RACINE DE FRAXINELLE
tion et de la fièvre, avec sécheresse à la gorge. C’est un anthelminthique et un emménagogue puissant, dont l’action doit être surveillée; elle entre dans le Vinaigre des quatre voleurs. On la prescrit sous forme d’infusion, d’hydrolat, de conserve, de vinaigre, de poudre, etc. ; son essence est parfois administrée en potion.
Les graines de la Rue paraissent être aussi actives que le Semen-contra, comme vermifuge. Le décocté de la plante, employé en lavement, détruit l’Ascaride lombricoïde. On arrive au même résultat, à l’aide d’embrocations abdominales, avec l’huile préparée par macération des sommités fraîches.
Les plantes du genre Ruta sont douées de propriétés analogues.
La Rue de montagne (R. montana , L.), qui croît en Espagne et en Algérie, est même tellement âcre, qu’elle produit des érysipèles et des pustules ulcéreuses, sur la peau des gens qui la récoltent.
La Rue sauvage ou Harmel des Arabes (Peganum Harmala, L.), que l’on cultive quelquefois dans les jardins, a une odeur forte, désagréable, et est réputée sudorifique, emménagogue, etc. Ses semences sont stimulantes. Fritzsche et Gobel en ont retiré deux alcaloïdes : Y Ilarmaline (G13 I I11 Az2 O) et Y II ar mine (C13 H12 Az2 O). Ces deux principes semblent n’avoir été étudiés qu’au point de vue chimique.
Racine de Fraxinelle
La racine de Fraxinelle est produite par le Dictamne blanc (Dictamnus albus, L. ; J). F raxinella , Pers.), plante commune sur les collines calcaires de l’Europe centrale et méridionale.
Cette racine se trouve généralement dans les droguiers, sous forme de tronçons plus ou moins longs, dépourvus de la portion externe de l’écorce et souvent aussi de la portion ligneuse centrale. Elle est alors composée de tubes blanchâtres et spongieux en dehors, épais de ï à 5 millimètres,
RÜTACÉES
et d’un diamètre de 1 à 2 centimètres. La face externe offre, par places, des restes du suber enlevé.
Le bois, quand il existe, est jaunâtre, très dur et d’ailleurs inerte. Il n’occupe guère que le tiers du diamètre total.
La racine de Fraxinelle a une saveur amère, aromatique, chaude, un peu âcre et une odeur aromatique, assez faible. Sur une coupe transversale, elle se montre formée de deux parties :
Une extérieure parenchymateuse, offrant quelques restes de suber et contenant de l'amidon; une intérieure , plus développée, composée d'un tissu à fins éléments, traversé par des rayons médullaires (ordinairement unisériés) et présentant des fibres libériennes courtes, mais larges, avec des parois très épaisses. Ces fibres sont solitaires ou associées par 2 ou 3 et disséminées dans le parenchyme libérien.
On y a trouvé une matière grasse, analogue à la stéarine, delà cire, une résine brun verdâtre, de l’amidon, une substance amère, une petite quantité d’huile volatile, etc.
Jadis très vantée comme emménagoque, anthelmintique et même fébrifuge, elle est aujourd’hui tombée en désuétude, sans que rien paraisse justifier ce dédain. Elle rendrait certainement de grands services, dans les cas d’atonie et dans certaines anémies consécutives aux fièvres. Elle entre dans la Poudre de Guttèle.
ZYGOPIIYI.LÉES
Bois de Gayac ou de Gaïac
Le bois de Gaïac est fourni surtout par Gaïac officinal ( Guajacum officinale , L.), arbre de moyenne ou de petite taille, croissant aux Antilles et sur les côtes nord de l’Amérique du Sud. Ses feuilles persistantes, paripinnées, offrent 2 (rarement 3) paires de folioles ovales, très obtuses; son fruit comprimé, bi— ailé et cordiforme est formé de 2 loges monospermes.
Le Gaïac fournit à la matière médicale son bois , son écorce et une résine.
BOIS DE GAYAG
Le Bois de Gaïac (Bois saint , Bois de vie) arrive en troncs volumineux ou en bûches parfois recouvertes de leur écorce. 11 est dur, pesant, composé d’un aubier jaune pâle et d’un cœur brun verdâtre foncé; sa coupe transversale polie a une stucture rayonnante, fine, serrée, parsemée de vaisseaux remplis de résine. Bois et duramen offrent des zones alternativement claires et foncées, parfois mal délimitées, surtout manifestes dans l’aubier, où elle se distinguent, en outre, par des groupes de vaisseaux. Assez ordinairement ces zones sont inégalement développées, de sorte que la portion correspondant à la moelle est assez excentrique. Les rayons médullaires, nombreux et équidistants, ne sont visibles qu’à la loupe. Ce bois a une odeur faible, balsamique, se développant surtout quand on le râpe, et une saveur amère, âcre, résineuse.
Le Bois de Gayac est, on l’a vu, composé 'de deux parties distinctes: Y aubier et le cœur ou duramen. Ces deux parties ne diffèrent guère que par une moindre épaisseur des fibres ligneuses de l’aubier, dont les parois sont relativement minces et par l’existence de bandes transversales d’un tissu parenchymateux, à éléments polyédriques, contenant de l’oxalate de chaux. Dans le duramen, ce tissu est en majeure partie détruit et remplacé par des fentes étroites, ordinairement pleines de résine. Dans l’aubier et le duramen, les vaisseaux sont peu nombreux, ponctués ou réticulés et remplis, surtout dans le duramen, d’une matière résineuse brune. Ces deux portions du bois sont traversées par des rayons médullaires à cellules unisériées.
Le Bois de Gaïac est fort recherché par les tourneurs, à cause de sa dureté, pour la fabrication de roulettes, de poulies, etc.
La rapûre résultant de cette fabrication est versée dans le commerce, où elle est fréquemment adultérée par celle du Buis. Celte fraude est facile à reconnaître.
La râpure de Gaïac, d’abord jaunâtre, verdit lentement au contact de l’air et de la lumière et rapidement, sous l’influence des vapeurs nitreuses; il suffit donc d’en mettre une faible couche sous une cloche et de l’exposer aux vapeurs
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nitreuses, qui la verdissent presque immédiatement. On peut aussi humecter le mélange avec de l’eau chlorée ou avec une solution d’hypochlorite de soude ou d’hypochorite de chaux, on voit alors le vrai Gaïac se colorer en vert, apiès une minute de contact, tandis que le faux Gaïac conserve sa couleur (Huraud-Moutillard).
L’Écorce de Gayac se trouve, dans le commerce, en plaques cintrées ou plates, de grandeur variable, à surface externe brun grisâtre, avec quelques , dépressions irrégulières, bordées d’une ligne faiblement saillante, plus claire. Elle présente aussi de très faibles côtes linéaires, de couleur rouille, avec un certain nombre de petites taches inégales, de couleur fauve, diversement réparties ; ces taches paraissent être des lenticelles. La face interne est d’un gris brun clair et marquée de stries très fines, ondulées.
La cassure de cette écorce est compacte, mais irrégulière et formée de couches inégalement saillantes, qui s'emboîtent aisément, lorsqu’on rapproche les deux morceaux. Une section transversale montre, en effet, que l’écorce est composée de zones concentriques, séparées par des lignes blanchâtres et traversées par des stries obliques, de couleur claire, qui s'interposent au milieu du parenchyme brun. La portion externe offre une couche noirâtre, mince, à cellules brunes, de nature subéreuse. La portion moyenne (qui comprend la majeure partie de l’écorce), est formée d’un parenchyme brun clair, divisé en zones concentriques, par l’interposition de groupes de cellules pierreuses, disposées en bandes parallèles à ces zones. Enfin, la portion interne, relativement très mince, est constituée par un liber à fibres pourvues de parois minces. Les stries obliques, signalées dans le parenchyme, semblent être formées par la continuation des rayons médullaires du liber.
La cassure de l’écorce de Gaïac présente souvent des cristaux de sulfate de chaux, que l’on a pris pour de l’acide benzoïque, de la résine cristalline ou même de la Gaïacine. Sa teinture alcoolique ne verdit pas par l’acide azotique, ce qui montre que la résine de l’écorce diffère do celle du bois.
Selon Tromsdorf, le bois de Gaïac renferme dix fois plus