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CONVOLVULACÉES — RACINE DE JALAP

que les effets produits ont été très divers: certains praticiens en sont très enthousiastes, tandis que d’autres n’en ont guère obtenu que des résultats médiocres, nuis ou même fâcheux. Plus d’une fois, on a constaté des accidents mortels, à la suite de son emploi. Berger, entre autres contradicteurs, a observé les phénomènes suivants : pesanteur de tête, vertiges, diplopie, difficulté des mouvemements de la langue, tremblement des mains, engourdissement des doigts, respiration pénible, sentiment général de froid.

Le Gelsémium doit donc être employé avec prudence et à dose faible, car il possède une activité redoutable, qui a été comparée à celle de la Ciguë. A dose élevée, il peut devenir fatal.

CONVOLVULACÉES Racine de Jalap

Les racines de ce nom sont fournies par des plantes appartenant surtout à la famille des Convolvulacées, mais dont une seule est officinale.

La racine de Jalap officinal est produite par YExogonium Purga, Benth. (Convolvulus of/îcinalis, Pelletan ; Ipomæa purga, Chois.; Ip.Jalappa,~Nv.ü.). Cette plante croît dans les bois à sol humide des Andes mexicaines, aux environs de Jalappa et près de San-Salvador, sur les pentes orientales du Cofre de Perote.

L 'Exogonium fut d’abord décrit par Coxe, de Philadelphie, et ensuite par G. Pelletan, d’après des échantillons que lui avait remis un pharmacien, nommé Ledanois, qui avait habité le Mexique. Voici ce que l’on sait sur son mode de végétation et sur l’origine de ses tubercules improprement appelés Racine cle Jalap.

La tige souterraine de Y Exogonium émet des sortes de stolons charnus, mais cylindriques et diversement emmêlés, portant des feuilles épaisses et écailleuses, à l’aisselle desquelles naissent les rameaux aériens. La portion infé-

CONVOLVULACEES

rieure des nœuds foliaires donne naissance à une ou plusieurs radicelles blanchâtres, d’abord filiformes et dont quelquesunes s’épaississent ensuite graduellement, puis deviennent napiformes. I/épaississement de ces racines s’effectue surtout dans leur portion supérieure, qui se renfle à la façon d’un radis, par le développement considérable de l’écorce, tandis que la portion inférieure, brusquement rétrécie et cylindro-conique, reste ligneuse et présente un certain nombre de divisions radicellaires. Le plus ordinairement, la partie renflée de la racine est sessile, sur le stolon qui la porte. Comme celui-ci est étroitement appliqué contre le jeune organe en voie d’évolution, il y détermine la production du sillon, que l’on observe fréquemment à la base du Jalap.

Chaque racine peut être considérée comme un tubercule, à la fois souche et racine. Elle offre, en des points quelconques de sa surface, de petites cicatrices allongées transversalement, que H. Bâillon croit être la trace déracinés secondaires détachées, mais que l’on pourrait aussi bien attribuer à de petites feuilles écailleuses, peut-être réduites à leur coussinet, bien que ces cicatrices ne présentent aucun indice de l’existence antérieure de bourgeons axillaires. Gomme dans la plupart des productions souterraines charnues du groupe des Liserons, l’épaississement de la racine de Jalap est dû au développement exagéré delà portion corticale, qui se gorge de sucs et surtout de latex. C'est à ce latex que sont dues ses propriétés âcres et purgatives.

Les racines de Jalap sont récoltées pendant toute l’année, mais principalement au printemps. Les Indiens les font sécher dans un filet suspendu au-dessus du foyer de leur hutte. Les plus petites sont laissées entières; celles qui ont une grosseur moyenne sont incisées longitudinalement ; les ! plus grosses sont coupées en tranches ou en quartiers, afin de favoriser leur dessiccation.

La Racine de Jalap (fig.587) est importée de la Vera-Cruz, j en balles de 75 à 150 kilogrammes. Elle est tantôt entière et non incisée ou pourvue d’incisions ordinairement longitudi- j nales,plus ou moins profondes et tantôt diversement coupée: elle se présente alors, soit en rouelles de grosseur variable, j

RACINE DK JAI.A1*

soit en fragments dus à la section longitudinale de la racine, par moitiés ou par quarts. Sa grosseur varie du volume d’une noix à celui du poing. Elle a une surface brune, rugueuse, une cassure compacte, résineuse, de couleur brun-noirâtre pâle, ou blanc sale. Coupée transversalement, elle offre d’ordinaire de nombreux cercles concentriques, déterminés par la présence d’autant de zones occupant la périphérie de chaque cercle. Ces zones sont composées de cellules superposées longitudinalement, remplies d’un latex résineux et plus grandes que les cellules voisines.

Fia. 587. — J.ilap du commerce.

La racine de Jalap est dure, comme cornée et généralement très pesante. Quand elle est entière, son poids dépasse rarement un demi -kilogramme.

Elle a une odeur faible, nauséabonde, une saveur d'abord fade, puis âcre et strangulante.

On l’administre sous forme de poudre, d’extrait, d’infusé, de teinture, etc.

Le Jalap est un purgatif drastique excellent, mais dont l’effet est variable. Il contient, à côté de la résine, qui en constitue le principe actif, une certaine quantité d’amidon et est ainsi promptement attaqué par les Vers. La racine piquée devient alors, à poids égal, beaucoup plus active que la racine

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intacte et ne peut être employée que pour l’extraction de la résine.

Selon Guibourt, le Jalap renferme 17,65 0/0 de résine, 19 de mélasse, 9 d’extrait aqueux, 10 de gomme, 18,78 d’a midon, etc.

Au reste, la proportion de résine contenue dans cette sub stance est très variable. On a vu que Guibourt y en a trouvé 17 0/0. Umney en a retiré 21,5; Squibb, de 11 à 16; E. et H. Smith, au plus 15; Hanbury, de 11 à. 15,8. Les racines provenant des plantes cultivées en fournissent aussi des proportions variables : un Jalap cultivé à Bonn en a donné 12, à Marquart; Windmann en a retiré 22 d’une racine venue à Munich; W. G. Smith en a obtenu 9 à 10 de plantes poussées à Dublin. Enfin, Flückiger en a trouvé 18 0/0, dans des racines provenant d’Ootacamund (Inde).

La Résine de Jalap, telle qu’on la trouve dans le commerce, est brune, âcre, non amère, soluble dans l’alcool, les acides azotique et acétique, insoluble dans l’éther, dans l’essence de térébenthine et dans l’ammoniaque. Quand on la frotte ou qu’on la chauffe, elle dégage une odeur faible, caractéristique. Sa poudre est jaune clair.

Le principe actif de la résine de Jalap ( Convolvuline , G31 H50 O16), est un corps inodore, insipide, blanc, friable, ayant l’aspect d’une matière gommeuse, soluble dans l’alcool, à peine soluble dans l’eau, insoluble dans l’éther, dans l'essence de térébenthine et dans l’ammoniaque. L’acide sulfurique colore la Convolvuline en rouge. Sous l’action des alcalis, elle se transforme, par absorption d’eau, en acide Convoi vulique , substance amorphe, facilement soluble dans l’eau, d’où les acides ne la précipitent pas. Si l’on chauffe doucement la Convolvuline ou l’acide Convolvulique, soit avec des acides dilués, soit avec de l'émulsine, ils se décomposent en sucre et en une matière cristallisable, le Convolvulinol (G20 IL0 O'), que les alcalis aqueux transforment en acide Convolvulinolique (C2ü H18 Ob), substance cristallisable, peu soluble dans l’eau.

La Convolvuline sèche fond à 150°; additionnée d’un peu d’eau, elle devient fusible au-dessous de 100°. Traitée par

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