ÉCORCE DE C0TO
rarement, surtout au voisinage du suber, ils comprennent 4 ou 5 séries de cellules.
Nous avons reçu d’Angleterre une écorce de Coto portant la mention : Showing Crystals (montrant des cristaux). Cette écorce présente, en effet, sur sa fracture longitudinale, des points blancs, brillants, ayant toute l’apparence de cristaux. Mais les recherches faites à cet égard ne nous ont pas permis d’y voir un seul corps de cette nature. Les amas de cellules pierreuses ou de fibres nous ont montré seulement des corps blancs, plus éclatants et plus translucides que les sclérules, très allongés tangentiellement, les uns formés par une sclérule simple, à cavité irrégulière, les autres constitués par un assemblage de sclérules soudées et, par suite, offrant autant de cavités distinctes. Ces dernières sont tondeuses, avec des angles saillants, occupant le milieu de chaque sclérule. Il est à croire que ce sont là les prétendus cristaux signalés ci-dessus.
2° Paracoto. — Plusieurs fragments, soit rompus, soit coupés avec une scie ; le plus grand n’a que 10 centimètres de long; leur longueur varie de 1,5 à 3 centimètres et leur épaisseur de 1 à 2 centimètres. La face externe est pourvue d’un périderme ordinairement raclé, mais parfois intact et crevassé. Ce périderme est grenu et d’épaisseur variable : tantôt cette épaisseur est à peine de 1 millimètre et tantôt elle atteint presque la moitié du diamètre transversal de l’écorce. La face interne est rude au toucher, grossièrement fibreuse et de couleur moins foncée que celle du Goto.
La section longitudinale est plutôt raboteuse que fibreuse. La section transversale est irrégulière, courte, non sensiblement fibreuse. Cette section, aplanie au couteau, a une teinte plus pâle que dans le Goto : elle est ordinairement criblée de pores peu profonds, dus à l’arrachement de cellules pierreuses. Ges dernières sont groupées en îlots, assez peu nombreux au sein du périderme, très nombreux dans le liber et alors, soit répartis sans ordre apparent, soit disposés en bandes tangentielles, presque continues.
Le Paracoto a une odeur un peu analogue à celle du Coto, mais plus faible, moins pénétrante, peu ou point camphrée, peu ou point anisée. Sa saveur, d’abord à peine amère, devient rapidement camphrée, très piquante et très persistante; elle détermine une vive irritation à la gorge. La sensation camphrée est assez fugitive.
RUBIACÈES
D’après Jobst et Hesse, le Paracoto est en morceaux pouvant avoir 70 centimètres de long, sur 4 à 7 centimètres de large, et 12 à 18 millimètres d’épaisseur. Il ressemble absolument au Goto, mais son périderme blanchâtre est fréquemment creusé de sillons longitudinaux profonds ; son odeur rappelle celle de la muscade, et sa saveur est légèrement brillante.
La constitution histologique du Paracoto est analogue à celle du Goto. Il semble seulement que les sclérules y sont plus nombreuses et les cellules à huile moins abondantes. Cette écorce est également colorée par du phlobaphène.
Les expériences de Burkart ont montré que le Paracoto possède les propriétés du Goto, mais à un plus faible degré.
L’analyse a montré, dans l’écorce de Goto, la présence de trois substances cristallisables : la Cotoïne, la Dicotoïne et V acide Piper onylique, de l’amidon, du tannin, une matière cristalline d’odeur camphrée, etc.
L’examen du Paracoto y a fait découvrir aussi de Y acide Pipêronylique , en même temps que des principes nouveaux : Paracotoïne, Hydrocotoïne, Ijeucotine , une Iluile essentielle, etc.
De ces diverses substances, la Cotoïne et la Paracotoïne seules semblent douées de propriétés physiologiques importantes.
La Cotoïne (G22 H18 O6) cristallise en aiguilles jaunâtres, non volatiles, fusibles à 130°, de saveur amère, solubles dans l’alcool, l’éther, le chloroforme et dans l’eau bouillante, peu solubles dans l’eau froide, dans la benzine et dans le pétrole léger. Elle se dissout, avec coloration jaune, dans les alcalis, d’où les acides la précipitent. Les acides la dissolvent et se colorent diversement : l’acide azotique concentré se colore en rouge de sang ; l’acide sulfurique, en brun ; l’acide chlorhydrique en jaune pur.
Sa solution aqueuse est neutre. Elle réduit, à froid, les sels d’or et d’argent, ainsi que la liqueur de Fehling ; le sous -acétate de plomb la précipite et les sels ferriques la colorent en brun. Traitée parla potasse en fusion, la Cotoïne donne de l’acide benzoïque et une huile à odeur d’amandes amères.
La Paracotoïne (G19 H12 0e) cristallise, dans l’alcool
ECORCE DE COTO
bouillant, en lamelles jaunes et, dans l’eau bouillante, en lamelles incolores. Elle est soluble dans l’éther, le chloroforme, l’alcool bouillant, peu soluble dans l’alcool froid, dans la benzine, le pétrole léger et l’eau bouillante, insoluble dans l’ammoniaque. Elle fond à 152° et se sublime en la melles jaunes. La baryte bouillante la transforme en acide Paracoto'ique (G19 H14 O7). Distillée avec une lessive concentrée de potasse, elle fournit une substance cristallisable, la Paracoumahydrine (G9 H8 O3).
Les expériences du Dr Burkart, avec les teintures alcooliques de Goto et de Paracoto, ont montré que ces deux écorces ont une action physiologique analogue, mais que la seconde est moins active. Gomme cette dernière est de beaucoup la plus commune dans le commerce, c’est elle qui fut le plus fréquemment employée, d’où la divergence des opinions qui se produisirent, au sujet de l’efficacité du Goto.
Selon le IP von Gieitl, l’écorce de Goto est un spécifique contre la diarrhée , dans ses modifications les plus différentes. Le D1' Burkart a expérimenté la poudre et la teinture de Goto. Il a trouvé que la poudre, à la dose de 0,5 à 1 gramme, produit des nausées, une sensation de brûlure dans l’estomac et même le vomissement. A la dose de 1 gramme, la sensation de brûlure est très vive et persiste quelque temps, même après le rejet de la matière. La tein ture (1:9) produit des sensations plus violentes ; elle possède une saveur très âcre et pénétrante ; employée en frictions, elle détermine une hyperhémie, avec sentiment de brûlure.
Avec la poudre et la teinture de Paracoto, les effets produits sont analogues, mais beaucoup plus faibles et il en faut employer des quantités beaucoup plus grandes, pour arriver au même résultat. La différence si grande, existant entre les effets des préparations obtenues avec ces deux écorces et, d’autre part, la difficulté de distinguer la poudre ou la teinture de Paracoto de la poudre ou de la teinture de Coto, a porté Burkart à employer la Cotoïne et la Paracotoïne.
Selon Burkart et Albertoni, la Cotoïne et la Paracotoïne se dissolvent dans la bile, sont absorbées à la surface de l’intestin et sont éliminées par l’urine.
RUBIACÊES
Donnée à la dose de 0sr,05 répétée toutes les deux ou trois heures, ou à celle de 0,1 à 0,5 dans 120 grammes d’une potion apropriée, la Cotoïne s’est montrée un antidiarrhéique éminent, surtout contre les catarrhes chroniques.
Quant à la Paracotoïne, Burliart dit en avoir obtenu les meilleurs résultats, à la dose de 0,1 à 0,2, répétée de 2 en 2 ou de 3 en 3 heures, dans les catarrhes intestinaux aigus ou chroniques et dans deux cas de choléra nostras. Le professeur Balz, de Tokio (Japon), rapporte que le Dr Grerts, d’Yokohama, a prescrit, avec succès, la Paracotoïne dans 5 cas de choléra asiatique, dont un grave, à la dose répétée de 0,2. La petite quantité de Paracotoïne que possédait le Dr Gœrts ne permit pas à ce médecin de continuer ses intéressantes expériences.
Burkart avait conseillé d’employer la Cotoïne en injection hypodermique, contre le choléra. Mais la rareté de l’écorce de Coto vrai déterminant la rareté de la Cotoïne et, d’autre part, la certitude que la Paracotoïne agit de la même manière, quoique à dose plus élevée, ont porté Balz à lui substituer cette dernière. Toutefois, la Paracotoïne étant peu soluble dans l’eau, même bouillante, il indique, comme véhicule, un mélange à parties égales d’eau et de glycérine. Il est évident que, dans ce cas, la dissolution sera faite à chaud et devra être injectée à la température la plus élevée possible. La dose à injecter sera calculée d’après le degré de solubilité de la Paracotoïne à cette température, solubilité que l’on aura constatée au préalable.
Les expériences physiologiques de Burkart ont montré que les autres principes contenus dans les écorces de Coto et de Paracoto ont des propriétés identiques à celles de la Cotoïne et de la Paracotoïne, mais infiniment plus faibles. L’ordre décroissant de ces principes serait le suivant : Cotoïne, Paracototoïnc, Oxyleucotine, Leucotine, et Hydrocotoïne. Il est donc indispensable de n’employer la Cotoïne et la Paracotoine qu’a l’état de pureté absolue, si l’on ne veut s’exposer à des mécomptes. C’est, sans doute, à la présence de matières presque inertes, dans ces deux substances, que sont dus les résultats si contradictoires obtenus par divers médecins.
CATRIFOLIAfÈES — SUREAUX
S’il est vrai que la Cotoïne et la Paracotoïne pures sont des antidiarrhéiques certains; si surtout l’efficacité de la Paracotoïne contre le choléra est constatée un jour, on ne saurait nous blâmer d’avoir donné à cet article une telle étendue.
CAPRI FOLI ACÉES Sureaux
Les plantes du genre Sureau ( Sambucus , Tourn.) sont des herbes vivaces, des arbustes ou des arbres croissant dans les régions tempérées des deux Continents. Leurs feuilles opposées, imparipinnées, à folioles dentées ou laciniées, sont souvent pourvues de stipules. Les fleurs, ordinairement blanches ou d’un blanc crémeux, sont disposées soit en grappes, soit en cymes corymbiformes, souvent unipares à l’extrémité des rameaux ; le fruit est une baie à 3 ou 5 graines contenant chacune un embryon périspermé à radicule supère.
Les plus usitées de ces plantes sont :
1° Le Sureau commua {Sambucus nigra , L. ; S. maderensis , Lowe ; Elder et Bore Tree, des Anglais) est un arbuste ou un petit arbre indigène de l’Europe centrale et méditerranéenne, où il peut atteindre une hauteur de plus de 5 mètres. Ses feuilles, ordinairement privées de stipules, sont composées d’une foliole terminale et de 2 à 4 folioles opposées, ovales ou oblongues-lancéolées, arrondies à la base, aiguës ou acuminées au sommet. Ses fleurs, d’un blanc crémeux et très odorantes, sont disposées en cymes corymbiformes, à divisions premières, ternées ou quinées : les latérales sont sessiles, ou brièvement pédicellées ; les terminales portées sur un pédoncule allongé.
Le fruit est une baie noire, à suc rouge -pourpre.
Le Sureau fleurit en juin et fructifie en septembre. Les feuilles , X écorce, les fleurs et les fruits du Sureau sont employés en médecine.
CAPRIFOLIACEES
L’Ecorce est toujours dépouillée de son épiderme et désignée, pour ce motif, sous les noms de deuxième écorce ou d'écorce interne. On choisit de préférence celle des rameaux de l’année, qui est grisâtre et pointillée et qui paraît plus active. Cette écorce est usitée, sous forme de décoction, comme un purgatif hydragogue. On ne la trouve guère à l’état sec, dans le commerce. Elle est au nombre des substances officinales de la Pharmacopée de Dublin.
Les Baies sont également purgatives et servent à la préparation d’un extrait mou, appelé Rob de Sureau , qui entre dans le Sirop de Salsepareille composé des Hôpitaux militaires français. A la dose de 15 grammes, ce rob est purgatif. Bentley et Trimen rapportent qu’en Angleterre on prépare, avec ces baies, un vin domestique appelé Elder ou Elderberry Wine, et qu’elles servent à adultérer le vin de Porto. Chacun sait qu’en France, avant l’introduction des matières colorantes d’origine minérale, le suc de Sureau était fréquemment employé pour la coloration artificielle du vin.
Les Feuilles fraîches et les fleurs non épanouies ont une odeur désagréable et sont purgatives. Elles sont inscrites, comme officinales dans la Pharmacopée de Dublin et servent à la préparation d’un onguent rafraîchissant, ainsi qu’à celle de VOleum viride , et de l' Unguentum Sambuci foliorum ou Unguentum Sambuci viride , des boutiques anglaises. Selon Christison, les feuilles de Sureau peuvent déterminer l’empoisonnement chez les enfants.
Les Fleurs fraîches ont une odeur forte et désagréable, qui, par la dessiccation, devient plus faible et plus douce. Leur saveur est mucilagineuse et amère. En France, on récolte et l’on fait sécher les inflorescences entières ; en Angleterre on laisse les inflorescences se flétrir un peu et on les secoue, pour en détacher les corolles, que l’on sépare ensuite des pédoncules par un criblage. La dessiccation des fleurs doit être rapide et il convient de les conserver dans un lieu sec. A l’humidité, en effet, elles perdent leur coloration jaune caractéristique et prennent, au bout de peu de temps, une teinte noirâtre.
Les fleurs de Sureau fournissent une petite quantité
VALÈRIANÉES — RACINE DE VALERIANE 915
d’une essence incolore, de consistance butyreuse, plus légère que l’eau, ayant l’odeur des fleurs fraîches et qui s’altère rapidement à l’air. A la température de 0°, elle se prend en une masse cristalline ; son point d’ébullition parait fort élevé. Les fleurs sont usitées à l’intérieur, comme diaphorétiques et, àl’extérieur, comme résolutives, en lotions ou fumigations, surtout dans les cas d’inflammation de la conjonctive.
2° L’Yèble (S. Ebulus, L.) et le Sureau à Grappes (S. racemosa, L.) ont les mêmes propriétés. La souche del’Yèble est réputée violemment purgative.
3° Le Sureau du Canada (S. canadensis, L.; Common American Elder, des Anglais) est une plante vivace, demiligneuse, qui croît dans l’Amérique du Nord, depuis le Canada jusqu’au sud des Etats-Unis. La tige est à peine ligneuse, haute de 5 à 10 pieds, peu rameuse et pourvue d’une moelle très développée. Les feuilles sont longues de 6 à 12 pouces et pourvues de 3 à 5 paires de folioles opposées (non compris la terminale), dont les inférieures sont souvent ternées ; les folioles sont légèrement atténuées à la base, très acuminées au sommet et fortement serretées. Les fleurs, d’un blanc pur, sont disposées en une inflorescence analogue à celle du Sureau noir, mais plus grande et plus Lâche; elles ont une odeur spéciale, agréable, moins forte que celle des fleurs du Sureau noir.
Le Sureau du Canada possède les mêmes propriétés que notre Sureau. Ses fleurs sont officinales aux Etats-Unis, sous les noms de Flores Sambuci et de Elder Floicers. L’écorce interne fraîche est un cathartique actif; ses fruits, appelés Elder Ferries, sont réputés diaphoniques ; ils servent, comme ceux du Sureau noir, «à faire du vin.
VALÉRIANÉES Racine de Valériane
La Valériane officinale ou Valériane sauvage (Valeriana officinalis,lj.\ V. angusti folia. Tausch; V .sambuci folia.
VALÈKIANÊES
Mik.) est une plante herbacée, vivace, commune clans les bois humides, sur le bord des marais et des fossés de presque toute l’Europe, et qui s’étend jusqu’au Japon, à travers l’Asie. On la cultive, pour l’usage médical, en Angleterre, en Hollande, en Allemagne et dans divers Etats de l’Amérique, du Nord. Sa hauteur varie de 50 centimètres à lm ,50 et même 2 mètres.
En Angleterre, on en coupe les rameaux aériens, pour l’empêcher de fleurir et on l’arrache en automne. C’est alors, selon Zeller, qu’elle contient le plus d’essence.
Au reste, la Valériane cultivée est moins'estimée que la Valériane sauvage et même, pour cette dernière, on préfère
la racine des plantes qui ont poussé dans les lieux secs, à celle qui est récoltée dans les marécages.
La partie de la plante que l’on appelle Racine de Valériane (flg. G75) est constituée par l’ensemble de la souche souterraine, des stolons qu’elle émet et des radicelles qu’elle porte.
Elle se compose de deux parties : 1° un e supérieure, généralement creuse aucentre et entourée par la base desséchée des feuilles radicales, qui y forment des collerettes rapprochées les unes des autres; 2° une inférieure , de laquelle naissent de nombreuses radicelles. De l’aisselle des gaines foliaires, naissent des stolons horizontaux, blanchâtres, pourvus de feuilles réduites à leur gaine et terminés par un bourgeon conique, qui se développera plus tard en une tige florifère. Les radicelles sont subcharnues, renflées à la base et munies de fibrilles radicellaires. Ces radicelles sont peu odorantes et d’un blanc grisâtre, à l’état frais; parla dessiccation, elles brunissent, se couvrent de rides longitudinales et prennent une odeur forte, désagréable, sui generis , qui
Fig. G'5. — Racine de Valériane officinale.