SA POTÉES
cifères situés au voisinage du bois et séparés du parenchyme cortical, par des faisceaux denses, résistants. Le lait, que l’on en obtient, par incision, fournit, après coagulation, un produit très analogue à celui des Palachium, dont il paraît avoir les propriétés et la composition chimique. C’est là, du moins, ce que démontrent les essais et l’analyse que le professeur Schlagdenliauffen a faits de cette substance.
On a proposé, sous le nom de Traumaticine, la dissolution de la Gutta-Percha, dans le chloroforme, comme topique pour les coupures et les blessures ; un soluté de même nature a été préconisé contre les dartres squameuses.
Les vétérinaires emploient, pour réparer les brèches faites aux pieds des chevaux, un mélange de 2 parties de Gutta- Percha et 1 partie de gomme ammoniaque : ce mélange est connu sous le nom d e mastic à la Gutta-Percha de Defays.
Bal ata
On appelle ainsi le suc laiteux concret du Mimusops Balata, Gærtn. (Achras Balata, Aubl., Sapota Mülleri,là\.\ qui croit dans les parties montagneuses de Surinam.
Le Balata découle du tronc, sous forme d’une liqueur onctueuse, inodore, lactescente et comestible. On l’obtient à l’aide d’incisions atteignant le liber. A Surinam, ce lait se concrète en six heures; on a pu, toutefois, en envoyer de liquide en Europe.
Le Balata est une substance solide, compacte, assez dure, couleur de chair et moins élastique que le caoutchouc et que la gutta-percha. Il n’absorbe presque pas d’eau. Le Dr Mally en a fait des bougies uréthrales, qui se ramollissent et sont préférables, dit-on, à celles que l’on connaissait jusque-là.
Moquin-Tandon cite encore les Balatas suivants, que l’on retire aussi d’arbres de la famille des Sapotées :
1° Le Balata lucuma, fourni par le Lucuma marmelade, ( Lucuma mammosa, Gærtn.), de la Jamaïque et de Cuba.
2° Le Balata Galimata ou Balata blanc, produit par le Dipholis à feuilles de Saule (Dipholis [ Achras , L., Bumelia, Sw.] salicifolia, A. DC.), des Antilles.
STYRACINÈES — BENJOIN
3° Le Balata bâtard, produit par la Bumélie noire (Bumeiia [. Achras , Poir.] nigra , Sw.), de la Jamaïque.
4° Le Balata Neesberrv, produit par Y Achras Sideroxylon , du même pays.
Le Mimusops data, du Brésil, produit aussi un lait de saveur agréable, souvent employé comme lait de vache et qui, desséché, fournit une matière poreuse, blanchâtre, dure, analogue au Balata, mais plus élastique. Cette matière est connue sous les noms de Macaranduba ou Massaranduba. Elle se ramollit à une température un peu inférieure à celle qui détermine le ramollissement du Balata, mais reste plus longtemps molle et est alors visqueuse.
STYRACINÈES
Benjoin
On connaît, sous ce nom, des substances de provenance différente, que l’on range en deux catégories : Yune, de beaucoup la plus estimée, arrive de Siam, où elle est fournie par un Styrax non encore déterminé ; les autres viennent surtout de Sumatra.
Le Benjoin de Sumatra est produit par le Styrax Benzoin, Dryander (Benzoin officinale, Hayne; Laurus Benzoin, Houtt.). arbre de Sumatra, de Java, de Bornéo et de la presqu’île Malaise. Un arbre à Benjoin a été signalé sur la côte orientale du Mékong, par l’expédition française d’exploration de la Gochinchine.
Le Styrax Benzoin habite principalement Sumatra. On le trouve sur les collines élevées de l’intérieur de cette île, à une altitude de 90 à 300 mètres. On le cultive dans le voisinage des côtes, et Teysmann en a vu des plantations le long de la rivière Batang Lcko. Cet arbre croît rapidement; à l’âge de 6 ou 8 ans, il a déjà un diamètre de 15 à 20 centimètres, et peut être exploité.
Pour en retirer le Benjoin, on pratique des incisions à l’écorce du tronc et près de l’origine des grosses branches.
STYRACIXEES
Le suc en découle, sous forme d’un liquide résineux, épais et blanchâtre, qui ne tarde pas à durcir.
Chaque arbre peut fournir environ 3 livres de résine, par an et pendant 10 ou 12 ans. Celle que l’on obtient les trois premières années est, dit-on, plus riche en larmes blanches, et elle est la plus estimée : les Malais l’appellent Head Benzoin (Tête de Benjoin ou Benjoin supérieur). Celle que l’on récolte lesannées suivantes est brune et moins estimée : on la nomme Belly Benzoin, (Ventre de Benjoin ou Benjoin moyen). Quand l’arbre est épuisé, on l’abat et on le coupe en fragments, que l’on racle, pour en retirer une résine de qualité inférieure, dite Foot Benzoin (Pied de Benjoin ou Benjoin inférieur). Cette dernière résine est mêlée de débris de bois et d’écorce.
Ces diverses sortes de Benjoin arrivent dans les ports de Sumatra, sous forme de pains inclus dans des paillassons et nommés Tampanijs. On les brise, on les ramollit au soleil ou dans de l’eau bouillante, et on les met ensuite dans des caisses carrées.
Selon Schomburgk, consul anglais à Bangkok, le Benjoin de Siam est obtenu en incisant toute la surface de l'écorce, puis laissant le suc s’accumuler et durcir entre le bois et l’écorce. Ce mode d’obtention parait douteux.
Quoi qu’il en soit, ces deux sortes de Benjoin offrent des caractères différents, qu’il importe de déterminer.
Le Benjoin de Siim, aussi appelé Benjoin à odeur de vanille , se présente sous forme de larmes aplaties, anguleuses, opaques, d’un blanc laiteux, longues de 2 à 5 centimètres, parfois distinctes, plus souvent agglutinées et exhalant une odeur vanillée, très suave. Ces larmes ont une cassure un peu cireuse. Fréquemment, elles ont une dimension plus faible et sont empâtées dans une sorte de gangue résineuse, de couleur brun ambré; ou bien encore la gangue domine : les larmes qu’elle renferme sont alors petites, brisées et la masse entière a l’aspect d’un granit à pâte brun rouge, offrant une cassure vitreuse et transparente. Ce Benjoin contient toujours diverses impuretés, telles que des débris de bois ou d’écorce. Son haut prix ne permet guère de l’employer en
BKNJOIN
pharmacie; il est surtout recherché parles parfumeurs.
On l’importe en blocs cubiques, dus à la forme des caisses qui le contenaient à l’état mou. Il n’est jamais enveloppé dans du calicot, comme le Benjoin de Sumatra. Ses larmes, lâchement agglomérées, ont souvent une apparence vernissée et semblent avoir subi une demi-fusion.
Le Benjoin de Siam est très cassant; il se ramollit dans la bouche et peut être mâché comme le mastic.
Le Benjoin de Sumatra comprend un certain nombre de sortes, que les Malais répartissent en 3 catégories, comme nous l’avons dit.
Dans le commerce français, on le distingue en 2 groupes : 1° le Benjoin amygdaloïde, qui est importé en blocs cubiques, formées par de nombreuses larmes empâtées dans une résine transparente ou opaque, brun grisâtre, à cassure inégale et écailleuse : les meilleures sortes sont à peu près dépourvues de débris de bois; 2J le Benjoin commun ou Benjojn en sortes, qui contient peu ou point de larmes et dont la masse, de couleur gris rougeâtre, renferme beaucoup de fragments de bois ou d’écorce. Hanbury dit que certains échantillons sont composés presque entièrement de débris d’écorce. Ces derniers constituent évidemment la sorte inférieure, que les Malais appellent Foot Benzoin.
L’odeur du Benjoin de Sumatra est moins agréable que celle du Benjoin de Siam.
Les droguistes de Londres désignent sous les noms de Penang Benjamin ou de Storax-S mell ing Benjamin , une très belle sorte de Benjoin, formée de grandes larmes empâtées dans une gangue grisâtre et dont l'odeur est très agréable. L’origine de cette sorte est inconnue.
Le Benjoin amygdaloïde de Sumatra est la sorte officinale; le Benjoin commun ne sert guère qu’à la préparation de Y acide Benzoïque.
Le Benjoin a une odeur suave, une saveur balsamique, d’abord douce, puis âcre. 11 fond à la chaleur et brille en dégageant une fumée blanche, très odorante, qui contient de l’acide benzoïque et divers principes aromatiques, entre autres du Stgrol. Il se dissout dans l’alcool et dans l’éther, et cède
734 STYRAGINÉES
à l’eau de l’acide benzoïque ainsi que de l’huile volatile. Distillé avec de l’eau, il fournit une huile volatile contenant de l’alcool phénylique. Sa solution alcoolique est colorée en vert-brunâtre sombre par le perchlorure de fer.
Onatrouvé dans le Benjoin: 80,7 de résine ; 19,8 d'acide benzoïque , de l 'huile volatile et un acide supposé être de Y acide Toluique. Kolbe et Lautemann y ont découvert un peu d'acide Cinnamique. Cet acide a été constaté aussi, par Flückiger, dans quelques échantillons de Penang; Aschoff n’a trouvé que ce seul acide dans un Benjoin de Sumatra.
L’Acide Benzoïque (G7 Hü O2) est extrait du Benjoin, soit par sublimation, soit en faisant bouillir cette résine avec de l’eau de chaux et en ajoutant un léger excès d’acide chlorhydrique à la liqueur filtrée. Pour les besoins de l’industrie, on le retire de l’urine putréfiée des herbivores, ou bien on le prépare par oxydation du chlorure de benzyle.
L’acide obtenu par ce dernier mode renferme toujours de l’hydrure de benzoyle et dégage une forte odeur d’amandes amères, qui disparait en partie par l’exposition à 1 air.
L’acide provenant de l’urine des herbivores ou acide Benzoïque d' Allemagne, résulte du dédoublement de l’acide hippurique, sous l’influence des acides et des alcalis. On a :
C» H9 Az O3 + H2 O = G7 Hc O2 + G2 H5 Az O2
Acide Acide Glycocolle.
Hippurique. Benzoïque.
Get acide a une odeur désagréable d’urine. On lui restitue l’odeur de Benjoin en le sublimant avec un peu de cette résine, selon le procédé indiqué par Fourcroy et Vauquelin.
L’acide Benzoïque extrait du Benjoin est en lames ou en aiguilles soyeuses, longues, fines, inodores ou peu odorantes, en raison de la faible quantité d’huile volatile qu’elles retiennent. Par l’évaporation spontanée de ses solutions alcoolique ou éthérée, il fournit des cristaux plus volumineux. Il a une saveur chaude, un peu acide, et rougit le tournesol. A 1^1 , il fond en un liquide transparent, d’une densité de 1,0838, et bout entre 239° et 249Q. II commence à se sublimer à 145°. Ses vapeurs excitent la toux. 11 se dissout dans 200 parties d’eau froide et dans 12 parties d’eau bouillante, L’acool et
STORAX OU BAUME STORAX
l’éther le dissolvent très aisément ; il est assez soluble dans les huiles grasses et volatiles. Les acides azotique et chlor hydrique ne l’attaquent pas, ce qui le distingue de l’acide cinnamique, qui est transformé en hydrure de benzoyle, par l’action de ces acides.
L’acide Benzoïque possède des propriétés antifermentescibles incontestables. Selon Bucholtz, une solution d’acide benzoïque au 1/1000 empêche le développement des Bactéries et une solution au 1/250 détruit le pouvoir de reproduction de ces organites. Mais il ne semble pas qu’on l’ait beaucoup employé comme antiseptique. Toutefois, le benzoate de soude paraît avoir donné de bons résultats (intus et extra) contre la diphthérie. On prétend que l’acide benzoïque est utile, comme expectorant, dans les catarrhes bronchiques.
Gomme on a remarqué que l’ingestion de cet acide est accompagnée de la production d’acide hippurique et que, d’autre part, les hippurates de soude, de chaux, d’ammoniaque» sont très solubles, on avait pensé que les benzoates de ces bases seraient administrés avec profit, contre la diathèse urique. On supposait que le glycocolle, qui se combine à. l’acide benzoïque, pour produire de l’acide hippurique, provient de l’urée ou de l’acide urique. L’expérience n’a pas confirmé cette manière de voir. Les théories de Frerichs et de Ure sont donc abandonnées.
L’acide benzoïque a été donné à la dose de 0.05 à 0,5 par dose (2,0 par jour), sous forme de poudre ou de pilules.
Le Benjoin est parfois employé, comme excitant et balsamique, dans les affections catarrhales de la vessie et des bronches, sous forme de sirop et de pastilles. Il entre dans le Baume du Commandeur de Permes, etc.
Storax ou Baume Storax
On trouve, dans les anciens traités de Matière médicale, sous le nom de Storax, la description d’un certain nombre de substances résineuses et odoriférantes, provenant de l’Orient, et que l’on attribue généralement à I’Aliboufier ou Aligoufier officinal (Styrax officinale, L.),
STYRACINÈES
Pomet décrit deux drogues de ce nom :
L’une, qu’il appelle Storax rouge ou Encens des Juifs, qu’il dit découler du tronc d’un arbre à feuilles de Goignassier et qui provient de la Syrie et du Levant. Ce Storax était en masses un peu molles, rougeâtres, grasses et d’odeur agréable. Pomet recommande de rejeter celui qui est sec, rempli d’ordures, et qui a l’odeur du Storax liquide, ainsi que les Storax en pain, en boule, en marrons, et celui qui est en poussier.il dit que ces diverses sortes sont formées de Storax liquide mêlées avec diverses drogues et des sarilles ou de la sciure du véritable Storax.
La seconde, qu’il appelle Storax Calamite ou en larmes, est constituée, soit par une masse rougeâtre, remplie de larmes blanches, soit seulement par des larmes rougeâtres en dehors, blanches en dedans, d’une odeur suave, analogue à celle du Baume du Pérou noir. Cette sorte provenait de Marseille et de Hollande; elle était fabriquée de toutes pièces, à ce qu’il semble. Pomet rapporte, en effet, en avoir préparé que d’habiles marchands ne surent pas distinguer de celle qui arrivait de Marseille. Il paraît que son nom de Storax Calamitex ient de ce qu’on l’apportait jadis de la Pamphilie, enfermé dans des tuyaux de plume ou dans des roseaux (en latin, calamus).
Ainsi, dès l’époque de Pomet, on ne connaissait qu’une sorte authentique (?) de Storax, et la sorte appelée Storax Calamite était déjà artificielle.
Actuellement, le Storax vrai ne se trouve plus dans le commerce; c’est à peine s’il en existe quelques spécimens plus ou moins douteux dans les droguiers anciens. L’on peut donc supposer que la subtance vendue sous ce nom est artificielle ou que, du moins, si elle contient du suc provenant du Styrax officinale, ce suc n’y entre que pour une bien faible part. En Provence et en Italie, où l’Aliboufier croit spontanément, on n’en extrait pas de matière résineuse, bien que cet arbre puisse en fournir, lorsqu’on le laisse pousser, sans le soumettre à la taille. Mais la quantité qu'on pourrait en tirer semble être très petite. Il est possible, toutefois, qu’en Orient, cet arbre en produise davantage. Le professeur Krinos rapporte, en effet, qu’aux environs d’Adalia
STORAX or BAUME STORAX
(Asie Mineure), on en retire une résine liquide, usitée comme encens, dans les églises et dans les mosquées. Cette résine ne semble pas, d’ailleurs, être employée en nature. Le spécimen queHanbury en a reçu de Krinos est formé par une matière pulvérulente, de couleur brun-cannelle pâle et d’odeur balsamique. Ce spécimen paraît être constitué par la sciure de l’écorce (?) empâtée de résine. C’est sans doute la même substance que celle dont parle Dioscoride, substance qui servait à falsifier le Storax et qui provenait des localités où elle est encore fabriquée de nos jours. 11 est probable qu’elle a servi de modèle pour l’imitation qu’on en fabrique à Trieste, Venise et Marseille, sous le nom de Styrax calamite, e t qui doit être le Storax en pains , de Guibourt, ainsi que l’une des sortes de Storax falsifié, dont parle Pomet.
Ce prétendu Storax est formé surtout par la poudre grossière préparée avec l’écorce, d’où l’on a extrait le Styrax liquide, poudre que l'on mélange, dans la proportion de 3/5. avec 2/5 de Styrax.
On fabrique, en Orient, par addition de Styrax liquide à diverses substances, plusieurs autres sortes de Storax, et Hanbury attribue la même origine au Storax noir décrit par Guibourt.
De ce qui précède, il résulte que la matière appelée Storax, dans le commerce, est une substance balsamique d’origine au moins incertaine. Il semble qu’on pourrait la regarder comme un mélange de plusieurs baumes ou résines provenant, soit du Liquidambar Altingia,so\iùx\ Styrax Benzoin , auxquels on a peut-être ajouté du Baume du Pérou noir, ainsi que cela se pratiquait déjà à l’époque de Pomet.
Ces réserves faites, disons que Guibourt avait décrit, sous le nom de Storax, un certain nombre de sortes, commerciales ou non, qu’il attribuait au Styrax officinale. Dans son Traité des Drogues simples et dans la 7e édition de 1 Histoire naturelle des Drogues de Guibourt, G. Planchon ne décrit, sous le nom de Storax, que les deux premières sortes admises par Guibourt; il rapporte les autres au Liquidambar orientale. Voici la liste des sortes admises par Guibourt :
STYRACINEES
1° Le Storax blanc, formé de larmes molles, opaques, agglutinées, prenant à la longue la forme des vases qui le renferment. Cette sorte a une saveur parfumée, douce, avec un arrière-goût amer. Elle a une odeur forte, agréable, rappelant à la fois celle du Baume Liquidambar et celle de la Vanille.
2° Le Storax amygdaloïde, en masses sèches, cassantes également formées de larmes blanc jaunâtre, souvent empâtées dans une matière vitreuse, transparente, d’un rouge clair. Guibourt considère cette sorte comme étant le Storax calamite de Lemery.
3° Le Storax rouge brun offre quelques larmes rougeâtres, empâtées dans une matière rouge brun, tenace, qui se ramollit sous la dent et contient de la sciure de bois.
4° Le Storax liquide ressemble à une térébenthine jaune brunâtre, nébuleuse et d’odeur de Vanille. Sur la foi de Landerer, Guibourt admettait qu’on l’obtient, à Cos et à Rhodes, par expression à chaud de l’écorce du Styrax officinal. On a reconnu depuis que les indications de Landerer étaient erronées et que le Storax liquide est retiré du Liqui dambar orientale.
5° Le Storax noir est en masses solides, coulant à la longue comme de la poix, d’éclat gras, d’odeur agréable. Il renferme de la sciure de bois. Cette sorte sert à la fabrication du faux Storax calamite.
6° Le Storax en pain ou en sarilles arrive en masses couvertes d’une toile et pesant de 20 à 30 kilogrammes ; il est rougeâtre et friable ; il se réduit en une poudre grasse et grossière, qui se remet en masse par la pression.
Enfin, on trouve parfois, dans le commerce, une Ecorce divisée en lanières étroites, rougeâtres, sèches, odorantes et pressées les unes contre les autres. Guibourt pense que cette écorce a servi à l’extraction du Storax liquide.
Cette substance provient évidemment du Liquidambar, et doit être constituée par les résidus de la préparation du Styrax liquide. C’est sans doute celle que l’on nomme Cortex T/iimiamatis, dans les pharmacies.
ERJCACEES - FEUILLES DE BUSSEROLLE 739
Ces différentes sortes ont une odeur suave de vanille, surtout développée dans la lre, la 2e et la 4e sorte.
Le Styrax tomentosum, delà Colombie; les St. guianense et pallidum , de la Gruyanne; les St. reticulatum et ferrugineum , du Brésil, et le St. racernosum, du Pérou, fournissent des sucs balsamiques, assez analogues au Benjoin et au styrax.
Le Storax a une saveur douce, aromatique, un peu amère; il est stimulant et entre dans la composition de plusieurs électuaires, maintenant à peu près inusités.
ÉRICACÉES
Feuilles de Busserolle (fig. 613).
La Busserolle ou Raisin d'Ours (Arbutus Uva-Ursi , L, ; Arctostaphylos Uva- Ursi, Spreng.)est un arbrisseau des Alpes, des Vosges et des Pyrénées.
Elle offre les caractères suivants :
Tige rameuse, rampante, glabre; feuilles obovées-oblongues, entières, glabres, luisantes, épaisses, fer mes, vertes en dessus, vert plus pâle en dessous, à marge non réfléchie ; nervures transversales assez apparentes sur la face supérieure , qui est comme chagrinée, par Fia. 6i3. - nusseroiic.
la saillie du parenchyme, entre leurs fines réticulations; à la face inférieure,
ERICACKKS
les nervures latérales et leurs ramifications ne sont distinctes qu’à la loupe; ces nervures sont un peu saillantes, ce qui donne à cette face un aspect réticulé. Fleurs roses, en grappes courtes, terminales ; baies à 5 loges monospermes.
Les Feuilles de Busserolle ont une saveur très astringente et une odeur désagréable; elles sont réputées diurétiques et lithontriptiques. Kawalier y a trouvé de X acide gallique, ainsi qu’un principe spécial, qu’il a appelé A rbutine.
L’Arbutine (G25 H34 O14) est une substance amère, cristal lisable en aiguilles aigrettées, solubles dans l’eau chaude et dans l’alcool, moins solubles dans l’eau froide, peu solubles dans l’éther. Sous l’influence de l’émulsine ou de l’acide sulfurique dilué bouillant, elle se décompose en Hydroquinoue ou Arctuvine de Kawalier (C° HG O2), en Méthylhydroquinone (G' Hs O2) et en Glucose . Si on laisse au repos, pendant quelques mois, une décoction concentrée de feuilles de Busserolle, l’Arbutine se décompose et le liquide, agité avec de l’éther, cède à ce dissolvant une certaine quantité d’Hydroquinone. Traitée par l’acide sulfurique dilué et le peroxyde de manganèse, l’Arbutine se convertit en Quinonc (GG H4 O2) et en acide Formique (G H2 O2).
Uloth a trouvé de l’Hydroquinone et de la Pyrocatéchine, dans les produits de la distillation de 1 extrait aqueux des feuilles de Busserolle. C’est l’Arbutine de cet extrait, qui doit se transformer en Hydroquinone, car cette substance est fournie également par la distillation sèche de l’Arbutine.
L’Hydroquinone forme des cristaux incolores, fusibles à 177e, 5. La Quinone cristallise en écailles jaunes, brillantes, fusibles à 115°, 7 ; ses vapeurs sont irritantes et sa dissolution colore la peau en jaune.
La liqueur, d’où l’on a retiré l’Arbutine contient une faible quantité d’une substance amorphe, jaunâtre, très amère, appelée Èricoline (G34 H56 O21). Chauffée avec de l’acide sulfurique dilué, l’Éricoline se décompose en sucre et en une huile incolore, isomère du camphre des Laurinées ( EricinolJ . Cette huile se résinifie rapidement et dégage une odeur spéciale, non désagréable. Selon Flückiger, l’Ericoline est plus abondante dans les feuilles d’autres Éricacées : Calluna ,
FEUILLES DE BUSSEROLLE
Ledum , Rhododendron. Le Kalmia latifolia, les Py rôles, etc., contiennent aussi de l’Arbutine,
En épuisant les feuilles de Busserolle par l’éther, Trommsdorff en a retiré une substance qu’il a appelée Ursone (G20 H32 O'2). Ce principe est neutre, cristallisable, insipide, fusible à 200°, et se sublime sans modification apparente. Turner a retrouvé l’Ursone dans un Epacris australien.
Les feuilles de Busserolle sont généralement falsifiées par celles de l'Airelle ponctuée (Vaccinium Vitis-Idæa, L.), arbrisseau très commun dans les Vosges et dont les fruits rouge-écarlate servent à préparer une eau-de-vie assez estimée en Alsace, sous le nom de Steinbeeren- Wasser.
Les Feuilles de l’Airelle ponctuée (fig. 614) sont obovales-elliptiques, obtuses, d'un vert-blanchâtre pâle en dessus et en dessous, souvent brunes à la face supérieure, qui est luisante, peu ou point chagrinée et marquée de nervures peu réticulées; la face inférieure est unie, non réticulée , parsemée de points bruns assez rapprochés, et pourvue de nervures transversales non réticulées, plus saillantes que dans les feuilles de Busserolle; les bords sont réfléchis et un peu crénelés vers le sommet du limbe.
Quelques réactions chimiques permettent de distinguer l’infusé de feuilles de Busserolle de l’infusé de feuilles d’ Airelle.
Le sulfate de fer produit un précipité bleu avec la Busserolle, tandis que la liqueur se décolore. Avec l’Airelle, ce réactif donne un précipité vert et la liqueur reste verte.
L’infusé de Busserolle, traité par le sulfate de fer additionné d’un peu d’acétate de soude, donne un précipité violet , tandis que l’infusé d’ Airelle fournit alors un précipité brun noirâtre.
Guibourt a observé qu’un papier blanc prend, à la longue, une teinte bistre quand il est enfermé dans un bocal conte nant des feuilles de Busserolle. Les feuilles de Pyrole ainsi que les racines de Dentelaire et de Carline possèdent la même propriété.
Fio. 614.
Airelle ponctuée.
ÈRICACÊES
Gaulthérie couchée
La Gaulthérie couchée (Gautheria procumbens , L,; G. humilis , Salisb. ; G. repens, Raûn.; Wintergreen , Partridge- Berry , Checkerberry , Deerberry, Boxberry, Teaberry , Moutain Tea, des A nglo -Américains; Thé : du Canada , de Jersey, du Labrador , de Terre-Neuve, des Français) est une plante des bois montueux et sablonneux, commune depuis le Canada jusqu’à la Caroline, surtout abondante dans les pinières de New-Jersey. Elle olTre les caractères suivants :
Tige rampante, grêle, d’où naissent des rameaux dressés, rigides, verts ou rougeâtres, hauts de 5 à 15 centimètres; feuilles brièvement pétiolées, ovales, atténuées à la base, un peu serretées, coriaces, glabres, d'un vert pâle en dessous, vertes ou rougeâtres en dessus et dégageant, surtout quand on les froisse, une odeur vanillée-balsamique; Heurs portées sur de courts pédicelles recourbés, peu nombreuses, axillaires et à corolle urcéolée; fruits secs, entourés presque en entier par le calice accrescent, charnu et d’un rouge vif.
La Gaulthérie se trouve, dans le commerce, sous forme de rameaux tortueux, 'rougeâtres, pressés et pourvus de 2 ou 3 feuilles d’un vert brun ou rougeâtre, de saveur astringente, aromatique. On la préconise comme astringente, stimulante et antidiarrhéique. On en retire une essence, appelée Essence de Winter-green, et qui ne doit pas être confondue avec celle de la Pyrole ombellée, qui porte le même nom.
L’Essence de Winter-green est surtout retirée des calices accrus. Elle est fluide et incolore, quand elle est récente, mais se colore en rouge, sous l’influence de l’air. Elle bout à 223° ,7, a une densité de 1,1969, une saveur douce, aromatique et une odeur agréable, comme vanillée. Cette essence est un mélange d’environ 9 parties de Salicylate de Méthyle et d’une partie d’un hydrocarbure (Gaulthèrilène) incolore, très mobile, bouillant à 160", isomère avec l’essence de térébenthine, et d’une odeur poivrée.
Le Salicylate de Méthyle ou acide Gaulthèrique
GLOBULARIÉES - GLOBULAIRE TURB1TII 743
I (Gs H8 O3) est un liquide incdlore, de saveur chaude, agréa-
I1 hle, d’odeur aromatique, pénétrante, d’une densité de 1,18, peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, l’ éther, les huiles essentielles. Il s’unit aux bases, pour former des sels cristallisables ; les acides le séparent inaltéré de ces combinaisons. La potasse le dédouble, à chaud, en alcool méthylique et salicylate de potassium. Cahours l’a obtenu artifi-
Iciellement, en distillant un mélange de 2 parties d’alcool méthylique, 2 parties d’acide salicylique et 1 partie d’acide sulfurique.
L’essence de Winter-green est falsifiée, en Amérique, avec du chloroforme et de l’essence de Sassafras. Le docteur Pile a indiqué les moyens suivants pour déterminer cette falsification : 1° la différence de densité , l’essence additionnée de chloroforme étant plus dense que l’essence pure ; 2° V abaissement du point d' ébullition , l’essence falsifiée bouillant à 93°, au lieu de 204 (selon Pile), comme le fait l’essence pure ; 3° si l’on chauffe légèrement l’essence dans un tube à essai et qu’on l’agite, il s’en dégage une odeur de chloroforme. Ch. Bullock est arrivé à séparer le chloro-
Î forme en soumettant l’essence à une distillation fractionnée. Eu faisant cette opération, il a trouvé que l’essence examinée
I contenait une forte proportion d’huile essentielle de Sassafras. Selon le professeur Maisch, cette dernière se reconnaît en traitant à froid, par l’acide nitrique, l’huile ainsi falsifiée. Sous l’action de ce réactif, il s’en sépare une masse résineuse rouge, si elle contient de l’essence de Sassafras, tandis que l’essence de Gaulthérie n’est pas colorée.
Mallez regarde l’essence de Gaulthérie comme un diuré tique franc, ayant une action élective sur les reins.
GLOBU LA RI ÉES Globulaire Turbith
La Globulaire Tu vb\\h.(Globularia Alypum, L.; fig. (314) I est un arbrisseau du midi de la France, haut de 6 à lOdéci- I mètres, à feuilles glabres, ovées-lancéolées, aiguës, subpé- I tiolées, entières ou 1-2-dentées au sommet, à fleurs bleuâ-
GLOBULAKIEES
très, réunies en capitules involucrés et à réceptacle commun paléacé; la corolle est 2-labiée, avec la lèvre supérieure presque nulle. Les feuilles de cette plante (fig. 616), jadis réputée dangereuse, d'où son nom de frutex terribilis, constituent un purgatif doux. Selon Loiseleur-Deslongchamps, on peut les substituer au Séné, à la dose de 4 ou 6 grammes. On les a trouvées, dit-on, mêlées au Séné, en Allemagne. Ces feuilles ont une saveur âcre, très amère ; leur infusé aqueux est verdâtre et transparent. Elles sont cou vertes de très petits points blancs, visibles seulcmentàlaloupe.
Fig. 615. — Globulaire Turbith.
Fig. 616.
Feuilles de Globulaire.
Fia. 617. — Feuille de Baguenaudier
Dans les herboristeries de Lyon, elles sont vendues comme feuilles de Baguenaudier , bien qu’il n’y ait aucune ressemblance entre ces deux sortes de feuilles (fig. 617).
Ach. Richard dit que la Globulaire commune ( Glob . vulgaris , L.) possède les mêmes propriétés, mais à un degré moindre; les feuilles de cette plante sont réputées détersives et vulnéraires.
SCROFU LA LUNEES — GRATIOLE
SCROFUL ARINÉES
Gratiole (fig. 618).
La Gratiole ou Herbe au pauvre
homme ( Gratiola officinalis, L ) est une plante des marais et du bord des rivières, offrant les caractères suivants : rhizome vivace, traçant; tige haute de 2 à 5 décimètres, dressée, glabre ; feuilles sessiles, opposées, ovales ou lancéolées, den ticulées vers le sommet et marquées de trois nervures à la face infé rieure; fleurs solitaires à l’aisselle 1 7
des feuilles, blanches, nuancées de rose, de lilas et de jaune, à pédoncule muni de deux bractées lancéolées, plus grandes que le calice ; I segments calicinaux linéaireslancéolés, aigus, un peu inégaux; corolle tubuleuse à 2 lèvres : la supérieure à 2 lobes distincts, l’inférieure à 3 lobes égaux, obtus, arrondis; 4 étamines : les 2 antérieures réduites à leurs filets ; ovaire I ovoïde ; style un peu oblique, cylindracé, épaissi au sommet ; stigmate bilamellé ; capsule à déhiscence I septicide; graines très petites, I oblongues et rugueuses.
La Gratiole a une saveur amère et nauséabonde ; on l’administre I dans la médecine populaire comme purgative. C’est une plante très énergique, qu’il faut employer avec la plus grande prudence et dont la vente ne devrait pas être permise
Cauyet, Mat. inéd., t. II.
SCROFULARINÊES
aux herboristes. Par l’intensité de son action spoliatrice, elle peut conjurer un accès de fièvre, une attaque de goutte, ou supprimer momentanément un écoulement urétral. Elle est utile dans les affections apyrétiques, mais contre-indiquée, au contraire, dans les cas de fièvre, de phlogose de l’intestin ou de ses annexes, dans la congestion utérine et aussi, selon Bouvier, quand on doit craindre un éréthisme génital excessif (Gubler).
On la prescrit, en poudre, comme émétique, à la dose de 5 à lOdécigrammes. L’infusion, avec 2 à 3 grammes de plante, est purgative. Elle a occasionné parfois des empoisonnements et l’on cite plusieurs cas de nymphomanie déterminés par des lavements préparés avec une poignée de Gratiole fraîche.
E. Marchand, deFécamp,a extrait de la Gratiole une substance neutre, qu’il a nommée Gratiolin ou Gratioline et à laquelle il attribue les propriétés de la plante. Walzy a trouvé deux glucosides, la Gratioline (G20 H34 O7) et la Gratiosoline (G40 II84 O25), de la Gratiolacrine , une huile grasse, une résine brune, du tannin et de Y acide Antirrhinique .
Digitale
La Digitale (Digitalis purpurea , L.; fig. 619) est une plante bisannuelle, de 5 à 15 décimètres de hauteur, à feuilles alternes diversiformes : 1° les inférieures, ovales-lancéolées, atténuées en pétiole, pubescentes, grisâtres en dessous, crénelées, disposées en rosette à la base de la tige ; 2° les caulinaires, oblongues, pointues, brièvement pétiolées ; 3° les supérieures sessiles, ovales-acuminées, courtes ; fleurs pendantes, à pédoncule pubérulé, disposées en une grappe terminale, ordinairement unilatérale; calice persistant, à sépales pubescents, ovales -lancéolés, acuminés, trinerviés (Kirschleger), le postérieur plus court et plus étroit; corolle tubuleuse, campaniforme, grande, rétrécie à la base, renflée en avant, glabre au dehors, purpurine, rarement rose ou blanche, à 5 lobes inégaux, ciliés, l’antérieur beaucoup plus grand, garni à sa face interne de taches noirâtres et de longs poils; étamines incluses, didynames, fertiles ; capsule un peu plus
DIGITALE
longue que le calice, ovoïde, acuminée, bivalve; graines très petites, anguleuses, brunes.
La Digitale pourprée habite les clairières et les taillis des montagnes granitiques de l’Europe. On en a employé toutes les
parties : racines, feuilles, fleurs , semences; actuellement les feuilles sont seules usitées.
Les Feuilles de Digitale doivent être récoltées pendant la deuxième année, quelque temps avant la floraison, ou dès l’apparition des premières fleurs. On les trie avec soin et, après en avoir séparé, comme inutiles, le pétiole et la nervure médiane, on les fait sécher d’abord à
Fig. 619 — Digitale pourprée
Fig. 620. — Feuilles de Digitale.
l’ombre, puis cà l’étuve ; enfin, on les met à l’abri de la lumière, dans des vases secs et bien clos.
Il faut employer exclusivement les feuilles de la Digitale non cultivée.
SCROFUI.ARINÉES
Les feuilles de Digitale sont parfois contondues avec celles de la Bourrache, de la grande Consolide, du Bouillon-blanc et surtout de la Conyze squarreuse. La distinction des trois premières est facile; il n’en est pas de même pour la quatrième, la Conyze et la Digitale croissant au voisinage l’une de l’autre.
Les feuilles de la Digitale (fig. 620) sont aiguës, raides, crénelées; leur lace supérieure est verte, douce au toucher, parsemee de poils courts simples, articulés (fig. 621) (les poils des feuilles du Bouillon-blanc [fig. 622] sont étoilés-rameux). Ces feuilles sont pourvues de nervures nombreuses, réticulées, enfoncées dans le parenchyme, qui est saillant ; leur face inférieure est blanchâtre, tomenteuse, avec des nervures saillantes, roses ou rouges ; le pétiole est coloré de pourpre à sa base, ailé par la décurrence du limbe, dont les bords sont plus ou moins infléchis, et creusé supérieurement
Fig. 621.
Poils de Digitale, d'après G. Plarichon.
d’un sillon profond, auquel correspond, en dessous, une arête saillante de la nervure médiane.
Dans la Conyze (fig. 623), les feuilles sont obovales, spatulées, obtuses, molles, rudes, à peine ondulées- sinuolées sur les bords, avec les nervures inférieures blanchâtres ou verdâtres, non rouges; leur pétiole est plan et non canaliculè
DIGITALE
à la face supérieure; ces feuilles exhalent une odeur fétide quand on les froisse.
D’après Homolle et Quévenne, les feuilles de Digitale contiennent : Digitaline , Digitalose, Digitalin , Digitalide . acide Digitalique , acide Antir rhinique , acide Digitalèique ,
Tannin, Amidon, Sucre, Pectine,
Matière albuminoïde, Matière colorante rouge- orange cristallisable , Chlorophylle, Huile volatile.
La Digitaline (G5 Hs 03)w est le principe actif de la Digitale. Découverte par Homolle et Quévenne, en 1844, la Digitaline fut successivement étudiée par ces auteurs, puis par Morin (1845), par Kosmann (1845 à 18 30), par Walz (1846- 1858), par Nativelle (1872), par Schmiedeberg (1874), enfin, par Tanret, dans ces dernières années.
La matière obtenue, dans ces recherches successives, varia nécessairement plus ou moins, selon le procédé employé ou selon les opérateurs.
1° La Digitaline de Homolle et Quévenne est en masses verruqueuses ou en fines écailles, incolores, inodores, très amères, solubles dans l’alcool, très peu solubles dans l’eau et dans l’éther. Elle se dissout dans les acides, mais ne forme pas, avec eux, de composés neutres. Sa dissolution dans l’acide chlorhydrique, d’abord jaune pâle, verdit rapidement. Sa composition n’est pas définie.
2° La Digitaline de Kosmann est en écailles cristallines, solubles dans l’alcool, peu solubles dans l’eau, insolubles dans l'éther. Kosmann lui attribuait la formule G54 H44 O30, et disait que, traitée par les acides étendus, elle se dédouble en glucose et en Digitalirêtine .
3° La Digitaline de Walz est amorphe, peu soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’eau chaude, très soluble dans
Fio G23. — Feuilles de Convze squarreuse.
SCROFULARINÈES
l’alcool; elle a pour formule G'28 H48 O14. Ge principe, que Walz avait appelé d’abord Digitasoline, est dédoublé, par l’acide sulfurique dilué, en glucose et en deux autres corps amorphes : Digitalirètine et P aradigitalètine .
4° La Digitaline de Nativelle est en cristaux incolores, légers, formés d’aiguilles courtes, déliées, groupées autour du même axe et douées d’une amertume excessive, persistante. Chauffée, elle fond en gouttelettes incolores, limpides, puis brunit, dégage d’abondantes vapeurs blanches et disparaît, sans laisser de traces.
Elle est à peine soluble dans l’eau, à peu près insoluble dans l’éther, insoluble dans la benzine et dans le sullure de carbone, très soluble dans l’alcool à 90°, moins soluble dans l’alcool absolu; son meilleur dissolvant paraît être le chloroforme. L’acide chlorhydrique la dissout et se colore d’abord en jaune, puis en vert-prê intense. L’acide sulfurique la dissout également, avec une coloration brun verdâtre, qui passe au cramoisi et devient verte , par addition d eau. Humectée d’acide sulfurique, elle prend une coloration verte , que les vapeurs de brome font virer au rouge- groseille.
D’après ce que nous venons d’exposer, la Digitaline se présente sous deux états : amorphe ou soluble, cristalline ou insoluble.
Ges deux formes semblent coexister dans la plante. Nativelle a obtenu la première, en traitant les eaux-mères de la Digitaline cristallisée. Les deux sortes de Digitaline se trou vent, en effet, ensemble, dans les pédoncules, les nervures des feuilles, les racines et les fleurs ; les semences, au contraire, ne contiennent pas de Digitaline insoluble, mais beaucoup de Digitaline amorphe, en même temps qu un autre principe cristallisable, très soluble dans 1 eau (Digitalêine cristallisée). Gorz, qui a étudié ce dernier corps, en 1873, le regarde comme un glucoside ayant toutes les propriétés physiologiques de la Digitale. G’est là, peut-être, la Digitaline soluble que Hepp dit exister dans les feuilles vieillies. D’après Lefort, les deux principes existent ensemble, mais ep proportions inverses, dans les diverses parties de la plante. Les feuilles renferment surtout de la Digitaline insoluble,
DIGITALE 751
tandis que les fleurs contiennent surtout de la Digitaline soluble.
En examinant la Digitaline dite lY Allemagne ou soluble , Homolle y a trouvé les deux sortes de Digitaline, ce qui tend à montrer, au moins pour l’éqoque où fut faite cette analyse, l’infériorité du produit allemand sur le produit français. C’est pourquoi l’on distingua, en thérapeutique, la Digitaline allemande de la Digitaline française ou insoluble , qui possède une beaucoup plus grande énergie.
Il est probable que le procédé employé pour l’obtention delà Digitaline influe puissamment, sur la valeur physiologique de ce principe et surtout sur sa nature ou ses propriétés. On a vu que, selon Hepp, les feuilles vieillies renferment surtout de la Digitaline soluble et que, d’après Lefort, la nature de la substance varie avec la partie de la plante qui la fournit. On s’explique ainsi comment Schmiedeberg a pu dire que les diverses sortes de Digitaline sont des mélanges de plusieurs corps, soit préexistants, soit constitués par des produits de décomposition.
Schmiedeberg en a séparé les principes ci-après, qu’il dit avoir obtenus chimiquement purs :
1° La Digitonine (G31 H52 O17), glucosidc cristallisable , voisin de la saponine, dont il possède les propriétés physiologiques. Sous l’action des acides dilués, ce corps peut se dédoubler en glucose et donner les dérivés suivants : Digitorèsine, Digitonèine , Digitogènine , et Paradigitogénine.
2° La Digitaline (C5H8 02), glucoside amorphe, insoluble dans l’eau et qui se dédouble en glucose et Digitalirèsine. Ce principe parait avoir les propriétés de la picrotoxine.
3° La Digitalèine, glucoside très voisin de la Digitaline, mais soluble dans l’eau, ce qui la distingue de cette dernière, dont elle a, d’ailleurs, les propriétés.
4° La Digitoxine (G31 II33 O7), substance critalline, que les acides transforment en Foxirésine , sans production de glucose.
La Digitaline ,1a Digitalèine, la Digitoxine et son dérivé la Foxirésine possèdent à un très haut degré les propriétés
SCROFI'LARINEES
physiologiques delà plante. Mais la Digitoxine est beaucoup plus active et ses effets sont six fois plus énergiques que ceux des deux autres principes : un kilogramme de Chat est tué par 0,0004 de Digitoxine; chez l’Homme, 0,002 de cette substance amènent des accidents très graves, qui persistent pendant plusieurs jours. D’autre part, une dose extrêmement faible de Digitoxine, injectée sous la peau, détermine une inflammation phlegmoneuse, avec suppuration. Les deux autres glucosides ne produisent aucune action locale.
Les procédés d’obtention de la Digitaline employés jusqu’à ce jour étaient longs et plus ou moins compliqués.
Tanret a proposé de l’extraire directement de la Digitale : il épuise la plante par de l’alcool faible, puis agite cet extrait avec du chloroforme, qui s’empare de la Digitaline. Celle-ci est alors transformée en tannate, que l’on décompose par l’oxyde de zinc, en présence de l’alcool. La liqueur filtrée, puis évaporée, dépose la Digitaline à l’état de pureté.
Les autres principes offrent un médiocre intérêt :
La Digitalose est une substance cristalline, d’un blanc de neige, inodore, insipide, insoluble dans l’eau, assez soluble dans l’éther et dans l’alcool à 00° , surtout bouillant.
Le Digitalin est une matière blanchâtre, inodore, insoluble dans l’eau froide et dans l’éther, soluble dans l’alcool à 90° .
L’acide Digitalique est en aiguilles de saveur acide et d’odeur suffocante, quand on le chauffe. Il est soluble dans l’eau et dans l’alcool, mais peu soluble dans l’éther. Il se décompose facilement à l’air.
L’acide Antirrhinique est un liquide huileux, volatil et de saveur désagréable; il a une. odeur rappelant celle de la Digitale fraîche.
L’acide Digitaléique est une sorte d’acide gras, cristallisant en fines aiguilles étoilées, vertes, de saveur âcre et amère.
« La Digitaline est employée en médecine dans le traitement des maladies du cœur. On ne l'administre qu’à très petites doses, sous torme de globules, contenant 1 milligramme de Digitaline et que l'on prescrit au nombre de l à 5. A la dose de G milligrammes, elle peut déjà
DIGITALE
occasionner des accidents redoutables. Sur le derme dénudé, elle produit une irritation douloureuse, qui peut aller jusqu’à l’ulcération. A l’intérieur, son usage continu irrite l’estomac. Son caractère dominant est l’action spéciale et puissante qu’elle exerce sur le cœur, dont elle ralentit les mouvements. La Digitaline est un poison musculaire. Il est à remarquer que les animaux supérieurs sont tués par le ralentissement et l’arrêt des mouvements du cœur, avant que le poison ait pu paralyser les autres muscles de l'économie; mais, chez les Grenouilles, on voit cetle paralysie se déclarer après que le cœur a cessé de battre. » (Cl. Bernard.)
Selon Sladion,elle doit occuper le premier rang, parmi les anaphrodisiaques
Disséminée en particules très ténues dans l'air, elle peut provoquer de violents éternuements. Un centigramme de Digitaline, injecté dans les veines, suffit pour donner la mort.
Homolle et Quévenne ont trouvé que 4 milligrammes de Digitalinecorrespondent à 40 centigrammes de poudre de Digitale. D’après Stadion, l’énergie de cette substance serait seulement 30 fois plus grande que celle de la Digitale. Quoi qu'il en soit, l’extrême activité de la Digitaline nous paraît devoir en fair e réduire l’emploi. D’ailleurs, les recherches de Grandeau et Lefort ont montré que la Digitaline du comrnei*ce offre de grandes variations dans sa composition, ses propriétés physiques et chimiques et probablement ses effets thérapeutiques. Ces faits s'expliquent par la difficulté d’obtenir une Digitaline toujours identique et par l’impossibilité où l’on a été, jusqu'à ce jour, de lui donner une formule définitive. Il serait donc prudent de s’en abstenir, jusqu’à ce que les chimistes se soient mis d’accord sur sa nature et sur ses propriétés.
Quant aux autres principes retirés de la Digitale et que nous avons énumérés plus haut, ils sont, en définitive, d’une application difficile, en raison de leur grande activité. Aussi, dirons-nous, à leur sujet, ce que nous avons dit de la Digitaline, à savoir, que l'activité de la plante rend leur usage superflu, en même temps que dangereux et que mieux vaut s’en abstenir.
La poudre ou l’infusé de la Digitale semblent devoir suffire dans la plupart des cas, surtout si les feuilles sont renouvelées chaque année et soumises au triage, à la dessiccation, etc., dont nous avons parlé.
La Digitale a été, dans ces dernières années, l'objet d’études cliniques très importantes; nous regrettons que la nature de ce livre ne nous permette pas d’en rendre compte. Il nous suffira de dire que la Digitale diminue le nombre des pulsations du cœur, déprime la température et agit dans les pyrexies inflammatoires, en s’attaquant à Y élément fièvre (Hirtz) ; qu’elle jouit de propriétés diurétiques, d’ailleurs inconstantes ; qu’enfin, elle exerce une action hypostbénisante de? plus marquées sur les organes génitaux.
Elle o tire, comme caractèi-e, que l’économie ne semble pas s’accoutumer à ce médicament; son action persiste, s'accroît même, après
SCROFULARINEES
qu’on eu a suspendu l’administration : ce qu’il faut faire de temps en temps.
A dose un peu élevée, la Digitale produit des nausées, des vomissements, des coliques, parfois de la diarrhée; cet effet se produit lorsqu’on injecte la Digitaline dans les veines, ou même quand l'intoxication est effectuée par la voie hypodermique. L’intolérance pour la Digitale se manifeste par les symptômes suivants : « Sentiment de défaillance épigastrique, vague disposition à vomir, prostration, vue obscurcie, sorte de tension sus-orbitaire, répugnance à prendre le médicament, surtout si celui-ci offre la saveur et l’odeur de la Digitale » (Bouchardat). Dés que les premiers accidents .se produisent, il convient de suspendre l’usage de cette subslance.
La Digitale a été prescrite sous presque toutes les formes pharmaceutiques : poudre, infusion, extrait aqueux et extrait alcoolique , teinture alcoolique, alcoolature, saccharure, sirop, teinture éthérée. La teinture ébhérée est une préparation de valeur très faible et d’ailleurs variable, selon l’éther employé. L'éther pur, qui dissout à peine la Digitaline, donne une teinture ne contenant guère que de la chlorophylle ; l’éther du commerce, qui est toujours alcoolisé, dissout une quantité de Digitaline en rapport avec la proportion d'alcool qu’il renferme, d’où résulte cette remarque curieuse que la teinture éthérée de Digitale laplus active est celle que l’on obtientavec le plus mauvais éther.
Racine de Leptandra
Cette racine est fournie par le Leptandra virginie a, Nutt. (Veronica virginica, L. ; V. purpurea, Steud. ; Eustachya alba, Rafin. ; Pæderota virginica, Valp.), grande herbe vivace des bois, croissant aux Etats -Unis, depuis le Yermont et le Visconsin jusqu’en Géorgie. Elle est inscrite dans la liste des substances officinales de la Pharmacopée des Etats-Unis. On l’emploie sous les noms de Black Root, de Culver's Physic, de l'ail Speedivell, qui signifient : Racine noire, Médecine des Pigeons, Grande Véronique.
La racine de Leptandra est constituée par l’ensemble de la souche souterraine et des racines. Elle se présente, dans le commerce, en fragments durs, noirâtres ou bruns au dehors, plus pâles à l’intérieur, doués d’une odeur faible et d’une saveur âcre, amère, désagréable.
A l’état frais, elle constitue un évacuant violent.
On la prescrit en teinture ou en extrait. Son principe actif (’?), appelé Leptandrine , est une sorte de poudre cristal-
RACINE DE LEPTANDRA
line, amère, d’un noir brillant, et formée par une résine impure, obtenue en précipitant par l’eau la teinture alcoolique de Leptandra. Cette prétendue Leptandrine est un mélange de Leptandrine vraie avec une matière résineuse. C’est elle qui est prescrite par les praticiens éclectiques et que l’on trouve dans le commerce, comme médicament.
La Leptandrine cristallisée n’a pas été isolée pour les besoins de la médecine. On sait qu’elle est soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther, et qu’elle a la saveur amère.de la drogue.
La Leptandrine impure est fort employée comme un succédané de la Mercuriale. Elle est laxative, mais exerce une action tonique sur l’estomac, excite légèrement le foie et sollicite la sécrétion biliaire. On l’administre à la dose de 25 milligrammes à 10 centigrammes, trois ou quatre fois par jour, contre la diarrhée et la dysenterie chronique, dans la torpidité du foie, contres certaines dyspepsies atoniques et lorsqu’il faut régulariser la sécrétion biliaire : elle paraît alors supérieure aux pilules bleues. On l’associe à la quinine, dans les lièvres intermittentes. Les médecins éclectiques la combinent souvent à la Podophylline et à l’Iridine, qui ont les mêmes pro priétés. Les médecins réguliers des États-Unis ne semblent pas lui accorder la même confiance. Il serait à désirer que ces assertions contraires fussent contrôlées en Europe.
La racine de Leptandra contient, en outre, une huile volatile, du tannin, une matière sucrée, qui, selon Wayne, a les propriétés de la mannite et un principe analogue à la Sènègine . La racine paraît avoir une action plus faible et moins certaine, à l’état sec, qu’à l’état frais.
Fleurs de Lyperia
Les Heurs du Lyperia crocea, Eckl., du Gap ( Cape Saf fron; Geele Blomeetjes, des Anglais) sont usitées contre les convulsions des enfants et comme matière colorante. Sèches, elles sont noires et dégagent une odeur safranée : humectées d’eau et frottées entre les doigts, elles les tachent en jaune. On les mélange souvent de lleurs d’autres espèces.
AGANTHAGEES
ACANTHACÉES
Andrographis
L’ Andrographis paniculata , Nees (Justicia paniculata, Burm.) est une herbe annuelle, haute de 30 à 60 centi mètres, commune dans les forêts de l’Inde, de Ceylan et de Java, d’ou elle a été transportée à Maurice et aux Antilles. On la désigne, au Bengale, sous le nom de Maha-tita, ce qui signifie roi des Amers, et on la vend, dans les bazars de l’Inde, comme l’une des drogues appelées Chiretta. Sa tige, garnie de feuilles et de fleurs, et accompagnée de la racine, se trouve dans le commerce, sous le nom de Kariyàt ou de Creyat. Toutefois, les fleurs peuvent manquer et les racines être peu nombreuses.
La racine est fusiforme, simple, grise en dehors, blanchâtre en dedans et d’une saveur amère, plus forte que celle de la tige. Elle émet de nombreuses et minces radicelles. La tige est sillonnée, longue d’un pied ou davantage, obscurément quadrangulaire, droite, noueuse, brancbue et sans poils; elle a une couleur brun clair et une saveur amère, persistante. Les feuilles sont opposées, minces, glabres, fragiles, entières, lancéolées, pétiolées, larges de 1 centimètre, longues de 8, d’un vert sombre en dessus, plus pâles et finement granuleuses en dessous. Les fleurs sont roses, assez petites et disposées en une cyme terminale, paniculée. Les fruits sont un peu siliquiformes, jaunâtres, longs de 3/4 de pouce à 1 pouce et contiennent de 6 à 10 semences ovoïdesarrondies. Comme nous l’avons dit, les fleurs et, par suite, les fruits manquent parfois.
Il ne semble pas qu’on ait fait une analyse complète de Y Andrographis et l’on ignore la nature du principe amer, auquel on rapporte, d’ailleurs, les propriétés de la plante. Ce principe est précipité par le tannin, mais n’est pas de nature alcaline. On trouve, en outre, dans l’Andrographis, un peu de tannin et beaucoup de chlorure de sodium. Son infusé est légèrement acide.
BIGNONIACEES — SESAME
L’Andrographis est un amer tonique et stomachique, analogue à laChirette, au Quassia et à la Gentiane. Il est utilement employé, dans les cas de débilité générale, dans la convalescence des fièvres et contre les états avancés de la dysenterie.
Associée à la myrrhe et àl’aloès, cette plante entre dans la teinture de Karyàt de la Pharmacopée de l’Inde, teinture que Waring dit être tonique, stimulante, apéritive, etc. Selon Ainslie, l’Andrographis entrait dans la préparation alcoolique, que les Portugais de l’Inde appelaient Droga amara. Toutefois, Hanbury et Flückiger disent que le principe amer de cette préparation était le Colombo.
La Droga amara était très réputée contre la dysenterie et la dyspepsie.
BIGNONIACEES
Sésame
Le Sésame (Sesamum indicum, DC. ; S. orientale , L.) S. oleiferum , Mœnch) est une plante herbacée, originaire (?) de l’Inde, d’où elle a été propagée, par la culture, dans les régions tropicales de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique.
Son fruit est une capsule quadrilatère, à semences ovoïdes, pointues, plan-convexes, un peu plus petites que celles du Lin ordinaire. Ces semences contiennent une huile comestible, qui peut être employée, dans l’économie domestique, aux mêmes usages que l’huile d’olive.
L’Huile de Sésame a une saveur douce, agréable, une odeur presque nulle et, d’ordinaire, une couleur jaune clair. Sa coloration varie, d’ailleurs, avec celle des graines, qui peuvent être blanches , j aunes , rougeâtres , brunes , noires. Toutefois, comme la matière colorante des graines réside dans les téguments et est soluble dans l’eau, il suffit de soumettre celles-ci à un lavage préalable, pour en obtenir une huile plus blanche. Le rendement des graines, en huile, varie avec le procédé d’extraction et selon la variété de la graine : il oscille entre 45 et 50 0/0; mais, selon Cloëz, la proportion peut aller de 49 à 53 0/0 et Flückiger en a obtenu 56 0/0.
Cauvet, Mat. méd.,t. II.
758 bignoniacèes
Selon Flückiger, l'huile de Sésame se solidifie à H- 5° ; elle devient trouble, si l’on abaisse la température de quelques degrés au-dessous. 11 est à croire que c’est là une erreur d’impression, car, selon la plupart des auteurs, cette huile s’épaissit à 4° et se congèle à — 5°, sans dépôt granuleux. L’huilede Sésame a une densité de 0,9235, à -h 15° et marque 56° à l’alcoomètre centésimal. Quand elle est pure, elle constititue l’une des huiles les moins altérables.
L’huile de Sésame contient de l’oléine, de la stéarine, ainsi que divers autres composés de glycérine et d’acides gras, homologues de l’acide stéarique, notamment les acides palmitique et myristique. La faible quantité de matière solide, que le froid en sépare, ne permet pas d’isoler cette matière, par la pression : la masse reste à l’état de magma et c’est là un caractère différentiel, entre cette huile et l’huile d’olive.
En traitant 5 volumes d’huile par 1 volume d’acide acétique froid, Flückiger en a retiré une substance qui paraît être de nature résinoïde. Le soluté acétique se colore en jaune verdâtre, quand on y ajoute un mélange à poids égaux d’acide sulfurique et d’acide azotique. Si l’on substitue l’alcool à l’acide acétique, le liquide soumis au même réactif se colore d’abord en bleu, puis en jaune verdâtre.
La coloration verte, ainsi développée dans la liqueur acétique, se montre aussi lorsqu’on traite directement l’huile par le mélange acide. Cette réaction a servi à déterminer la présence de l’huile de Sésame dans l’huile d’olive, mais à la condition que cette dernière en contienne au moins 10 0/0. En ajoutant 1 gramme de l’acide sulfo nitrique à 1 gramme de l’huile mélangée, il se produit une coloration vert-pré intense, mais passagère (Behrens.). Selon Heydenreich, on obtient une coloration rouge, en mélangeant une goutte d’acide sulfurique à 10 ou 15 gouttes d’huile de Sésame.
L’élévation de température, qui se produit par addition d’acide sulfurique concentré à l’huile de Sésame, permet aussi de déterminer la présence de cette huile, dans l’huile d’olive. En effet, tandis que 10 centimètres cubes d’acide ajoutés à 50 grammes d’huile d’olive ne donnent qu’une élévation de 42°, la même opération, pratiquée avec l’huile de Sésame,