PIMENT DES CAPSICUM
jaunâtre. Ces fruits exhalent une odeur annualisée particulière et possèdent une saveur âcre, extrêmement forte, que l’on retrouve aussi dans les graines.
Les Piments fournis par ces deux espèces sont dénommés d’après leur provenance. L’âcreté de ceux que l’on récolte en Europe, bien que considérable, est toujours très inférieure à celle des Piments expédiés des régions tropicales. Ces derniers, quoique souvent produits sans doute par le Piment annuel, portent le nom commun de Piment de Cayenne , qui nous paraît devoir être réservé aux fruits du C. fastigiatum. On les nomme aussi Piment enragé , Poivre d'Inde et Poivre de Guinée ; leur poudre est appelée Poivre de Cayenne (Cayenne Pepper, des Anglais). Toutefois, les droguistes de Londres donnent aux fruits du C. annuum les noms de Capsicurri, Pod Pepper et Guinea Pepper. Ils appellent ceux du C. fastigiatum : Chilties et Bird Pepper.
Si l’on fait abstraction des Piments incontestablement produits par le C. fastigiatum, qui se distinguent par leur petitesse relative et ne peuvent être confondus avec les autres, les Piments commerciaux présentent de très nombreuses variétés. Celles-ci diffèrent par la forme et la grosseur et semblent devoir être rapportées au C. anuuum. Le Musée de la Faculté de Lyon en possède des échantillons provenant de l’Inde, de Zanzibar et de Natal, presque tous étiquetés, soit C. fastigiatum , soit C. frutescens, mais qui n’appartiennent pas à cette espèce. Ces fruits se distinguent généralement par leur longueur, qui, chez quelques-uns, atteint jusqu’à 10 centimètres. Ils offrent, comme caractères communs, d'avoir une forme conique, très allongée, atténuée en pointe au sommet et un calice le plus souvent étalé, à peine cupuliforme. Certains échantillons, toutefois, sont courts, subarrondis et n’ont pas leur sommet appointi. Ils se relient aux formes typiques, par des fruits à peine longs de 3 ou 4 centimètres, aigus au sommet, mais pourvus d’une base très élargie. La couleur de ces fruits varie du rouge vif à la teinte feuille-morte.
Les fruits des Piments sont, nous l’avons vu, doués d’une âcreté considérable. Aussi pourraient-ils être employés
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comme rubéfiants et forment-ils la base d’un emplâtre révulsif, actuellement assez usité, bien qu’il soit moins actif que l’emplâtre deThapsia. Leur extrait est vanté, pour combattre les hémorrhoïdes au début.
Placés sur des charbons ardents, ces fruits dégagent des vapeurs âcres, qui excitent la toux, des éternuements et peuvent même provoquer des vomissements. Leur poudre, respirée en très faible quantité, détermine aussi des éternuements intenses; ingérée dans l’estomac, elle produit une sensation de chaleur et même de brûlure, d’où son emploi pour hâter la digestion et provoquer l’appétit, chez les personnes à vie sédentaire. Cette poudre est principalement usitée, comme condiment, dans les régions tropicales; son usage s’est répandu en Europe et en Amérique, chez les peuples d’origine anglaise.
Les propriétés excitantes du Piment sont dues à un principe irritant, que l’on n’a pas encore obtenu à l’état de pureté.
Bucholz, en 1816, et Braconnot, vers la même époque, retirèrent de ce fruit une substance particulière, qui fut appelée Capsicine et que l’on obtient en traitant, par l’éther, l’extrait alcoolique de Piment.
La Capsicine de Braconnot est un liquide épais, d’un rouge brun un peu jaunâtre, à peine soluble dans l’eau. Ce liquide se fluidifie, à chaud et, si l’on élève la température, il se transforme en vapeurs irritantes.
En 1822, Witting signala, dans les fruits du Caps, annuum, l’existence d’une base salifiable, qu’il nomma aussi Capsicine. Cette substance, qui est peut-être le principe actif du Piment, forme, avec les acides acétique, sulfurique et azotique, des composés cristallisables, que les bases décomposent.
Il est possible que la Capsicine de Witting soit la même chose que la Capsicine de Forchammei', qui cristallise en aiguilles incolores et qui a été retirée des Capsicum baccatum, C. frutescens et C. grossum.
Tresch a extrait du C. fastigialum une substance cristallisable, incolore, soluble dans les alcalis, mais n’ayant pas les caractères d’un acide. Cette substance, qu’il appelle Capscà-