RESINE DE MANI - LEURRE DE KOKUM
rait «ous forme d’un suc jaune, qui s’épaissit à l’air et prend une couleur grise au dehors, noirâtre et brillante à l’intérieur. Elle aurait une odeur un peu balsamique.
G. Planclion rapporte au même arbre, d’après Bancroft, la résine appelée Résine de Cochon (Hog-Gum, des Anglais).
Lorsqu’elle n’a pas été exposée à l’air, cette résine se présente sous forme d’un suc épais, rouge foncé, de saveur âcre, amère, et d’une odeur rappelant celle du Copahu.
Bonastre y a trouvé : liuite volatile , 12,00; résine soluble dans l’alcool froid, 74,00; résine insoluble dans Y alcool, 5,00; extrait très amer, 2,80, etc.
Nous n’avons pas vu la résine de Mani de Guibourt, ni le suc décrit par G. Planclion. 11 nous est donc bien difficile de décider, si ce sont là des produits d’un même arbre.
La Facuké de Lyon possède un échantillon étiqueté: « Ilog ou Mani-Gum, Gomme résine. Moronobea coccinea, Jamaïque. »
Cette substance se présente sous forme d'ime masse aplatie, dure, brun fauve sur une face, offrant, sur l'autre face, une coucbe d'un blanc grisâtre, très friable, douce au toucher et paraissant formée par des cendres fines. Sa ca-sure est cireuse, blonde, sauf sur les bords où elle est brune. Elle a une faible odeur de Copahu.
Guibourt dit que la résine de Mani sert à calfater les barques et à faire des torches ; l’étiquette de notre spécimen porte la même mention.
Nous pensons que la résine de Mani et le Hog-Gum sont la même substance 1 .
Beurre de Kokum
Cette substance est décrite, par les auteurs anglais, sous les noms de Oleùni Garciniae, de Kokum Butter et de Concrète OU of Mamjosteen. Elle est inscrite, comme officinale, dans la Pharmacopée de l'Inde.
On l'obtient des graines du Garcinia indica , Clioisy (G. pur pu rca, Roxb.;G. ce le b ica, Desrouss.; Brindonia indica, Dup. Th.; lig. i 40).
1 Le nom de Hog-Gum est donné aussi à la résine fournie par le Rhus Metopium.
GUTTIFÈRES
arbre originaire du Concan, sur le littoral de l'Inde, entre Daman et Goa, où les Portugais appent son fruit Brindones. Ce fruit est rouge, de la grosseur d'une pèche et rempli d’une pulpe pourprée, de saveur agréable, mais acide. Il contient 8 à 10 graines réniformesou en forme
Fig. 445. — Garcinia indien.
de croissant, Comprimées latéralement, ridées, longues de 1 à 2 centimètres, larges de 1 centimètre, à cotylédons épais, formés de grandes cellules, dont les parois sont colorées en noir verdàlre, par le perclilorure de fer. Le contenu de ces cellules est constitué par une matière albuminoïde, granuleuse, que l'iode teint en jaune brunâtre, et par une abondante proporlion de graisse cristalline, soluble dans la benzine.
BEURRE DE KANYA
Pour eu séparer le beurre, les graines sont d'abord séchées au soleil, puis écrasées et, enfin, mises bouillir avec de l’eau. La graisse monte à la surface du liquide et se fige par refroidissement. On la recueille et on la purifie par fusion et filtration.
Le Beurre de Kokum est vendu, dans les bazars indiens, sous forme de pains ovoïdes ou oblongs, larges de 5 centimètres et d’environ 10 centimètres de longueur, blanchâtres, fermes, secs et friables à la température ordinaire, avec un toucher gras. Lorsqu’il est frais, il a une saveur huileuse, douce ; mais il acquiert, à la longue, une odeur de rance et sa surface, qui devient brunâtre, se recouvre de touffes de cristaux brillants. Fondu et filtré dans un bain de vapeur, il laisse un résidu considérable, formé surtout par des matières tanniques, solubles daus l'alcool (Fluckiger). La matière filtrée est transparente, jaune paille et se concrète, entre 27°, 5 et 30°, en une masse blanche cristalline, fusible entre 42°, 5 et 45°.
Selon Bouis et d’Oliveira Pimentel, les graines du G. indica contiennent 1,72 0/0 d'azote et cèdent à l’éther 30 0/0 d'une malièi-e grasse, surtout formée de Stéarine. D'après Hanbury et Flückiger, le beurre de Kokum est composé par un mélange d 'acides Stéarique, Myristique et Oléique.
Ce beurre fournit un beau savon dur. En raison de la facilité avec laquelle on en extrait l'acide stéarique, Hanbury pense que le beurre de Kokum pourrait être utilement employé à la fabrication des bougies ; mais il doute qu’on pût l’obtenir en quantité suffisante.
On l’a recommandé pour la préparation de pommades, d’emplâtres et de suppositoires.
Beurre de Kanya
Cette substance, qui est attribuée à un Pentadesma , est fournie évidemment parle P. butyraica , R. Br., arbre de l’Afrique tropicale, appelé Oddjenjé, au Gabon, et Butter Tree (arbre à beurre) à Sierra - Leone.
Le spécimen existant à la Faculté de Lyon porte la menti m suivante : .
Sorte de suif végétal de Zanzibar , envoyé par le P1' Kirk au Muséum de Keio et présenté à la Pharmaceutical Society. — Dans V enveloppe d'origine.
Ce spécimen consiste en une masse aplatie, pesant environ 250 grammes, enveloppée dans une sorte de poche faite avec des feuilles de Palmier (?) juxtaposées et maintenues par un lien formé de fibres végétales grossières, tordues sur elles-inemes. Les extrémités de ce lien, solidement enroulées au sommet du sac, pour le fermer, sont disposées en une anse, destinée sans doute au transp rt de la masse.
La matière incluse est légèrement brunâtre à sa surface, blanche en dedans, grasse et. douce au toucher, très friable â la température
CÀNKLLACEES
ordinaire, d'une odeur de rance assez faible au dehors, à peu près inodore dans sa portion interne. Écrasée entre les doigfs, elle se ramollit beaucoup, s’y étale aisément et les imprègne d’ une odeur empyraumatique spéciale, comme résineuse.
Le Kanya 1 fond à 42d ; il est insoluble dans l’eau, soluble à la température de 18°, dans 3 parties de chloroforme, 4 parties de benzine, 12 parties d'élher à 56°, et dans 145 parties d’alcool à 90c.
il se dissout dans 10 parties d’alcool pur, bouillant et dans 60 parties d'alcool à 90° bouillant.
Il forme, avec la soude caustique, un savon solide et blanc. La chaleur le décompose, avec dégagement d’acroléine et de divers carbures. Il est constitué par un mélange de palmiline, 88 et d’oléine, 12. Le savon, étant décomposé, fournit un acide blanc, fusible à 57°. Ce point de fusibilité, inférieur à celui de l’acide palmitique (61°), est certainement du à la présence d’un peu d’acide oléiqtie.
Le beurre de Kanya semble inconnu dans le commerce. Il est simplement mentionné par G. Pennetier et Holmes n'en parle pas. Cette substance pourrait être utilisée, pour la fabrication des savons.
CANELLACÉES Cannelle blanche
Cette écorce est fournie par le Canclla alba , Murr., (Winterania Canclla, L. ; Canclla Winterana, Gaertn.), arbre des Antilles, surtout commun à la Jamaïque, où on le nomme White Wood et Wild C inttamon. On la trouve aussi dans lo sud delà Floride et aux des Bahama. Hanbury dit que son écorce est exportée exclusivement des Bahamas, et surtout de l’ile de la Nouvelle-Providence, qui appartient à cet archipel.
La Canelle blanche a été appelée : Costus corticosus , Costus dulcis , Cassia alba, Cassia lignea jamaicensis, et Jamaica Winler's Bark (Ecorce de Winter de la Jamaïque). Aux Bahama, on la nomme White Wood Bark (Ecorce de bois blanc) et Cinnamon Bai'k (Ecorce de Cannelle). Pour la récolter, on commence à détacher le suber, à l’aide d’un léger battage; cela fait, on bat l’écorce un peu
1 des observations ont été faites, sous notre contrôle; par deux de noS élèves. MM. Jacquet et Barbarin.