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ANON AGEES - PRODUITS DES ANONACEES

ANON ACÉES

Cette famille ne fournit guère de produits usités dans la médecine ëuropéenne. Nous ferons connaître les plus importants.

Produits des Anonacées

Poivre d’Éthiopie. — Ce fruit (fig. 400), aussi nommé Poivre de Singe, est produit par VUnona ( Xylopia , A. Rich.) œthiopica, Dun. Il est long de 3 à 5 centimètres, gros comme une plume à écrire, toruleux et de couleur brune. Il renferme de quatre à dix graines noirâtres, lisses, oblongues, arillées, disposées en série simple et entourées d’une pulpe desséchée. Le péricarpe et les graines ont une saveur âcre, chaude et poivrée.

Les nègres emploient ce fruit comme condiment.

Les fruits d'une espèce voisine, VUnona aromatica , Dun, qui croît à la Guyane, ont des propriétés analogues et sont aussi employés comme condiment. Les Xylopia frutescens, Aubl., et Xyl.

yrandiflora, A.Sainb-Hil., servent aux mêmes usages, au Brésil.

Les fruits de l'Asiminier (Un. trilola, Torr.) sont, parfois mangés, aux Etats- Unis, quoique peu agréables; leur pulpe fournit, par fermentation, une liqueur alcoolique. Cette pulpe et les feuilles broyées sont utilisées pour hâter la cicatrisation des plaies et la maturation des abcès. Les semences sont âcres et vomitives ; on les emploie surtout contre les Poux.

Les fruits fournis par l'Anone écailleuse ou Cœur de Bœuf f.4?!0»a • squamosa, L.), et par la Pomme cannelle ou Corossol (A. muricata , L.), etc , sont comestibles.

Le fruit de l’Anone écailleuse est une sorte de baie subglobuleuse,

ANONAGEES

verdâtre, jaunâtré ou grisâtre, offrant un assez grand nombre de mamelons obtus, disposés en séries alternantes. Sa chair est blanche, molle, douée d’un parfum suave et d'une saveur très agréable, avec un arôme analogue à celui de la cannelle. Les graines sont âcres et employées pour détruire les Poux.

Les fruits de la Pomme cannelle (fig. 401) sont couverts d’une écorce verte ou jaune, garnie de pointes et d'odeur térébinthacée. Leur chair

Fia 401. — Pomme-Cannelle.

est blanchâtre, butyreuse, de saveur douce, acidulé, rappelant celle de la fraise, de l’ananas et de la cannelle. On les mange crus ou cuits* mais alors cueillis avant maturité. On les emploie aussi comme astringents, ainsi que les graines. Les feuilles et les fleurs sont réputées béchiques.

Le fruit de VA. Cherimolia , L , du Pérou, serait, d’après les voyageurs, le plus exquis de tous les fruits connus; mais il doit être mangé à point; sa chair offre alors un goût de fraise et d'ananas.

Aucun de ces fruits ne vaut nos délicieuses poires fondantes.

Le fruit de l'A. reticulata , L., est peu estimé; le suc de cet arbre est très irritant.

L'écorce du Xylopia, L. (Uncma, DC.\ Cœlocline, A. DG.), poly-

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carpa, Benth. etHook.,de Sierra-Leone, est un amer et une matière tinctoriale jaune. Elle doit ses propriétés à la Berbérine.

L’Huile de Macassar parait être préparée, aux Moluques, avec les fleurs odorantes du Canang, des Moluques ( Uvaria odorata, Lamk.), du Michelia Champacca et du Gurcuma, traités par de l’huile de Coco.

L’huile de Macassar semble être la même chose que le Dorriborri , que l'on emploie en frictions sur les cheveux et sur la peau, pour gnérir ou prévenir les fièvres. On prépare, à Java, une huile odorante (Minjak-Kenangen), avec les fleurs dé 1\4. intermedia , Hassk., et de quelques espèces voisines

Les feuilles de Y Artabotlirys suaveolens, Blum., de la Malaisie, sont employées en infusion, contre le choléra.

Les graines du Monodora Myristica , Dun., ont un albumen ruminé, offrant les qualités de la muscade, mais de saveur plus piquante. On les emploie en médecine et comme condiment, sous le nom de Muscades de Calabasft.

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Écorce de Tulipier

Cette écorce est fournie par le Tulipier ordinaire (Liriodendron tulipifera, L. ; Tulip Tree, des Anglo-Américains), grand arbre de l’Amérique du Nord, cultivé en Europe.

Elle se présente, dans le commerce, sous forme de fragments divisés au coupe-racines, ayant à peine 1 à 2 centimètres de long, sur 1/3 à 1 centimètre de large, ordinairement constitués par le liber seul, plus rarement pourvus du parenchyme cortical. Ce dernier, lorsqu’il existe, est gris en dehors, compact et brun grisâtre en dedans ; il est divisé en zones concentriques, par intercalation de périderme, et peut avoir plus de 1/2 centimètre d’épaisseur. Le liber est de couleur fauve pâle et composé de feuillets fibreux, minces, disposés en couches concentriques, sans apparence de rayons médullaires, du moins à la loupe, Au milieu de ce tissu, se voient des nodules d’un blanc grisâtre, disséminés sans ordre. La couche totale n’a guère que 3 millimètres d’épaisseur.

Comme les fibres libériennes sont résistantes et se séparent aisément, la majeure partie de l’écorce du commerce se montre

ou

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composée de fragments très fibreux, à fibres dissociées et efüloquées ; un tiers au moins de la masse est formée de débris ! demi-pulvérulents.

L’écorce de Tulipier est très amère et un peu aromatique. ' Elle 11e contient pas de tannin, ni d’acide gallique ; elle renferme un principe neutre, non azoté, extrêmement amer, la Liriodendrine . Ce principe cristallise en paillettes incolores . ou en aiguilles étoilées, fond à 83° et se sublime en partie sans altération ; il existe surtout dans l’écorce de la racine.

L’écorce de Tulipier est un fébrifuge estimé en Amérique; on la donne en décoction ou en poudre, à la dose de 4 à 6 grammes.

Écorce de Magnolia

On désigne quelquefois en Amérique, sous le nom de Quinquina de Virginie, l’écorce amère et aromatique du Magnolier glauque ( Magnolia glauca , L.; Swamp Sassafras et Beaver Tree des Anglo-Américains).

Cette écorce est en fragments droits ou plus au moins contournés, cintrés ou roulés, rarement plats, de dimension variable, et dont la longueur ne dépasse guère 1 décimètre. Sa face externe est grisbrun clair et marquée de sillons irréguliers, peu profonds; sa face interne est jaune fauve et pourvue de cites fines, exactement parallèles et rectilignes, dues à la saillie des faisceaux libériens. Sa cassure est courte, sauf au voisinage du périderme, où se montrent des fibres assez dures, et vers la face interne, où la portion intérieure saillante des faisceaux se détache parfois. Elle offre une contexture générale assez tendre et peut être aisément coupée avec un couteau.

Examinée sur une section transversale, elle offre la constitution suivante : périderme brun foncé, ayant environ le quart de l’épaisseur totale; parenchyme cortical blanc grisâtre, compact, semé d'ilots fibreux, paraissant appartenir à la portion extérieure des faisceaux ; liber formé d’un parenchyme grisâtre, dense, que traversent des faisceaux cunéiformes de couleur jaune.

Les écorces des Magnolia grandiflora, acuminata et auriculata servent aux mêmes usages. Dans les régions marécageuses des États- Unis, on prépare, avec leurs écorces et leurs fruits verts, que l’on faitmacérer dans l’alcool, une liqueur journellement employée comme préservatif, contre les fièvres paludéennes.

Le Michelin Champacca est cultivé, dans la Malaisie, pour l’odeur suave de ses fleurs; toutes ses parties sont aromatiques, amères et âcres ; son écorce est réputée un emménagogue puissant.

badiane

Badiane

La Badiane ou Anis étoilé est le fruit de Y Illicium anisatum, L., arbre toujours vert de la Chine et du Japon.

Ce fruit (fig. 402) est sec et brun rougeâtre. Il est composé de6à 12 follicules disposés en étoile, comprimés, ligneux, monospermes et soudés par la base en un verticiile simple; la graine (fîg. 402, a) est ovoïde, lisse, luisante, rougeâtre ; elle contient une amande blanche, huileuse.

La Badiane a une saveur aromatique, amère, un peu âcre, une odeur d’Anis douce et suave, d’où son nom d 'Anis étoile ; elle est stimulante, stomachique et fait la base de YAnisette de Bordeaux.

On extrait de l’Anis étoilé environ 4 à 5 0/0 d’une huile volatile, de composition analogue à celle de l’Anis vert, et solidifiableà — 2°. Cette essence est contenue exclusivement dans de grandes cellules distribuées au sein du parenchyme du mésocarpe.

Le bois de la Badiane est également aromatique.

On peut substituer à l’Anis étoilé les fruits de deux lllicium : 17. Floridanum, L., et 17. parviflorum , Michx. ; mais leur odeur est plus faible.

L religiosum, Sieb. etZucc., que Bâillon croit être une simple variété de YI. anisatum , a des fruits presque inodores et une saveur plus résineuse.

L'Ecorce de la Badiane pourrait être substituée à l'Anis étoilé, dont elle a l’odçur. Elle se présente ën plaques de G-8 millimètres d’épaisseur, à périderme brun rougeâtre, peu rugueux, et à face interne lisse, de couleur brun-fauve clair. Sa cassure est irrégulière, gris rougeâtre et non sensiblement fibreuse.

Examinée sur une section transversale, elle se montre formée :

1° d'un périderme brun foncé, très mince;

2° d'un parenchyme cortical brunâtre, criblé d'îlofs allongés tangentiellement et composés de cellules pierreuses;

Fia. 40 î. — Fruit de la Badiane.

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3° de | faisceaux libériens flexueux-ondulés, bruns, que séparent des rayons médullaires gris. Les faisceaux libériens sont disposés en groupes radiés, efrîlès en pointe ; le parenchyme cortical pénètre dans les intervalles de ces groupes, sous forme de coins, au sein desquels se voient encore des îlots pierreux.

L’Ecorce de ï'I. Griffthii , qui est employée médicinalement dans l’Inde, présente à peu près le même aspect et la même structure. Elle en diffère :

i° par son périderme grisâtre, le plus souvent raclé et laissant à nu un parenchyme cortical de couleur ferrugineuse ;

2° par ses îlots de cellules pierreuses beaucoup plus développées ;

8° par sqii liber très fibreux, qui donne à la cassure un aspect déchiqueté, caractéristique.

Cette écorce a une odeur de girofle.

Écorce de Win ter

On trouve sous ce nom, dans le commerce, des écorces aromatiques, très distinctes les unes des autres et qui sont fournies par des arbres très différents.

La rareté de l’écorce de W inter et les substitutions dont elle est l’objet nous font un devoir d’exposer les caractères de cette écorce et de celle du Drimys granatensis, qui peut la remplacer sans ineonvénient, parait- il.

Nous décrirons ensuite les diverses écorces que l’on trouve, sous le même nom, dans le commerce.

L’écorce de Winter vraie est produite par le Drimys Winteri , Forst., arbre des terres qui bordent le détroit de Magellan et qui croît dans les vallées exposées au soleil.

Dans la première édition de notre Hist. naturelle médicale, nous avons décrit cette écorce, d’après un échantil lon authentique, qui existait alors dans l’herbier Buchinger. Nous reproduisons cette description,

« L’écorce de Winter vraie est épaisse de 3 à 4 millimètres ; elle est recouverte d’une sorte de périderme très mince, grisâtre ou gris brunâtre, et garnie de rides longitudinales, irrégulièrement anastomosées, coupées, de loin en loin, par d 'autres rides transversales inégalement espacées. Sa face interne est rouge- brun foncé , gercée par places et pourvue de faisceaux saillants , rugueux, soit pa-

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