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POULIOT AMÉRICAIN — THYM

lumière polarisée, est acide au tournesol, possède une odeur pénétrante, une saveur âcre et chaude et se dissout dans

I partie d’alcool à 85° . Elle réagit assez vivement avec l’iode et avec l’acide azotique ; mêlée à l’acide sulfurique, elle se trouble et le mélange, additionné d’alcool, prend une teinte fleur de pêcher, mais reste trouble, même à chaud.

Pouliot Américain

Le Pouliot américain (Hedeosma pulegioides, Pers.; Cunila et Melissa pulegioides, L. ; Zizipliorapulegioides , R. et S.; American Penny royal, Squaio-Mint, et Lickioeed, des Anglo-Américains) estime plante annuelle, commune aux Etats -Unis, d’où elle s’étend au Canada et au Mexique. Sa tige, très rameuse , porte des feuilles ovales- rhomboïdes, entières, obtuses au sommet, atténuées en pétiole à la base, à peine pubescentes, fortement veinées, pâles et glanduleuses en dessous; ses fleurs, d’un bleu pâle, sont très petites et disposées en verticillastres espacées.

L’odeur fortement aromatique et la saveur chaude, camphrée de cette plante la font employer aux mêmes usages que la Menthe. Elle est réputée stomachique, anticatarrhale, antirhumatismale et sert, à l’extérieur, comme rubéfiante. Elle doit ses propriétés à une huile volatile, inscrite dans la Pharmacopée des Etats-Unis, où elle est usitée en place de l’essence de Pouliot, sous le nom d 'Essence d' Hedeosma.

L’Essence d’Hédéosma récente est jaune pâle; elle s’obscurcit en vieillissant. Elle a l’odeur et la saveur de la plante; sa densité est de 0,948. On la désigne souvent, en Angleterre, sous le nom de American Oil of Penny royal.

Thym

Le Thym (Thymus vulgaris, L. ; Thyme etGarden- Thyme, des Anglais) est une plante vivace, suffrutescente, commune dans les endroits secs de la région méditerranéenne.

II est cultivé dans les jardins, en France, en Angleterre, etc.

Il offre les caractères suivants : Tiges ascendantes, ra-

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meuses, atteignant à peine une hauteur de 20 à 30 centimètres; feuilles sessiles, linéaires-lancéolées, très petites, blanchâtres, surtout à la face supérieure, glanduleuses- ponctuées à la face inférieure et à marge rèvolutèe ; fleurs disposées, à l’extrémité des rameaux, en verticillastres denses : les inférieurs distincts, les supérieurs rapprochés en faux capitules ovoïdes ou globuleux; corolle blanche, à lèvre supérieure bilobée-réfléchie et à lèvre inférieure déjetée, avec le lobe médian étroit, allongé.

Le Thym est surtout recherché comme assaisonnement, pour la cuisine. Oh en retire, par distillation, une essence d’un brun-rougeâtre foncé , que, dans le commerce anglais, l’on appelle fréquemment Oit of Ori'ganum , mais qui ne ressemble pas du tout à la véritable essence d’Origan. Cette dernière ne se trouve jamais dans le commerce. Soumise à une nouvelle distillation, l’essence de Thym est obtenue à l'état incolore ; elle est alors moins odorante.

Ces deux sortes d’essences sont distinguées par les noms de Huile rouge de Thym et Huile blanche de Thym.

La récolte et la distillation du Thym, dans le midi de la France, s’effectuent à deux époques : 1° pendant la floraison (mai-juin); 2° en automne.

L’Èssence de Thym est fluide et neutre; elle a un pouvoir rotatoire à gauche de 11°, 23, une densité de 0,890 et un in- 1 dice de réfraction de 1,483. Elle possède une saveur camphrée, une odeur pénétrante, se dissout dans l’éther et trou- j hle la benzine. Elle dissout l’iode, sans réaction vive; avec l’acide sulfurique, elle devient rouge et trouble, mais s’éclaicit à chaud ; la liqueur est alors remplie de petites larmes huileuses, en suspension.

Sous l’influence de distillations fractionnées, elle se divise en deux parties : la première, qui bout entre 178 et 180°, est un liquide incolore, constitué par un mélange de Cxymène (C10H14) et de Thymène (C10I116). La seconde est le Thymol.

Le Thymol (C10 H14 O) est obtenu principalement, en agitant de l’essence de Thym avec une solution de carbonate de soude et précipitant, par l’acide chlorhydrique, le liquide aqueux préalablement décanté. Il se présente sous forme de

LOBÉLIACÈES — LOBEL1ES 77'7

gros prismes rhomboïdaux obliques, fusibles à 44°, bouillant à 230° , facilement solubles dans l’alcool et dans l’éther. L’eau n’en dissout que un millième.

Même à la proportion de un millième, le Thymol est un antiseptique précieux, que son énergie doit faire préférer au Phénol et à l’acide salicylique, malgré son prix plus élevé. Il est aussi dix fois moins toxique que le Phénol. Son odeur très agréable de Thym, sa moindre activité, sa volalité plus faible, le recommandent comme antipudride, lorsqu’il faut supprimer l’action du pus sur l’organisme.

Serpolet ou Thym sauvage

Le Serpolet (Th. Serpyllum , L.) est un sous-arbrisseau vivace, commun dans les lieux secs et dont voici les caractères : tiges et rameaux diffus, étalés; feuilles planes , entières, vertes sur les deux faces, plus grandes que celles du Thym ; corolles purpurines, roses ou blanches.

Cette plante, moins aromatique que le Thym, est surtout usitée comme assaisonnement. Elle fournit une essence jaune d’or ou brun rougeâtre, d’une densité de 0,89 à 0,91, neutre, de saveur aromatique et d’odeur agréable.

L’Essence de Serpolet est complètement soluble dans l’alcool; elle dissout à peine le rouge de Santal, réagit assez vivement sur l’iode et se colore en rouge de sang, avec l’acide sulfurique : le mélange, additionné d’alcool, prend une teinte framboise et devient presque complètement clair par la chaleur. Cette essence possède à peu près la compo sition et les propriétés de l’essence de Thym.

LOBÉLI ACÉES

Lobélies

Un certain nombre de plantes appartenant au genre Lobé- Yie (Lobelia, L.) ont été employées en médecine ; mais les dangers que provoque leur administration en a presque tota lement fait abandonner l’usage. Telles sont les suivantes :

lobêliacêes

Lobélie brûlante ( Lobelia urens, L.). — Plante vivace, habitant les landes marécageuses d’une partie de l’Europe. Tige anguleuse, feuillée, simple ou ramifiée supérieurement, haute de 2 à 8 décimètres et à feuilles dentées, finement pubescentes : les inférieures ovales-allongées, disposées en rosette; les supérieures sessiles, ovales-lancéolées. Fleurs brièvement pédicellées, à réceptacle obpyramidal, pourvu de côtes saillantes, séparées par des sillons étroits : sépales libres, linéai— res-aigus ou un peu acuminés, n’atteignant pas le milieu de la corolle ; corolle violet clair, à 5 pétales rapprochés en bas en un tube clos, mais qui est formée de parties distinctes, disposées en haut en un limbe bilabié, à 5 divisions étroites, aiguës ; étamines à filets rapprochés, mais libres, et à anthères jaunes, dont 2 plus courtes, à sommet pénicillé; ovaire à sommet atténué, creux, sans ovules et se continuant avec un style presque égal aux étamines.

La Lobélie brûlante a été très réputée contre les fièvres paludéennes et les rebouteurs la prescrivent encore, dans les campagnes de l’Ouest. A dose trop élevée, elle produit des accidents très graves, parfois mortels.

Lobélie enflée ou Tabac indien (L. inflala , L. , Rapuntium infiatum , Mill.). — Plante annuelle ou bisannuelle, à tige dressée, simple ou rameuse au sommet, haute de 2 à 6 décimètres et à feuilles subentières ou finement serrulées : les inférieures pétiolées ; les supérieures sessiles, ovales-oblongues, aiguës. Fleurs lilas clair, en grappe terminale et à réceptacle ovoïde, 10-nervié : calice à 5 sépales libres, triangulaires- j subulés ; corolle bilabiée, fendue jusqu’à la base et dont le tube offre, vers son milieu, deux taches jaune clair, au-dessus desquelles s’en trouventdeux autres, répondant à une fossette extérieure (cette fossette fait saillie en dedans et occupe le fond du sinus compris entre le lobe médian et ses voisins immédiats) ; étamines à filets aplatis, libres et à anthères* grises, obtuses, dont 2 sont pénicillées au sommet; ovaires j à 2 loges multiovulées.

La Lobélie enflée habite le nord de l’Amérique; elle s’étend du Mississipi à la baie d’Hudson et au Kamtchatka. Les Indiens la mâchent, pour amener la salivation, d’où le

LOBELIES

nom d’ lndian-Tobacco, qu’on lui donne aux États-Unis. Les Quakers de New Lebanon en récoltent les sommités, qui sont expédiées en Angleterre, sous forme de paquets rectangulaires, fortement comprimés, avec cachet et signature, sur le papier servant d’enveloppe.

Les sommités de Lobélie ont une couleur vert jaunâtre, une odeur herbacée, irritante et une saveur âcre, brûlante, analogue à celle du Tabac; quand on les mâche, elles provoquent une salivation abondante. Leur poudre est verdâtre.

Selon Holmes, l’herbe, mais plus spécialement les semences de la Lobélie enflée sont largement employées, en Amérique, par les médecins éclectiques et par les herboristes, comme émétiques et expectorantes.

La Lobélie était depuis longtemps entre les mains des charlatans, en Amérique, lorsque Cutler (1813) la préconisa contre l’asthme. Elle fut introduite, dans la médecine européenne par Reece, en 1829. Les médecins anglais, américains et quelques médecins allemands admettent qu’elle peut rendre des services, dans toutes les formes de dyspnée et dans les accès de toux, lorsque ces symptômes sont exclusivement de nature nerveuse. Dans les affections cardiaques, le catarrhe bronchique chronique, elle calmerait l’oppression et modérerait la violence des accès de toux. Ces résultats n’ont pas toujours été confirmés et, d’une part, l’activité vénéneuse de cette plante, d’autre part, l’ignoranee où l’on est de la nature réelle et des propriétés physiologiques de son principe actif, doivent rendre très réservé dans son emploi.

On la prescrit, soit sous forme d’infusion, de décoction ou de poudre, à la dose de 0, 15 à 0,05 pro dosi , de 2,0 pro die ; soit sous forme de teinture (5 à 30 gouttes, pro dosi).

La Lobélie enflée a été analysée par Procter (1838 1841), par Pereira (1842), par Reinsch (1843), par Bastick (1851) et par F. F. Mayer (1866). On y a trouvé : un alcaloïde volatil (Lobéline, de Procter), un acide particulier (Ac. Lobèlique , de Pereira), une huile volatile (Lobèlianine , de Pereira), une résine, de la gomme. Enfin, en 1871, Enders en a retiré le principe âcre ( Lobélacrine ), auquel la plante doit sa saveur.

Les semences de la Lobélie enflée sont petites, brunes,

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ovales ou en forme d’amande; elles sont marquées de rides longitudinales et transversales, obliques, interceptant de nombreuses fossettes ovales, ce qui les tait ressembler à un sac à ouvrage, quand on les examine à la loupe. Ces semences sont très actives, et leur ingestion peut entraîner la mort. Elles contiennent, en effet, deux fois plus de Lobeline que la plante. Procter y a trouvé, en outre, environ 30 0/0 dune huile fixe, très siccative, d’une densité de 0,940.

La Lobeline a été étudiée par Reinsch. Procter et illiam Bastick. Elle se présente sous forme d’une huile visqueuse, un peu jaunâtre, fortement alcaline, plus légère que leau, volatile, mais facilement altérable par évaporation, soluble dans l’eau, l’alcool, l’éther; son odeur aromatique, analogue à celle de la plante, est exaltée par l'ammoniaque ; sa sa’seur est piquante et analogue à celle du Tabac. Les alcalis caustiques la décomposent. Elle forme des sels solubles et cristallisables, avec les acides sulfurique, chlorhydrique, azotique; l’acétate deLobélinene cristallise pas. Le tannin la précipite.

Procter ayant introduit 5 centigrammes de Lobeline dans l’estomac d’un Chat, cet animal tomba aussitôt dans un état de prostration, avec perte des mouvements, pendant une heure; les pupilles furent fortement dilatées : 15 heures après, il n’était pas encore rétabli.

La Lobélacrine se présente sous forme de houppes verruqueuses, brunes, peu solubles dans l’eau, solubles dans l’éther et le chloroforme; les acides et les alcalis le dédoublent en S'ucvc et en acide LobeLic[UC. Elle se décomposé aussi par ébullition dans l’eau.

Bien que la racine, les capsules et surtout les graines de la Lobélie soient les parties les plus actives de cette plante, on n’en expédie, en Europe, que les feuilles ou mieux les sommités ; leur récolte est effectuée au mois d août ; elles arrivent, comme nous l’avons dit, sous forme de bottes rectangulaires. Les antidotes de la Lobélie sont les mêmes que ceux du Tabac; Gubler indique particulièrement le café.

Cardinale bleue (L. syphilitica, L.). — Plante vivace ou bisannuelle, à tiges simples ou raméfiées, hautes de 40 à 60 centimètres, à feuilles sessiles, ovales-aiguës, inégalement

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