RACINES DE PYRÈTHRE
i cos faisceaux partent du centre de la racine et s’étendent, en rayonnant, vers l’écorce ; ils sont séparés par des ra}*ons médullaires, à éléments fins et serrés. Le centre est occupé par deux masses vasculaires distinctes, entre lesquelles s’interpose une bande non interrompue de parenchyme.
Selon de Lanessan, on trouve souvent des tiges souterraines mélangées aux racines de Pyrèthre. Ces tiges se distingueraient par l’existence d’une moelle, par l’absence de Kern- 'Scheidc et par la multiplicité plus grande des faisceaux. Si l’on s’en rapporte aux figures de racine de Pyrèthre, données par G. Planchon, celle-ci ne possède pas de Kernscheide; les faisceaux y sont terminés, au voisinage de l'écorce, parune section droite et n’ont pas, en ce point, l'aspect fibro -libérien que leur prête la section figurée par de Lanessan.
La racine de Pvrèthre a une saveur âcre et brûlante, une odeur forte, irritante et désagréable, quand on la respire en masse et si elle est encore récente. Cette âcreté est due à un principe résinoïde, que Parisel a nommé Pyrèthrine , mais que Koene a montré être formé par trois substances : une résine brune , une huile brune et une huile jaune. On prétend que la racine contient une huile volatile; cependant ni, Parisel, ni Koene n’en font mention. Selon Koene, la racine de Pyrèthre renferme: Principe âcre , 2,52; Inuline, 58: gomme, 9 ; ligneux , 20 ; Tannin , des traces, etc. Le principe âcre se dissout dans l’alcool et dans l’éther.
Gette racine ressemble un peu à la racine de Pissenlit. Elle s’en distigue, par une écorce plus mince et par son méditullium, que traversent de longs rayons médullaires blancs, avec de nombreux points résineux. La structure histologique de ces deux racines est, d’ailleurs, très différente.
On a prétendu aussi que la racine de Pyrèthre est parfois falsifiée avec celle de la Ptarmique. Nous n’avons jamais constaté cette fraude, qui n’est, d’ailleurs, pas mentionnée par Guibourt, ni par Holmes.
La racine Je Pyrèthre est un irritant énergique. Appliquée sur une muqueuse, elle en affaiblit la sensibilité, en agissant sur les branches nerveuses superficielles, qu'elle déprime; c’est à cette propriété que sont dus ses effets dans l'odontalgie. On sait qu'il suffit d'en mettre un
SYNANl HEREES
fragment dans la dent cariée, pour faire cesser la douleur. Il se peut aussi, que cette racine agisse alors comme caustique, à la façon de la créosote. Son action sialagogue l'avait fait recommander jadis, contre les paralysies de la sensibilité ou de la motilité, qui ont pour siège la cavité buccale. Mais elle est tombée en désuétude, sous ce rapport, et sans doute avec raison. Il est difficile d’admettre que, dans les affections de ce genre, elle puisse avoir des effets utiles : un l’évulsif, qui affaiblit la sensibilité nerveuse, semble alors plutôt contre-indiqué.
La racine de Pyrèthre sert à préparer un aloolat, une teinture alcoolique, une teinture ètlièrèe , un vinaigre , employés surtout comme dentifrices ou odontalgiques. Les fabricants de vinaigre s’en servent, dit- on, pour donner du montant à leurs produits.
Nous avons lu, avec surprise, dans un livre classique, que les fleurs de la Pyrèthre entrent dans la composition de certaines poudres insecticides. Ces fleurs ne sont jamaisemployées à cet usage, du moins à notre connaissance et nous n’avons jamais appris que, dans la province de Constantine (surtout àTebessa, où la Pyrèthre est très commune, et d’où on l’exporte en Tunisie) on récolte autre chose que la racine. On verra plus loin que la Poudre dite de Pyrèthre est préparée avec les capitules des Pyrethrum roseum et P. carneum.
2° La Pyrèthre d’Allemagne (Anacyclus offtemarum , Hayne) est une plante annuelle, dressée, à capitules pourvus d’un gros disque et à fruits offrant des ailes cartilagineuses, non transparentes. Cette espèce, cultivée en Prusse, en Saxe et en Boliêmè, n’a pas été trouvée à l’état sauvage. Sa racine est grisâtre, pâle, plus longue, et beaucoup moins épaisse que celle de la Pyrèthre ordinaire; elle présente toujours, à sa portion supérieure, un grand nombre de bases de pédoncules foliaires. Cette racine ne se trouve pas dans le commerce français. Celle que nous avons reçue d’Allemagne est en paquets formés de racines grêles plus ou moins tortueuses et diversement emmêlées..
La Racine de Y Anacyclus ofjîcinarum , Hayne, est employée en Russie, en Allemagne et en Scandinavie, en place de celle de la Pi 1 ethre vraie, que les Allemands appellent Pyrethrum romanum, pour la distinguer de la racine de
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YAnacyclus officinarum , qu'ils nomment Pyrethrum germanicum.
D’après G. Planchon elle ne diffère de notre Pyrèthre que par les caractères suivants :
« L’écorce ne contient qu’un cercle de lacunes oléifères; ce cercle est placé dans les couches extérieures de l’écorce, contre une ligne dense et un peu plus foncée, qui sépare de la partie externe une portion corticale beaucoup plus épaisse. Ces glandes oléifères ne se rencontrent pas dans les rayons médullaires de la zone ligneuse. »
La Pyrèthre d’Allemagne a les mêmes propriétés que la Pyrèthre de France, mais elle ne lui ressemble par aucun de ses caractères extérieurs. Selon H. Bâillon, sa saveur brûlante se développe seulement après une mastication assez prolongée.
Matricaire officinale
La Matricaire officinale (Pyrethrum Parthenium , Smith.; Matricaria Parthenium ,
L. ; flg. 698) est une plante du sud de l’Europe, commune sur les vieux murs et dans les
• Fig. 698. — Matricaire.
graviers.
Elle offre les caractères suivants :
Tiges hautes de 6 à 10 décimètres, cannelées, rameuses ; feuilles pétiolées, un peu velues, pinnatiséquées, à segments
SYNANTHÉRÈES
pinnatifides, dentés; capitules terminaux, en corymbe lâche; réceptacle nu et convexe ; involucre hémisphérique, à écailles imbriquées ; fleurs extérieures blanches et femelles, disposées sur une seule série; fleurs du disque jaunes, hermaphrodites, fertiles, pourvues d’un style à branches non appendiculées ; akènes anguleux, non aigrettes.
La Matricaire aune odeur forte et désagréable, une saveur amère et chaude. Elle est employée comme stimulant, contre la leucorrhée. Elle renferme une huile volatile jaunâtre, d’une odeur très forte.
Fleurs de Pyrèthre du Caucase
On emploie, sous ce nom, comme insecticide, les fleurs pulvérisées do trois espaces de plantes : le Pyrethrum caucasicum (P . Willemoti, Ducli.). que l'on retire delà Dalmatie; le P. roseum, Bieb.. qui vit en Arménie et le P. carneum, Bieb., qui croit en Perse.
Le P. caucasicum est l’espèce la plus estimée. C’est une plante couverte de poils mous, blanchâtres, qui se retrouvent sur les bractées involucrales. On en expédie les capitules, soit seuls, soit accompagnées d’un pédoncule long ou court, strié longitudinalement, renflé et creux au sommet.
Ces capitules offrent un involucre à bractées pluri-sériées, imbriquées, lancéolées- aiguës, d’un jaune blanchâtre sur leur milieu, avec une marge scarieuse, brun noirâtre. Les fleurs de la périphérie (demi -fleurons), au nombre de 15 à 20, sont femelles et pourvues d’une languette terminée par 3 dents obtuses-arrondies. Les fleurs du disque sont jaunâtres, nombreuses, hermaphrodites et présentent 5 étamines, à filets grêles, brusquement renflés au voisinage de l'anthère correspondante, qui est surmontée par un appendice provenant du connectif prolongé.
Le P. carneum et le P » roseum se distinguent du P. caucasicum, par leurs anthères privées d' appendice terminal- Les deux premières se différencient, par la coloration de la corolle des demi-fleurons et surtout par les étamines, qui sont exsertes, dans le P. carneum et incluses, au contraire,