III. Tubes ou demi-tulxs, plu3 rarement plaques d’un
rouge-brun foncé; cassure à longs éclats Quinquinas rouges.
A. Couche subéreuse molle, spongieuse, verruqueu e,
de couleur rouge brun ’ 0. rouge subêreux.
B. Suber fort rugueux, mamelonné, offrant des gerçures longitudinales q rouge rfl(r
L)ciiis 1g tableau ci dessus, nous avons traduit rigouretisement les dénominations que O. Berg- a appliquées aux divers Quinquinas; ces dénominations sont à peu près celles que Bergen avait proposées. On en trouvera la synonymie plus loin.
quinquinas obis ou bruns
On désigne, sous ce nom, des écorces riches en cinchonine et provenant surtout des jeunes branches. Ils se présentent sous forme de tubes, dont l’ épaisseur varie depuis celle d’une plume à écrire jusqu’à celle du pouce. Leur surface externe, de couleur rouge brun, avec des points blancs pulvérulents ou écailleux, est pour\ ue de gerçures, ainsi que de crevasses longitudinales et transversales peu profondes ; les couches internes sont generalement brunes. Leur cassure transversale est plutôt régulière que fibreuse et parfois résineuse. Enfin, ils ont une saveur plus astringente qu’amère et ils donnent une poudre d’un fauve grisâtre, plus ou moins pâle.
J Mohl appelle suber tabulaire les couches du périderme qui alternent avec celles du suber polyédrique , mais qui se développent aussi isolément dans quelques ecorces, soit a leur périphérie, de manière à remplacer l’épiderme qui a disparu soit dans 1 épaisseur même de l’enveloppe cellulaire ou liber, qu il mine et dont il occasionne l’exfoliation dans une étendue plus ou moins considérai). e Selon \\ eddel], ce tissu est remarquablement développé dans ecorce du 6’. lanafoio , Mut, où il forme des cloisons d’aspect m caJè entre les strates de sa portion exfoliée- pVo 1 • • 1 , > enu<-
ressortent sur la trancha a î ?• 1 encoie lui qui forme les lignes qui
escortent sur la tranche de la partie morte extérieure de l’écorce du C Calt-
saya. Ce suber ne parait, au reste, dans les écorces de Cmchona, différer en rien du suber développé dans les circonstances ordinaires
QUINQUINAS GUIS
Quinquina Huanuco. — « Généralement ce Quinquina a la forme de tubes régulièrement cylindriques, de 5 à 20 millimètres de diamètre. Les petits tubes sont recouverts d’un périderme finement fendillé, d’un gris un peu bleuâtre et bien adhérent au liber, qui est compacte, rougeâtre et comme formé de couches agglutinées. Les grosses écorces sont extérieurement d’un gris blanchâtre; elles ont des fissures plus prononcées et présentent, en outre, de distance en distance, des fentes transversales plus marquées. Le liber est généralement épais, d’apparence ligneuse et d’un fauve un peu orangé, qui se ternit avec le temps. Le Quinquina Huanuco contient 0,012 à 0,020 de cinclionine (en moyenne 0.027). C’est l’espèce de Quinquina gris qu’il faut préférer, pour l’usage de la médecine. » (Ancien Codex.)
O. Berg donne aux Huanucos les caractères suivants : Tubes enroulés en spirale, quelquefois roulés sur les deux bords, â face externe d’un brun rougeâtre pâle, avec une teinte blanchâtre. Ces tubes offrent de fines crevasses transversales, ainsi que des rides et des sillons longitudinaux ; leur face interne est de couleur brun- cannelle; sous le périderme se montre un anneau résineux foncé...
Les Quinquinas Huanuco sont fournis par plusieurs espèces de Cinchona , qui croissent dans le district de Huanuco (Pérou). Ils nous arrivent par le port de Lima, d’où le nom de Quinquinas de Lima , qu’ils portent encore parfois, dans le commerce.
Parmi les arbres qui fournissent ces écorces, les mieux connus sont le C. nitida, Ruiz et Pav., le C. peruviana, IIow. et le C. micrantha. Ruiz et Pav.
Fliickiger considère le C. nitida et le C. peruviana comme des variétés du C. micrantha. Il rapporte à la même espèce le C. australis , Wedd., qui fournit une sorte de Calisava inférieur et le C. scrobiculata, H. et B., qui produit Y Ecorce rouge de Cusco ou Ecorce de Santa- Anna.
1° Ecorces du C. nitida. — Ces écorces sont plates ou roulées.
A. — Écorces roulées du Q. nitida. (Q. Loxa brun compacte , de Guibourt). — Ces e'corces sont très denses et garnies d’un périderme rugueux, inégal, marqué de sillons transversaux et d'excroissances
Cauvet, Mat. méd., t. II.
RUBIAGEES
subéreuses, qui n’existent pas dans les autres sortes de Huanuco. Leur lace externe est couverte de Lichens blancs, qui donnent à cette partie une couleur lustrée particulière, lorsqu’il sont humides, d’où leur nom de Cascarilla lustrosa.
Cette écorce a donné à Howard 2 0/0 de cinchonine. On lui préféré les deux autres sortes de Huanuco.
B. — Écorces plates du Q. nitida (Q. Huanuco plat, sans épiderme, de Del. et Bouch.). — Ges écorces offrent la constitution suivante : « La surface est d'un jaune fauve uniforme, à sillons longitudinaux moins prononcés que sur les écorces de Calisaya.La texture de la surface externe n’est pas aussi serrée que celle de ce dernier. La fracture transversale est d'un jaune plus rouge; les libres sont courtes, mais ne se détachent pas facilement. » (Delondre et Bouchardat.) Quand on mâche cette écorce, l'amertume se développe promptement; la saveur en est légèrement piquante, sans astriction. L’épaisseur des écorces est de 6 à 10 millimétrés. Malgré sa belle apparence, ce Quinquina ne fournit que 6 grammes de sulfate de quinine et 12 grammes de sulfate de cinchonine par kilogramme.
« Il se récolte à Huanuco et vient par le port du Callao, en surons de 70 à 75 kilogrammes. »
2° Écorces du C. peruviana. — Ges écorces sont plates ou roulées.
A. — Écorce roulée du Q. peruviana (Quinquina rouge de Lima, de Guibourt ; Quinquina Huanuco jaune pile, de De 1. et Bouch.). — Gette écorce est, d’après Howard, moins rugueuse que celle du O. nitida, mais beaucoup moins lisse que celle du C. micrantha. Son épiderme est de couleur blanche, teintée çà et là de Lichens bruns ou couleur de rouille. Elle ressemble beaucoup au Calisaya et ne s'en distingue réellement, que par ses bords obliquement coupés et par l'absence d’un Lichen (Ilypochnus rubrocinctus) commun sur le Calisaya. La surface interne est rouge brun ou couleur de rouille ; elle est lisse, chez lesjeunes écorces, un peu fibreuse, chez les écorces plus âgées. La fracture est nette et résineuse; la saveur amère, astringente et aromatique ; l'odeur particulièrement suave.
« Cette écorce nous arrive de Cuchero, par la voie de Lima. » (Planchon.) Howard y a Irouvé 3 0/0 d'alcaloïdes, dont : 1,46 de cinchonine et 1 ,5 i de cinchonidine, de Wittstein.
B. — Ecorce plate du Q. peruviana (Quinquina Huanuco jaune pâle , de Del. et Bouch.). Gette écorce est épaisse de 4 à 10 millimètres. « La surface externe est d’un jaune pâle, avec quelques crêtes saillantes et quelques sillons longitudinaux peu marqués ; la surface interne est d'un jaune plus pâle encore. La texture est unie et serrée ; la cassure est à fibres courtes. L'amertume est prompte à se développer, un peu styptique, avec un goût légèrement aromatique. » (Del. et Bouch.)
Cette écorce est rare dans le commerce. Delondre et Bouchardat en ont retiré 6 grammes de sulfate de quinine et 10 grammes de sulfate de cinchonine, par kilogramme.
quinquinas gris ^55
Une écorce de Huanuco du commerce, paraissant due au
va„te7%afi57)'’°US a U CO"S,itntion '“«“-logiquesui-
Lesuber(a) est formé de cellules aplaties, très développées , brun rougeâtre, dispo sées en couches régulières; il est séparé de la couche herbacée par un anneau de su ber tabulaire , à parois plus épaisses et rougeâtres.
Le 'parenchyme cortical ( b ) est composé de cellules généralement déprimées, irrégulières, d’aspect fongueux, de couleur orangée, disposées en séries concentriques et paraissant contenir une matière amylacée, amorphe. Ce parenchyme contient des sclérules(fig. 058.
à direction Fm. g.->~. - soctmn i-.„.
tangentielle et Zlt0 e #corce de
quelques laticiféres (C) surtout rapprochés d„ lit Le liber (c) est relativement assez développé r es' fit libériennes sont rarement groupées mr 1, ? fllires Plus souvent, elles sont isolées. I soit! LTcSffi
RUBIACÉES
éléments irréguliers. Ges fibres (fig. 658, A, D), sont assez grandes et présentent un lumen à peine apparent; leurs parois sont marquées de stries concentriques nombreuses, serrées et de quelques rares canaux. Le liber renferme aussi, dans sa portion externe, quelques sclérules, d’ordinaire moins développées que celles du parenchyme cortical.
Les rayons médullaires sont proportionnellement étroits et formés de 2 ou 3 rangées de cellules tangentielles.
3° Ecorces du C. micrantha. Ges écorces sont plates ou roulées.
A. — Ecorce roulée nu Q. mi eu a n tu a (Quinquina cle Lima gris brun , de Guib. ; Quinquina Huanuco roulé avec épiderme, de Del. et Bouch.). — Cette écorce est décrite par Guibourt, comme suit : « Écorces sous forme de tubes longs, bien roulés, de la grosseur d’une plume à celle du petit doigt, offrant très souvent des rides longitudinales formées par la dessiccation. La surface extérieure est, en outre, médiocrement rugueuse, souvent presque privée de fissures transversales, ayant une teinte générale gris foncé, mais avec des taches noires ou blanches, et portant çà et là les mêmes Lichens que les Quinquinas de Loxa. Le liber est d’un jaune brunâtre foncé et comme formé de fibres agglutinées. La saveur en est amére, astringente, acidulé et aromatique ; l'odeur est celle des bons Quinquinas gris. »
Delondre et Bouchardat en ont retiré 2 grammes de sulfate de quinine et 8 à 10 grammes de sulfate de cinchonine, par kilogramme.
b'- Écorce plate du Q. micrantha (Q. jaune orangé, et Écorce de C. micrantha,de Guibourt; Gascarilla motoso'.o, de Carabaya ; Queppo cascarilla et Gascarilla verde, des Boliviens). Cette écorce arrive mélangée au Calisaya. « Elle est d’une densité peu considérable et constituée par le liber seul ou par le liber et la tunique celluleuse,
Fig. 65S. — Huanuco (détails).
QUINQUINAS GRIS
celle ci se présentant généralement sous une forme demi-fongueuse et imparfaitement exfoliée. Face externe inégale, anfractueuse, offrant souvent des concavités ou des sillons digitaux superficiels, analogues à ceux du Quinquina Calisaya et séparés par des éminences irrégulières, de texture subéreuse, beaucoup plus rarement lisse par la persistance de toute l’épaisseur de la tunique celluleuse; d’un jaune orangé clair et grisâtre. Face interne à fibres assez marquées, de la même couleur que la face externe, mais d’une nuance plus vive. Fracture transversale fibro-filandreuse dans toute son épaisseur ou plus ou moins subéreuse au dehors. Fracture longitudinale peu esquilleuse, à surface presque mate. Saveur assez fortement amère et se développaut promptement, un peu piquante, à peine stvptique.
« Dans les écorces un peu âgées, le périderme offre une particularité remarquable : il présente très peu d’épaisseur et semble formé par la tunique subéreuse seule; mais, entre cette couche extérieure et le derme, on trouve très souvent une matière pulvérulente rougeâtre, qui en forme partie également et qui résulte de la destruction de la tunique celluleuse. Il n'v a pas ici, en un mot, desquamation ou exfoliation, comme dans les autres espèces, mais bien décomposition. » (Weddell.)
Ces Quinquinas arrivent de la province péruvienne de Huanuco, par Lima, et sont livrés en caisses au commerce. Dans les balles d’origine, on leur trouve presque toujours réunis les Quinquinas Huamalies et de Jaën pâle.
Comme nous l'avons vu plus haut, Erdmann a retiré du Huanuco plat un alcaloïde isomérique avec la cinchonine, acaloïde qu’d a appelé Iluanoquine ou Huanokine ; selon de Vry, ce serait de la cinchonine très pure.
Reichard a trouvé dans 100 parties d'écorce de Huanuco : quinine, 0,854; cinchonine, 2,240; ammoniaque, (’,08G ; acide quinique, 8,985; acide quinovique, 1,73(5; acide quinotanuique, 0,515; acide oxalique, 0,152; acide humique, 27,088, elc.
L’infusé de Huanuco n’est pas troublé par la gélatine ; le tartre stibié et la teinture de noix de galles le précipitent; le chlorure de fer lui donne une. teinte jaune verdâtre.
L’importance officinale du Quinquina Iluanuco nous a porté à entrer dans de longs détails sur cette sorte et ses différentes variétés. Nous parlerons plus brièvement des autres sorles de Quinquinas gris.
Les écorces du G. umbellulifera, Pav., qui se trouvent souvent mêlées au Huanuco, s’en distinguent par leurs sillons longitudinaux larges et plats. Elles n'existent pas dans le commerce, selon Flückiger. qui rapporte le C. umbellifera au groupe des Ginchonæ rugosæ.
Quinquina australis (Cockabamba Bar h des Anglais). Cette écorce est fournie par le C. australis , Wedd, que Flückiger regarde comme une espèce de la souche des C.micrantha, mais dont H. Bâillon fait une variété du C. nitida. Le C. australis croit vers le 19« degré de latitude Sud, dans la Bolivie. Son écorce se rencontre parfois isolément dans
RUBIACEES
le commerce anglais, oû on l'appelle Cochabamba Bark ; plus souvent I elle se trouve mêlée au Calisaya. En Bolivie, on la nomme Cascarilla de la Mordillera ou de Piray et Cascarilla de Santa-Cruz.
L Écorce de Quinquina australes est en fragments ou en éclats, dont la plus grande longueur ne dépasse guère 6 à 7 centimètres, ordinairement très brisés, plats, un peu cintrés et comme usés à leurs extrémités. Elle est généralement privée de périderme et presque réduite au liber, que recouvre un mince parenchyme, de couleur brun jaunâtre, finement ridé en long. Son épaisseur varie de 1 à 3 millimètres. Quand il existe, le périderme est fongueux, brun-rouille, parfois un peu gri sàtre; l’épaisseur de l ecorce varie de 3 à G millimètres
La face interne est d un fauve clair ou foncé et présente des stries I fines, serrées, non continues. La cassure, fauve rougeâtre, assez grossière, mais à fibres ordinairement courtes, se rapproche assez de celle des Quinquinas vieux et chancis.
O. Berg lui attribue la structure suivante : parenchyme cortical assez épais; canaux sêveuxfSaftrôhren) étroits; fibres dispersées, en dehors, mais disposées en file, en dedans, comme dans le C. scrobiculata.
Holmes et Flûckiger disent que cette écorce est de qualité inférieure. Toutefois, G. Planclion pense qu’on l'a délaissée peut-être plus qu’elle ne le mérite.
Quinquina de Loxa ( Quinquina de Loxcl gris brun, do I Guibourt). — Tubes spiralés ou enroulés sur les deux bords, minces, gris ou gris brun en dehors, ponctués de blanc, de giis brun ou de noir, offrant de lines crevasses transversales, écartées, plus ou moins annulaires et des rides longitudinales.
Ces tubes ont une couleur brun-cannelle en dedans et présentent, sous un mince périderme, un anneau résineux foncé.
O. Berg dit que le Quinquina de Loxa vrai est formé par les jeunes écorces des Cinchona Uritusinga, Pav., C. Condaminea , Humb.,C. Chahuarg itéra , Pav., C, macrocal //x, Pav., C. conglomérats Pav., C . glandulifera R. et Pav.! r. heterophylla , Pav., C. ldnuta , R. et Pav., C. Palton , Pav., C. microphylla , Pav.
Les écorces des C. macrocalyx et C. Condaminea y prédominent ; celles de C. Uritusinga y sont plus rares : ces deinièi es se trouvent parfois isolément, dans le commerce.
On admet aujourd'hui, que les diverses écorces de Q Loxa sont fournies parle C. offtcinalis , L., auquel Howard attribue les variétés suivantes :
1° C. offtcinalis, Uritusinga, How. (C. Uritusinga, ■
QUINQUINAS GRIS
2° C. officinalis, Bonplancliana, How\, qui fournit les écorces de Gliahuarguera, que Pavon appelait Arnarilla ciel Rey et Colorado, ciel Rey ;
3° C. officinalis, Condaminea, How. (C. Chahuary liera, R et Pav.).
Près du C. of/îcinalis , G Planchon met les Cincliona suivants, qui n’en sont peut-être que des variétés :
1° C. Palton, Pav., de la province de Loxa;
2° C. crispa, Tafalla (C. Condaminea, var. crispa; C. officinalis, var. crispa. Howard), qui habite aussi la province de Loxa ;
3° C. macrocalycc, Pav., qui vient de Cuença (Equateur).
Les écorces fournies par ces diverses variétés seront étudiées rapidement.
1° Le C. off., Urithsinga produit l’écorce décrite par Guibourt, sous le nom de Q. rougk fibreux du roi d’Espagne (Cascarilla fine, de Uritusinga ; Original or old Loxa Bark, de Pe reira). Cette écorce était jadis la plus estimée. Elle est brune en dehors, avec des verrues tubéreuses et des fissures transversales, peu profondes, qui ne font pas le tour de l’écorce.
Ce Quinquina a une saveur plus astringente, que celle des autres sortes du même groupe. Howard y a trouvé une forte proportion d’alcaloïdes.
2° Le C. off., Bonpl andian a fournit deux des écorces appelées, par Pavon, ('. Chahvarguera :
A. — Amarilla del Rey (Q. de Loxa jaune fibreux et Q. jaune de la Condamine, de Guibourt; H. O. Crown Bark, or Yellow Crown Bar h, de Pereira) :
Ecorces minces, roulées, grosses comme une plume d'Oie, avec un épiderme fin, gris fauve, une cassure nette en dehors, un peu fibreuse en dedans; la face interne a l’aspect et la finesse de la Cannelle de Ceylan. Sa face externe offre quelques fissures transversales, presque parallèles. Cette écorce a une odeur aromatique, faible et une saveur amère, qui se développe lentement, un peu styptique, mais non acerbe. Elle est rarement pure.
B. Coi.orada del Rey (Q. gris compacte et Q. rouge de la Condamine, de Guibourt; lied Crown Bark, de Pereira) :
Ecorces minces, bien roulées, plus épaisses que les précédentes, mais de même, grosseur, avec un épiderme fin, brun-marron, offrant des jilaques argentines et de très petits Lichens. Ce Quinquina est ridé et porte d’assez nombreuses fissures ; sa face interne est d’un jaune grisâtre, parfois un peu rouge ; sa cassure est nette, en dehors, un peu filamenteuse en dedans.
RUBIACEES
Ces deux sortes d’écorces sont riches en alcaloïdes. Selon Broughton
Fig. 659. — Section transversale d'une écorce de Quinquina de Loxa
celles du C. off., Bonplandiana , angustifolia, cultivé dans les Indes, en fournissant jusqu’à 8, 0/0, dont 7,1 de quinine.
QUINQUINAS GR1SJ
rectangulaires et gentiels, bruns et
3° Le C. off ., Condaminea produit le Q. Chahüarguera type (Q. Huamalies mince et rougeâtre , de Guibourt (?); Rusty Crov:n Bark, de Pereira) : écorce roulée, à épiderme blanchâtre ou grisâtre, pouvant être rayée par l’ongle, striée en long, non sillonnée en travers, avec quelques verrues de couleur rouille, parfois nombreuses et en séries régulières. On
suppose que cette sorte B
est le Quinquina qui fut prescrit à la comtesse ciel Cinchon. Il contient 2 à 3 0/U d'alcaloïdes, surtout constitués par de la cinchonidine.
La structure du Loxa varie nécessairement avec la provenance de cette écorce. Celle du C. offic. , Uritusinga (fig. 659) offre les caractères ci-après : lo pèriderme (a) formé d’éléments irrégulièrement taifon-
gueux en dehors, disposés en couches concentriques peu nombreuses, souvent séparées par du suber tabulaire brun-rougeâtre gorgé de résine; 2° parenchyme cortical (h) assez développé, composé de cellules langentielles, minces, parmi lesquelles se voient quelques canaux séveux arrondis (fig. 660, C), plus grands ou plus peti’s que les cellules ambiantes. Selon Berg, ces canaux occupentl’exlrémité des faisceaux libériens ; 3» liber(c, et fig. 660,1)) peu développé, constitué par des faisceaux assez mal définis, surtout formés par un lissu cellulaire, à minces parois et traversé par quelques fibres de grandeur variable, ordinairement isolées et espacées, plus rarement réunies par 2 ou 3. Les éléments du parenchyme libérien sont irréguliers, ovales ou subarrondis et beaucoup plus petits que
Fis. 660. — Quinquina Loxa (détails).
RUBIACÈES
ceux du parenchyme cortical (fig. 659, b). Les fibres (fig. 660 a. d) ont des parois épuisés, que traversent 2-3-4 canaux issus du lumen, qui est
punctiforme. Enfin, les rayons médullaires (B) sont composés de 1 ou
2 rangées de cellules, le plus souvent radiales. Dans Je G. Chahuarquera, le parenchyme cortical paraît dépourvu de canaux séveux le liber est plus développé, les fibres sont plus égales et plus rapprochées-
Les Quinquinas de Loxa nous arrivent de l'Equateur, par Lima, Payta ou Guayaqml. ’
La saveur du vrai Loxa est franchement amére et astringente. Selon Bouchardat, il renferme de la quinine et de la cinchonine.
,e C' crisPa- Tafalla, produit la sorte appelée, par Guibourt, Quinquixa jaune du roi d Espagne (Fine ou Silvery Crown Bar h, de
ereira; Quina fina de Loja , de Pavon) : écorce en tubes grêles recouverts de Lichens crustacés, blancs et jaunes, sur un fond noirâtre ou argente et marquée de nombreuses crevasses transversales ; sa cassure transversale est vitreuse et brillante. Elle a une odeur de tabac La teneur en alcaloïdes de cette sorte ne semble pas justifier le haut prix auquel elle est vendue.
L ecorce du C. P ait on, Pav., est employée à la fabrication de la quinine. Ou regarde le C.Palton comme une variétédu C.macrocalyx.
Quinquina Pseudo-Loxa ou de Jaën nigricans (Quinquina Loxa inferieur, Guib.). - Tubes noirs ou brun foncé au dehors, rarement parsemés de points blanchâtres et pourvus de crevasses transversales régulières, très rapprochées, assez profondes, ainsi que de rides longitudinales nombreuses et anastomosées, ce qui leur donne un aspect ride et si lonne. Leur face interne est d’un brun-cannelle foncé : ils n ont pas d anneau résineux, sous le périderme.
Cette sorte est généralement mêlée au Quinquina de Loxa. Selon \V inck er, e le renferme 0.009 de quinine et 0,036 de cinchonine. Son infusé trouble fortement une solution de gélatine; l’infusé de noix de ga les le trouble à peine ; le tartre stibié le rend légèrement opalescen', et te chlorure de fer le colore en vert.
D après Howard, ce Quinquina contient seulement 0.2 à 0 75 0/0 d alcaloïdes, principalement constitués par de l’aricine.
L origine de ces écorces paraît être fort controversée. O. Ber" les attribue aux C. nitida, R. et Pav., C. stupea , Lav., C. scrobiculala. H. B. Cette détermination ne semble pas fondée. Flückiger les rapporte au C Humboldtiana , Lamb. G. Planchon partage celte opinion, mais i dit que Je 6. macrocalyx fournit aussi des écorces de celte sorte.
G. I lanchon décrit, sous la rubrique Quinquina de Jaën , une deuxieme sorte designée sous le nom de Quinquina pale de Jaën et qui est produite par le G. pubescens , Vahl L Ce Quinquina est forte-
n' 31101 ^ d Arica au C. pubescens. Nous verrons plus
ce te même de Guzco est fourni par la variété Pelletieriana de
vent uroduire d*r <!"’ e Rl m ' e, °"c due le pubescens ou ses variétés peuvent piodmre des ecorces très différentes. 1
QUINQUINAS GRIS
ment tordu, gris cendré ou jaune pâle en dehors, brun-cannelle à la face interne ; il a une cassure nette ou fibreuse, une odeur de tan, une saveur faible, amère ou astringente et contient 2 0/0 d’alcaloïdes, surtout constitués par de la Cinchonine.
Quinquina Huamalies (Quinquina Havane , du commerce français). — Ce Quinquina, pour lequel Guibourt admet six sortes, est décrit de la manière suivante, par Bouchardat :
« Le Quinquina de Huamalies se rencontre en écorces toujours roulées. Les plus fines sont légères, minces, disposées eu longs tubes toujours roulés, dont les plus fins n’ont souvent pas plus de 2 millimètres de diamètre. La teinte générale de ce Quinquina est le gris terreux ; son épiderme est gris noirâtre, gris foncé ou rosé, presque uni ou légèrement ridé longitudinalement; les fissures transversales sont rares ; la cassure est blanchâtre, la poudre presque blanche, la saveur amère et désagréable. Les grosses écorces de Quinquina Huamalies sont recouvertes d’un épiderme strié, blanchâtre, quelquefois rosé ou recouvert d’une matière pulvérulente, ocreuse ; elles différent beaucoup des écorces les plus fines. »
Beaucoup de ces écorces offrent, sur leur face externe, des rangées longitudinales de protubérances ou verrues rougeâtres, qui semblent être des expansions de la couche corticale sous-péridermique. En Allemagne, on attache beaucoup d’importance à ce caractère.
Les Huamalies sont principalement caractérisés : 1° par leur légèreté ; 2° par la consistance presque spongieuse de leur face externe, qui offre de nombreux sillons longitudinaux ; 3° par les verrues cidessus mentionnées.
« Guibourt et Bergen distinguent une variété de Quinquina Huamalies, designée sous le nom de ferrugineux. Elle est caractérisée par sa couleur d’ocre, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur; cependant L’épiderme est d'un gris noirâtre; mais, le plus souvent, il est usé par le frottement et fait place à la couleur de rouille de l’écorce. Cet épiderme est comme tuberculeux ou verruqueux, sans fissures ou offrant des fentes transversales assez rapprochées. L’écorce est grosse comme le pouce, fibreuse ou ligueuse, assez légère, d’une odeur qui rappelle celle delà véritable Angusture et d’une saveur amère et nauséabonde. D'après Henry, cette variété contient beaucoup de cinchonine. » (Bouchardat).
La richesse de ces écorces, en principes actifs, est assez variable; elles contiennent, en général, peu ou pas de quinine et de 0,85 à 6 grammes de cinchonine, par kilogramme.
Howard rapporte les Quinquinas Huamalies ferrugineux et gris terne (de Guibourt) au C. pubescens, fs purpurea (C. purpurea, R. et Pav). Certains d’entre eux ont été attribués au C. Humboldtiana , qui, selon Flückiger, produit le Quinquina Pseùdo-Loxa (v. p. 862). Ce dernier auteur rattache le C. purpurea au groupe des Cinchonse ovatx. Il dit que le Q. Huamalies n’est pas importé aujourd'hui; nous croyons devoir ajouter : du moins sous ce nom.
UUBIACEES
8ti4
L écorce de Quinquina Hu&malies nous a offert la constitution suivante (fig. 661) : Au-dessous d’uu suber (a) à mailles affaissées, se montre un parenchyme cortical (b) très irrégulier, au sein duquel
Fio. CGI. — Section transversale d’une écorce de Quinquina Iluamaliej.
se v oient de nombreuses sclerules, à parois peu épaisses, généralement isolées, mais disposées en sériés tangentielles, mal définies; quelquesunes de ces sclerules se montrent dans! la portion externe du liber. Ce
QUINQUINAS JAUNES
dernier (c) est peu épais et traversé par des rayons médullaires formés de 2 ou 3 rangées de cellules tangentielles. Les fibres libériennes (fig. 662, A) sont assez développées, de grandeur inégale, disposées en groupes de 3 ou 4, et rangées en séries linéaires plus ou moins tortueuses.