RACINE DE VALÉRIANE
Le Yalérène paraît être une substance analogue à l’essence de térébenthine : c’est le Bornéène de Gerhardt.
L’Acide Valérianique (G5 H10 O2), ou Acide Valérique, futdécouvert, en 1817, dansl’liuile de Marsouin, par Ghevreul, qui le nomma acide Phocènique ou Delphinique. Penz, en 1819, et Grote, en 1830, retirèrent de l’essence de Valériane un acide qu’ils appelèrent acide Valérianique. Ettling et Trommsdorff montrèrent ultérieurement l’identité de ces deux acides.
L’acide Valérique a été retrouvé depuis, dans un grand nombre de substances et il a été obtenu dans beaucoup de réactions. Selon Gerhardt, il est produit par le Valérol; mais d’après Pierlot, l’action de l’air et celle de la potasse, sur le Valérol, ne donnent pas d’acide valérianique.
Cet acide a la composition et la plupart des propriétés de l’acide produit par l’oxydation de l’alcool amylique, dont il diffère en ce que le sel de baryum de l’acide artificiel est I incristallisable (Stalmann).
L’acide Valérianique se développe progressivement dans l’essence, à mesure que celle-ci vieillit au contact de l’air.
L’acide Valérianique est un liquide mobile, incolore, de I saveur acide et bridante, d’odeur spéciale, rappelant à la fois celle de la Valériane et celle de l’acide butyrique. Il produit une tache blanche sur la langue, tache le papier, I brûle avec une flamme fuligneuse, bout à 175° et ne se soli -
I" difie pas à — 15°. Sa densité est de 0,9555, à 0° et de 0,9558, à-h 15°. Il se dissout dans 30 parties d’eau, à -h 12°, se mêle en toutes proportions à l’éther et à l’alcool et est très soluble dans l’acide acétique; enfin, il dissout le camphre, quelques résines et le phosphore, mais non le soufre. Quand on le sépare d’un valérate, dissous dans l’eau, il se présente sous forme d’un liquide huileux, hydraté (G5 H10 O2 -h H2 O), d’une densité de 0,950.
L’acide Valérianique est monobasique et forme des sels neutres, ordinairement onctueux au toucher, à peu près inodores à l’état sec, mais ayant une odeur valérianée, quand ■ ils sont humides. Ges sels sont presque tous solubles dans $ l’eau ; leur saveur, d’abord sucrée, devient ensuite brù-
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lanto; les acides minéraux et beaucoup d’acides organiques les décomposent. Pourjjl’usage pharmaceutique, on préfèrel’acide obtenu de la Valériane à celui qui provient de l’oxydation de l’alcool amylique.
La racine de Valériane est prescrite sous forme de poudre , d liydi olat , d'infusion, de teinture alcoolique ou ètliêrée , d'extrait, de sirop, etc. Elle entre dans un grand nombre de préparations officinales.
La Valériane est un excitant général laible, dont 1 action se porte particulièrement sur le cerveau. Administrée à haute dose, elle occa~ sionne un peu de céphalalgie, d’incertitude de la vue et de la myotilité, d'où quelques vertiges très fugaces. On l'a vantée dans 1 hystérie, 1 hy pochondrie, certaines migraines et d'autres névroses. On a guéri, avec la Valériane, des fièvres intermittentes, rebelles aux préparations de quinquina : on l’associe avec avantage à ce précieux médicament. On l’a aussi employée dans certaines fièvres graves, présentant des symptômes ataxiques ; mais c’est surtout comme antispasmodique, que la racine de Valériane et ses préparations méritent de fixer 1 attention des praticiens. La racine de Valériane est fort utile dans la série interminable des accidents nerveux, qui naissent sous l’empire des affections hystériques et vaporeuses, soit que ces accidents se montrent réunis, soit qu’ils apparaissent isolés.
Toutefois, sans mettre en doute les résultats obtenus dans quelques névroses et, en particulier, dans des cas d’épilepsie, Rossbach se refuse à admettre que la Valériane exerce une action curative sur 1 hystérie. Il dit que les bons effets provoqués par l'action de celte racine, dans les ac -ès spasmodiques, ayant pour siège certains groupes musculaires, ne prouvent rien ; car les interventions thérapeutiques les plus diverses, mais capables d’agir psychiquement sur les malades, peuvent supprimer momentanément plusieurs des manifestations de 1 hystérie. Pour sa part, il rejette toute intervention médicamenteuse, sauf la médication causale, et prétend être arrivé à de bien meilleurs résultats, en suivant ce principe. Au reste, Gowers (De l'épilepsie, trad. par A. Cairier) ne lui accorde qu'une médiocre confiance, contre les convulsions
hystéroïdes. J
Reissner dit que les effets de l'acide \ alérianique sont analogues a ceux des acides gras, notamment de 1 acide formique, s il est vrai qu’à doses élevées, son emploi provoque une inflammation des reins.
Les valérianates les plus employés sont : le valërianate de zinc, le valérianate d' ammoniaque et le valërianate de quinine. Les deux premiers sont réputés utiles dans le traitement des névroses. Devay prétend que le valérianate de quinine est un spécifique éminent contre les fièvres ataxiques malignes. Rossbach dit, cependant et sans doute avec raison, que ce sel n’offre aucun avantage qui puisse le faire préférer au sulfate ou au chlorhydrate de quinine. Quant au valérianate de zinc, il le regarde comme superflu. On a essayé aussi les valeria •