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MANNE

est pratiquée vers la base de l’arbre, à l’époque de la floraison; la deuxième est faite le lendemain, immédiatement audessus de la première et une incision nouvelle est ainsi exécutée chaque jour, jusqu’à la fin de la saison sèche. Il paraît que l’on obtient une Manne de qualité supérieure, en plaçant, dans les fentes, des brins de paille ou des morceaux de bois, qui se recouvrent de suc : cette sorte, qui n’est guère connue dans le commerce, a reçu le nom de Manna a cannolo. L’année suivante, on recommence la même série d’incisions, sur un point de l’écorce non entamé précédemment et l’on continue ainsi, chaque année, jusqu’à ce que l’arbre ait été attaqué sur tout son pourtour : on l’abat alors.

On n’est pas d’accord sur l’origine de la Manne. Selon Regel, cette substance existe déjà dans la sève ascendante, des végétaux qui la produisent. Dorvault (l'Officine) pense qu’elle se forme dans les feuilles, par une modification de la sève, dont le nouveau produit « se sépare immédiatement, ou descend avec le cambium à la périphérie du végétal et en exsude par les issues qu’il trouve ou qu’il se fraye, comme impropre à l’accroissement de celui-ci ».

Wigand a émis la supposition que la Manne se forme comme la gomme, par dissolution des parois cellulaires ; il a appuyé son hypothèse sur la présence de l’amidon, dans cette substance. Petounnikow (de Moscou), adoptant cette manière de voir, suppose que ce phénomène se complique de la présence d’un Champignon, dont il a trouvé les spores dans la Manne et le mycélium dans le tissu des parois de la cavité qui la contient. Petounnikow n’admet pas, d’ailleurs, que ce Champignon soit le primum movens de la formation de la Manne, cette substance existant dans l’écorce de plusieurs autres Oléinées. Il croit que le parasite a pour effet d’augmenter la quantité de Manne produite et de déterminer la dissolution du tissu.

Toutefois, cette hypothèse ne repose que sur l’observation de morceaux d’écorce de Frêne trouvés dans la Manne et sur l’étude microchimique de cette substance elle-même.

La présence de ce Champignon 11’est-elle pas peut-être un effet plutôt qu’une cause, comme E. Rozc l’a fait observer.

OLÈINÈES

Rien ne parait justifier les hypothèses de Wigand et de Petounnikow. Les recherches directes, laites sur l’écorce de 1 Orne n’y ont pas montré une organisation capable d’expliquer la production de la Manne, par une destruction destissus.

Il est à croire que cette substance est fabriquée, par l’Orne, de la même façon que le sucre dans la sève des Érables! Gomme Buignet y a trouvé du sucre de Canne et du glucose, on peut supposer qu’une partie de ces matières s’est transformée en marmite, par suite d’une fermentation, qui s’est effectuée dans leur niasse. On sait, en effet, que le sucre et le glucose fournissent de la mannite par fermentation. Ainsi s’expliquerait la présence des spores et du mycélium, que Petounnikow a trouves dans la Manne et qui seraient les fauteurs de la transformation.

toutefois, cette opinion semble sans fondement, car la Mannite, qui se forme dans les feuilles de l’Olivier, avant la fructification, a, sans contredit, une tout autre origine.

L’étude microchimique de la Manne, par Petounnikow, semble favorable à l’opinion que cette substance est une sorte de sève élaborée, qui s’est écoulée en entraînant divers produits contenus dans les couches traversées. Petounnikow y a trouvé, en eftet : delà Mannite, du Glucose, de la Gomme de 1 Huile, une Substance résineuse, de VA midon, des cellules du parenchyme, des cellules subéreuses, libériennes et scléreuses, enfin de petits grains de forme ovale, pourvus d’un nucléus et que l’action des réactifs lui a permis de considérer comme des spores.

Il est à supposer que ces spores proviennent des poussières atmosphériques et quelles ont germé dans la Manne encore liquide, parce qu elles y ont trouvé un milieu convenable. Quant à la résine, à la gomme, à l’amidon et aux cellules diverses observées dans la Manne, on ne peut attribuer leur présence qu’au mode d’extraction de cette matière.

On connaît trois sortes de Mannes, dans le commerce français :

lu La Manne en larmes, qui est en morceaux irréguliers, aplatis ou stalactitormes, souvent grossièrement cannelés.

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