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MENISPERMEES - RACINE DE COLOMBO

MÈNISPERMÈES Racine de Colombo

Cette racine est produite par Je Jateorhiza Calumba, Miers (Menispermum palmatum, Lamk. ; M. Calumba , Roxb. ; Cocculus palmatus, DG. ; Jatcorliiza palmata, Miers; J. Miers ii. Oliv.; Chasmanthera palmata et Ch. Columba, II, Bn.), plante grimpante, originaire des côtes du Mozambique. Les indigènes de l’Afrique orientale la nomment Kalumb et l’emploient contre la dysenterie. Elle vient, en Europe, de Zanzibar et de divers ports de l’Inde, surtout de Bombay.

La racine de Colombo se trouve dans le commerce en rouelles (fig. 406) de 2 à 5 centimètres de diamètre, épaisses de 2 à 4 millimètres, déprimées vers leur milieu et offrant plusieurs dépressions concentriques. La surface de section de ces rouelles a une teinte générale jaune verdâtre, plus prononcée vers la circonférence.

Leur écorce est rugueuse, ra rement unie, brune ou gris jaunâtre et séparée du bois, par un cercle plus foncé ; leur cassure est jaune clair et leur poudre gris verdâtre.

Cette racine a une saveur très amère et une odeur faible, désagréable. Elle contient beaucoup d’amidon, de la pectine, de la gomme, du nitrate de potasse, etc., et laisse 6 0/0 de cendres. Elle doit ses propriétés à trois principes : la Colombine , la Berbêrine et V acide Colombique.

La Colom bine ou Columba Bitter (C?1 H82 O7), est une substance neutre, cristallisant en prismes orthorhombiques incolores. Elle est très amère, inodore, peu soluble à froid -lans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther, plus soluble dans l’alcool bouillant et dans la potasse, d’où l’acide chlorhy-

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drique la précipite, sans altération. La noix de galle et les solutions métalliques ne la précipitent pas. Elle est soluble dans l’acide acétique. L’acide sulfurique la dissout et se colore en rouge.

O11 l’a préconisée comme fébrifuge et contre la dyspepsie.

L’Acide Colombique (G42 H44 Oi2, H2 O) a été obtenu par Bodeker, sous forme de flocons blancs, très acides, très solubles dans l’alcool, peu solubles dans l’éther, insolubles dans l’eau. L’acétate neutre de plomb forme, avec cet acide, un abondant précipité blanc.

On l’obtient en traitant l’extrait alcoolique de Colombo, par l’eau de chaux, et ajoutant de l’acide chlorhydrique à la dissolution.

La racine de Colombo bleuit au contact de la teinture d'iode , ne colore pas V ètlier, mais colore l’alcool en jaune verdâtre foncé. Son macéré aqueux est brun. Ce macéré est sans action sur le tournesol, sur la gélatine et sur la sulfate ferrique : cette racine ne contient donc pas de tannin.

C’est un tonique puissant, employé contre la diarhée et contre l’atonie du tube digestif. On la prescrit en poudre, en extrait, en teinture, en infusion ou en macération, mais non en décoction, l’amidon qu’elle renferme donnant au décocté un aspect trouble, désagréable à l’œil.

Les racines du Cocc. peltatus , du Malabar, et celles du Cocc. flavescens , des Moluques sont ses meilleurs succédanés.

Dans le commerce, on lui substitue parfois la racine de Bryone, que nous décrirons plus loin et la racine du Frasera Walteri, Michx. (Frasera carolinensis , Gmel.), plante de la famille des Gentianées, qui croit aux environs de Marietta (Ohio), d’où son nom de Colombo de Marietta ou d’Amérique.

Cette racine est aussi en rouelles irrégulièrement déprimées, comme veloutées, ou en tronçons jaune fauve , de saveur peu amère et sucrée, d’une légère odeur de Gentiane. Son écorce est d’un gris fauve et souvent striée circulairement. Elle a une cassure jaune orangé ; sa poudre est jaune pâle , tirant sur le fauve. La teinture d’iode ne la bleuit pas. Elle colore V ètlier en jaune , l’alcool en jaune

RACINE DE COSCINIUM

fauve et l’eau en jaune orangé. Son macéré aqueux rougit le tournesol , passe au vert noirâtre par le sulfate de fer et est troublé par la colle de poisson, mais non par la noix de galle.

Le Colombo de Marietta est moins fébrifuge et beaucoup moins tonique que la racine de Gentiane jaune.

Racine de Coscinium

On importe parfois, en Europe, comme Colombo, une racine vendue dans les bazars de l’Inde, sous le nom de Mara-Munjil et qui, à Ceylan, est appelée T Voniival ou Bangwell-zelta. Cette racine possède les propriétés du Cobombo et pourrait lui être substituée. Elle est produite par le Coscinium fenestratum , Colebr., qui croît dans l’Inde. '

La racine de Coscinium se présente sous deux formes : en rouelles, en tronçons.

A. — Les rouelles sont de grandeur variable : la plus grande de celles que possède la Faculté de Lyon est large de 8 centimètres et épaisse de 27 millimètres; la plus petite a un diamètre de 5 centimètres et une épaisseur de 7 millimètres.

Elles sont constituées par une écorce épaisse, entourant un bois à faisceaux disposés en éven'ail et dépourvu de zones concentriques.

L'écorce est verruqueuse, gris jaunâtre en dehors, de couleur brun fauve sur sa section transversale et composée de deux parties bien distinctes : lû I e parenchyme cortical, fortement subérisé en dehors, de couleur fauve clair et n’occupant guère que l/5 de l'épaisseur totale; 2° le liber, qui comprend environ les 4/5 de l’épaisseur de l'écorce; il est formé par un tissu brunâtre, lâche, divisé en faisceaux distincts, par les rayons médullaires de bois, qui s’unissent en anses à leur extrémité et le limitent nettement du côté du parenchyme cortical.

Le bois est jaune un peu foncé. Il est composé de faisceaux légèrement flexueux, à bois criblé de pores et séparés par des rayons médullaires à tissu compacte, jaune clair, étendus du centre à la circonférence; quelques rayons plus courts et plus déliés se montrent dans les faisceaux ligneux.

Au centre, se voit une moelle distincte, mais très petite.

Cette sorte de Coscinium se distingue du Colombo, par son écorce plus épaisse et par-— son bois jaune clair, formé de faisceaux bien définis, sans zones concentriques.

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B.^-Les tronçons sont longs d’environ 10 cenlimètres, larges de 2 à 2,5 centimètres, et cylindriques ou aplatis sur une face, à la manière des lianes. Leur écorce est identique à celle des rondelles, quand elle existe ; mais elle manque souvent et le bois, alors mis à nu, se montre composé de faisceaux tordus en une spire lâche ou serrée, ce qui donne à ces tronçons l’apparence de morceaux de corde. Bien qu’ils soient en général distincts, ces faisceaux sont toujours unis de distance en distance, par de minces fibres transversales, ordinairement obliques. Parfois, néanmoins, les fibres transversales, acquièrent une dimension égale à celle des faisceaux : l'ensemble de ces faisceaux et des fibres qui les unissent se transforme alors en un réseau à mailles allongées, rappelant celui qu’offre le pourtour des Rhubarbes en morceaux cylindriques.

La racine de Goscinium ne semble pas usitée en Europe. Elle renferme de la Berbérine.

Coque du Levant

La Coque du Levant est le fruit de Y Anamirta Cocculus , Wight et Arnott ( Menispermum Coccuhcs, L.; Cocculus suberosus, I)C.), arbuste originaire de l’Inde.

Ce fruit (fig. 407) est inodore, arrondi, sub-réniforme et

plus gros qu’un pois; il est formé d’un brou mince, gris noirâtre, rugueux, un peu âcre et amer, recouvrant une coque blanche, ligneuse, bivalve, à placenta central rétréci par en bas, élargi par le haut et incomplètement divisé • en deux loges. L’intérieur de la coque est rempli par une semence huileuse blanche, creuse, dont l’embryon a des cotylédons foliacés, écartés, recourbés autour du placenta et inclus dans un périsperme ruminé.

L’amande contient environ 50 0/0 d’une huile employée, dans l’Inde, pour divers usages industriels. L’acide gras existant dans cette huile avait été considéré comme un corps spécial, qu’on avait appelé acide Stèarophanique ow Anamirtique\ selon Heintz, ce corps est de l’acide stéarique.

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