‹ Nouveaux éléments de matière médicaleChapitre 124 sur 219 · COGNASSIER · texte numérisé non relu

COGNASSIER

ter nummularia , Fish., et Meyer, une sorte de Manne, qui paraît aussi produite par une Polygonée, Y Atraphaxis spinosa , L. Cette Manne est vendue, dans les bazars de l’Inde, sous le nom de Shir-Ivhisht. Elle est en larmes irrégulières, arrondies, de 5 à 15 millimètres de diamètre, un peu molles et visqueuses, d’un blanc opaque foncé, à cassure cristalline, avec une odeur de Manne et une saveur sucrée. Elle forme, avec l’eau, une solution sirupeuse, au fond de laquelle se dépose beaucoup d’amidon. Ludwig.y a trouvé deux sortes de gomme, un sucre lévogyre amorphe, de l’amidon et de la cellulose.

Dans le Lauristan on recueille sur le Pirus glabra, Boiss. , une matière sucrée, qui ressemble beaucoup à la Manne du Chêne.

Cognassier

Le Cognassier (Cydonia vulgaris, Pers. ; Pirus Cydonia,h.) est un petit arbre originaire des régions occidentales de l’Asie et devenu spontané dans la zone méditéranéenne. Il diffère des Pirus : 1° par ses fleurs solitaires à l’extrémité des rameaux et à divisions calicinales réfléchies ; 2° par son fruit couvert d’un duvet cotonneux ; 3° par les loges polyspermes de ce fruit, dont les semences offrent un spermoderme riche en mucilage.

Le Coing ou fruit du Cognassier est acerbe, riche en tannin et en pectine; il forme la base d’une gelée et d’un sirop de Coings , souvent employés comme astringents légers.

Les Semences ou Pépins de Coings sont brunes, ovoïdes ou obconiques et triangulaires-aplaties, par pression réciproque. Elles sont arquées sur leur face externe et pourvues, sur la face interne, d’un raphé qui s’étend de la base de la graine à son sommet; ce dernier est appointi en bec.

Ces semences sont revêtues d’une matière mucilagineuse, qui les maintient accolées ensemble, après leur dessiccation. On les désigne sous le nom de Cydonium , dans certaines Pharmacopées. En France, on les retire surtout du Midi ; en Angleterre, on les reçoit de la Russie, de l’Asie Mineure, du Cap et principalement de la Perse et de l’Afghanistan,

GRANATEES

par Bombay. Elle-* se présentent souvent sous forme de masses arrondies ou ovoïdes, constituées par l’assemblage des graines séparées de leurs loges.

La matière mucilagineuse, dont elles fournissent environ 20 0/0 de leur poids, est produite par les parois des cellules épidermques. Selon Flückiger, les Pépins de coings forment une gelée avec 4 fois leur poids d’eau. Ce mucilage a pour formule G12 H'20 O10; l’acide azotique le convertit en acide oxalique; traité préalablement par l’acide sulfurique concentré, il se colore en bleu, sous l’action de l’iode.

Ce mucilage est réputé tonique et émollient; on l’ajoute souvent aux collyres et il fait la base de la Bcindoline des coiffeurs .

Grânatées

Malicorium et Balaustes

Les substances de ce nom sont fournies par le Grenadier (Punica Granatum, L.), arbuste de 2 à 3 mètres de hauteur, indigène de la zone méditerranéenne et de l’Asie occi dentale, d’où il s’étend jusqu’à l’Afghanistan et le nord de l’Inde. Le Grenadier est cultivé actuellement, dans presque toutes les régions chaudes et tempérées du globe, pour son fruit (Grenade), dont les graines sont pourvues d’un tégument externe pulpeux et charnu, de saveur agréable, sucréeacidulé. L’enveloppe extérieure de la grenade (Malicorium) ainsi que les Heurs desséchées du Grenadier ( Balaustes ) renferment beaucoup de tannin et peuvent être utilisées pour le tannage ou pour la teinture en noir. Ces substances, jadis très réputées comme astringentes, sont à peu près inusitées aujourd’hui. L’écorce de grenade ( Cortex Granati , des droguistes anglais) additionnée d’opium et de clous de girofle, est employée, par les indigènes de l’Inde, contre la diarrhée et la dysenterie chroniques.

Ecorce de racine de Grenadier L’écorce de racine de Grenadier, jadis employée comme

anthelminthique, était depuis longtemps oubliée, lorsque Buchanan, en 1807, et plus tard Mérat, en 1822, la remirent en honneur.

Cette écorce est gris jaunâtre ou gris cendré au dehors, jaune au dedans, cassante, non fibreuse, inodore, de saveur astringente, styptique, non amère; mouillée avec de l’eau ou de la salive, elle laisse, sur le papier, une trace jaune, que le sulfate de fer bleuit.

On la falsifie avec les écorces du Buis, du Mûrier noir, de l’Epine -Vinette, du Mahonia et surtout avec celle des branches et des tiges du Grenadier.

Nous avons indiqué (t. I p. 604) les différences existant entre Y écorce de Buis et l’écorce de Grenadier et nous n’y reviendrons pas. Les autres écorces s’en distinguent aisément.

L 'écorce d’ Epine- Vinette est très mince, grise au dehors, jaune très foncé au dedans, fibreuse et amère ; elle colore la salive en jaune clair; son infusé n’est pas précipité par la gélatine, ni par le sulfate de fer (V. t. II, p. 101.)

\Y écorce de Mûrier est jaune fauve, avec un reflet rougeâtre, tenace, fibreuse et d'odeur nauséabonde, de saveur d’abord sucrée, puis fade et mucilagineuse. Son macéré est rougeâtre, rougit le tournesol, fournit un précipité jaunâtre avec le bichlorure de mercure et se décolore, en donnant un dépôt grisâtre, avec l’acétate de plomb ; enfin, il se trouble par l’iodure de potassium (Rigaut-Verbert, cité par Dorvault).

Selon Guibourt, le macéré de l’écorce de racine de Grenadier est brun foncé. Ce macéré donne un précipité très abondant, avec la gélatine ; un précipité jaune très abondant et cohérent, par l’acétate de plomb (la liqueur se décolore); il prend une couleur noire intense avec le sulfate de fer.

Ges diverses falsifications sont fort rares et ne peuvent d’ailleurs tromper que des gens inattentifs ou sans expérience,

La substitution de l’écorce de tige de Grenadier est, au contraire, très fréquente. Il nous paraît donc indispensable de décrire soigneusement l’aspect et la structure des écorces provenant de la tige et de celles qui sont fournies par la racine.

Gauvkt Mat, méd . , t. II.

GRANATÉES

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