RACINE DE CAI NC A
quantités. Administrée à l’intérieur, soit par la bouche, soit en injections hypodermiques et à une dose variant de 0.005 à 0,02, elle détermine des nausées et des vomissemls violents, dus à l’irritation des branches terminales du pneumogastrique, dans l’estomac. Sous son influence, les mouvements respiratoires et cardiaques, d'abord accélérés, sont ensuite ralentis et il se produit un abaissement de la température. Ses effets, sur les centres nerveux, sont peu connus. Chez les animaux qui ne vomissent pas (Grenouilles), l'excitabilité réflexe de la moelle est paralysée; on a observé aussi la paralysie des muscles et des nerfs moteurs périphériques. A doses mortelles (0,1 à 0.3 pour un Chien), elle produit un affaiblissement extrême des muscles et la mort arrive par collapsus.
Les propriétés vomitives de l’Émétine sont analogues à celles de l ' Apomorphine . On attribue la même action à la Violine, principe actif du Viola odorata , à la Cyclamine , qu’on extrait des bulbes du Cyclamen europæum et à l 'Asclepiadine, alcaloïde exlraitdes racines du Vincetoxicum officinale et de plusieurs autres Asclépiadées.
L’Émétine pure est peu employée, à cause de son activité et de son prix élevé; Y Emétine impuce ou médicinale , autrefois assez usitée, ne l’est guère aujourd’hui. On lui préfère les anciennes préparations d’Ipécacuanha : poudre , extrait , sirop, teinture, pastilles, etc.
L’Ipécacuanha du Brésil devenant de plus en plus rare, on tend à lui substituer la sorte que nous avons décrite, sous le nom CYIpècacuanha de Carthagène.
Plusieurs autres racines, improprement appelées Ipécacuanha, servent, en divers pays, comme succédanées de l’Ipéca vrai.
Nous avons déjà parlé (t II, p. 15b et 214, 215) de VEuphorbia Ipécacuanha et des divers Ionidium employés aux mêmes usages. On cite encore, comme usitées dans les mêmes circonstances, les racines du Gillenia trifoliata, Monch, Rosacée de l’Amérique septentrionale; de YAsclepias curassavica , L., Asclépiadée des Antilles; du Cynanchum Ipécacuanha Rich., de l’ile de France, et du Periploca mauritiana, Poir., de Bourbon, qui appartiennent à la famille des Apocynées.
Racine de Caïnc
Cette racine, aussi appelée racine de Cahinca ou de Caïnca. est fournie par deux plantes du genre Chiococca :
1° L’une est originaire du Brésil et produit la racine de Caïnca du Codex : c’est le Ch. anguifuga , Mart. (Serpentaria brasiliensis, Off. ; Cipo-cruz, des Brésiliens);
«La racine du CA. anguifuga est rameuse, composée de radicelles cylindriques, longues de 35 centimètres ou plus, et
RUBIACEES
dont la grosseur varie, depuis celle d’une plume, jusqu à celle du doigt. Elle est formée d’une écorce brunâtre, peu épaisse, entourant un corps ligneux blanchâtre (qui forme à lui seul presque toute la masse de la racine) et dont la cassure parait criblée de trous, lorsqu’on l’examine à la loupe. L écorce offre souvent, de distance en distance, des fissures trans\ersales et se sépare assez facilement du bois. A cet égard, le Caïnca se rapproche de i’Ipécacuanha gris, et même quelquesunes de ses plus petites racines ont pu souvent se trou\cr mêlées à l’Ipécacuanha, auquel elles ressemblent beaucoup; mais le caractère le plus frappant de la racine de Caïnca consiste dans des nervures très apparentes, qui parcourent longitudinalement ses gros rameaux et qui sont formées, à l’intérieur, d'un méditullium ligneux entouré de son écorce, laquelle est confondue avec celle du rameau : de sorte que l'on dirait des radicules décurrentes, qui se sont soudés par approche avec le tronc principal.
« En masse, la racine de Caïnca offre une odeur assez marquée, analogue a celle du Jalap. Quant a la sa\ eur , 1 ecorce en a une très amère et âcre, fort désagréable, auprès de laquelle le bois parait insipide; c’est donc dans l’écorce surtout que résident les propriétés de la racine. » (Guibourt.) ^
2U La seconde habite les Antilles et sa racine est préféiée en Allemagne : c’est le Ch. raceruosa , Jacq. (Petit Biusida et Ruiz prêta, des colons; Snowberry , des Anglais).
« La racine du Ch. vacemosa est rameuse, d un brun îougeâtre, composée de branches cylindriques, longues de 60 à 90 centimètres, de la grosseur d’une plume à écrire, ou beaucoup plus menues, offrant quelquefois des fibrilles radicales grêles et ramifiées. Elle est obscurément striée^ en long, ce qui lui donne quelque ressemblance avec 1 Ipéca euanha strié ou du Pérou ( Ronabea emetica , Rich.), prosente, de distance en distance, des espèces de petits tubercules irréguliers, qui paraissent être les restes de l’ancien chevelu et porte quelques fissures transversales, qui sont le résultat de la dessiccation.
« Ges racines se composent d’une écorce très mince, primitivement charnue, recouverte extérieurement d’un épiderme
RACINE DE CAINCA
brun, adhérent et qui lui-même est d’une couleur blanchâtre sale; au-dessous de cette partie charnue, sc trouve l’axe ligneux, qui forme presque toute la masse de la racine. La partie corticale, qui est comme résineuse, a une saveur assez désagréable, un peu âcre et légèrement astringente ; cette saveur disparaît entièrement dans la partie ligneuse, qui est tout à fait insipide. Au milieu des fragments, dont nous venons de tracer la description, on trouve d’autres morceaux qui sont, les uns de véritab les rameaux de la tige aérienne, les autres des rameaux étalés à terre, où ils se sont enracinés, en pous sant des radicelles de leurs nœuds. On les distingue facilement des vraies racines, en ce qu’ils présentent à leur centre un canal médullaire. La saveur de leur partie corticale est bien moins prononcée que celle des racines, en sorte que nous ne doutons pas qu’ils soient moins actifs. » (Ach. Richard.)
Ces deux sortes de racines semblent ne pas avoir les mêmes propriétés.
Le Caïnca des Antilles est depuis longtemps usité contre la syphilis et les rhumatismes, tandis que le Caïnca du Brésil, très réputé comme alexipharmaque, diurétique, tonique, anthelminthique, a été très vanté dans le traitement de l’hydropisie essentielle.
Selon Guibourt, ces deux racines différent, par la prédominance du principe colorant jaune, dans le Ch. racemosa, qui a un épiderme gris jaunâtre et non gx-is foncé, une écorce orangé rouge et un bois jaune. D'autre part, le Ch. anguifuga peut atteindre la grosseur du doigt, tandis que le Ch. racemosa ne dépasse guèi-e celle d'une plume d'Oie. Elles ont, du reste, la même odeur et la même saveur.
Pelletier et Gaventou ont trouvé, dans la racine de Caïnca, une matière grasse, verte, d’odeur vireuse : une matière jaune, extractive et amère, une matière colorée, visqueuse ; un principe acide, cristallisé, blanc, inodore, âcre et amer, non azoté, peu soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et qu’ils ont appelé acide C cantique.
L’acide Caïncique parait être le principe actif du Caïnca.
Selon Rochleder et Hlasiwetz, ce corps se dédouble en quinovine et glucose, sous l’influence des acides étendus. C’est donc là un principe qu’il faut ranger parmi les glucosides acides, au voisinagedes tannins, et qui se distingue ainsi nettement des glucosides neutres et des glucosides alcalins.
Rü BT AGEES
Café
Le Café est fourni par un arbuste du genre Coffea, L., genre comprenant un certain nombre d’espèces, dont les mieux connues sont : le C. arabica , L., le C. mauritiana, Lamk., et le C. liberica , Bull. Quelques autres espèces paraissent en fournir également ; telles sont les C. benghalensis, C. stenophylla, C. Z anguebariæ et C. racemosa.
Le Caféier ordinaire (C, arabica , L. ; C. vulgaris, Moncli) est un arbrisseau toujours vert, commun en Abyssinie, ainsi que dans l’Angola. 11 parait exister autour du lac Nyanza et sur les côtes du Mozambique. On prétend qu’il ne fut importé en Arabie, que pendant le cours du xve siècle. Les Hollandais l’introduisirent d’abord à Java, puis à Surinam (1718), d’où il passa à Cayenne et enfin aux Antilles françaises f 1 820 1823). Il est actuellement cultivé dans la plupart des
régions tropicales ou subtropicales du globe, surtout au Brésil. Voici ses caractères :
Tige glabre , haute de 1 à 6 et même 7 mè-
tres ; feuilles ovales-