VIN. - ALCOOL
des alcool atnres, des alcoolés, de certains extraits et de quelques liqueurs. C’est un excitant diffusible . Dans sa translation à travers l’organisme, il se brûle en proportion d’autant plus grande qu’il est ingéré en plus petite quantité. C’est donc un aliment respiratoire (Gubler). On l’a parfois employé à haute dose, contre les accidents consécutifs à la morsure des Serpents venimeux. À très haute dose ou concentré, son introduction dans l’économie détermine la mort ; à dose faible, il amène l’ivresse. Son usage longtemps continué produit des lésions organiques graves, une sorte d’imbécillité et la faiblesse musculaire. À l’extérieur, il sert comme tonique et stimulant; un mélange à parties égales d’alcool et de blancs d’œufs battus fournit un moyen précieux contre les eschares produites par le décubitus.
Il est important de s’assurer du degré de l’alcool. Plusieurs aréomètres ont été construits à cet effet ; le plus commode est l’aréomètre centésimal de Gay-Lussac. Comme la densité de l’alcool varie avec la température, Gay-Lussac a donné des tables, à l'aide desquelles on peut, en prenant la température et le degré alcoométrique d’un alcool, déterminer immédiatement la richesse réelle de cet alcool.
L 'alcool de Betterave , qui est souvent donné en place de l’alcool de vin, se reconnaît à la coloration rosée, persistante, que lui communique l’acide sulfurique.
L ' Eau-de-vie est obtenue par la distillation du vin. En France, la plus estimée vient de Cognac et de l’Armagnac. On la prépare le plus souvent avec de l’alcool étendu d’eau et coloré avec du caramel, du thé, etc. ; parfois même on y ajoute des substances âcres, pour lui donner du montant. Cette fraude est d’autant plus condamnable, qu’elle sert principalement à déguiser la mauvaise qualité de la liqueur employée, qui est d’ordinaire de X alcool de grains ou de Pommes de terre.
L’alcool usité en pharmacie devrait être toujours de l’alcool de vin. On peut, toutefois, au moins pour l’usage externe, lui substituer les alcools de Betterave, d’Asphodèle, de Grains, etc., convenablement rectifiés. Ces alcools renferment, en effet, des principes d’odeur infecte (alcools:
AMPÊLIDÊES
amylique , propylique , butylique, etc.), qui bouillent audessus de 4- 79° et ont l’apparence d’huiles essentielles. Leur présence, dans l’alcool, est décelée par les moyens suivants :
1° à GO grammes d’alcool, on ajoute une dissolution aqucusede2 à 5 décigrammes de potasse caustique; on agite, on réduit à 5-6 grammes, par évaporation, et l’on traite le résidu avec quelques grammes d’acide sulfurique au 1/10 ;
2° on additionne l’alcool de son volume d’éther pur; on mêle, puis on ajoute un volume d’eau égal au volume du mélange et l’on agite ; l’éther se sépare et entraîne le principe odorant, qui reste après l’évaporation du liquide éthéré, préalablement décanté.
Dans l'un et l’autre cas, le résidu dégage une odeur infecte et valérianée ou nauséabonde ou étourdissante, selon l’origine de l’alcool. De ces divers principes, le plus anciennement connu et le plus commun est Y Alcool amylique , qui existe surtout dans l’alcool de Grains ou de Pommes de terre.
Gros, médecin militaire, a établi expérimentalement, dans sa thèse inaugurale, que l’alcool amylique possède, à dose égale, une action 10 à 15 fois plus marquée que celle de l’alcool viniqueet il a indiqué un moyen de constater sa présence dans ce dernier liquide. Il suffit de faire réagir l’acide oxalique sur de l’alcool amylique : on obtient de l’éther oxalamylique, qui dégage une odeur de Punaise. Gros a pu ainsi reconnaître la présence de 3 centigrammes d’alcool amylique dans 100 gr. d’alcool ordinaire.
L’alcool amylique a été employé, en médecine, par Wymann, sous le nom de Fusel-Oil. Selon cet auteur, il modère la toux et diminue l’abondance des crachats ; il agit très bien, paraît -il, chez les enfants scrofuleux et débiles, dont il excite la nutrition. Il peut, toutefois, déterminer des nausées et même la fièvre. On le donne à la dose de 1/2 à 1 goutte aux enfants de 5 à G mois et cà celle de 5 à 6 gouttes aux adultes.
Vinaigre. — Le vinaigre est blanc ou rouge, selon le vin employé ; il résulte de l’acétification de l’alcool. Dans le commerce, le vinaigre de vin est souvent additionné de vinaigres artificiels, ou même constitué seulement par ces derniers, auxquels on a ajouté, pour leur donner plus de force,