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ÉCORCE DE PANAMA

titués par le liber seul; parfois, mais rarement, ces morceaux offrent des restes plus ou moins réduits d’une couche subéreuse brun noirâtre. Là où manque le suber, l’écorce est d’un gris jaunâtre très pâle en dehors, fibreuse, et presque lisse en de certains points, comme si elle avait été mondée à l’aide d’une petite hache courte; cette face présente assez souvent des taches ou des veines irrégulières, noirâtres ou rouge obscur. La face interne est lisse et gris jaunâtre foncé ou même jaune rougeâtre. Sa cassure est fibreuse et elle se divise assez bien en feuillets minces. Selon Bouchardat, « ces feuilles ou pellicules ressemblent à un tissu ou à un réseau, dont toutes les mailles ou cellules sont gorgées de saponine. Examinées au soleil, elles paraissent criblées de petits points brillants, qui, vus à la loupe, ressemblent à des gouttelettes d’eau. En brisant l’écorce ou en déchirant les pellicules du liber, les atomes invisibles de saponine, qui se répandent dans l’atmosphère, suffisent pour exciter l’éternuement et pour produire sur le palais une saveur âcre et piquante, qui provoque la toux et la salivation. Aussi ne doiton pulvériser le Quillay qu’avec précaution. »

Les points biûllants, regardés par Bouchardat comme do la saponine, nous semblent plutôt être les extrémités libres des fibres rompues : on observe un fait de même ordre dans le Quinquina Galisaya.

C’est surtout de l’écorce de Quillai, que l’on extrait la saponine, dont elle renferme une abondante proportion. Cette écorce est généralement usitée en France, pour le blanchissage des mérinos et des fins lainages blancs. Administrée en infusion légère, elle paraît agir comme diurétique. Lesellier a fait connaître un cas d’empoisonnement, sur une femme, par la décoction de cette substance : l’un des phénomènes les plus saillants de ce cas fut un besoin constant d’uriner. L’action toxique de la saponine a été signalée depuis longtemps par Malapert (de Poitiers).

Cousso ou Kousso

Les Abyssins appellent Cousso, Cosso, Kousso, Kwoso, Habbi, Coutz et Cabotz , les inflorescences ou cvmes pani-

ROSACEES

culées d'une plante d’Abyssinie, le Hagenia abyssinien, Lamk (Brayera anthelminthica, Kunth; Brayera abyssinien, Moq. ; Banksia abyssinica, Bruce).

U Hagenia est un arbre d’environ 18 mètres de hauteur, qui croit sur tout le plateau de l’Abyssinie, à une altitude de 900 à 2.000 mètres et que l’on plante généralement près des villages, dans cette contrée. Scs fleurs sont unisexuées. Les indigènes en récoltent les inflorescences, soit mâles, soit femelles, qu’ils font sécher au soleil et qu’ils exportent généralement, sous forme de paquets fusiformes, entourés par une liane. Ces paquets pèsent d’ordinaire de 100 à 150 grammes. Ils sont composés d’inflorescences môles, improprement appelées Kousso femelle ou Kousso d' Ane, et d’inflorescences femelles, nommées, par opposition, Kousso mâle et aussi Kousso rouge, à cause de la coloration de ces dernières. Très souvent les inflorescences sont brisées; le Kousso est alors composé de fleurs et de fragments de l’axe floral, qui est velu, un peu aplati et en zigzag.

Les fleurs naissent à la base de 2 ou 3 bractéoles. Elles offrent les caractères suivants :

Fleurs mâles : cupule réceptaculaire turbinée, surmontée de 5 sépales réfléchis, scarieux, étalés, obtus ou mucronés, et pourvue d’un calicule à 5 divisions petites, alternes, aiguës ; 5 pétales alternes, très petits, lancéolés, aigus, blancs, attachés à la gorge de la cupule; 15 à 20 étamines insérées en dehors d’un disque annulaire, mince, occupant la gorge de la cupule; 2 carpelles distincts, rapprochés, contenant chacun un ovule pendant ; style velu; stigmate épais et discoïde.

Fleurs femelles : calicule à divisions étalées, 4 à. 5 fois plus grandes que les lobes calicinaux; pétales nuis; 15 ou 20 étamines très petites, stériles, insérées en dehors de la base du disque, qui forme un tube tronqué au sommet et à travers lequel passent les styles. Le réceptacle contient 2, rarement 3 carpelles monospermes. Selon Hanbury, le fruit serait une noix obovale monosperme. H. Bâillon no la mentionne pas.

Le Kousso a une odeur aromatique particulière, peu prononcée, mais qui se développe au contact de l’eau chaude, une

COUSSO OU KOUSSO . 555

saveur astringente, d’abord un peu mucilagineuse et rappelant de loin celle delà Guimauve, enfin âcre et amère.

Outre les principes habituels contenus dans les plantes, le Kousso renferme 24 0/0 de tannin, et 6,25 0/0 d'une résine âcre et amère (Wittstein), à laquelle Harms attribue des propriétés acides.

Pavesi (1858) et ensuite Bedall (1859) en ont fait connaître le principe actif, qu’on a nommé Coussine, Koussine, Koussèine et Rosine. Pour obtenir ce principe, on fait, avec les fleurs et de la chaux, un mélange qu’on épuise par l’alcool et ensuite par l’eau. Les liqueurs concentrées sont ensuite traitées par l’acide acétique, qui précipite la Koussine.

La Koussine préparée par Merck se présente en cristaux du système rhombique, insipides, jaunes, insolubles dans l’eau, solubles dans l’éther, le chloroforme, le sulfure de carbone et la benzine. L’alcool n’en dissout guère que 2 pour 1000. Elle se dissout dans les alcalis caustiques et carbonatés, d’où les acides la précipitent, sans altération, sous forme d’une masse blanche, amorphe . Chauffée à 156°, elle fond et se prend, par refroidissement, en une masse jaune, amorphe, transparente, qu’une simple goutte d’alcool transforme en touffes cristallines, étoilées.

La Koussine ne se décompose pas, quand on la fait bouillir dans un acide dilué. Elle forme, avec l’acide sulfurique concentré, une solution jaune, d’où l’eau précipite de la Koussine amorphe, blanche, en même temps qu’il se dégage une odeur de Caroube.

Flückiger assigne à la Koussine la formule C31LI38 010. Selon d’autres auteurs, cette formule serait C2“H2203(Héraud).

Distillé avec de l’eau, le Kousso donne une sorte de stéaroptène ayant l'odeur de la substance, ainsi que des traces d'acides valérianique et acétique.

La Koussine est administrée à la dose de 0,5 .à 1 ou 2 grammes; elle parait plus active, quand elle est associée à d’autres principes existant dans le Kousso et, par conséquent, lorsqu’elle est impure.

Le Kousso, signalé d’abord par le Dr Brayer, en 1822, fut introduit en France par Rochet d’Héricourt. Vingt ans

plus tard, Aubert-Roche rappela l’attention sur cette substance, dont il remit un échantillon à l’Académie de médecine. Enfin, son histoire et ses propriétés furent surtout mises en lumière par W. Schimper. C’est un ténifuge assuré, dont on prend la poudre en infusion, à la dose de 16 à 20 grammes, dans 250 grammes d’eau : on avale le tout, poudre et liquide. L’effet se produit environ 1 ou 2 heures après l’ingestion et, généralement, le Ténia est rendu à la 3° ou à la 4e selle. On peut aider l’action du Kousso avec de l’huile de Ricin, si le Ver n’est pas expulsé au bout de 3 ou 4 heures.

Hanbury et Flückiger disent que l’ingestion du Kousso est parfois suivie d’accidents alarmants et même mortels. Johnston assure également que ses effets sont dreadfally severe (terriblement violents). Nous avons vu souvent administrer le Kousso, dans les hôpitaux militaires français, sans qu’il se soit jamais produit autre chose que des vomissements, peu fréquents, d’ailleurs, et que la plupart des autres ténifuges déterminent aussi. Ce médicament est, paraît-il, rarement prescrit en Angleterre, en raison, sans doute, de sa prétendue nocuité. On y attribue, d’ailleurs, ses effets à l’action mécanique des poils qui couvrent lespédicelles floraux. H. Raillon semble partager cette opinion; mais on doit la regarder comme erronée. Si l’action du Kousso était purement mécanique, on s’expliquerait difficilement les propriétés ténifuges de la Koussine.

On dit souvent que l’Abyssinie étant la terre classique des Ténias, la nature y fait croître les ténifuges les plus actifs, comme pour mettre le remède à côté du mal. Il existe en France des ténifuges aussi puissants, en tête desquels nous citerons l’écorce de Grenadier et l'huile éthérée de Fougère mâle (voy. t. I, p. 245), dont l’effet est assuré, lorsque la préparation en a été faite avec soin et avec les seules parties vertes du rhizome ou des frondes. Nous avons indiqué (t. I, p. 16) les causes probales de la fréquence du Ténia, en Abyssinie.

Cynorrhodons (fig. 554).

On appelle ainsi la cupule réceptaculaire du Rosa canina,

CYNOIUUIODONS

L., lorsqu’elle est arrivée à maturité, et transformée en un urcéole rouge écarlate, charnu, devenant mou et pulpeux.

Les Cynorrhodons sont longs d’environ 2 centimètres et formés d’un épiderme lisse , luisant , qui recouvre un parenchyme de couleur orangée, de saveur sucrée acidulé , un peu parfumée et astringente. Ils contiennent: acide citrique ,

3; acide malique, citrates , malates et sels minéraux , 7,7 ; gomme , 25; sucre incris lallisable , 30,

etc. Ils font la base de la Conserve de Cynorrhodons .

C’est principalement sur le Rosa canina, que se forment les sortes de Galles chevelues, appelées Bèdègars (v. t. I, p. 146).

Fio 554. — Cynorrhodon, entier et eoupé vcrlicalement.

Rose de Provins

La Rose de Provins ou Rose rouge est produite par le Rosa gallica, L., petit arbuste à souche rampante, qui émet de nombreux drageons souterrains desquels naissent des tiges pouvant atteindre une hauteur de 3 mètres. À l’état sauvage, ce Rosier se rencontre dans beaucoup de localités en France, dans le sud de la Russie, la Grèce, l’Asie Mineure, le Caucase, etc. Il offre alors fréquemment des fleurs semi-doubles.

La variété dont les pétales sont employés en pharmacie fut longtemps cultivée à Provins, d’où son nom; actuellement, elle n’existe guère, dans cette ville, qu’à l’état de curiosité. On la cultive en grand aux environs de Paris et de Lyon, ainsi qu’en diverses parties de l’Angleterre, de l’Allemagne et de la Hollande. Selon Hanbury, on en apporte beaucoup à Bombay, parle golfe Persique, ce qui semble indiquer qu’elle

ROSACEES

est cultivée on Perse et dans les contrées arrosées par le Tigre et l’Euphrate.

Les Pétales de Roses rouges ont une couleur d’un pourpre vif; d’abord presque inodores, ils acquièrent, parla dessiccation, une odeur très agréable. On les récolte, d’ordinaire, avant l’épanouissement du bouton, en ayant le soin de couper celui-ci un peu au-dessus de la base des pétales, afin de laisser leur onglet attaché au réceptacle. Les boutons ainsi obtenus sont desséchés à l’étuve, puis criblés, pour en séparer les étamines et les œufs d’insectes.

Les Roses de Provins, traitées par l’éther, fournissent une matière grasse solide et du Qaercitrin. L’alcool en extrait ensuite du glucose, une matière colorante rouge et de l’acide gallique. Selon Rochleder, ce dernier principe est accompagné, dans les roses rouges, par de Y acide Quercitannique .

L’infusé de Roses rouges a une couleur rouge pâle, que les acides font passer immédiatement au rouge cramoisi brillant. Sous l'action des alcalis, la couleur rouge passe au vert brillant. Les sels ferriques y déterminent un précipité verdâtre, qui est dû, selon Filbol, au quercitrin et non au tannin, dont les pétales de Roses rouges ne contiennent que des traces.

Les Roses de Provins sont de conservation difficile. Aussi convient- il de les enfermer encore chaudes, au sortir de l’étuve où on les a fait sécher, dans des vases bien secs et chauds, que l’on bouche immédiatement.

Elles doivent avoir une couleur rouge foncé et veloutée, une odeur agréable et une saveur astringente. Elles forment la base du Sirop, du Mellite (Miel rosat) et de la Conserve de roses. L’infusion de Roses rouges, acidulée avec de l’acide sulfurique et légèrement sucrée, constitue un véhicule très agréable pour un certain nombre de médicaments.

Pétales de Roses pâles

On appelle ainsi les pétales du Rosier à cent feuilles ( Rosa centifolia, L.), et ceux d’une variété du Rosier de Damas, (R. damascena, Mill.), que l’on cultive sous les noms de

Rose de tous les mois ou des quatre saisons (R. bifera , Re-

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