‹ Nouveaux éléments de matière médicaleChapitre 171 sur 219 · IPÉCA CU AN HA ANNELÊ · texte numérisé non relu

IPÉCA CU AN HA ANNELÊ

poudre à celle de lTpécacuanha officinal est d’une détermination plus difficile.

Toutefois, l’observation nous a montré que la poudre de lTpécacuanha strié majeur (fig. 634) est très hygrométrique et que sa présence, dans la poudre d’Ipécacuhana annelé, porterait celle-ci à se pelotonner. En outre, nous verrons plus loin que lTpécacuanha officinal contient beaucoup de fécule, très peu de raphides et que les cellules de son parenchyme sont proportionnellement épaisses. L’existence de nombreuses raphides (r) souvent agglomérées en paquets, la minceur relative des cellules du parenchyme cortical (b), enfin, la grandeur et la vacuité de ces cellules, ainsi que la constatation d’une moindre quantité de fécule (a) nous semblent des caractères suffisants pour reconnaître la fraude.

Ipécacuanha annelé

On connaît, sous ce nom, dans le commerce, des racines de deux sortes, appelées Ip. annelé mineur et Ip. annelé majeur.

La première de ces racines était aussi, jadis, appelée Bèconquille et Racine d'or : c’est la sorte officinale par excellence. Elle est fournie par le Cephælis Ipécacuanha , Rich. (Cephælis emetica, Pers.; Callicocca Ipécacuanha , Brot. ; Ipécacuanha o f ficinalis , Arrud. ; Uragoga Ipéca ■ cuanha, IL Bn.).

La Céphélide Ipécacuanha (tig. 635) est une plante ligneuse, offrant les caractères suivants : Souche souterraine dépourvue de moelle et formée d’organes axiles de deux sortes : 1° les uns sont charnus, noueux, pourvus de renflements et d’étranglements circulaires alternatifs ; leur couleur est jaune brunâtre au dehors, blanche au dedans; leur méditullium est ligneux et jaune pâle ; 2° les autres sont secs, fibreux et constitués par de véritables radicelles. Tige redressée, haute d’environ 30 centimètres, subquadrangulaire et obscurément pubescente à sa partie supérieure ; feuilles brièvement pétiolées, ovales-acuminées, entières, presque glabres; stipules laciniées; Heurs petites, blanches,

RUBIACEES

disposées en une sorte de capitule entouré par un involucre de 4 folioles pubescentes ; corolle infundibuliforme, à divisions allongées, aiguës ; le fruit est une nuculaine ovoïde, noirâtre, contenant 2 nucules blanchâtres.

Kio. 635. — Cephselis Ipecacuanha.

La Céphélide habite les pentes boisées et les forêts humides du Brésil, dans les provinces de Para, de Fernambouc, de Baliia, de Minas Geraës, de Bio-Janeiro, de Saint-Paul et surtout dans celle de Matto-Grosso. L’emploi très fréquent de sa racine contre la dysenterie, dans l’Inde, et la cherté

IPÉCACUANIIA ANNELE

croissante de cette drogue ont porté les Anglais à tenter de l’acclimater dans cette contrée. La Géphélide se multiplie aisément, en effet, par bouturage de la racine, de la tige et même d’une feuille pourvue de pétiole ; sa propagation est donc facile. Mais, sa culture en grand, dans la province de Sikkim, ne semble pas avoir réussi.

La plante à l’Ipécacuanha est appelée Poaya, au Brésil, où les gens qui en récoltent les racines sont nommés Poayeros.ho, nom de Poaya est donné dans ce pays, paraît-il, à la plupart des racines douées de propriétés émétiques ; nous avons déjà vu que ce nom est appliqué aux racines du Poly gala Poaya, de plusieurs lonidium , et d’un certain nombre de Rubiacées.

Pour récolter la racine, les poayeros saisissent d’une main les tiges aériennes de la plante, puis enfoncent au-dessous d’elle un bâton pointu et, par un mouvement de bascule, soulèvent toute la motte, dont ils séparent ensuite la terre. Les racines sont alors séchées au soleil. Au Matto-Grosso, les poayeros laissent dans le sol quelques fragments de racines, qui servent à la reproduction de la plante.

La racine d’Ipécacuanha paraît avoir été signalée, en 1625, par Purchas, qui l’appela Igpecaya ou Pegoya. Pison et Margraff la décrivirent les premiers, en 1648, sous le nom d’ Ipècacuanha, comme une substance vomitive, qu’ils vantèrent contre beaucoup de maladies. Le vague de leur description et la mauvaise figure qu’ils donnèrent du végétal empêchèrent de déterminer son espèce botanique.

Sur les indications de Mutis, Linné fils la rapporta au Psychotria emetica. Enfin, le professeur Brotero la fit connaître et l’appela Calicocca Ipècacuanha, nom que A ch. Richard changea en celui de Cephælis Ipècacuanha.

Ce remède fut d'abord tenu secret; il entra dans le domaine public, lorsque, Helvétius l’ayant employé avec succès sur la personne même du Dauphin, Louis XIV en fit l’acquisition.

L’Ipécacuanha annelé mineur {Ip. du Brésil , Ip. officinal , fig. 634-635) se présente sous forme de racines allongées, grosses comme une plume d’Oie, irrégulièrement contournées, simples ou rameuses, pourvues d’anneaux saillants, inégaux,

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rapprochés, séparés par des étranglements plus étroits. On en distingue deux variétés :

L Ipecacuanha gris noirâtre, de Ganbo\\Yi(Ipêcacuanha hrun, de Lémery ; Ipecacuanha gris ou annelé,de Mérat), toinio d un méditullium blanc jaunâtre et d’une écorce annelée, peu adhérente au méditullium, d’un gris noirâtre au dehors, grise à 1 intérieur, dure, cornée et demi-transparente. Sa saveur est âcre et aromatique, son odeur forte, irritante et nauséeuse. Pelletier a trouvé 16 0/0 d’émétine dans l’écorce et 15 0/0 dans le méditullium.

Fig. 630 — Ipécaeuanlm annelé mineur.

L’Ipécacuanha gris ROUGEATRE, de Guibourt (Ipécacuanlm gris rouge , de Lémery et de Mérat) diffère du précédent, par son écorce moins foncée et rougeâtre, son odeur moins forte et sa saveur non aromatique ; sa cassure est un peu plus transparente. Parfois, cependant, sa section est opaque, mate et farineuse, mais cette constitution ne fournit pas de caractère distinctif. On peut l’observer, en effet, sur la même racine, dont la section est cornée d’un côté, farineuse de l’autre côté, ou qui est farineuse à l’une de ses extrémités et cornée à l’autre.

Pelletier y a trouvé 14 0/0 d’émétine.

L Ipecacuanha annelé mineur présente la structure histologique suivante :

1° Suber peu développé, jaune brunâtre, à cellules tabulaires assez épaisses. 2° Parenchyme cortical , d’abord corn -

IPECA CU A N H A ANNELÉ

posé de 5 ou 6 assisesde cellules tabulaires, puis formé de cellules irrégulièrement quadrilatères, dont le volume augmente rapidement, pour diminuer ensuite, à mesure qu’on se rap proche du liber : toutes ces cellules sont gorgées d’amidon ; quelques-unes contiennent de très rares raphides, d’ailleurs très petites. 3° Les cellules voisines de la zone génératrice ou appartenant au liber sont beaucoup plus petites; elles constituent un tissu à mailles irrégulières, inégales, parfois subdivisées et forment alors de petits amas mal définis, dont les éléments ont des parois un peu plus épaisses que celles des cellules du parenchyme cortical. Les 'fibres libériennes contiennent de la fécule. 4° La zone génératrice se compose de 3 ou 4 séries de cellules incolores, presque aussi grandes que les fibres ligneuses. 5° Le bois est formé presque exclusivement de fibres ligneuses, disposées en séries rayonnantes ; on n’y voit pas de rayons médullaires ; les vaisseaux y sont rares et situés, en petit nombre, vers le centre de la racine : quelques-uns seulement se montrent çà et là, disséminés dans le bois. La moelle manque.

Ipécacuanha annelé majear (fig. 637). — (tuibourt a décrit, sous ce nom, une sorte d’Ipécacuanha, actuellement très commune dans le commerce, où on l’appelle Ipéca deCarthagène ou de la Nouvelle-Grenade, et que Mérat avait appelée Ipècacuanha gris blanc. H. Bâillon attribue cette racine à YUragoga granatensis , H. Bn., sans pouvoir, toutefois, dire si cet Ura.goga constitue une espèce distincte ou s’il est une simple variété de la Géphélide officinale. Hanbury rapporte qu'il a reçu de Médellin (vallée de Gauca, Nouv.- Grenade), un échantillon de la plante avec ses racines, et il ajoute que cette plante ressemble tout à fait au Ceph. Ipeçacuanha.

Triana pense, néanmoins, que la plante productrice de l’Ipéca de Carthagène appartient à une espèce encore indéterminée. Gette opinion semble justifiée par la structure anatomique des deux racines, bien que les différences observées entre elles soient très peu importantes.

L’Ipécacuanha annelé majeur a un diamètre de 5 à 8 millimètres ; il est cylindrique et marqué d’anneaux peu sail-

rübiacéks

Jants ou presque nuis. Son écorce (fig. 638) est très épaisse, • lare, cornée, un peu translucide, gris jaunâtre ou rougeâtre

en dehors, gris brunâtre ou noirâtre en dedans, avec un nié— ditullium relativement très petit et jaune. Son odeur est forte

Carthagène

et irritante, sa saveur âcre et amère Il contient en moyenne 13,4 0/( d’émétine. (Lefort.)

L’Ipécacuanha de offre la structure suivante (fi 639-640).

Suber (a) brun jaunâtre, à 5 ot 6 rangées de cellules tabulaires recouvrant une zone de 5 à 6 série: de cellules petites, quadrilatères un peu allongées tangentiellement Le 'parenchyme cor tic al (b) est composé de cellules gorgée: de fécule, disposées en séries concentriques, grandes, irré-

l*io. 638. — Section transversale grossie de l’Ipécacuanha annelé majeur.

ipecacuaniia annei.é

gulières, d’abord tangentielles, puis à peu près d’égale dimension dans tous les sens. En se rapprochant du centre

de la racine, ces cellules se rapetissent et s’allongent dans le sens du rayon. Le liber (d etfig.640,G) est formé de faisceaux déliés, distincts, courts, inégaux, subarrondis ou

Fio. C39. — Section transversale de l‘lpécacuanha annelé majeur.

Fig. 640. — Ipécacuanha annelé majeur (détails).

appointis au sommet et composés d’éléments délicats, à parois un peu épaissies ; la cavité de ces éléments contient de la fécule. Quelques îlots d’épaississement (fig. 6 40, B) occupent le parenchyme cortical, au voisinage du liber. La constitution

802 RÜbiacèes

du/°fc (° et %• 640, D) est peu différente de celle que présentent les mêmes couches, dans l’Ipécacuanha du Brésil. Peut-être les fibres ligneuses sont-elles un peu moins épaisses; elles contiennent aussi de la fécule.

Cet Ipécacuanha se différencie aisément de l’Ipécacuanha du Brésil, par sa grosseur plus considérable, la moindre épaisseur relative de son méditullium et la faiblesse de ses annulations; il s’en rapproche par la couleur grisâtre ou noire

delà section transversale de son écorce, qui est épaisse, dureet cornée. Les différences histologiques de ces deux sortes de racines n’ont qu’une médiocre valeur et ne sont guère que des différences de plus ou de moins. A peine peut-on invoquei la structure plus régulière de la couche qui environne immédiatement le bois, dans l’Ipéca de la Nouvelle- Grenade.

Chez l’une et l’autre sorte (fig. 041-642), les raphides (r) sont rares, les grains de fécule (a) très nombreux, libres ou beaucoup plus souvent réunis par quatre ou par trois, plus rarementpar deux. Cette disposition relative desgrainsde fécule donne à ces éléments une physionomie spéciale : ils ont. en effet, un hile punctiforme, sublinéaire et sont, tantôt ovales-

IPÊCACUANHA. ANNELE

arrondis, tantôt arrondis d’un côté seulement, tronqués de l’autre côté, qui offre alors une surface de section nette, circulaire ou pyramidale. Dans l’une et l’autre racine, les fibres ligneuses (b) et les cellules corticales (c) different à peine.

Ainsi, l’Ipécacuanha du Brésil et l’Ipécacuanha de Carthagène ne peuvent être distingués par leurs éléments histologiques. L’examen microscopique d’une poudre d’Ipécacuanha ne permettra donc pas de dire si cette poudre a été préparée, soit avec l’Ipécacuanha officinal, soit avec l’ipéca-

Fio. 042. — Poudra do ripéoacuanlia do Carthagène.

cuanlia do Garthagène, soit enfin avec un mélange de ces deux racines. Mais comme, selon Lefort, l’Ipécacuanha de Garthagène renferme presque autant d’émétine que l’Ipécacuanha du Brésil (Brésil. 14,4; Garthagène, 13,4), la substitution ou le mélange des deux racines n’a pas d’inconvénients sérieux.

La falsification de la poudre d’Ipécacuanha annelé, au moyen de celle de l’Ipécacuanha strié majeur, a été déjà

rubjacèes

N,0us,!10us boril1erons, à rappeler que l’hygroscopicité 1 1S grande dune poudre d Ipécacuanha doit rendre cette poudre suspecte et qu’on devra la rejeter, si l’observation microscopique y montre la présence de nombreuses raphides et de débris de cellules à paroi très mince, avec une diminution proportionnelle des grains de fécule. L’addition de matières ligneuses ou féculentes sera indiquée :

1 Par la forme des grains d’amidon étrangers, naturellement fournis par les Céréales, par les Légumineuses ou par la 1 ommede terre (v. t. I, p. 376-377). 1

2° Par l’existence de fibres à paroisplus épaisses et de vaisseaux généralement plus grands, que ceux du méditullium de 1 Ipécacuanha officinal. Il faut ne pas oublier que, dans les divers Ipecacuanhas annelés, les fibres ont des parois relativement minces, jaunes, avec un lumen très large et que les vaisseaux 1 ont ^ un cambre sensiblement supérieur à celui des fibres.

indsif-CSoCnUS! d°nnf./ faible d0Se> comme émétique et comme

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J s cas. A haute dose, il agit comme contre-stimulant

n le prescrit sous forme de décodé, de poudre de teinlnr U’ i -,

aqueux, d’extrait alcoolique, de vin, de sirop etc’ Ouelm>/« ^

ep emploient 1» poudre, Ls forme de

meme comme caustique , à la manière de Plmile de Croton action irritante de la poudre d’Ipécacuanha doit être attribuée à l’émétine, qui la possède a un haut degré* c’est m mômo ■ •

cactianha doit ses propriétés pl'",C,Pe l"6 1 «P*

Notts avons vu plus haut que Pelletier a trouvé, dans Ipécacuanha, des proportions d’émétine variables avec l’espoce de la racine. Or, selon Flückiger, la racine d’Ipécacuanlia contient moins de 1 0/0 de cet alcaloïde. C’est pour quoi cet auteur estime que les proportions élevées qu’on en a retirées se rapportent à de l’émétine impure.

t vürl été do"“«’

line dans l’Ipécacuanlia du J hé il c‘ ’ P°“'’,a l"”ll01'ln.ti d’emécuanha de „ a ri! ^ Lefort' dails Ulpéoa-

des résultats trouvés parles savant- f , que I mterprélation de pou Ire d’ipéca a,an„t cmUieodràit, e» SS$ S^amme s^’eTé!

1PÈCAGUANHA ANNELÈ

tine pure; l'on verra plus loin que 10 centigrammes de cet alcaloïde peuvent tuer un Chien et qu’il suffit de 0,005 à 0,02 d’émétine, pour produire des effets violents chez l'Homme. En se basant sur ces considérations, M. Lignon, préparateur de chimie à la Faculté de Lyon, a repris l'analyse de l’Ipécacuanhaannelé. Un nouveau procédé de dosage lui a permis d’arriver aux résultats ci-après :

1° L’Ipécacuanha annelé du commerce renferme 1,4 à 1,5 0/0 d’émétine donnant, avec l’acide chlorhydrique, un sel blanc nettement cristallisé.

2° L’extrait hydro-alcoolique de cet Ipécacuanha fournit de 7,2 à 7,4 0/0 d’émétine.

La concordance de ces résultats tend à montrer la vérité e nos allégations exprimées ci-dessus.

Pelletier avait signalé, dans ripécacuanha, la présence I d’un acide, qu’il croyait être de l’acide gallique. Willigk dit que cet acide est un corps particulier, qu'il appelle I acide Ipècacuanhique .

Enfin, il existe, dans l'Ipécacuanha, un principe gras, odorant, qui en rend parfois l’administration difficile. Malapert a proposé de soustraire ce principe, au préalable, en

! traitant la racine par l’éther, qui ne dissout pas l’émétine.

L’Acide Ipècacuanhique est un glucoside très hygrosco- I pique, amorphe, brun rougeâtre, amer, que l’on regarde I comme voisin des acides quinique et cafétannique.

L’Emétine (C,5H22AzO?, Glénard) est un alcaloïde blanc, pulvérulent, inodore, de saveur amère désagréable. Elle bru-

init un peu à l’air, est peu soluble dans l’eau froide, assez soluble dans l’eau bouillante, très soluble dans l’alcool et dans I le chloroforme, insoluble dans l’éther et dans les huiles ; I elle fond à 70° et prend alors l’aspect d’un extrait brun, I transparent. Le tannin la précipite abondamment de ses dis— I solutions. Ses sels sont en général solubles, acides, incris- ■ tallisables; mais l’acide nitrique forme avec elle un nitrate tl presque insoluble dans l'eau, d’abord volumineux, puis se n changeant en une masse brune, poisseuse, d’apparence ■ résineuse. Les alcalis caustiques la dissolvent aisément ; ii mélangée à la chaux ou à la magnésie, elle s’altère à l’air ni et prend une teinte jaune safrané.

gQQ rubiacèes

d’acide sulfurique concentré prennent une belle teinte jaune, par addition d’eau de Javelle. Le même auteur conseille le procédé ci-après, pour rechercher l’émétine dans la poudre d’Ipécacuanha :

Mélanger 6 centigrammes de poudre d Ipéca, avec mil ligrammes de chaux vive et quelques gouttes d eau ; desse cher le mélange et le mettre dans une fiole, avec 12 grammes de chloroforme ; agiter fréquemment, puis filtrer dans une capsule contenant un peu d’acide acétique et laisser evaporer. En ajoutant alors 2 gouttes d’eau, on obtient une solution presque incolore d’Émétine. Cette solution, étant placée dans un verre de montre, donne des pécipités amorphes, avec l’azotate de potasse, avec le tannin et avec le bi-iodure c e mercure dissous par l’iodure de potassium. ,

Nous avons dit que l’acide nitrique forme, avec 1 Emetine, une combinaison à peu près insoluble, qui brunit avec le temps. Cette réaction semblait devoir nous permettre de déterminer le lieu de l’Émétine, dans l’Ipécacuanha annele. Les recherches faites, à cet effet, ont montré une coloration plus intense des tissus voisins du bois; de ci, delà, dans le parenchyme cortical, mais surtout au voisinage de la couche ci-dessus nommée, on a pu constater aussi l’existence de sortes d’ilots formés de cellules plus petites, à parois plus épaisses, un peu brunies (v.p.80i,fig. 639, B et C). Unexamen attentif a permis de voir que la teinte brune affectait surtout la face interne de la paroi, c’est- à dire, les restes de la membrane primordiale. Il semble donc que l’Emétine se déposé dans le protoplasma d’une catégorie spéciale de cellules, soit disposées, en îlots irréguliers, dispersés dans le parenchyme cortical, au voisinage du liber, soit formant l’enveloppe extérieure du bois, c’est-à-dire, le liber.

L’Émétine pure a des propriétés analogues à celle du tartre stilùe. Appliquée sur la peau, elle détermine de l'inflammation et des pustules, qui ne laissent pas de cicatrices. Il se produit, au contraire, de la suppuration et des cicalrices, si l’application a été énergique et prolongée. Elle agit violemment sur les muqueuses; c’est à elle que sonî dues les suffocations et les ophthalmies intenses, observées chez les gens qui pulvérisent l’Ipécacuanha ou qui en manient de grandes

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