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ECORCES DE CAIL-CEDRA ET DE SOYMIDA

la présence de fines exfoliations visibles à la loupe) et formée par des libres très déliées, anostomosées en réseau.

Sa cassure est grenat au dehors, puis un peu lamelleuse et constituée par une série de zones concentriques, alternativement blanches et rougeâtres ; enfin, la portion interne se compose d’une série simple de fibres libériennes agglutinées.

Cette écorce est dure, cassante, fort lourde, amère et légèrement odorante. Sur une section transversale, elle se montre composée des éléments ci-après :

1° un suber à cellules tabulaires, disposées en séries à la fois radiales et concentriques;

2° un parenchyme cortical, à cellules arrondies, pourvues de parois brunes et dont un certain nombre renferment une matière résineuse rouge brun ; au sein de ce parenchyme, se voient des îlots de cellules pierreuses, très épaisses et radiées, îlots d’abord isolés, qui se disposent ensuite en groupes réguliers, au voisinage du liber;

3° une couche libérienne, composée de zones alternatives de deux sortes d'éléments : a) des fibres minces, allongées dans le sens de l'axe et entourées de cellules résineuses ; |ï) des amas de cellules pierreuses, semblables à celles qui ont été décrites ci-dessus.

E. Caventou a retiré de l’écorce de Caïl-Cédra une essence aromatique, une matière colorante jaune, une ma tière colorante rouge très abondante, qu’il croit fébrifuge, et enfin 0,0003 d’un principe fébrifuge, qu’il a nommé Cad - Cèdrin.

Le Caïl-Cédrin est un principe neutre, de nature ré si noïde, jaunâtre, transparent et doué d’une amertume excessive; il est insoluble dans l’eau, mais soluble dans l’alcool, l’éther et le chloroforme. Aussi Caventou a-t-il proposé de substituer l’extrait alcoolique de Caïl-Cédra à l’extrait aqueux, dont Buland et Duvau ont constaté les propriétés antifébriles.

Le Caïl-Cédrin et l’extrait de Caïl-Cédra sont, d’ailleurs, inférieurs au sulfate de quinine.

Ecorce de Soymida

Cette écorce est fournie par le Soymida [ Cedrela , Roxb. ; Swie ténia," S. et C.] febrif uga, A. Juss. (Sic. Soymida.

202 CÊDRÈLACKES

Dune.; Sic. ruhra , Rottl. ; Red Wood-Tree, Dastard Cédai-, des Anglo-Indiens), grand arbre des forêts montagneuses de l’Inde, où on l’appelle Rohn ou Sohn.

L’écorce de Soymida ( Rohun B.irk) des Anglais, est inscrite sur la liste des substances officinales de la Pharmacopée de l’Inde. On l’emploie contre la diarrhée et contre les lièvres intermittentes, ainsi que comme astringent local, à l’instar de l’écorce de Chêne.

L’écorce du Yomiquier se rencontre parfois avec elle et sous le même 'nom, dans les bazars de l’Inde.

L’écorce de Soymida est en morceaux, soit tubuleux, soit en gouttière, larges de 3 à 5 centimètres et d’une épaisseur de 3 à 5 et même 8 millimètres.

Selon Flückiger, elle est grise ou couleur de rouille, lisse, avec quelques faibles rides ou crevasses et pourvue d’un grand nombre de petites verrues subéreuses, légèrement proéminentes, en forme de petits cercles bruns au centre. Sa face interne et ses bords sont d’un brun rougeâtre, clair.

Broughton dit que les vieilles écorces sont très épaisses, fibreuses et aussi colorées que le Quinquina rouge le plus foncé.

La Faculté de Lyon possède un spécimen de ce genre. Ce spécimen est long de 28 centimètres, épais de G à 8 millimètres, fortement replié en gouttière, couvert par places, d’un suber gris rougeâtre ou noirâtre, très crevassé, sans verrues bien définies. Là où manque le suber, la face externe est brun rougeâtre ou noirâtre foncé, et formée par un parenchyme brunâtre, presque lisse au dehors ou faiblement strié. Le liber occupe la presque totalité de l’écorce ; sa surface interne est brun noirâtre sombre.

Selon Flückiger, la section transversale de l’écorce de Soymida est verdâtre à la périphérie et de couleur rouille, dans sa partie moyenne, que traversent des faisceaux libériens cunéiformes plus foncés et des rayons médullaires. Dans l’écorce que nous possédons, la portion externe est brune et non verte, et le liber est divisé en zones concentriques minces, séparées par un parenchyme plus foncé. La cassure de ce liber est fibreuse.

MELIACKES - ECORCE DE MARGOSA

Cette écorce concassée a une couleur rouille, qui devient rougeâtre à l’air, ou quand on la mouille. Elle est inodore et a une saveur amère, astringente.

D’après de Lanessan, elle offre la structure suivante :

fo Un suber à cellules brunes, aplaties, sèches;

2° Un parenchyme cortical , à cellules polygonales, contenant souvent de gros cristaux mamelonnés d’oxalate de chaux ;

3o Un liber composé de couches alternatives et concentriques de parenchyme et de libres, soit polygonales, soit subarrondies Les cellules du parenchyme contiennent souvent de l’amidon ; quelques-unes, beaucoup plus larges, renferment une matière brun jaunâtre. Le liber est traversé par des rayons médullaires, d'abord étroits, mais qui s’élargissent peu à peu et finissent par se confondre avec le parenchyme cortical.

L’écorce de Sovmida est riche en tannin. Flückiger annonce que Broughton y a déterminé l’existence d’une substance résineuse, soluble dans l’alcool, l’éther et la benzine. Cette matière possède une forte amertume et serait le principe actif de l’écorce.

MÉLIACÈES

Éc orce de Margosa

Cette écorce est appelée, dans l’Inde, Nim Bark et Mar yosa Bark. Elle est fournie par le Mclia Azadirachla, L. (Melia indica, Brandis; Azadirachla indica. Juss.), grand arbre de la Malaisie et de l’Inde, où on l’appelle Nim. Cet arbre a un bois dur, lourd et très amer, que les Insectes n’attaquent pas; il en exsude une gomme; les jeunes sujets fournissent une sorte de vin, qu'on nomme Toddy et qui est analogue au vin de Palmier; ses feuilles sont médicinales et son fruit contient une huile âcre, amère, employée comme combustible et comme médicament.

Le Melia indica se distingue du M. Azedarach , principalement par ses fleurs blanches et par ses feuilles simplement pinnées. L’amertume de son bois, de son écorce et

M ELI A CEE S

de son huile lui a valu le nom portugais de Amargoso (amer), d’où l’on a fait le nom actuel de Margosa, que les Français ont transformé en celui de Margousier .

L’écorce de Margosa est en morceaux grossiers, fibreux, larges de 2 à 5 et 10 centimètres, épais de 1 à 5 et 10 millimètres, ordinairement plats ou à peine cintrés, mais en gouttière dans les morceaux minces. Sa face externe est formée par un suber gris brun ou brun rougeâtre, rugueux, plus ou moins crevassé, recouvrant un parenchyme brun et un liber très développé, très fibreux, divisé en couches foliacées par l’interposition d’un tissu parenchymateux, contenant, soit de h amidon, soit des cristaux d’oxalate de chaux. Ce liber est rouge brun clair ou blanchâtre, selon l'âge de l’écorce et traversé par d’étroits rayons médullaires. La face interne a une coloration rougeâtre ou chamois clair.

Cette écorce est inodore, un peu amère et astringente. Elle contient du tannin.

Le Dr Piddington en a retiré un principe, cristallisable, amer et fébrifuge, qu’il a nommé Azadirine. Ce principe est sans doute le même que celui que Cornish a appelé Margosine , et qu’il croit être un alcaloïde. Cornish l’obtint, sous forme d’un sel double de Margosine et de soude, en longues aiguilles blanches. Selon Broughton, le principe amer serait une résine, que les acides précipitent de ses dissolutions alcalines et à laquelle il domine pour formule G3G H50 O11. Le principe amer paramétre confiné dans le parenchyme libérien, tandis que le tannin existerait plutôt dans le parenchyme cortical.

Cornish a retiré, de l’huile des semences, une substance encore à peu près inconnue, qu’il nomme acide Margosique.

L’écorce de Margosa est usitée, dans l’Inde, comme tonique et fébrifuge. Le Dr Pulney Andy a préconisé les feuilles du Margousier contre la petite vérole. Les feuilles et l’écorce du Margousier sont inscrites sur la liste des plantes officinales de la pharmacopée de l’Inde.

Il découle de l’arbre une gomme soluble, cmplojme dans l’Inde,- sous le nom de Nim-Gum.

Le Melia Azedarach, L. est un bel arbre cultivé, dans

POLYGALEES

le midi de l’Europe, pour ses belles fleurs violacées, disposées en grappes paniculées, d’odeur suave, d’où son nom de Lilas de Chine ou des Indes. On l'appelle aussi Arbre saint Arbre à chapelet, lia des feuilles bipinnées et des fruits à cinq loges. L’écorce de sa racine est amère et nauséabonde; elle est employée surtout en Amérique, comme vermifuge . Les feuilles sont réputées astringentes et stomachiques; dans l’Inde, on les applique en cataplasmes, sur les ulcères. Les fruits sont vénéneux à haute dose; leurs semences fournissent environ 48 0/0 d’une huile fixe, odorante, qui pourrait être utilisée dans l’industrie des savons et pour l’éclairage.

POLYGALEES

Cette famille n’est guère intéressante, que par les produits retirés de plusieurs plantes exotiques. Quand aux espèces indigènes, deux seulement, jadis utilisées en médecine, sont à peu près inusitées aujourd’hui. Nous exposerons rapidement leurs caractères.

Polygala amer (Polygala amara , L.). — Plante vivace, à racine rameuse, blanchâtre, à tiges couchées, redressées et à feuilles alternes : les inférieures obtuses, obovées; les supérieures lancéolées, aigues. Fleurs bleues, en grappe terminale ; calice à cinq divisions inégales; corolle à cinq pétales soudés par la base : les supérieurs égaux, l’inférieur concave, lacinié; style dilaté; stigmate concave, à deux lèvres, la supérieure dressée, plus grande.

Cette plante est très amère; sa racine est tonique et purgative.

On lui substitue le Polygala vulgaire (P. vulgaris, L.). Cette espèce se distingue de la précédente, par la dimension plus grande de ses parties, ses feuilles lancéolées-linéaires, sa racine à peine amère, un peu âcre, faiblement aromatique, d’odeur faible, non désagréable.

La racine du Polygala vulgaire se trouve, dans le commerce, surmontée de sa tige, qui est petite, verte et cylindrique. Cette racine est longue de 2 à 3 centimètres, épaisse

Cauvet, Mat. méd.,t. II.

I'OLYGALEES

de 2 à 3 millimètres, moins contournée que celle du Polygala de Virginie et sans côte saillante, dans les parties concaves des sinuosités ; elle est aussi plus foncée et presque entièrement ligneuse.

Polygala de Virginie

Le Polygala de Virginie (Polygala Senega, L.), est une plante de l’Amérique du Nord, où elle habite les plaines et les bois rocheux de l’Amérique anglaise, le Wisconsin, le Tennessee, le Kentucky, la Virginie et les régions élevées de la Caroline du Nord.

Cette plante a des racines tortueuses, des feuilles lancéolées, glabres et des fleurs blanches, tachées de rouge, avec le pétale inférieur non frangé. Ces fleurs sont disposées en grappes terminales.

Le P. Senega tire son nom de celui des Indiens Seneca , qui employaient sa racine contre la morsure du Serpent à sonnettes. On le récolte pour sa racine, qui fut préconisée d’abord contre la pleurésie et la péripneumonie.

Cette racine, généralement désignée sous le nom de Racine de Polygala, varie de la grosseur d’une plume à écrire à

celle du petit doigt (fl g. 429). Lorsqu'elle est entière, elle est surmontée par une sorte de tête ou de souche arrondie, offrant de nombreuses nodosi -

Fia. 420. — Racine de Polygala de Virginie L® plus OU moins

saillantes, qui sont

les restes des précédentes végétations aériennes.

Elle est d’un gris jaunâtre, tortueuse* ridée, plus ou moins ramifiée et munie, dans toute sa longueur, d’une sorte de crête ou do côte saillante, qui occupe toujours la partie concave des sinuosités. Sur la portion convexe, se voient souvent des épaississements semi annulaires, séparés par des sillons 4

POLYGALA PE VIRGINIE

qui atteignent parfois le méditullium ligneux. Sa cassure est nette. Cette racine montre alors formée par une écorce épaisse, grise, cornée, comme résineuse et semi-translucide, entourant un bois blanc jaunâtre, d’aspect variable. Ce bois est, en effet, tantôt cylindrique et plein, tantôt creusé de fissures de grandeurs diverses et diversement situées, soit étroites, sois plus ou moins élargies et qui peuvent prendre la forme de secteurs occupant le quart, le tiers ou même la moitié de la circonférence du cylindre.

Par ses caractères extérieurs, la racine de Polygala de Virginie diffère tellement des racines qu’on pourrait lui substituer, qu’il est inutile de faire l’étude microscopique de sa section transversale.

Cette racine a une odeur un peu nauséabonde et une saveur fade, mucilagineuse, puis âcre, amère, augmentant la salivation. Elle renferme un principe particulier, la Sènègine (Geblen) ou acide Polygalique, qui en est la matière active et qui, suivant Bolley, n’est pas autre chose que de de la Saponinr.

La SÈNÉGiNE parait être un glucoside. Les acides dilués la dédoublent, en effet, en Sapogénine et en un sucre incris tallisable. Ce principe est blanc, pulvérulent et très âcre ; sa poussière détermine de violents éternuements. 11 est très solu ble dans l’eau tiède. C’est à lui que les décoctions ou infusions de Polygala doivent la propriété de mousser fortement.

Quevenne a signalé deux autres substances, dans le Polygala de Virginie : 1° une matière jaune, très amère, inodore, jaunâtre, isolée sous forme d’écailles minces; 2° un acide nouveau (ac. Virginéique), gras et volatil, auquel le Polygala doit en grande partie son odeur. Ce dernier principe est analogue aux acides valérianique et pliocénique.

La racine de Polygala est employée, en Amérique, contre la morsure des Serpents. A faible dose, elle augmente la perspiration cutanée et pulmonaire; à haute dose, elle est vomitive et purgative.

On recommande de ne l’administrer que dans les cas d’accumulation de mucosités dans les bronches, à la condition, toutefois, que l'appétit soit conservé et qu’il n’existe pas de

POLYGALEES

fièvre ou que, du moins, la température ne dépasse guère la normale.

On la prescrit généralement, en France, sous forme de tisane (10 : 1000); il convient do régler l'ingestion do cette tisane, de manière que la quantité qui en est absorbée ne soit pas inférieure à 0,3 ou 0,5 de racine, par dose.

En Allemagne, le décocté est usité, avec succès, contre les ophthalmies les plus intenses.

La racine de Panctx quinze folium se trouve parfois, dit-on, dans le commerce, mêlée à celle du Polygala. Elle s’en distingue par l’absence de la côte saillante, que le Polygala offre toujours, dans la portion concave de ses sinuosités.

Pescbier prétend que le Pol. chamæbuxus , L. , plante alpine de l’Europe, renferme les mêmes principes que le précédent et pourrait le remplacer. La racine, du Pol. Poaya , Mart. est usitée comme vomitive, au Brésil.

Racine de Yallhoy

On emploie, sous ce nom, dans l’Amérique du Sud, comme tonique et astringente, la racine du Monnina polystachia, R. et Pav.

Cette racine est simple, fusiforme et longue de 00 centimètres. Son écorce est jaune paille, avec des points grisâtres. Elle a une cassure fibreuse, une odeur nauséabonde, une saveur d’abord fade et mucilagineuse, puis âcre et amère. Sa poudre irrite la muqueuse nasale; son décocté mousse fortement.

On y a trouvé plusieurs résines et un principe particulier, appelé Monninine.

LaMoNNiNiNE est une substance amère, presque aussi âcre que la gomme -résine d’Eupliorbe, soluble dans l’eau, l’alcool, les acides et dans les liqueurs alcalines, qu’elle colore en jaune très intense. Elle est insoluble dans l’éther, ains que dans les huiles lixes et volatiles.

RACINE DE RATANHIA

Racine de Ratanhia

On trouve actuellement, sous ce nom, dans le commerce, trois ou quatre sortes de racines de provenance différente et qu’il est important de distinguer.

1° Ratanhia officinal ou du Pérou. — Cette racine est fournie par le Kr amer ici trianclra, R. et Pav., petit arbuste d’un pied de hauteur, à branches décombantes, épaisses, pourvues d’un feuillage gris argenté, avec de belles fleurs rouges étoilées. Cette plante croit, à une hauteur de 900 à 2,500 mètres, sur les pentes sablonneuses dès Cordillères du Pérou et de la Bolivie. On récolte sa racine au nord et à l’est de Lima, <4 Caxatambo,

Iluanuco, etc ; on l’exporte assez souvent de Payta.

Quand elle est intacte, la racine du Ratanli'a du Pérou (lig. 430) est constituée par une souche courte, épaisse, plus ou moins noueuse, parfois grosse comme le poing et de laquelle naissent des racines souvent longues de plusieurs pieds, cylindriques, tortueuses ou ondulées, peu ramifiées.

Cette racine se trouve rarement en cet état, dans le commerce. Le plus habituellement, elle est offerte en tronçons, dont l’épaisseur varie de 1/2 centimètre à 1 centimètre, ou davantage. Elle a une écorce assez épaisse, rugueuse, de couleur rouge brun et à cassure fibreuse; sa saveur est astringente, un peu amère; elle est à peu près inodore. Cette écorce manque par places et laisse à nu un méditullium dense, dur, blanc rougeâtre, peu sapide, mais non astringent.

Sut- la coupe transversale, l'écorce est formés essentiellement par un parenchyme libérien, recouvert en dehors par plusieurs séries

POLYGALEES

concont-iqu s de cellules subéreuses, et traversé par des faisceaux fibreux ét'oi's, rayonnants, souvent discontinus. Les cellu'es du parenchyme contiennent de l'amidon et une matière colorante rouge. Le bois se compose de libres ligneuses, mêlées de vaisseaux disposés en zones concentriques; il est traversé par des rayons médullaires légèrement flexueux et constitués par une série simple de cellules rectangulaires.

I/Ecorce de Ratanhia renferme 40 0/0 d’une sorte de tannin, appelé acide Ralanliia-tannique et qui est très voisin de l’acide catécliu-tannique.

L’acide ratanhia-tannique est une matière pulvérulente, dont la solution donne, avec le perchlorure de fer, un précipité verdâtre foncé ; il fournit de la pyrocatéchine, par distillation. Les acides dilués dédoublent cet acide en Rouge de Ratanhia et en sucre. Le Rouge de Ratanliia existe tout formé dans l’écorce. En le fondant avec de la potasse caustique, Grabowski en a obtenu de l’acide pyrocatéebique et de la Phloroglucine. On a trouvé aussi, dans le Ratanhia, delà cire, de la gomme et un sucre incristallisable.

Le Ratanhia est un astringent puissant, employé contre la diarrhée, les hémorrhagies passives, les écoulements muqueux. On l’emploie en poudre, en décoction, en infusion, en extrait, en sirop, etc.

L'Extrait de Ratanhia du commerce vient surtout des pays où croît le Ratanhia. Cet extrait, assez semblable au Kino, est très peu soluble dans l’eau et ne vaut pas, de beaucoup, celui des officines. On peut supposer qu’il n’est pas fourni par le Ratanhia et qu’il provient d’une plante encore inconnue. On y a signalé, en effet, l’existence d’un principe appelé Rat aniline (G‘° II13 Az 03,Stâdeler et Ruge), principe que personne semble n’avoir pu extraire de la racine du Krameria. Sa présence- a été, par contre, montrée dans une matière qui exsude du Ferreirea spectabilis, Allem., arbre de la famille des Légumineuses et qui croit au Brésil.

L’extrait de Ratanhia doit être préparé dans le vide ou, du moins, au bain-marie. On l’empêche de s’oxyder, selon Breton, en le préparant avec de l’eau légèrement sucrée. Hepp le préparait de la manière suivante :

Le Ratanhia est épuisé avec do l’alcool à 56° G, ; les liqueurs

RACINE DE RATANUIA

sont ensuite concentrées et laissées en repos, afin de per mettre la précipitation des résines, puis reprises par l’eau. Le soluté est filtré et mis cà l’étuve, dans des assiettes, jusqu’à dessiccation complète.

Cet extrait ainsi préparé renferme jusqu’à 58 0/0 de tannin. 11 se dissout bien dans l’eau, tandis que l’extrait du commerces’}' dissout mal et ne renferme guère qu’environ 160/0 de tannin.

2° Ratanhia de Savanille ou de la Nouvelle-Grenade. — Cette racine est produite par le K. tomentosa, St Hil. (K. Ixinci, p granalensis, Triana ; K. grandi flora, Berg), arbuste de i">,20 à lm,80 de hauteur, qui croît dans les parties arides de la vallée de Jiron (Nouvelle-Grenade), dans la Guyane anglaise, ainsi que dans les provinces de Pernambuco et de Goya/, (Brésil).

Elle est en morceaux assez courts, tortueux, pourvus d’une écorce épaisse, ridée longitudinalement, crevassée entravers et dont le périderme ne s’exfolie pas en écailles caduques. Cette écorce se détache très rarement du bois, auquel elle adhère fortement ; sa face interne est de couleur rouge brun et sa saveur astringente, sans amertume. Sur une section transversale, elle se montre formée d’un périderme épais, à cellules brunes, l'emplies d’une matière colorante rouge. Le parenchyme cortical est très épais et contient de l’amidon; le parenchyme libérien est traversé par des faisceaux fibreux étroits, plus réguliers et plus apparents que dans la sorte précédente; les rayons médullaires du bois sont aussi plus marqués.

Le Ratanhia de Savanille fournit un extrait plus abondant, mais moins astringent, que l’extrait de Ratanhia du Pérou. Ces deux sortes se distinguent par les réactions suivantes :

Le Ratanhia dit Pérou cède à l’éther une matière d’un brun rouge ; il donne à l’eau une coloration brunâtre, que les alcalis font virer au rouge brillant. Sa dissolution fournit un précipité jaunâtre, avec le sous-acétate de plomb et un précipitéjaunâtre aussi, avec le chlorure de baryum ; les alcalis caustiques ne la précipitent pas.

Le Ratanhia de Savanille donne à l’eau une coloration

POLYGALEES

violette intense; il cède à l’éther une matière résineuse noirâtre. Sa dissolution fournit un précipité cendré, avec le sous acétate de plomb, et un précipité lie de vin, avec le chlorure de baryum; les alcalis caustiques la précipitent.

3° Ratanhia, du Brésil ou du Para (Rat. des Antilles , Cotton). — Cette sorte paraît provenir du K. aryentea, Mart. O11 la désigne parfois sous le nom de Ratanliia de Cèara.

Elle est en morceaux cylindriques, droits, ridés, profondément fissurés en travers et n’offrant de fissures longitudinales, que sur les grosses racines. Son épaisseur varie entre 5 et 8 millimètres. Son écorce est brun noirâtre, friable et adhérente au bois, dont elle égale parfois l’épaisseur; sa cassure est nette; sa saveur astringente, non amère.

Cotton admet deux variétés de cette sorte :

La première, produite par le K. ixina, L., a une écorce très épaisse, très friable, noirâtre en dehors, rouge foncé en dedans, avec de profondes fissures transversales; elle n’offre des fissures longitudinales que sur les grosses racines ; le bois est blanchâtre et assez friable.

La seconde, fournie par le K. spartioides , a une écorce striée en long, sans stries transversales, moins friable que la précédente, brune en dehors, d’un rouge moins foncé en dedans.

Le Ratanliia du Brésil est expédié de Para ; il est plus commun dans le commerce que le Ratanliia du Pérou, auquel il est inférieur. Il en diffère par sa structure microscopique. Le suber est formée de cellules aplaties et serrées ; le parenchyme cortical offre des cellules plus grandes, contenant de plus gros grainsd’amidon ; les faisceaux libériens sont composés de fibres à parois très épaisses et les cellules du parenchyme ambiant sont extrêmement déliées; les rayons médullaires du bois sont moins marqués et moins colorés.

Selon Cotton, la solution aqueuse, obtenue avec le tannin du Ratanliia officinal, est colorée, mais non troublée par la potasse et la soude, qui troublent la solution préparée avec lesRatanhias des Antilles et de la Nouvelle-Grenade. Ceux -ci se distinguent de la manière suivante :

Le décocté de Ratanliia, de la Nouvelle-Grenade, traité

CAMELLIACKES - THE

préalablement par le bichlornre de mercure et par un excès d’ammoniaque, puis refroidi, se colore en un beau rouge, sous l’influence du protochlorure d’étain. Cette coloration ne se produit pas avec le décocté du Ratanhia des Antilles.

4° Ratanhia du Texas. — Cette racine, attribuée au K. se cundi flora, DC., se trouve accidentellement dans le commerce et provient du Mexique, du Texas et de l’Arkansas. Elle est en morceaux cylindriques, droits, pourvus d'une écorce noirâtre en dehors, profondément fissurée en long et en travers, plus épaisse que le bois, auquel elle n’a Ibère pas. Sa cassure est nette et marbrée ; sa saveur astringente et peu ou point amère.

5° On a présenté à l’exposition de Paris, de 1867, une sorte de Ratanhia semblable à celle du Pérou, et qui provenait du K. cistoidea, llook., plante du Chili, à peine distincte du K. triandra. Si ce Ratanhia a été importé en Europe, depuis cette époque, il a du l'être comme Ratanhia du Pérou.

La falsification du Ratanhia, par d’autres racines, est aisée à reconnaître. Selon Wahlberg, la falsification de l’extrait, par certains Ivinos, est décédée, en mouillant, avec de la salive, l’extrait que l’on suppose adultéré : l’extrait de Ratanhia prend alors une couleur bronzée, tandis que le Kino se colore en rouge brun foncé.

CAM ELLIACÉES

Thé

On nomme ainsi les feuilles du Thé de la Chine ( T/iea chinensis, Sims.; Camellia Thea, Linck;C. theifera, Grifï. ; Tscha ou Thèh , des Ci) in ois ; Tsja des Japonais ; fig. 431).

Le Thé de la Chine est un arbrisseau originaire (?) de l’Assam supérieur, introduit en Chine, au Japon, dans l’Inde, à Java, et même aux Etats -Unis et au Brésil. Sa culture, en Chine, remonte à une époque très reculée.

Ce végétal offre les caractères suivants :

Feuilles coriaces, ovales-oblongues, un peu acuminées,

CAMELLI AGEES

finement serretées, parsemées de glandes nombreuses, ren fermant l’essence constitutive de l’arome du Thé; fleurs blanches axillaires : 5 sépales persistants, courts, imbriqués, ovales arrondis, les extérieurs plus petits; 0 à 9 pétales 'j

soudés à leur base; étamines nombreuses, à anthères in- 1 trorses, cordi formes et à dé- ; hiscence longitudinale ; ovaire 3-loculaire. subglobuleux, hé- > risse de poils rudes ; fruit tricoque, à déhiscence loculicide ; chaque loge renferme 1 ou 2 semences sphériques, apérispermées , à cotylédons ; charnus, oléagineux.

La récolte des feuilles a lieu plusieurs fois par an.

La première se fait en février et mars, au moment de l'éclosion des bourgeons.

Les feuilles sont alors petites, ?

tendres, gluantes, encore enroulées et couvertes d’un duvet soveux : elles fournissent le

Thé le plus délicat ; les plus parfaites sont réservées pour la cour, sous les noms de Fleur de Thé et de Thé impérial.

La deuxième récolte est effectuée un mois plus tard. Les : feuilles, encore incomplètement développées, sont très sa voureuses et se rapprochent des précédentes, mais sont plus larges, faiblement dentelées, vertes en dessus, d'un vert pâle en dessous.

Les récoltes suivantes fournissent des feuilles moins estimées, plus larges, fortement dentées et constituent la plupart des sortes commerciales. On les trie et on les sépare suivant leur épaisseur : les plus minces forment les Thés les meilleurs.

arrondis, concaves, un peu

Cn. 431. — Thea chinensis.

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