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TIGES DE DOUCE-AMÈRE

On les trouve, dans le commerce, sous forme de tronçons cylindriques, offrant, de distance en distance, des traces d’insertion de feuilles alternes. Ces tronçons sont verdâtres, quand ils proviennent de tiges encore jeunes et d’un vert grisâtre ou brunâtre, quand ils sont fournis par des tiges plus âgées.

Sur une coupe transversale, la tige de Douce-amère se montre composée d’une écorce mince, verdâtre en dehors et d’un bois offrant deux ou trois couches, qui entourent un canal médullaire le plus souvent vide.

La Douce-amère est rarement falsifiée et il semble inutile de faire connaître sa structure microscopique.

On lui substitue parfois, dit- on. les tiges de Houblon ou celles du Lonicera Periclymenum. Cette substitution, que nous n’avons jamais observée, est facile à déceler. En effet, le Houblon et les Lonicera ont des feuilles opposées et, par suite, leurs tiges offrent toujours deux cicatrices opposées, indices de l’insertion des feuilles, tandis que, dans la Douce-amère, ces traces ne sont jamais situées à la même hauteur. Les tiges de Houblon sont, d’ailleurs, subquadrangulaires et plus ou moins tordues sur elles-mêmes. Enfin, les tiges de Houblon et celles du Chèvrefeuille n’ont pas l’odeur et surtout la saveur d’abord douce, puis amère, qui caractérisent la Douce-amère.

La saveur spéciale des tiges de cette plante parait due à un principe cristallin, que Pfaff découvrit et appela Picro- (jlycion. Ce principe semble être un mélange de sucre et de Solanine. Le Picroglycion de Pfaff est- il la substance active de la Douce-amère? On ne le sait.

Lorsque Desfosses, en 1820, eut retiré la Solanine des baies de la Morelle noire, il rechercha le même alcaloïde dans la Douce-amère et signala sa présence dans les feuilles et les tiges de cette plante. De son côté, Peschier trouva la Solanine dans les baies de la Douce-amère.

Toutefois, en 1841, Winckler reconnut que l’alcaloïde des tiges de Douce-amère ne peut être obtenu qu’à l’état amorphe et que, en présence des chlorures de platine et de mercure, il se comporte autrement que la Solanine des Pommes de terre. Moitessier confirma cette observation, en 1856, mais

SOI.ANEES

ne put obtenir que des sels amorphes, avec la prétendue Solanine de la Douce-amère. Gomme la Solanine estcristallisable et comme ses sels cristallisent aussi, quoique difficilement, on est induit à penser que la Solanine vraie et l’alcaloïde de la Douce-amère sont des principes de nature différente.

Peut- être le principe actif de la Douce-amère est -il constitué par la substance amorphe, de saveur amère et d’arrièregoût douceâtre, que Geissler en a retirée, en 1875 et qu’il a nommée Dulcamarine.

La Dulcamarine est un glucoside, car. sous l’action des acides dilués, elle se dédouble en Dulcamarètine et glucose :

G22 H34 O10 2 H2 O = Cü H12 0G -f- G16 H26 0°

Dulcamarine. Glucose. Dulcamarètine.

La Dulcamarine est jaunâtre, inodore, d’abord amère, puis sucrée, soluble dans 5 parties d’alcool bouillant et dans 8 parties d’alcool à 90° froid, dans 25 parties d’eau chaude et dans 30 parties d’eau froide; elle est insoluble dans l’éther, le chloroforme, le pétrole, soluble dans l’acide et l’éther acétiques, ainsi que dans les alcalis; les acides la colorent en jaune rouge. Elle est précipitée par l’acétate de plomb et non par le chlorure de platine.

Donnée à haute dose, la Douce-amère produit les phénomènes suivants : céphalalgie, ivresse, embarras delà langue,, ardeur de la gorge, délire, nymphomanie, suppression de l’urine, démangeaison et éruption de la peau. Selon Carrère, elle détermine, surtout dans les temps froids, chez les personnes impressionnables, l’apparition de légers mouvements convulsifs aux mains, aux lèvres, aux paupières.

Elle est employée, sous forme de décoction ou d’extrait, contre les maladies de la peau. Les baies, que l’on croyait vénéneuses, ont une saveur fade et nauséabonde.

M or elle noire

La Morelle noire (Solanum nigrum, L.) est une plante commune dans les décombres et les champs ou les jardins en friche. Elle offre les caractères suivants (fig. 608) :

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