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STR A. MOI NE OU POMME EPINEUSE

Les acides sulfhydrique et cyanhydrique, qui existent parfois dans la fumée de Tabac, s’y trouvent toujours mêlés à. de l’acide carbonique et à de l’oxyde de carbone. Ce dernier gaz, surtout produit par la pipe, où la combustion est incomplète, entraîne avec lui de la Pyridine , qui a une action stupéfiante. Un bon cigare, qui brûle bien, fournit principalement de la Collidine , alcaloïde beaucoup moins toxique. Fumer le cigare, si on ne le mâche pas, est donc moins dangereux que fumer la pipe. Mais, comme l’expérience et la théorie montrent que la nicotine produite se condense en partie à l’extrémité du cigare, où sont arrêtées aussi les matières pyrogénées, il s’ensuit : 1° qu’on ne doit jamais fumer un cigare jusqu'au bout; 2“ qu’il ne faut surtout pas le mâcher.

Le Tabac a puiser a subi une fermentation plus longue et contient moins de nicotine : Schlœsing y en a trouvé 2 0/0, tandis que Vohl et Eulenberg n’y en ont trouvé guère plus de 0,03 à 0,06 0/0, ce qui peut être attribué à ce que leur tabac était de fabrication allemande. L’usage du Tabac à priser détermine des phénomènes à peu près exclusivement locaux : éternuement, sécrétion nasale, diminution de l’odorat, parfois catarrhe pharyngien. Son ingestion, dans l’estomac, provoque les symtômes d'un empoisonnement : à la dose de 2 à 4r grammes, il peut amener la mort.

Le Tabac a cifrQUER produit surtout du catarrhe buccal et gastrique. Son abus paraît déterminer des troubles de l’intelligence.

Le Tabac est réputé un excitant psychique. Il est à croire que c’est là une erreur: l’habitude de fumer, contractée par beaucoup de travailleurs, nous semble être plutôt une manie, une occupation toute mécanique de l’individu, tandis que l’esprit se détache du corps, pense, réfléchit, compare, juge.

Stramoine ou Pomme épineuse

La Stramoine (Datura Stramonium, h.-, fig. 602) estime plante annuelle, paraissant originaire des bords de la mer Caspienne, aujourd’hui commune en Europe, en Asie et en Amérique, dans les lieux incultes, surtout au voisinage des jardins et des habitations. Elle offre les caractères suivants: Plante à tige herbacée, haute d’environ 1 mètre, cylindrique, en apparence dichotome, par soudure des rameaux avec leurs feuilles mères ; feuilles pétiolées, ovales-aigües, anguleuses, sinuées, alternes, ordinairement géminées sur les rameaux sympodiqucs; fleurs terminales, solitaires, alaires' dans la dichotomie, extra- axillaires dans les rameaux à euilles géminées; calice tubuleux, en partie caduc, à 5 côtes

SOLANÈES

saillantes; corolle très grande, infundibuliforme, blanche ou purpurine, à tube anguleux et a limbe évase, plisse, terminé

Fig. 602. —

naturel Stramonium.

par des lobes aigus : étamines incluses; ovaire couvert d’aiguillons mous et surmonté par un style glabre, à stigmate

bilamellé ; capsule épineuse, divisée en 4 loges par deux cloisons incomplètes, dues au prolongement du placenta et de la nervure dorsale : ces cloisons ne se prolongent pas jusqu’au sommet du fruit, où les deux loges d’un même carpelle communiquent. La déhiscence de la capsule s’eftectue par 4 valves non septifères (fig. 603), qui se détachent des cloisons et laissent celles-ci supportées par un prolongement de l’axe. Les grai nés sont nombreuses, aplaties, réniformes, finement chagrinées, noirâtres ou d’un brun foncé, longues de 4 millimètres, épaisses d’environ 1 millimètre.

Fig. 603. — Fruit du Datura Stramonium. — a , graine grossie.

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