GRANDE VALÉRIANE
nates de bismuth , de fer, de manganèse , d'atropine : ce dernier est d'un maniement dangereux ; les autres ne sont guère employés, et l’on n’a aucun renseignement précis sur leur action physiologique.
La Résine de Valériane est noire, très âcre et d'une odeur de cuir; c'est l’un des principes actifs de la racine.
Barailler a expérimenté l'essence de Valériane sur l’homme sain et sur l’homme malade. Sur l'homme sain, elle produit de la paresse intellectuelle, de l’assoupissement, un sommeil profond, l'abaissement du pouls, puis son élévation, et la plus grande abondance des urines. A la dose de 10 à 20 gouttes, chez l’homme malade, elle modifie rapidement la stupeur, la somnolence et le coma de cause adynamique, qui compliquent les lièvres graves. Enfin, elle modifie cerlains états nerveux, tels que vertiges, hystéricisme, asthme essentiel, etc. Baraillier la prescrit sous forme de potions et de saccharui’e. Selon Grisar, elle produit les mêmes effets que l’essence de térébenthine : céphalalgie, vertiges, bourdonnements d'oreilles, assoupissement. Elle paralyse le cerveau et la moelle épinière et peut, comme les térébenthines, supprimer les convulsions de la strychnine.
Grande V alériane
La Grande Valériane ou Valériane Phuf V. Pim , L.) différé do la précédente, par sa souche plus grosse, ses feuilles inférieures simples, entières, oblongues- elliptiques, longuement pétiolécs : les caulinaires inférieures lyréespinnatifides, les moyennes pinnatiséquées, à segments lancéolés. Ses fleurs sont blanches et hermaphrodites.
Sa Souche (fig. 176) est grosse comme le doigt, d’un gris brunâtre, ordinairement nue d’un côté, où elle est marquée de dépressions
semi-circulaires, indices des Kia. G7C Racilie Valérianc Phu points d’attache de feuilles
tombées et garnie, sur le côté opposé ( V inférieur), de radicelles, disposées en trois rangées; ces radicelles, d’abord
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charnues et grisâtres à l’extérieur, blanches à l’intérieur, sont ensuite grises en dehors et de couleur foncée en dedans. Cette souche, primitivement simple, donne ensuite naissance à des divisions plus ou moins nombreuses, généralement issues de la lace intérieure de la souche mère, et qui s’étalent obliquement au pourtour de celle-ci.
Cette racine a une odeur de Valériane, faible, mais désa- 1 gréable ; ses propriétés médicinales sont moins prononcées.
Les Anciens la désignaient sous les noms de Phu et de Nard de Crète.
Nards
Les Anciens dé- I signaient, sous ce nom, des racines i de diverses provenances : 1° le J Nard de Crète , ’ fourni par la Va-1 lériane-Phu, cidessus décrite ;
2° le Nard celtique et 3<> le ' Nard indien , au- 1 quel on a substi tué plusieurs au- | très racines, qqe nous décrirons
Fio. 677. - Valériane ou Nard celtique. S0US Tllbrique
de Faux Nards, i
Le Nard celtique est la souche de la Valériane celtique (V.
celtica, L. ; fig. 677), plante des montagnes du Tyrol et de j L Suisse. Cette souche est habituellement mêlée à celle du V. saxatilis.
NARDS
On la trouve, dans le commerce, sous forme de paquets ronds ou plats, remplis de Mousses et de terre. Dégagée de ses impuretés, elle se montre composée d’une souche menue, longue de 3 à 5 centimètres, couverte d’écailles blanchâtres et garnie de quelques fines radicelles brunes, unilatérales, qui manquent souvent. Elle a une saveur très amère et une odeur forte, bien différente de celle de la Valériane, odeur que les Orientaux trouvent agréable. J. Chatin avoue qu’il partage leur opinion.
Les rhizomes du V. saxatilis sont plus longs et, comme ils sont entourés de débris de feuilles, leur diamètre semble plus grand. Les nombreux filaments, dont ils sont couverts, les font ressembler au vrai Nard indien.
Le Nard celtique est inusité aujourd’hui ; il entre dans la composition de la Thériaque.
Nard indien ou Spica nard. — Cette substance était fort estimée des dames romaines, qui la regardaient comme un aromate très précieux.
Son usage paraît s’être maintenu dans le Népaul.
LeSpicanard (fig.678) est fourni par le Na?'~ dostachys Jatamansi ,
DC. (Val. Jatamansi , Jones, Val. spica , Vahl). Il est très rare dans le commerce. Il « se compose d’un tronçon de racine très court, épais comme le petit doigt, d’un gris noirâtre, surmonté d’un paquet de fibres rougeâtres,
Fia. 678. — Nard Jatamansi.
(j94 valérianèes
fines et dressées, qui imitent un épi de la grosseur et de la longueur du petit doigt. Cet épi est ordinairement un peu ovoïde ou renflé au milieu et aminci aux extrémités; les fibres dont il se compose offrent souvent encore la disposition, en réseau des nervures foliaires. Elles sont effècfhement constituées par le squelette desséché des feuilles, qui entourent le collet de la plante et qui se détruisent chaque année. L’odeur du Spicanard est forte, agréable, très persistante et analogue à celle du Nard celtique; la sa'seur en est amère et aromatique.
« En coupant l'épi longitudinalement, on trouve au centre un corps ligneux, formé d’une écorce grise et d’une partie intérieure blanche, spongieuse et friable. Ce corps ligneux est souvent réduit à l’état pulvérulent par les Insectes ou manque entièrement. Ayant une fois ouvert un épi, dont la racine était bien conservée, je lui ai trou\e une odeur très marquée de Valériane. » (Guibourt.)
Dans l'Inde, on tient le Spicanard en grande estime; on l’emploie contre l’épilepsie et contre l’hystérie. On en fait une teinture, avec 5 onces de racine, pour 2 pintes d alcool.
Il est inusité en Europe.
Faux Nard indien. — Cette substance correspond au Nard du Gange de Dioscoride. On en connaît deux variétés, qui sont fournies par la même plante : le Nard radie ant et le Nard foliacé.
Le Nard radicant (fig. 670) est constitué par une souche brune, dure, ligneuse, grosse comme une plume d’Oie, renflée et articulée de distance en distance, comme celle des Souchets. Cette souche se divise, en haut, en 3 ou 4 rhizomes pouvant atteindre une longueur de 20 centimètres et couverts par les débris de feuilles radicales, qui sont formées défibrés brunes, dressées, parallèles ; chacun de ces rhizomes est terminé par une touffe de feuilles verdâtres. La partie inférieure de la souche est hérissée de radicelles brunes et chevelues. Le Nard radicant a une odeur assez analogue à celle du Nard celtique, mais plus faible et désagréable.
Le Nard foliacé (fig. 680), comme l’a établi Guibourt, est un état jeune du Nard radicant. Il est constitué par une
nards
sorte d epi foliacé, jaunâtre, que termine, en arrière, une courte racine ligneuse, pourvue de radicelles chevelues
jaunes. Son odeur est plus aromatique et plus agréable, que celle du Nard radicant. 1
tia. 670. — Nard radicant do l’Inde.
Fig. 680 — Nard foliacé do l’Inde.
Guibourt rapportait, avec doute, le Faux Nard indien au ""f°st,afysS’-™Wora 1. Cliatin pense que cette sub-
Monorô v P r S°U, d Un° Valéri»"éc, mais bien une Monocotj ledone non deternnnee. Toutefois, H. Bâillon dit
Càuvet, Mat. méd., t. II.
VALÈRIANÈES
que le Nardostachys grandiflora fournit un taux Nard,
usité dans l’Inde.
Faux Nard du Dauphiné (fig. 681)
— On substitue au Nard indien le rhizome de la Victoriale longue (Allium victoriale , L.), qui lui ressemble beaucoup. Cette substance (A) est fusiforme, grosse et longue comme le petit doigt, d'un gris de souris; elle est inodore et possède une saveur terreuse. Elle est formée extérieurement de fibres • très fines, disposées en un réseau losangique.
Une section longitudinale médiane (B) la montre constituée par une série de bulbes superposés, dont 2 supérieurs, bien définis, les autres plus ou moins affaissés.
Les bulbes supérieurs, pris ensemble, ont une forme arrondie et sont séparés par une ligne roussâtre, horizontale.
Le bulbe inférieur est plus déprimé, mais plus large que le plus élevé, lequel est surmonté par le bourgeon du bulbe qui le surmontera à son tour, l’année suivante. Cette structure et surtout le défaut d’odeur ne permettent pas de confondr le Faux Nard du Dauphiné avec le Nard indien.
Fia. 681 —Faux Nard du Dauphiné.