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KOLA

tries, avec de nouvelles feuilles de Bal. Grâce à ces précautions, le Kola peut arriver encore frais à Tombouctou, d’où on le dirige vers Tripoli de Barbarie et vers le Maroc. Mais la conservation de ces graines est difficile et il est rare qu’elles partent de Tombouctou, ou m une qu’elles y arrivent, à l’état frais; plus souvent elles sont alors sèches.

Dès qu’elles commencent à se rider, les marchands les font sécher et les réduisent en poudre: c’est d’ordinaire sous cette forme que le Kola pénètre dans le centre de l’Afrique, principalement chez les peuplades riveraines du Niger.

La grande estime en laquelle est tenu le Kola et les difficultés inhérentes à sa conservation font que la valeur de ces graines augmente rapidement, à mesure qu’on s’éloigne de Sierra-Leone, qui en est le marché principal.

Ainsi le Kola, qui vaut de 50 francs à 150 francs la mesure de 45 kilogrammes, se vend de 15 centimes à 50 centimes la pièce à Saint- Louis (Sénégal), et de 30 centimes à 50 centimes à Gorée. Sur les bords du Niger, les tribus de l’intérieur paient 5 francs chaque graine et même celle-ci y atteint la valeur d’un esclave, quand elle devient rare. Heckel rapporte que, chez certaines peuplades très éloignées des bords de la mer, la poudre de Kola est échangée contre son poids de poudre d’or.

L’énorme valeur du Kola montre le prix attaché par les nègres à cette graine, qui est usitée comme excitant et qui constitue le gage nécessaire des marchés, des contrats, ainsi que l’une des bases essentielles de toutes les cérémonies, soit religieuses, soit judiciaires, soit politiques.

C’est encore du Kola que s’envoient réciproquement les souverains, dans les questions de paix (Kola blanc) ou de guerre (Kola rouge), et c’est iui qui sert d’emblème dans les demandes ( Kola blanc) et les refus (Kola rouge), lorsqu’une jeune personne en recherche une autre en mariage. Un individu qui donne des Kolas rouges, faute d’en posséder de blancs, dit toujours qu’il voudrait pouvoir les rendre blancs, s'il les donne en signe d’amitié.

A l’état frais, le Kola est usité comme masticatoire ; sa sa veur est alors sucrée d’abord, puis astringente, enfin amère.

STISRCULIACEES

Par la dessiccation, il devient plus doux et perd de son amer tume; mais celle-ci reparaît, en grande partie, quand on fait tremper la graine dans l’eau. La mastication s’opère en avalant la salive; die raffermit les gencives et tonric l’appareil digestif. A l’état sec et sous forme de poudre, le Kola est employé comme aliment.

On attribue au Kola le pouvoir de rendre potables c-t salubres Ls eaux saumâtres des régions torrides et de permettre • l’ingestion des mets les plus fades; la poudre ou la pulpe des graines serviraient même, dit-on, à clarifier les eaux les plus bourbeuses. Enfin, les indigènes l’emploient, comme aphrodisiaque, à ce qu’on assure. Ces diverses propriétés sont au moins douteuses.

Ce qui parait mieux démontré, c’est l’action fortifiante des graines de Kola, sur l’appareil digestif, dont elles préviennent ou guérissent les altérations. Un fait également bien établ , c’est l’excitation générale qu’elles provoquent et qui permit de résister à la fatigue.

Cette substance aurait donc, pour les indigènes de l’Afrique tropicale, les mêmes avantages que la Coca, pour les habitants des régions chaudes de l'Amérique du Sud.

Diverses graines sont substituées au Kola. Celles que l'on emploie, à cet effet, sont les semences du Cola Daparque tiana, II. Un., du Gabon; du C. fie folia, MasL, du C. hcteropliylla, Mast., du C. cor di folia , Cav., et peut-être aussi celles du Slerculia lomentosa, Meudelot.

Le fruit du Cola l tari folia rapporté par l'expédition anglaisa au Niger est, parait-il, employé en guise de Kola par les indigènes, qui lui attribuent les mêmes propriétés. Ce fruit a la grosseur, la couleur, et à peu près la forme d’une petite noix. 11 est très ridé, assez léger et ovoïde-arroudi au sommet, rétréci à la base en un court pédicclle et pourvu d'une suture ve. ticale saillante, montrant les deux bords plus : eu moins distincts du carpelle; la nervure dorsale est à peine i dessinée.

Toutefois, Heckel révoque en doutel’existencc de la Caféine dans ces diverses graineset il croit qu’elles ne sont pas usit es. j Il n’admet, pour le Kola vrai, qu’un seul substitutif parais-

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