RACINE DE TORMENTILLE — RACINE DE BENOITE
des faisceaux ligneux, d’un blanc rougeâtre, séparés par de larges rayons médullaires. La moelle, qui occupe environ la moitié du diamètre total, a une coloration rougeâtre.
La racine de Fraisier est à peu près inodore et possède une saveur astringente. Les persels de fer la colorent en vert noirâtre. Elle est rarement usitée aujourd’hui, comme diurétique; son ingestion colore l'urine et les excréments en rouge.
Racine de Tormentille
La Tormentille (Potentilla Tormentilla, DG.; Tormentilla erecta, L.) est une petite plante des bois et des prairies sèches, surtout commune dans les Alpes et dans les Pyrénées. Son rhizome (ou mieux souche) est d’ordinaire gros comme le doigt, irrégulier, tuberculeux, dur, pesant, brun en dehors, rougeâtre en dedans, et doué d'une saveur astringente. Selon Holmes, cette souche ressemble beaucoup à celle de la Sanguinaire du Canada, dont elle diffère par des rides plus nombreuses, par sa cassure non tachetée, comme celle de la Sanguinaire, enfin par sa saveur astringente et non âcre.
Guibourt dit qu’elle ressemble à la Bistorte. Cette dernière s’en différencie aisément, par ses rides transversales, l’aplatissement de ses faces et la double courbure qu’elle présente.
L'une et l'autre sont, d'ailleurs,, fort astringentes. La racine de Tormentille est colorée en vert noirâtre par les persels de fer. Elle contient beaucoup de tannin et est parfois employée pour tanner les cuirs.
Racine de Benoîte
La Benoîte (Geurn urbanum, L.) est une plante commune en France, dans les bois et dans les haies.
Son rhizome ou souche, improprement appelé racine , se trouve dans le commerce, en fragments gros comme une forte plume et longs de 3 à 4 centimètres, souvent pourvus, à leur sommet, des restes de la tige et garnis de nombreuses racines adventives, de couleur rougeâtre. Cette souche est astringente et dégage une odeur de Girofle, d’où son nom de Racine Giroflée (Radix caryophyllata, des pharmaciens; Clore Root, des Anglais.
Cette souche est souvent mêlée frauduleusement à la racine d’Arnica. Elle s'en distingue par sa saveur astringente, par son volume plus grand et par sa surface entièrement couverte de radicelles, tandis que l’Arnica n'en a guère que sur sa face inférieure. En Angleterre, la Benoîte est appelée Iierb Bonnet. Holmes pense que ce nom est une corruption du nom français de la plante.
La Benoîte est réputée stimulante et tonique.
ROSACEES
L’Ulmaire ou Reine des Près (Spiræa Ulmaria, L.) est une herbe de l’Europe et de l’Amérique tempérée, qui habite surtout les lieux humides. Elle offre les caractères suivants :
Tige peu ramifiée, haute de 1 à 2 mètres; feuilles inférieures glabres, interrompues -pennées, à face inférieure verte et pubescente ou blanchâtre; folioles latérales oblongues, incisées-dentées, mêlées de folioles plus petites; foliole terminale très grande, à 3 ou 5 lobes ; Heurs petites, blanches, en cyme corymbiforme; 5 carpelles, rarement davantage, glabres, contournés en hélice.
L’ulmairc, jadis assez souvent employée, est à peu près inusitée.
La Racine était réputée tonique, anticatarrhale et antihémcrrhoïdale.
Les Fleurs paraissentavoirles mêmes propriétés que celles du Sureau. Ces fleurs dégagent, à l’état frais, une odeur suave d’amandes amères, surtout manifeste quand on les plonge dans l’eau bouillante. En distillant celte infusion, on obtient une huile essentielle, composée d ' Hydrure de Salicyle ou Acide salicyleux (G14 PI6 O4 ), d’un carbure d'hydrogène isomère de l’essence de térébenthine et d'une matière cristalline semblable au camphre. Lorsqu'on agite cette essence avec de la potasse, celle-ci dissout l’hydrure de salicyle, qui peut ensuite en être séparé au moyen d’un acide.
L’Hydrure de salicyle est unliquide incolore, très réfringent, qui cristallise à — 20° et bout à 196°, 5; son odeur est agréable et sa saveur brûlante. Il est assez soluble dans l’eau,
très soluble dans l’alcool et dans l’éther. Les réactifs oxvdants
et la potasse caustique fondante le transforment en acide Salicylique (G"IPG03). Cet acide parait exister tout formé, avec l’hydrurc de salicyle, dans les fleurs de l’Ulmaire.
L’Ulmaire a été fort préconisée, ily a quelques années, comme diurétiqne, dans les hydropisies liées à une maladie du cœur. Selon Tessier, de Lyon, toutes les parties de la plante jouissent de propriétés actives; elle serait astringente
RACINE DE GII.LENIA
et tonique, diminuerait la diarrhée et relèverait les forces. Selon Hannon, l’action diurétique de l’Ulmaire est duc à l’hydrure de salicyle. On administre celui-ci à la dose de 2 ou 3 gouttes, dans un véhicule quelconque. Hannon en a préparé une teinture hydro-alcoolique (4 : 30) et un sirop (hydrure, 5 gouttes; sucre et eau, 15 grammes de chacun).
La Filipeadule (Sp. Filipendula, L.) est une plante des prairies sèches et boisées de l’Europe; sa racine était jadis très réputée comme astringente et diurétique.
La Racine de Filipendule est grêle et pourvue.de distance en distance, d’épaississements tuberculeux, oalongs, gros comme des olives, parfois fusiformes, noirs en dehors, blancs en dedans, de saveur amère et astringente.
Elle est inusitée.
Racine de Gillenia
Les racines de ce nom sont fournies par deux plantes de l’Amérique du Nord.
La première est le Gillenia stipuleicea, Spreng., plante des Etats de l’Ouest et dont la racine est inscrite dans la liste secondaire de la Pharmacopée des Etats-Unis, comme succédané de l’Ipécacuanha. On l’emploie sous les noms de American Ipecacuanha et de Inclian Physic. Cette îacinc et la suivante se trouvent parfois mêlées au Polygala de Virginie (Holmes).
La seconde est le GUI. trifoliata, Mônch, qui habite les bois à sol léger, dans les Etats de l’Est. Cette plante est décrite, par II. Bâillon, comme étant l’espèce vraiment officinale et c’est à elle, aussi, que Guibourt attribue l’un des faux Ipécacuanhas d’Amérique. Elle n’est cependant pas mentionnée par Bentley et Trimen, ni par Redwood et elle ne figure pas sur la liste des substances officinales de la Pharmacopée des Etats-Unis. Holmes rapporte, toutefois, que son rhizome possède les mêmes propriétés.
Le Gillenia trifoliata est une plante vivace, dont la souche émet des tiges à feuilles trifoliolées, accompagnées de stipules peu développées; ces tiges sont terminées par des cymesen'grappes paucifiores. Son rhizome, improprement ap-
ROSACEES
pelé racine (Boiomari s Root , et Dropwort des Anglo-Américains), se compose de souchesbrunes, horizontales ou obliques, très noueuses et pouvant atteindre la grosseur du pouce. La face supérieure de ce rhizome offre les restes des tiges aériennes et sa face inférieure donne attache à de nombreuses racines, dont la longueur atteint parfois 15 et 20 centimètres.
Ges racines sont plus ou moins tortueuses, simples et pour vues de quelques radicelles. Leur grosseur varie depuis celle d’une plume d’Oie à celle des fibrilles radicellaires. Elles sont finement striées en long, d'un brun rougeâtre et composées d’une écorce mince, adhérente, mais qui se détache par places : on les voit alors formées par un méditullium gris jaunâtre, à peine aussi épais que l’écorce, entourant une moelle jaune rosé, très grande.
La racine de ce Gillenia a été comparée à l’Ipécacuanha ondulé; elle nous semble se rapprocher mieux du Ratanhia officinal, dont elle diffère surtout par ses dimensions plus petites et par le développement de sa moelle. Elle a une saveur amère et une odeur faible, mal définie, légèrement musquée.
On l’emploie comme émétique, à la dose de 15 décigrammes ; son action est incertaine.
Écorce de Panama
On trouve depuis quelques années, dans le commerce, sous ce nom, une écorce fournie par plusieurs arbre du genre Quitta j a , genre que l’on rapporte assez généralemrnt à la tribu des Spiréacées et dont H. Bâillon fait le type de la tribu des Quillajées.
Les Quillaja habitent le Pérou, le Brésil et le Chili ; c’est donc à tort qu’on donne à leur écorce les noms d 'Écorce ou de Bois de Panama. Celui qui paraît fournir la plus grande partie de l’écorce commerciale est le Quillai savonneux (Q. Saponaria, Mol.); mais on en retire aussi du Q. Smegmadermos, I)C., et du Q. brasiliensis , A. St-Hil.
L’écorce de Panama est en morceaux longs d’environ 1 mètre, larges, plats ou un peu cintrés, généralement cons-