ROMARIN
Selon Bentley etTrimen, en Angleterre, l’essence de Pouliot est préparée avec la plante fraîche; ces auteurs disent, toutefois, que la majeure partie de l’essence employée dans ce pays vient de France et d’Allemagne, où elle est moins chère.
Romarin
Le Romarin (Rosmarinus of/îcinalis , L. ; Rosemary, des Anglais (fig. 625) est un arbrisseau très rameux, indigène de la région méditerranéenne et que l’on trouve aussi à Madère, aux Canaries et dans l’Asie Mineure.
Il offre les caractères suivants :
Feuilles sessiles, étroites, linéaires, coriaces, à marge révolutée, vertes et luisantes en dessus, blanchâtres en dessous; fleurs bleu pâle, en cymules pauciflores ; calice tubuleux, bilabié, velu ; corolle saillante, bilabiée, à lobes supérieurs lancéolés, les latéraux ovales, l’inférieur (médian) concave, trifide, avec la portion centrale denti culée; 2 étamines, saillantes, à filets subulés et à anthères rapprochées, dorsifixes.
Le Romarin est stomachique, stimulant et emménagogue. On en prépare un Alcoolat ; il entre dans l’ Eau, de Cologne et forme la base de Y Eau de la reine de Hongrie.
On le cultive en Angleterre ; mais il ne semble pas qu’on en retire de l’essence, pour le commerce. Celle que l’on vend sur les marchés anglais provient du midi de la France et des côtes de l’Italie, où la plante croît abondamment à l’état sauvage. On en fabrique beaucoup aussi, sur les côtes de l’Adriatique, d’où on l’exporte en France et en Italie, par Trieste.
L’essence vendue comme provenant des fleurs doit être préparée avec les sommités fleuries. Cette sorte est, sans doute, de qualité supérieure, car elle est cotée à des prix fort élevés. En général, cependant, l’essence de Romarin est
Fio. fi25.
Rameau fleuri de Romarin.
LABIEES
retirée par distillation de toute la partie feuillée ; la récolte s’en fait pendant l’automne, c’est-à-dire, après la floraison.
L’Essence de Romarin est un liquide incolore ou jaunâtre, fluide, neutre, doué d’une odeur pénétrante et d’une saveur camphrée, aromatique. Sa densité varie de 0,88 à 0,9i. Elle est lévogyre (Flückiger). Elle paraît composée d environ 4/5 d’une essence bouillant entre 165° et 172°, et de 1/5 d’une autre essence, qui distille au-dessus de 200° et qui est dextrogyre. La première correspond aux essences de térébenthine lévogyres; c’est à sa prédominance qu’est due la déviation à gauche de l’essence totale.
Aune basse température, l’essence de Romarin laisse déposer un stéaroptène, qui paraît composé de deux camphres, à pouvoirs rotatoires opposés (Montgolfier). Elle est soluble en toutes proportions dans l’alcool et dissout à peine le rouge de Santal. L’iode y produit une élévation de température, avec mouvements tumultueux et dégagement de vapeurs rougeâtres. L’acide chlorhydrique la noircit. Traitée par l’acide sulfurique, elle se colore en jaune-rouge trouble; ce mélange étant additionné d’alcool, prend une couleur chamois et reste trouble, même à chaud; soumis à la distillation, il donne un liquide d’odeur alliacée.
L’essence de Romarin a été falsifiée avec de l’essence de térébenthine et avec du camphre.
L’ essence de térébenthine y est décelée par agitation du mélange avec de l’alcool absolu, qui dissout seulement l’essence de Romarin et non l’essence de térébenthine. Cette dernière se sépare sous forme de gouttelettes, si l’on a opéré avec P.E. d’alcool et de l’essence falsifiée. Celle-ci décolore la teinture d’indigo, si elle contient de l’essence de térébenthine, tandis que l’essence pure n’en détruit pas la coloration. Cette propriété est offerte également, par les Essences : d'Anis, de Girofle , de Carvi,de Cajeput,de Bergamotte, de Calamus aromaticics, de Fenouil, d' Hysope, de Persil, de Serpolet, de Thym et de Valériane.
Selon Saint-Martin, on y reconnaît la présence du camphre,àï aide d’une distillation ménagée, qui laisse cette substance, sous forme d’un dépôt cristallin.