‹ Nouveaux éléments de matière médicaleChapitre 136 sur 219 · U A CI N K DE .(AI · texte numérisé non relu

U A CI N K DE .(AI

de couleur grisâtre et fortement ridé dans le sens de sa longueur. Tous les morceaux, quelle que soit d’ailleurs leur forme, offrent de nombreuses fibres ligneuses, qui font saillie à la surface de la section transversale.

Le Jalap léger fournit une résine moins purgative que celle du Jalap vrai et qui se distingue de cette dernière , par sa solubilité dans V éther. Le principe actif (Jalapine) de cette résine est homologue de la Convolvuline ; il se dédouble en Jalapinol et glucose , sous l’influence des acides étendus et bouillants.

La Jalapine pure est incolore, amorphe, transparente, à jaeine soluble dans l’eau, soluble dans l’esprit de bois, la benzine et l’essence de térébenthine, très soluble dans l'alcool et dans l’éther.

Les chimistes considèrent la résine du Jalap léger, comme identique à celle de la Scammonée, dont elle a les propriétés purgatives.

Jalap digité, de Guibourt (Tampico Jalap , des Anglais).

Ce Jalap est fourni par Ylpomæa simulans , Hanbury, plante des Andes mexicaines, qui diffère de YIp. purga, par ses fleurs penchées avant l’épanouissement et par sa corolle campaniforme. 11 se compose de tubercules ovoïdes-fusiformes ou cylindriques -digités, libres ou réunis 2 à 2 ou 3 à 3. Ces tubercules sont fortement sillonnés en long, bruns, avec les parties saillantes de couleur fauve clair, légers et ordinairement plus petits que ceux du Jalap vrai. Leur cassure est blanchâtre, non fibreuse, cornée ou amylacée, souvent creusée de lacunes et parfois pourvue de quelques cercles concentriques foncés, résineux.

Le Jalap digité renferme de 4 à 9 0/0 environ d’une résine soluble dans V éther et nommée Tampicine. Souvent méléau vrai Jalap, il s’en distingue par ses rides plus nombreuses, son aspect subéreux ou spongieux et par le manque absolu des petites cicatrices horizontales, que présente toujours le Jalap. Parfois aussi, on le trouve mélangé aux racines de l’Aconit du Népaul (v. t. II, p. 81).

Faux Jalaps. — Le Jalap vrai est, comme nous l’avons dit, souvent mélangé de racines plus ou moins analogues. Outre

CONVOLVULACEES

les deux sortes que nous venons de décrire, Guibourt y a signalé les suivantes : J

Faux Jalap rouge. — - Il est en fragments généralement e contournés par la dessiccation, rugueux et gris brunâtre ou i gris-noirâtre à l’extérieur. La face interne'de ces fragments

Fia. 589. — Faux Jalap rouge.

offre des stries concentriques et radiaires, tout à fait caractéristiques (fig. 589). Leur section est d'un rouge rosé, spongieuse sous la dent et insipide.

Faux Jalap a odeur de rose. — 11 se compose de tubercules ovoïdes (fig.

590), atténués en pointe à leurs extrémités, très sillonnés, noirâtres au fond des sillons, blanchâtres sur les parties proéminentes, et dont la sec tion transversale est poreuse et blanchâtre,avec des cercles bruns. Ce faux Jalap a une saveur douceâtre, sans âcreté, et une odeur

de rose assez marquée. Guibourt en a extrait une résine à peine purgative, d’où il résulte que la racine elle-même est à peu près inerte. Grosourdy l'a reconnue pour une variété

Fig. 590. — Faux Jalap à odeur île rose.

MÈCHOACAN — GRAINES DIi KALADANA

de Patate jaune, cultivée aux Antilles. Selon Holmes, ce faux J alap ressemble en apparence au Jalap de Tampic.o, mais il est en morceaux plus grands. Celui cpie possède le Muséum delà Pfiarmaceutical Society et qui a été donné par Guibourt, ne contient que 3,23 0/0 de résine, dont la moitié seulement est isnoluble dans l’éther. Cet échantillon n’a plus d’odeur de rose, maintenant.

On pourrait substituer au Jalap les racines des Piptostegia Pisonis, Mart., et P. Gomesii, Mart., que l’on emploie, au Brésil, sous le nom de Batata de Purga. Ces racines sont en rondelles gris noirâtre en dehors, blanches en dedans, avec des cercles concentriques proéminents; leur saveur est d’abord mucilagineuse, puis âcre. Elles fournissent environ 12 0/0 d’une résine purgative, moins soluble dans l’éther que celle du Jalap officinal.

Cette racine purgative, actuellement inusitée, se présente sous forme de rouelles ou de morceaux (fig. 591),sansécorce, un peu jaunâ très au dehors,

âcres au goût.

La racine de Méchoacan a été rapportée, à tort, au Con volvulus Mechoacanna, Rœm. et Scliult. On sait aujourd’hui qu’elle est fournie par Y Asclépios Contragerva.

Graines de Kaladana

On emploie dans l’Inde, comme un purgatif sûr et efficace, les graines du Convolvulus Ni/, L. ( Ipomæa Nil, Roth. ;

Cauvet, Mat. mèd, t. II.

Méchoacan

avec des taches brunes et des restes de radicelles, blancs et farineux à l’intérieur, inodores, d’abord insipides, puis un peu

Fig. 591. — Racine de Méchoacan

638 CONVOLVULACÉES

Ip.cærulea, Kon., Pharbitis Nil, Choisy), plante annuelle, grimpante, à grandes Heurs bleu pâle, d’où son nom de Nil. qui signifie bleu, en Hindoustani.

Ces graines (fig. 592), sont triangulaires, convexes sur le dos et pourvues, sur leur face interne, d’un hile profond, que

surmonte un angle dièdre vertical et mousse. Elles ont environ 1/2 centimètre de hauteur et autant de largeur. A l’exception du hile, qui est brun et velu, leur surface extérieure a une couleur noire, qui les a fait appeler Kala dana : en Hindoustani, Kala- Dan a signifie graine noire.

Selon Flückiger, l'embryon des graines de Kaladana est creusé de cavités glandulaires, remplies d’une matière oléorésineuseâcre. Cette matière, dont on extrait environ 14 0/0. par l’action de l’éther bouillant, se présente sous forme d’une huile épaisse, de couleur brun clair et de saveur âcre; elle se concrète au-dessous de 18°. Ces graines contiennent, en outre, beaucoup de mucilage, des substances albuminoïdes, un peu de tannin et d’amidon et de l'oxalte de chaux.

Le principe actif des graines de Kaladana est une résine I insoluble dans l’éther, dans le chloroforme et dans la benzine. ■ mais soluble dans l’alcool. Cette résine est friable et jaune 1 clair, mais peut être décolorée parle charbon animal, comme I la résine de Jalap, à laquelle elle ressemble. Elle a un goût âcre et une saveur désagréable, surtout à chaud. L’alcool, ] l’acide acétique, l’acétone, l’éther acétique, l’alcool méthy-l lique, l’alcool amylique et les solutions alcalines la dissolvent ; i 1 acide sulfurique la dissout et prend une couleur jaune 1 brun, qui tourne rapidement au violet. Avec l’acide azotique i chaud, elle donne Y acide Ipomæique de Meyer.

La résine des graines de Kaladana est prescrite, dans I 1 Inde, sous le nom do Pharbitisine, comme cathartique. | Les graines elles- mêmes sont employées, sous forme de pou- * dre composée, de teinture et d’extrait. Elles sont officinales

Fig. 592. — Graine de Kaladana.

A, Entière : — B, coupée en long, d'après Flückiger.

racine de turbith

dans la Pharmacopée de l’Inde. Les indigènes les font griller et les mangent ensuite, pour se purger.

Racine de Turbith

Cette racine purgative est fournie par le Convolv. Turpethum, L. (Ipomæa Turpethum , IL Br.), plante de l’Inde, de l’Australie et des lies du Pacifique.

Elle est en tronçons du volume du doigt, environ, gris cendrés et rougeâtres au dehors, blancs au dedans, compacts, très

Fia. 593. — Racine de Turbith.

résineux, inodores, de saveur nauséeuse et constitués par la totalité de la racine ou plus souvent par l’écorce seule. Les tronçons (fig. 593) se montrent alors composées de faisceaux ligneux disposés en un ou plusieurs cercles concentriques, au milieu du parenchyme cortical. Ces faisceaux sont toujours criblés de pores aisément visibles sur la coupe transversale et qui correspondent a autant de gros vaisseaux rayés ou ponctués. On trouve toujours, dans le Turbith, des tronçons de tige, reconnaissables à leur structure différente et qui sont moins actifs (fig. 594).

q,(q CONVOLVULACÉES

La racine de Turbith est un purgatif énergique. Elle entre dans la composition de YEau-de-vie allemande ou Teinture deJalap composée.

Elle contient une résine molle, nauséeuse, jaunâtre et soluble dans l’éther. Le principe actif de cette résine, la Turpèthine , est un glucoside, que les alcalis transforment en acide Turpèthique et que les acides étendus, bouillants, dédoublent en glucose et en acide Turpèthalique .

La Turpéthine est une poudre grise, très irritante, insoluble dans l’éther, dans la benzine, le sulfure de carbone et les huiles volatiles.

Le Turbith pourrait être confondu avec le Costus arabique ;\\ s’en distingue par sa texture, son odeur et sa saveur.

Scammonée ou Diagrède

La Scammonée est un suc résineux concret, employé comme purgatif et qui est obtenu par incision de la racine du Convolvulus Scammonia , L. (C. Syriacus, Morr.). Il parait qu’on en retire aussi de la racine du C. hirsutus. Stev, (C. sagittifolius , Sibth ), espèce caractérisée par les poils qui recouvrent toutes ses parties : tige, feuilles, corolle, fruits. Tournefort dit, toutefois, que cette dernière plante fournit une Scammonée de qualité inférieure.

Le C. Scammonia est une plante vivace, à racine pivotante, grosse, cylindro-conique. d’un gris jaunâtre au dehors, blanchâtre et ligneuse à l’intérieur. Elle émet de nombreuses tiges volubiles, à feuilles alternes, deltoïdes-sagittées. Les fleurs, longuement pédonculées, ont un calice à sépales dissemblables et une corolle d un blanc crémeux, offrant 5 bandes étroites, jaune- rosé clair ; les anthères sont blanches; le fruit est globuleux; les graines sont brunes.

Cette plante paraît exclusive à la partieNord de la région méditerranéenne orientale. On la trouve en Grèce, en Crimée, dans l'Asie Mineure et en Syrie.

La Scammonée est récoltée en Syrie et dans l’Asie -Mineure. Pour l'obtenir, on découvre le pourtour de la racine et l'on fait à cette dernière une incision oblique, à 3-5 centimètres

SCAMMONÉE OU DIAGRÈDE 641

au-dessous de la couronne. Une coquille de Moule, fixée au bas de l’incision, reçoit le latex qui s’écoule aussitôt. Vers le soir, on enlève les coquilles et l’on racle la surface de l’incision, avec un couteau, pour enlever les gouttes du suc qui s’y sont condensées. Les paysans appelent Gala (lait) le contenu des coquilles; les gouttes isolées sont nommées Kaimak (crème).

Le Gala ou Scammonèe en coquille est très rarement exporté à l’état pur. Presque toujours, on le réunit au Kaimak et on laisse sécher ce mélange, qui fournit une Scammonée de qualité supérieure. Mais, le plus souvent, le produit des récoltes est conservé, jusqu’à ce qu’ou en ait une certaine quantité. On expose alors la masse au soleil pour la ramollir, et on la pétrit, en y ajoutant parfois un peu d’eau ; puis on la laisse sécher. Cette pratique détermine la fermentation du suc, qui prend une odeur de beurre rance, acquiert une couleur foncée et se creuse de cavités irrégulières, dues à la production de gaz, dans sa masse.

La Scammonèe est souvent falsifiée, pendant qu’elle est encore molle, soit par les paysans, soit par les marchands, qui y incorporent diverses substances : des cendres , de la terre , de la gomme arabique ou de la gomme adragante. parfois de la cire , du jaune d'œuf, de la mine de plomb. de la poudre de racine de Scammonèe. mais surtout de la farine et de la craie'.

Enfin, on en fabrique de toutes pièces.

Les divers modes de préparation et d’adultération, que nous venons de mentionner, expliquent les différences observées, dans la qualité et l’aspect des nombreuses sortes commerciales de cette substance.

Les Scamonées peuvent être rangées sous trois chefs : les Scammonèes pures; les Scammonèes impures ou adul térées ; les Scammonèes fausses.

1° S cammonées pures

Scammonèe blonde de Smyrne. en coquilles. — Elle est jaunâtre, transparente dans les lames minces, fragile. Sa

CONVOI. VULACKES

cassure est vitreuse et inégale; son odeur forte et désagréa . hle. Elle forme, avec la salive, une émulsion blanchâtre, qui devient poisseuse en sedessséchant;soumiseàla flamme d une bougie, elle fond, s’enflamme et continue à brûler seule.

Scammonée blonde de Trébizonde. - Elle est en masses d’un gris-rougeâtre terne, tenaces, a cassure inégalé, 1 ou o-eâtre, cireuse, parfois translucide en lames minces. Cette sorte a une odeur de beurre cuit ; elle forme, avec la salive, une émulsion poisseuse, gris sale, brûle avec flamme, en

bouillonnant et continue à brûler seule.

Les deux sortes précédentes sont très rares dans le corn-

mpvcô

Scammonée d'Alep, SUPÉRIEURE. - Elle est en fragments irréguliers, peu volumineux, très friables, couverts du poussière blanchâtre. Sa cassure est noire, brillante, pourvue de quelques petites cavités. En lames minces, elle est semi transparente et d’un gris olivâtre. Elle s émulsionné aisément, au contact du doigt mouillé et brûle avec flamme mai s’éteint aussitôt qu'on éloigne le corps emgmtion. Elle offre une odeur de beurre cuit et une saveur de meme nature,

mêlée d’un peu d’àcreté. ...

Guibourt décrit encore une Scammonee dAlep noire et COMPACTE, en pains orbieulaires-aplatis, compacte, pesante, friable, à cassure noire et vitreuse, dépourvue de cavités et transparente en lames minces. Cette sorte fond et brûle a la flamme d'une bougie et continue a brûler seule.

La Scammonée d’Alep, du commerce est en ha monts assez volumineux, irréguliers, caverneux, gris au dehors.

cassure noire et brillante ou terne. Cette sorte est moins friable et moins facile à émulsionner que les deux sortes

précédentes, dont elle a l'odeur et la saveur.

Scammonée de Smyrne. - On donne, assez généralement, en France, le nom de Scammonée de Smyrne aux Scamj menées impures ou de qualité inférieure. Cette appellation est regrettable, car la Scammonée do Smyrne peut être aussi pure que les sortes précédentes. Selon Sidney Maltass, toute la Scammonée de Smyrne provient du C. Scammonia. Il ajoute que les différences observées, dans la qualité des Scam

SCAMMONÉE OU DIAGRÈDE

monnées de ce pays, sont dues à la nature du sol : un sol pauvre fournit des plantes à suc plus odorant, tandis que les plantes nées dans un sol riche ou marécageux ont un suc plus aqueux, dont la Scammonée est moins dense et d’un gris noirâtre,

D’après Hanbury, la Scammonée pure des environs de Smyrne est brune, quand elle est en masses, et brun doré pâle, lorsqu’elle est en petits fragments. Cette sorte est translucide, friable, avec une cassure luisante et une odeur de fromage; frottée avec le doigt mouillé, elle donne une émulsion blanche. Elle fournit 88 0/0 de résine soluble dans l’éther.

La Scammonnée des environs d’ Angora est translucide et brun jaunâtre, lorsqu’elle est pure ; elle donne une émulsion blanche, quand on la frotte avec le doigt mouillé et contient 89 0/0 de résine soluble dans l’éther. Mais cette Scammonée est presque toujours adultérée; elle sert à la préparation de la sorte connue sous le nom de Skilip, dont nous parlerons plus loin.

2° Scammonée s adultérées

Les Scammonéesde ce groupe se distinguent généralement, par leur odeur désagréable, différente de celle des Scammonées purs. On ne peut, leur assigner de caractères distinctifs, les propriétés physiques de ces sortes de substances variant avec la nature de l’adultération qu’elles ont subie. Dorvault, qui attribue, nous ne savons pourquoi, la Scammonée deSmÿrneau Periplocci Secamone. L. (Asclépiadées), dit qu’elle est en morceaux irréguliers, durs, pesants, non friables, d’un brun terne et d’une saveur âcre et amère.

On peut rapporter à ce groupe la Scammonée plate d’Antioche, décrite par Guibourt.

Les Scammonées dites de Smyrne, dans le commerce, sont sans doute de même origine que la sorte nommée Skilip (voir ci-dessous). Selon quelques auteurs, ces Scammonées sont produites par le suc exprimé des racines et des feuilles du C. Scammonia, suc auquel on ajoute de la terre, du sable, de la craie, de la farine, etc.

Ç)n vend, à Constantinople, sous le nom de Skilip ou Iskilip

CONVOLVULACEES

une Scammonée de mauvaise qualité, provenant d’ Angora. Cette sorte a une couleur brun-grisâtre terne. Elle contient environ 30 à 40 0/0 de résine et 60 à 70 0/0 d’amidon de Blé, facile à distinguer de la fécule de la racine du C. Scanimonia , qui a une forme différente,

Selon Maltass, la Scammonée vendue en Angleterre, sous le nom de 'première qualité, est préparée par les juifs de Smyrne, avec 40 0/0 de Skilip et une sorte inférieure de Scammonée contenant de la terre, de la gomme, des matières ligneuses, etc. Elle renferme 50 0/0 de résine.

La sorte dite de seconde qualité se compose de 60 0/0 de Skilip, avec 10 0/0 de gomme et de mine de plomb. On y a trouvé 30 0/0 de résine pure, 50 0/0 d’amidon et de craie, de la gomme, des substances ligneuses, etc.

3 0 Scammonèes fausses

On rapporte, à ce groupe, quelques Scammonèes de Smyrne du commerce et la Scammonée dite de Montpellier .

La Scammonée de Montpellier, que les Allemands appellent Scammonium gallicum , parait n'avoir jamais été préparée en France. Selon les habitudes de nos voisins, qui donnent trop souvent à leurs produits une étiquette française, cette drogue est, d’après Laval, exportée d’Allemagne, surtout de Stuttgard. On pensait jadis qu’elle était faite avec le suc du Cynanchum monspeliacum, L., additionné de résines et de diverses substances purgatives.

Cette Scammonée allemande est en galettes aplaties, noires, dures, compactes, offrant une odeur faible de baume du Pérou. Elle forme, avec la salive, une sorte de dissolution gris foncé, grasse, onctueuse et tenace. Elle doit être rejetée.

Propriétés de la S cammonée

La Scammonée pure ou Scammonée vierge ( Virgin Scammony , des Anglais) est presque entièrement soluble dans l’alcool rectifié, bouillant; l’éther en dissout de 77 à 83 0/0 et même davantage; l’eau la dissout à peine et forme, avec elle, une émulsion momentanée. On y a trouvé une petite

SCAMMONÈE oit diagrède

quantité de gomme , parfois un peu à' amidon et surtout une proportion variable, selon les sortes, d’une résine analogue à celle qu’on retire du Jalap léger ou Jalap mâle, résine que l’on a nommée Jalapine, et qu’il serait préférable d’appeler Scammonine.

La résine de Scàmmonée est brune, translucide, cassante et sa cassure est résineuse. Elle ne s’émulsionne pas avec l’eau; elle est aisément soluble dans l’alcool, l’éther, la benzine. L’ammoniaque la dissout et se colore en vert. Sa dissolution alcoolique, décolorée par le charbon animal, fournit, par évaporation, une résine presque blanche.

Après avoir été dissoute dans les alcalis, cette résine se dédouble en glucose et en acide Scammonolique , lorsqu’on la traite par les acides étendus.

La Scàmmonée est fréquemment adultérée, tant en France qu’à l’étranger. Les principales substances employées à sa falsification sont les suivantes :

1° Les sels terreux, décelés par l’acide chlorhydrique ou par l’incinération; on en a trouvé jusqu’à 90 0/0.

2° L’ amidon, qui est décelé par l’iode. Toutefois, il ne faudrait rejeter une Scàmmonée, que si l’amidon y existe en grande quantité et au delà de 2 à 8 0/0, l’amidon pouvant provenir de la plante mère.

3° I-ja résine de Jalap, décelée par son insolubilité dans l’éther: une bonne Scàmmonée, traitée par l’éther, ne laisse guère plus de 20 0/0 de résidu ; la liqueur éthérée donne, par évaporation, une résine très sèche.

4° La résine de Gayac est décelée par les réactions indiquées à l’article Jalap (v. p. 633).

5Ü La colophane est reconnue par trituration de la Scammonée adultérée : il se développe alors une odeur térébenthinée. Si l’on traite, par l’acide sulfurique, un mélange de colophane et de Scàmmonée, il se produit une coloration rouge écarlate très foncé, tandis que la Scàmmonée pure prend alors une couleur lie de vin, faible.

Les falsifications si nombreuses, que présente la Scammonée du commerce et le peu de confiance qu’inspire une drogue aussi fréquemment adultérée, ont conduit les Anglais

(5iü

CONVOLVULACEES

à traiter directement la racine du Conv. Scammonia, pour I en extraire la résine. D’abord préparée par Maltass, en Syrie, I cette substance est actuellement obtenue en Angleterre, où I la racine est apportée en assez grande quantité.

La Racine de Scammonée sc présente en morceaux pou- I vaut avoir un mètre de long et une épaisseur d’un décimé- I tre. Elle est do couleur fauve ou brun clair, sillonnée et souvent tordue sur elle-même ; sa cassure est fibreuse. Sur I une section transversale, on la voit formée d’une écorce moyennement épaisse, dont les couches internes sont riches en I cellules résineuses et pénétrées par les rayons médullaires, I qui donnent un aspect radié à cette partie des couches cor- I ticales. Le corps ligneux a une couleur gris brunâtre ; il est composé de faisceaux irréguliers, disposés en cercles concentriques et traversés par d’épais rayons médullaires.

Pour en extraire la résine, on fait bouillir les racines d’abord dans de l’eau pure, ensuite dans l’eau acidulée, afin d’en séparer toutes les substances solubles dans ces dissolvants. La racine, alors privée de toutes les matières inertes, est ensuite soumise à l’action de l’alcool. La résine ainsi obtenue est cassante, brune, translucide. Elle a une cassure résineuse, ne s’émulsionne pas, quand on l’humecte avec de l’eau et se dissout presque entièrement dans l’éther.

Bois de Rhodes ou Bois de Rose des Canaries

Ce bois a été nommé Bois de Rhodes , non à cause de son origine, l’ile de Rhodes n’en produisant pas, mais à cause de son odeur, qui rappelle celle de la rose (oooov, rose).

Il est constitué par les souches et par les racines du Convolvulus scoparius , L., plante des Canaries, frutescente, • non volubile et ayant le port d'un Genêt.

Ce bois est en souches plus ou moins ramifiées, irrégulières, contournées, souvent creusées de sillons profonds et, tantôt nues, tantôt pourvues d’une écorce fongueuse, très crevassée. L’écorce offre, au-dessous du suber, une zone assez épaisse de cellules pierreuses, à section quadrangulaire. Le parenchyme libérien est creusé de nombreuses lacunes ou mieux

GENTIANEES - GENTIANE JAUNE

de canaux à latex remplis d’une matière oléo-résineuse jaunâtre, que l’on retrouve également dans les cellules des rayons médullaires du bois et dans quelques vaisseaux. Le bois se compose de couches assez distinctes, dont les extérieures ( aubier ) sont d’un blanc jaunâtre, tandis que les plus intérieures ( dur amen ) sont onctueuses au toucher et de couleur jaune-brunâtre.

Le Bois de Rhodes fournit une essence liquide, onctueuse, jaunâtre, amère, un peu plus légère que l’eau et qui sert, dit-on, à falsifier l’essence de roses (v. t. II, p. 560-501).

GENTIANEES Gentiane jaune

La Gentiane jaune ( Gentiana lutea. L.) est une plante des régions montagneuses de l’Europe. Sa racine vivace, longue et rameuse peut atteindre la grosseur du poignet. On la récolte et on la des sèche, pour l’usage médicinal, ou bien on l’écrase et on la sou met à la fermenta tion, pour en obtenir une Eau-de-vie , dite de Gentiane , qui est fort estimée des montagnards.

La Racine de Gentiane du commerce (fig. 595) est généralement grosse comme le pouce, rugueuse et d’un brun jaunâtre au dehors, jaune et spongieuse au dedans; elle a une odeur forte, désagréable et une saveur très amère. Elle renferme, entre autres principes : une substance cristallisal.de, dépourvue d’amertume (acide Gentianique ou Gcntianin , de Henry et Caventou); une matière colorante jaune, la Genti-

GENTIANEES

sine , qui paraît être le Gentisin de Ch. Leconte; une huile; du sucre incristallisable et surtout une substance amère, appelée Gentianine, que Dulk obtint à l’état impur.

La Gentianine de Dulk est un principe non cristalli sable, brun jaunâtre, très amer, très soluble dans l’eau et dans l’alcool ordinaire, presque insoluble dans l'alcool absolu. Ce principe est la même substance que la Gentiopicrine de Ludwig etKromayer.

La Gentiopicrine (Ci0 H20 O30) est un corps neutre, cristallisant en aiguilles soyeuses, solubles dans l’eau et dans l’alcool ordinaire, mais seulement à chaud dans l’alcool absolu. Elle est insoluble dans l’éther. Les solutions des alcalis caustiques la dissolvent et se colorent en jaune; les acides étendus la dédoublent en glucose et en une substance neutre, amorphe, brun jaunâtre, appelée Gentiogènine.

L’acide Gentianique (C14 H10 O5 ) est un corps insipide, en cristaux soyeux, jaune pâle, pouvant être sublimés, peu solubles dans l’eau, mais solubles dans l’alcool concentré chaud.

D’après Küchenmeister, la Gentiatine agit sur la rate, aussi efficacement que la quinine; son action est aussi rapide; il suffit de l’administrer à la dose de 1 à 2 grammes, 2 fois par jour; elle constitue probablement le succédané le plus précieux du quinquina.

La racine de Gentiane est le meilleur des febrituges indigènes. On la prescrit sous forme d 'infusion, d'extrait, de vin, de sirop, de teinture, de poudre. Elle entre dans beaucoup de préparations.

Elle est souvent mélangée avec les racines des Gentiana pannonica , Scop.; G. punctata. L.; G. pur pure a , L., qui, d’ailleurs, possèdent les mêmes propriétés. Les racines des G. pannonica et G. purpurea en diffèrent par leur couleur brune à l’intérieur et par leur grosseur moindre ; elles offrent un fort sillon longitudinal et ne sont pas ridées en travers. Celle du G. punctata est jaunâtre et non

brune. . J

Les rhizomes de l’Ellébore blanc, qui sont parfois mêlés à la racine de Gentiane, s’en distinguent aisément (v. t. I, p. 392).

CHIUETTE OU CHIRAYTA

Chirette ou Chirayta

On emploie, clans l’Inde, sous ce nom ou sous ceux de Chiretta et de Dukkani Chiretta, une plante appelée en sanscrit Kirdta-tikta (plante amère des Kiratas). C’est YOphelia Cliirata , Griseb. (Gentiana Chirayita , lloxb. ; Ophelia lurida , Don; Agathotes Chirayta , Don), herbe annuelle des régions montagneuses du nord de l’Inde, où elle est sans doute récoltée par les Kirâtas, peuplade ou caste errante de montagnards de ces contrées.

La Chirette est une plante de la tribu des Lisianthées, haute de 60 à 70 centimètres, à racine simple, fusiforme, rarement ramifiée, d’où naissent une ou plusieurs tiges épaisses de 4 millimètres à 2 centimètres. Ces tiges sont de couleur brun- orange ou pourpre foncé, cylindriques en bas, quadrangulaires en haut et portant des rameaux décussés, grêles, allongés, qui forment une sorte de corymbe dense. Les feuilles sont opposées, semi-amplexicaules, entières, ovales-accuminées, cordées à la base. Le calice est plus court que la corolle, qui est jaune et rotacée; le fruit est une capsule uniloculaire, bivalve et polysperme.

L’étude de la composition chimique de la Chirette a été faite, dans le laboratoire de Ludwig, par Hohn, qui y a signalé la présence de deux principes amers : l'acide Oplièlique et la Chiratine.

L’acide Ophélique (C13 H20 O10) est une substance jaune, amorphe, visqueuse, de saveur amère-acidule persistante, et d’odeur agréable. Il est soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther, ne précipite pas le tannin, réduit la liqueur cupropotassique et donne, avec l’acétate basique de plomb, un abondant précipité jaune.

La Chiratine (C26 H48 O15) est une poudre neutre, amorphe, hygroscopique, de couleur jaune clair, soluble dans l’alcool, l’éther et l’eau chaude. Le tannin la précipite. L’acide chlorhydrique bouillant la décompose en Chiratogènine (Ci3 H'24 O3 ) en acide Ophélique et eau (2 H2 O).

Cauvkt, Mat. méd., t. II.

GENTIANEËS

5Q UrbJN llAN-cuSo

La Ghiratogénine est une substance amorphe, brunâtre, soluble dans l’alcool et insoluble dans 1 eau.

Hohn a retiré aussi de la Chirette un 3e principe jaune, cristallisable, insipide, qu’il n a pu étudier.

La Ghirette est un tonique amer, très estime dans 1 Inde, où on l’emploie contre les cachexies, les fièvres intermittentes, la dysenterie, etc. Selon Squire, son infusion est agréable, quand elle est faite à la température de 180° F., soit a un

peu plus de 80° G. .

La Ghirette est récoltée à l’époque de la floraison ou de la

fructification. On la dessèche et on la met en paquets aplatis, longs de 90 centimètres environ et pesant près de 2 li\ res. Selon Weeb, ces paquets renferment parfois, dans leur centre, des racines de Munjeet (Rubict covdi fohci, L. ).

Guibourt avait supposé que la Ghirette est le Calamus aromciticus des Anciens. Cette opinion ne semble pas justifiée, ni vraisemblable.

En diverses parties de l'Inde, on substitue, a la Ghirette, des plantes appartenant au même genre ou à des genres différents. Telles sont: les Ophelia pulchella, Don; O. angusti folia, Don; O. densi folia, Griseb ; O. elegans, Wight; O. multijlora , Dalz. ; deux ou trois espèces à'Exacum et P Andrographis paniculata, que nous étudierons plus loin, avec les produits de la famille des Acanthacees.

I/O. anaustifolia a été récemment substitué, dans le commerce, a P O Chirayta. Cette plante est appelée, dans 1 Inde, Puharee Chiretta. Elle donne une infusion plus pâle, n’a pas de moelle distincte et le bois de sa tige est épais; la portion inférieure de la tige est qua-

drangulaire aussi. .

Au reste, ces diverses plantes ont, à des degrés plus ou moins

elevés, les propriétés amères et toniques de 1 espèce officinale.

Une autre Gentianée, le Slevogtia orientahs , Griseb., porte le nom de Ghota Chirelta ou Petit Chiretta.

Petite Centaurée

La Petite Centaurée (Erythræa [Chironia, Wild.] Centaurium , Pcrs.; fig. 596) est une herbe commune dans les prairies et les bois humides de la majeure partie de l’Europe.

Elle offre les caractères suivants : Plante annuelle, haute de 20 à 30 centimètres, à tige subquadrangulaire; feuilles opposées, petites, ovales-aiguës, entières; fleurs en cymc

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