GÈRANIACÉES - RACINE DE BEC-DE-GRUE
de 0.030; elle se dissout dans 5 parties d’alcool bouillant et dans 40 parties d’alcool froid.
L’huile de Lin récente et préparée à froid est quelquefois employée en lavements.
GÈRANIACÉES
Racine de Bec-de Grue
Cette prétendue racine est la souche ou rhizome du Géranium maculai um , L. (Cranesbill [Bec-de-Grue], Spotted Géranium) [Géranium taché] des Anglo- Américains), plante vivace, abondante dans les champs et broussailles de l’Amérique du Nord, depuis le Canada jusqu’au sud des États -Luis.
Le rhizome de Bec-de-Grue est doué de propriétés très astringentes, qui le font beaucoup employer, aux Etats- Unis, sous le nom de Alum Root (Racine d’alun). Il est inscrit sur la liste des substances officinales de la Pharma copée des États-Unis.
A l’état frais, ce rhizome est cylindrique, épais, brun pâle et porte des cicatrices de feuilles. On le récolte en automne ou au printemps.
A l’état sec, il se présente en morceaux longs de 6 «à 7 centimètres, épais do 1 centimètre, ridés, contournés ou tordus, renflés par places, irréguliers, couverts de dépressions annulaires ou de cicatrices et de tubérosités; souvent aussi, ils offrent des racines adventices ténues, au voisinage de leur base. Ils sont durs, d’un brun rouge plus ou moins foncé au dehors, inodores et d’une saveur très astringente, sans amertume.
Leur cassure est résineuse, ferme et compacte; ils sont formés d’un méditullium très développé, rose pcâle, et d’une écorce rouge foncé.
La racine de Bec-de-Grue est usitée, à l'intérieur, comme tonique et astringente, ou contre les altérations de la bouche et de la gorge, sous forme de teinture. On l’administre aussi en poudre et en extrait. Les médecins américains prescrivent,
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sous le nom de Géranine, line solution que l’on croit être un extrait résinoïde.
Tilden a trouvé dans cette racine, du tannin, de l’acide gallique, une matière colorante rouge, deux résines, un principe cristallin, etc.
La racine de Bec de-Grue ne semble utilisée qu’en Amérique.
Essence de Géranium
Cette essence, que les Anglais appellent French OU of Géranium , est extraite des Pélargonium Radula , Ait., P. roseum , Willd. P. capitatum, Ait, etc. , cultivés surtout en Algérie, d’où le nom d 'Essence de roses d'Afrique donné à l’essence du commerce.
L’essence de Géranium est un liquide d’une densité de 0,855, bouillant entre 232° et 233° et doué d’une odeur de roses très prononcée. Elle ne s'altère que lentement à l’air. Elle est presque entièrement formée par un stéaroptène j (Gèraniol), qui cristallise en aiguilles fusibles à -h 18° et qui, une fois fondu, ne se solidifie pas à H- 15°. Ce stéarop- . tène est isomérique avec le bornéol (C10 H18 O).
L’essence de Géranium sert à falsifier l’essence de roses.
Elle s’en distingue par les réactions suivantes :
1° Exposée aux vapeurs d’iode, elle se colore en brun in- -, tense , tandis que l’essence de roses n’est pas affectée ;
2° Sous l'action des vapeurs d’acide bypoazotiquc, elle se colore en vert pomme, tandis que l’essence de roses se colore J en jaune fonce ;
3° Traitée par l’acide sulfurique, elle prend une odeur forte et désagréable, tandis que l’essence de roses conserve I son odeur.
Cette essence ne doit pas être confondue avec l'Essence de Géranium des Indes , qui provient de Y Andropogon Schœnanthus, et qui est employée, en Turquie, pour fai sifier l’essence de roses des Balkans. (V. t. I, p. 285 et t. IL Essence de roses.)
ÊRYTHROXYLÈES. - COCA
ERYTHROXYLEES
Coca
Cette famille fournit une seule plante importante, la Coca (Erythroxylon Coca , Lamk.), arbrisseau originaire du Pérou, cultivé au Chili, ainsi que dans les vallées du Cauca, de la Magdalena et sur les versants de la Cordillère centrale au sud de Popayan, jusqu’à une altitude de 1800 mètres. Ses feuilles sont employées comme masticatoire, dans l’Amérique du Sud.
Ces feuilles (fig. 428) sont courte ment pétiolées, entières, longues de 4 centimètres, larges do 3 centimètres, elliptiques et un peu aiguës, ou légèrement ovales-arrondies et obtuses à leur sommet, mais toujours terminées par une très petite pointe molle.
I)e chaque côté de la nervure médiane, existe une ligne très fine, apparente seulement en dessous et traversée par les nervures latérales (dans la figure, ces lignes ont été un peu forcées).
Les feuilles fraîches sont inodores, même quand on les broie; mais, immergées dans l’eau chaude, elles dégagent un parfum délicieux, que Posada-Arango attribue à la conversion de la Cocaïne en acide benzoïque, sous l’influence de la chaleur, en présence du tannin et des autres principes dos feuilles.
Les fouilles sèches ne développent qu’une odeur inférieure à celle du thé ; leur saveur est amère, astringente, un peu âcre. On en fait, soit avec de la chaux, soit avec les cendres du Chenopoclium Quinoa, W., une pâte qu’on appelle Yipta. Les Péruviens et les Brésiliens s’en servent pour apaiser la faim; ils peuvent, dit-on, rester plusieurs jours sans manger, lorsqu’ils mâchent les feuilles de la Coca.
ÉRYTHROXYLÈES
Les feuilles do la Coca ne sont sans doute pas plus alibilcs que le café et que le thé du Paraguay, mais, comme eux, elles permettent de mieux supporter l’abstinence et la fatigue. Elles dilatent la pupille et, selon W'eddcl, produisent une légère excitation, avec tendance à l’insomnie.
Suivant Vevey, la Coca donnée à faible dose, détermine une augmentation passagère de la sécrétion salivaire, bientôt suivie d’un sentiment de chaleur épigastrique, avec sécheresse de la gorge. A haute dose, elle agit comme narcotique : l’on observe alors un sentiment de bien-être général, accompagné de paresse corporelle et intellectuelle, avec ralentis sement du pouls.
L’usage abusif de cette substance peut amener l’abrutissement, le délire et l’aliénation mentale.
On administre la Coca à la dose de 1 à 4 grammes, qu’on renouvelle, au besoin, toutes les 2 ou 3 heures. On en prépare une poudre, un extrait hydro-alcoolique, un sirop, un élixir. On l’a préconisée contre la stomatite, le rhumatisme, l’anorexie, les embarras gastriques, etc.
La Coca renferme deux alcaloïdes intéressants, dont l’un est liquide, d’où 1<5 nom d 'Hygrine (uypo;, liquide), que W œlüer lui a donné, tandis que l’autre est cristallisable et a été appelé Cocaïne.
L’Hygrine est un liquide volatil, pouvant être distillé avec l’eau. Iîlle a une réaction fortement alcaline, une saveur non amère et exhale une odeur analogue à celle de la triméthylamine. Elle répand des fumées blanches, en présence des acides volatils et forme, avec les acides, des sels cristallisables. Elle n’est pas vénéneuse. Nous ne connaissons par sa formule.
La Cocaïne (C17 II21 Az O1) est un alcaloïde découvert par Niemann(de Gottingue), selon les uns, et par Sam. R. Percy (de New-York), selon les autres. Elle cristallise en petits primes cà 4 ou G pans, appartenant au type clinorhombique. Elle est incolore, sans odeur et faiblement amère, un peu soluble dans l’eau, assez soluble dans l’alcool, très soluble dans l’éther ; sa réaction est fortement alcaline. Elle fond à 98° et, par refroidissement, se prend en une masse cris-