ANGUSTURE VRAIE
fort grossissement, un espace vide, linéaire ou de forme irrégulière quelconque, qui semble, au premier abord, être le lumen d’une cellule énormément et irrégulièrement épaissie : un examen attentif démontre que ce sont là des méats intercellulaires. Il convient de se rappeler, d’ailleurs, qu'il existe parfois, comme nous l'avons dit, entre ces cellules, des cellules uniformément épaissies; mais ces dernières n’ont aucune ressemblance avec les vraies libres.
Les cellules épaissies des faisceaux libériens sont disposées en séries simples ou doubles et perpendiculaires au faisceau ou tangentielles par rapport à la surface de l’écorce. Leur intervalle est occupé par des cellules très petites, à peu prés régulières, carrées, rectangulaires ou hexagonales, au milieu desquelles se montrent quelques Œelzellen.
L’espace compris entre ces faisceaux est occupé par des cellules minces, rectangulaires, tangentielles, plus grandes que celles ca des faisceaux, plus allongées et plus aplaties que celles du parenchyme cortical, dont elles sem- Lient la continuation. Ces cellules pénètrent, sous forme de coin inverse, dans l’intervalle des faisceaux et, comme ceux-ci sont souvent juxtaposés à leur base, il en résulte que les cellules intercalées sont alors réduites à Co une série simple, qui s’élargit de dedans en dehors, par division biuaire, puis ternaire, etc. Les faisceaux eux- mêmes sont aussi parcourus quelquefois par des séries linéaires de cellules appla.
lies, qui partent de leur base san s t c atteindre leur sommet.
La Fausse Angusture (tig. 424) offre une constitution bien différente. Fie. 424. — Coupc transversale d’une écorce
de Fausse Angusture.
La couche extérieure est composée de cellules rectangulaires et tangentielles, disposées en séries radiales et se présentant sous deux formes: les unes minces, incolores,
’ Coupé transversale d'Angusture fausse (Go/1) (la portion interne de la couche libérienne manque) : ça) Tissu cellulaire amorphe (suber?). — p) Parenchyme cortical. — cé) Cellules épaisses. — co) Couche libérienne primitive. — f,f) Fibres libériennes. — te) Tissu cribreux (?).
Nota. — La forme des cellules du parenchyme cortical n’a pas é'.é bien rendue, mais l'aspect général du dessin est d’une exactitude rigoureuse.
UUi'ACEES
très nombreuses; les autres jaunes, à parois plus épaisses, disposée ën groupes simples multiples.
Les cellules sous jacentes sont carrées ou un peu allongées, isolées ou disposées par petits groupes et constituant une zone à éléments interrompus. Elles ont des parois épaisses et un lumen arrondi ou elliptique, étroit, central et radié ; au-dessous d’elles, se voient quatre ou cinq rangées de cellules irrégulièrement quadrilatères et à parois peu épaisses. Enfin, cette dernière couche est séparée de la suivante par une zone de cellules pierreuses, jaunes, très épaisses, irrégulièrement arrondies ou allongées tangentiellement, à lumen irrégulier, arrondi ou elliptique et à parois rayées en travers. L’existence de cette zone, entre le parenchyme cortical et les couches libériennes, se traduit par la présence d’une ligne concentrique claire, située au voisinage de la face externe de l’écorce. Cette ligne est visible à l’œil nu et tranche nettement sur les autres parties, dont la coloration est plus foncée. Elle caractérise l’écorce du Vomiquier et ne se trouve pas dans l’Angusture vraie, ni dans les autres Angustures fausses.
La zone de cellules pierreuses recouvre une couche composée de cellules ovales- irrégulières, minces, incolores ou un peu jaunâtres, souvent tangentielles dans les couches internes. Ce tissu cellulaire est traversé par des sclérules semblables à celles de la couche libérienne primordiale, jaunes, épaisses, très radiées, tantôt (rarement) solitaires, tantôt réunies en groupes plus ou moins nombreux, toujours disposées en files l’adiales, irrégulières et discontinues. Ces amas de sclérules sont souvent mélangés de cellules, en général plus petites, à pai’ois assez épaisses, souvent fortement rayées et comme déchiquetées et dont la cavité semble occupée par une matière granuleuse noirâtre, d’appai’ence enfumée. Ces cellules appartiennent probablement au tissu cribreux; elles prédominent dans la portion la plus interne du liber : c'est à peine si, pat-ci par-là, il s’y montre une fibre jaune isolée.
Là où elles existent à peu près seulés, les cellules cribi'euses sont disposées en séi'ies cunéiformes, d’ailleurs peu tranchées et à pointe dirigée vers l’extérieur.
La face interne de l'écorce est composée d’un tissu amorphe.
La substitution de la fausse Angusture à l’Angusture vraie est, en définitive, facile à constater, lorsque l’écorce est entière. Il n'en est plus de même, quand elle est pulvérisée, mais ici encore la fraude peut être décelée par le moyen suivant :
Traiter la poudre d'Angusture par de l'acide azolique du commerce,
chauffer légèrement, filtrer et ajouter à ]a liqueur filtrée quelques I
gouttes de chlorure stanneux, qui développe une coloration d’un violet intense, si la poudre contient de l’ Angusture fausse.
Cette réaction, qui caractérise la fausse Angusture du Vomiquier et permet d’en découvrir 5 0/0, dans une poudre d'Angusture vraie, nous a été indiquée par le professeur Jacquemin. Elle est basée sur un fait connu : par l'action combinée de l’acide azotique et de la chaleur, la brucine de la fausse Angusture se convertit en Cacothéline (de Lau-