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ANGUSTURE VRAIE

L’écorce d’Angusture était jadis très usitée comme tonique, contre les dyspepsies, la dysenterie et la diarrhée chronique. Elle est tombée en désuétude, à cause des falsifications, dont elle a été l’objet. La plus redoutable de ces falsifications est celle qui se produisit, vers 1804, époque où l’on substitua à l’Angusture l’écorce du Vomiquier officinal (Strychnos Nux vomica ), que l’on appela, dès lors, Écorce de fausse Angusture.

Ces deux écorces se différencient aisément.

La fausse Angusture du Vomiquier est en morceaux durs, lourds, courbés, épais, gris à leur face interne; leur péri derme est fongueux et couleur de rouille, ou peu épais, non fongueux, d’un gris jaunâtre, marqué de points blancs proéminents. Cette écorce n’est jamais taillée en biseau, sur les bords ; son odeur est nulle, sa saveur est amère, persistante, non mordicante ; sa poudre est d’un blanc légèrement jaunâtre.

Si l’on examine comparativement un infusé d’Angusture vraie et un autre d’Angusture fausse, on constate que le premier détruit la couleur de la teinture de tournesol, tandis que le second l’affecte à peine; le sulfate de fer produit, avec le premier, un abondant précipité gris blanchâtre; le second se trouble alors un peu et prend une couleur vert-bouteille. Une goutte d’acide azotique étant versée sur la face interne de l’ Angusture fausse, le point touché se colore en rouge ; le même acide colore en vert-émeraude les Lichens de la face externe. Sous l’action de cet acide, l’ Angusture vraie ne pro duit rien de remarquable.

L’examen microscopique permet de distinguer aisément ces deux sortes d’écorce l’une de l’autre.

L’Angusture vraie (ûg. 423) se compose de trois couches : subéreuse, parenchymateuse , libérienne.

La couche subéreuse est formée de cellules aplaties, minces, brunes, disposées en'séries radiales et tangentielles, qui sont séparées en plusieurs zones tangentielles, distinctes, inégales et onduleuses, par des séries parallèles de cellules plus étroites et plus foncées .

La couche parenchymateuse se compose de cellules minces, carrées ou rectangulaires, irrégulières. Au milieu de ce tissu, se montrent des cellules de trois sortes : 1° les unes grandes, ovales, contenant des

raphides serrées, qui leur communiquent une teinte foncée ou noirâtre; 2° les autres encore plus grandes, ovales ou arrondies, que Berg appelle (Etzellen et dont les parois, à peine plus épaisses que celles des cellules ambiantes, sont ou semblent réticulées ; 3° d autres, enfin, à parois irrégulièrement épaissies et dont l'épaississement existe surtout dans celles de leurs faces qui sont tournées vers l’extérieur et,

vers l’intérieur de l’écorce, les faces latérales étant, au contraire, le plus souvent minces.

Ces cellules sont parfois, d’ailleurs, également épaissies sur leur pourtour ou même encore, quoique plus rarement, plus épaisses sur les côtés, que sur leurs faces interne et externe.

Les cellules à parois épaissies sont surtout très fréquentes dans les faisceaux libériens ; rarement elles sont solitaires ; presque toujours elles forment des bandes plus ou moins continues et à direction tangentielle.

Les faisceaux Libériens se présentent comme des coins fiexueux, à pointe dirigée .vers la face externe de l'écorce.

Selon Berg ( Anatomischer Atlas , etc., pl. XXXVII, n° 87, A, B, C.), les parties épaissies de ces faisceaux sont composées de fibres réelles, disposées en groupes tangentiels, peu nombreux et fort espacés. Les fibres vraies nous ont paru fort rares, au contraire, tantôt solitaires, tantôt agrégées (7-8 ensemble), et de forme quadrilatère ou polygonale ; dé plus, celles que nous avons figurées ( nf,nf ) se trouvaient dans la portion parenchymateuse de 1 ecorce.

Les cellules épaissies des faisceaux libériens ont parfois un lumen étroit, mais aucune ne nous a offert la constitution radiée, m les lignes circulaires d’épaississement des fibres vraies. Au sein des bandes transversales des fausses fibres, on remarque, cà et là, à 1 aide d un

Fio. 423. — Coupc transversale cVunc écorce d’Angusture vraie.

• Coupe transversale de l'écorce d’Angusture vraie (30/1): s) Suber. -- p) Parenchyme cortical - r) Cellules à raphides. - h) Cellules à huile volatile (Oelzcllcn). - nf) Noyau fibreux - fl) Faisceaux libériens. - ce) Cellules épaissies, disposées en sénés linéaires tan-entielles dans les faisceaux libériens. - ce) Les mêmes grossies (190/1). - r) Cellule^ à raphides grossies (300/1). - nf) Noyau fibreux et les cellules «paisses voisines grossies (190-1). - f) fibre du noyau fibreux (300/1).

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