‹ Nouveaux éléments de matière médicaleChapitre 149 sur 219 · C8 H14 0\ C9 II9 O · texte numérisé non relu

C8 H14 0\ C9 II9 O

La Tropinc est fortement alcaline ; elle se dissout dans l’eau et dans l’alcool; l’évaporation spontanée de sa dissolution dans l’éther la laisse en cristaux tabulaires.

L’Acide Tropique est cristallisable et se décompose facilement en Acide A tropique ci en Acide lsatropique , acides isomères de l’acide cinnamique (C9 H8 O2 ).

En faisant l’histoire de l’Hyoscyamine, nous avons vu que, sous l’influence de l’eau de baryte, cet alcaloïde se dédouble

Cauvet, Mat. raéd., t. II.

SOLANEES

en Hyoscine et acide Hyoscinique , comme Y Atropine se dédouble en Tr opine et acide Tropique. Les intimes relations qui existent, entre la Daturine etY Atropine, permettent d’en induire que la Daturine se comporterait delà même manière. Ces trois alcaloïdes et leurs congénères (Belladonine, Sikèranine) offrent, d’ailleurs, des propriétés analogues; leurs effets, sur la pupille, sur le cœur et sur les glandes salivaires sont identiques. La seule différence constatée entre eux réside dans l’intensité de leur action et, par suite, dans la dose variable à laquelle ils doivent être administrés, pour produire le même résultat.

Aussi Nothnagel tend -il à rapprocher ces alcaloïdes et à considérer la Belladonine , la Daturine et l’ Hyoscy amine, comme formées par une Tropine analogue à celle de l’Atropine. Dans cette hypothèse, l’acide qui substitue son radical à un atome d’hydrogène de la Tropine correspondante serait :

Y acide Belladonique, pour la Belladonine; Y acide Hyoscinique, pour l’Hyoscyamine; Y acide Daturique (?), pour la Daturine.

a Chose remarquable, l’Atropine, même à doses élevées, est dépourvue de la propriété de faire dilater la pupille, et son action paralysante sur le pneumo-gastrique, ainsi que sur la corde du tympan, est extrêmement faible. Elle ne devient apte à faire dilater la pupille et n’acquiert des propriétés paralysantes plus intenses, sur le pneumo-gastrique et sur la corde du tympan, que lorsqu’un de ses atomes d’hydrogène a été remplacé par l’un des radicaux d’acides ci-dessus mentionnés; ses propriétés sont, en outre, plus ou moins prononcées, selon que tel ou tel radical d acide est entie dans sa composition (Fraser, Hellmann, Bucliheim, Fr. Eckhardt).

« D’après Fraser, l’addition d’un radical alcoolique ne fait pas perdre à l’Atropine son action sur la pupille et sur le pneumo-gastrique, mais elle la prive de ses effets sur les autres organes. » (Nothnagel.)

Bouchardat et Stuart Cooper, ayant remarqué l’innocuité absolue des feuilles de Belladone sur les Lapins, administrèrent l’Atropine, par la voie endermique, à l’un de ces animaux, qui n’en parut pas incommodé. Le même alcaloïde donné à

un Chien, par la même voie, n’a guère produit que quelques accidents généraux, à la dose de 5, 10, 15 centigrammes.

Dix centigrammes d’Atropine, dissous à l’aide d’une goutte d’acide chlorhydrique dans 20 grammes d’eau distillée, furent injectés dans la veine crurale d’un Chien de moyenne taille. Presque aussitôt l’animal poussa un cri aigu et prolongé, puis tomba raide, comme s’il eût été frappé par la foudre. Sa tête était inerte, ses jambes étaient tendues; la vie, près de s’éteindre, était indiquée par un mouvement thoracique presque imperceptible et par un faible frémissement du cœur. Après 5 ou 6 minutes, l’animal fit entendre une légère plainte, puis se leva, traversa la pièce d’une marche chancelante et alla se blottir sous une table, où il demeura pendant plusieurs heures. Pendant tout ce temps, il n’eut aucune excrétion soit alvine, soit urinaire; le soir même il se mit à manger. Cette expérience répétée sur d’autres Chiens et à doses de plus en plus élevées (10, 15, 20, 30 centigrammes), détermina les mêmes phénomènes, avec une intensité et une durée en rapport avec les doses.

L’action de l’Atropine se manifeste avec beaucoup plus d’énergie chez l’Homme. Il suffit de 1 centigramme de cet alcaloïde, pour amener des phénomènes inquiétants. Sous son influence, selon Schroff, le pouls baisse rapidement.

D’après les observations de Brown Séquard et de Warton Jones, la Belladone et l’Atropine amènent la contraction de la paroi des vaisseaux, dont le calibre diminue presque jusqu’à l’oblitération. La Belladone serait donc un excitant des fibres musculaires lisses et ainsi s'expliqueraient la petitesse du pouls, la sécheresse de la bouche et de la gorge, la pâleur de la face remplacée par son extrême rougeur, l’injection bleue des conjonctives, le froid, les sueurs froides, etc., que l’on observe à la suite de l’empoisonnement par cette plante. On comprend aussi comment elle peut rendre des services réels, contre l’incontinence d’urine et la constipation.

Pour résumer l’action de la Belladone sur l’organisme, nous dirons quelle est à la fois un inébriant, un anesthésique et un hyposthénisant. Elle abolit la sensibilité, affaiblit l’énergie des muscles de la vie de relation et, quant à ceux de la vie

SOLANÈES

organique, il est facile de voir que leur excitation doit engendrer la faiblesse et l’hyposthénie, caria contraction des vaisseaux sanguins diminue l’abord du sang dans les organes et, par suite, amoindrit leur activité. L’action hyposthénisante de la Belladone s’exercerait sur la moelle : Brown-Séquard et Michéa se sont assurés, en effet, que, sous son influence, le pouvoir réflecto-moteur se trouve considérablement affaibli.

Les propriétés que nous venons de faire connaître expliquent les nombreuses applications de la Belladone et de l’Atropine dans la thérapeutique. Son action sur la pupille la fait employer, pour faciliter certaines opérations chirurgicales sur le globe de l’œil.

Tiges de Douce-amère

La Douce-amère (Solanum Dulcamara, 1j. ;fig. 607) est

une plante vivace, à tige grêle, sarmenteuse, ligneuse à la base et à feuilles alternes, profondément trilobées.

Ses fleurs sont disposées en cymes scorpioïdes racémiformes, ordinairement trichotomies et latérales par usurpation de l'axe secondaire. Son fruit est une baie rougeâtre, ovoïde -arrondie.

Elle croît dans les haies, les taillis humides et au bord des ruisseaux. Ses tiges sont récoltées au printemps. Elles ont alors une odeur forte, très désagréable, qu’elles perdent en grande partie en se desséchant.

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