opium. Nous lui consacrerons, toutefois, un court article, en raison de son emploi fréquent en thérapeutique.
L 'Apomorphine (C17Hl7Az02) a été obtenue par Matthiessen, en chauffant à une température de 150° environ et dans un tube scellé, de la morphine avec un excès d’acide chlorhydrique. En neutralisant ensuite le liquide par du bicarbonate de soude, il se produit un précipité
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qu’on épuise par de l’éther ou par du chloroforme : l’Apomorphine se dissout dans le dissolvant, tandis que la morphine non transformée reste dans le résidu. La liqueur étant additionnée de quelques gouttes d'acide chlorhydrique, le chlorhydrate cristallise sur les parois du vase. On le purifie par une nouvelle cristallisation dans l’eau bouillante.
Sous l'action du bicarbonate de soude, i'Apomorphine du chlorhydrate se précipite, sous forme d'une poudre blanche, non cristalline, qui verdit rapidement en présence de l'air. La masse verte ainsi obtenue se dissout en partie dans l’eau et dans l'alcool, qu’elle colore en vert émeraude ; dans l’éther, qui prend une couleur rouge pourpre et dans le chloroforme, qu’elle teint en violet.
Desséchée, I’Apomorphine devient grise au contact de l’air, sans perdre ses caractères essentiels.
L’Apomorphine jouit de propriétés émétiques, qui la mettent à côté de l’émétine et du tartre stibié, mais elle ne provoque pas le collapsus profond, qui succède à l'action de ce dernier médicament. Toutefois, chez des enfants en bas âge, le collapsus se produit d’ordinaire.
Injectée sous la peau d’un adulte, à la dose de 0,005 à 0,010, elle détermine des vomissements au bout de 5 à 20 minutes. Le vomissement est précédé de nausées, ainsi que d'accélération du pouls et des mouvements respiratoires; il est suivi d’un sentiment de bien-être ou parfois d'un peu de fatigue et de sommeil. A dose élevée, elle paralyse les appareils qu’elle excite à faible dose et elle peut ainsi déterminer la mort.
L’Amorphine n'est employée que comme vomitif. Ses effets sont certains et, comme elle peut être iuje tée sur la peau, on peut s'en servir toutes les fois qu'un malade ne peut avaler. En outre, les phénomènes précurseurs du vomissement durent très peu ; enfin le vomissement lui-même se produit d’ordinaire sans troubles.
L’Apomorphine en solution est peu stable. Blaser dit que le chlorhydrate, dissous dans du sirop simple, se conserve assez longtemps, quand le liquide est tenu à l’abri de l'air.
Empoisonnement par l'Opium et par ses alcaloïdes. — Les phénomènes d'intoxication doivent être combattus d'abord par évacuation directe : le mode le meilleur, en ce cas, est l'emploi de la pompe stomacale. A défaut, on injecterait de I’Apomorphine, si l’on n'a pas à craindre d’accroître le collapsus. Il convient de donner au malade du café noir, très fort et de pratiquer une injection hypodermique de camphre. L’infusion de café est excellente, en raison de ses effets excitants et du tannin qu’elle renferme; une solution du tannin peut être considérée comme le meilleur antidote de l'Opium.
Quant à l’antagonisme, que l'on dit exister entre l’atropine et la morphine, le mieux est de n’en faire l’essai, que si les moyens ordinaires n’ont pas eu de résultat et lorsque la mort semblera imminente. Notlinagel conseille alors de n’injecter que un milligramme d’atropine et de répéter cette dose selon les effets obtenus.
NYMPHÈAGÉES, CABOMBACEES, SARRACENIES
NYMPHÉACÉES, C A BO M B A C É E S , S A R R A C É N ÉES
Les deux premières familles ne fournissent guère de produits actuellement utilisés en médecine.
On employait jadis, comme anaphrodisiaque, le rhizome du Nymphéa blanc ou Lys d’eau (Nymphæa alba, L.). Ce rhizome renferme du tannin et ne saurait posséder les propriétés qu’on lui attribuait.
La famille des Sarracéniées, a pour type le genre Sarracenia , L., dont trois espèces ont été récemment introduites dans la thérapeutique des Américains du Nord. Le Dr Porcher rapporte que les racines du Sarr. flava et du Sarr. variolaris , Michx. sont usitées contre la dyspepsie, la migraine, la gastralgie, etc. Ces racines sont amères et astringentes ; elles stimulent l'estomac, la circulation et un peu le cerveau.
Selon Morris, les rhizomes et les feuilles du S. ; pur purea, L.,sont un prophylactique et un remède curatif de la variole. Ces propriétés ont été confirmées par plusieurs médecins des Etats-Unis ; mais les essais tentés en France et en Angleterre n’ont pas donné de bons résultats.
Le Rhizome du Sarracenia purpurea est long de 15 à 30 et même de 50 centimètres, gros comme une plume d’Oie, de couleur jaune rougeâtre ou rouge-brun et garni d’anneaux circulaires irréguliers, offrant encore des débris de feuilles engainantes.
Il présente, de distance en distance, des renflements inégalement espacés, ordinairement pourvus de racines rouges, grêles, plus ou moins longues. L’une de ses extrémités porte, en général, les restes de la tige aérienne ou un bourgeon, dont les feuilles ont été coupées près de leur base.
Sur une section transversale, il se montre formé d'une écorce et d’une moelle rosées, séparées par des faisceaux ligneux résistants, de couleur blanc jaunâtre.
En soumettant la poudre du S. purpurea à l’action de l’eau aiguisée par l’acide sulfurique et traitant, avec le sulfure de carbone, la pâte ainsi obtenue, Stan. Martin y a trouvé un
Cauvet, Maf. méd., t.II.
RENONCULACEES
alcaloïde nouveau ( Sarracènine ), qui se présente sous forme d’une masse blanche, amère, soluble dans l’alcool et dans l’éther. Selon Hétct, cet alcaloïde serait de la Yératrine.
RENONCUL ACÉES
Anémones, Clématites et Renoncules
Toutes les plantes de ce groupe sont le plus souvent âcres et vésicantes. Nous parlerons rapidement de celles qui sont les plus importantes,
Clématite des haies ou Vigae blanche (Clcmatis Vitalbai'L.\ fig. 389). — Plante sarmenteuse, à feuilles opposées, impa-
I'io. 3S9 — Clcmal is Yitalba.
ripinnées, à pétiole long, souvent roulé en vrille ; fleurs blanches, non involucrèes, en cymes paniculées, axillaires et terminales ; périanthe simple à quatre divisions pétaloïdes, velues, caduques ; étamines nombreuses, dressées ; akènes surmontés par une longue queue plumeuse.
Toutes les parties de cette plante sont âcres ; ses feuilles, pilées et appliquées sur la peau, y produisent des ulcères superficiels, dont les mendiants se servent, dit-on. pour exciter